Etre le ciment des briques de Paris-Saclay. Entretien avec Arnaud Peltier

French Tech - Paris Saclay Paysage
Le 4 juillet 2019, les startuppers de Paris-Saclay et les professionnels de l’innovation s’étaient donné rendez-vous à La Terrasse Discovery +x pour fêter sa labellisation Communauté French Tech – Paris Saclay. En voici un dernier écho à travers le témoignage du co-fondateur de WiN MS*, que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer. Il explique ici ce qui l’a motivé à intégrer le Board en charge de l’animation de la communauté.

- Pour commencer, pouvez-vous nous donner des nouvelles de votre propre start-up, WiN MS ?

WiN MS (pour Wire Network Monitoring Solutions) va bien et même très bien. Elle continue à croître en France comme à l’étranger, en Asie, aux Etats-Unis, en Europe, au Moyen-Orient… Nous nous apprêtons à réaliser une 2e levée de fonds, de Série A, pour poursuivre nos développements et nous implanter sur d’autres marchés.

- On imagine combien votre start-up vous accapare. Qu’est-ce qui vous a donc décidé à vous engager dans la Communauté French Tech – Paris Saclay jusqu’à en intégrer le Board ?

C’est vrai que WiN MS prend beaucoup de mon temps. Mais j’estime aussi que, passé un certain stade de développement, il peut être sain pour un cofondateur de prendre un peu de recul. Mon implication dans le Board est une manière de le faire. Et puis, j’estime aussi que le temps est venu pour moi de procéder au « give back », de rendre un peu de ce que le territoire m’a donné : depuis la création de WiN MS, mon associé et moi avons été accompagnés. Nous avons été incubés à Incuballiance, puis accélérés à Wilco, nous avons bénéficié de l’aide de Scientipôle Réseau Entreprendre, du pôle de compétitivité Systematic et de bien d’autres acteurs de l’écosystème. Moi-même, j’ai étudié ici – en 1998, j’ai intégré ce qui s’appelait encore Sup Optique [Institut d’Optique Graduate School, désormais]. Je continue à vivre ici depuis. C’est encore ici, à l’occasion d’un HEC Challenge +, en 2011, que j’ai rencontré mon associé. Enfin, participer à la Communauté French Tech – Paris Saclay, c’est la possibilité de rencontrer d’autres acteurs de l’innovation – des entrepreneurs, des investisseurs… – et de partager nos expériences.

- Un mot sur le Board et sa composition…

Il se compose de neuf personnes, parmi lesquelles sept fondateurs ou cofondateurs de start-up, toutes dans des domaines très différents. Nous ne nous connaissions pas avant de prendre part à cette aventure, mais, déjà, nous échangeons beaucoup. Bien qu’investis dans des domaines très différents, nous sommes confrontés à des problématiques semblables. Si nous arrivions à insuffler le même état d’esprit aux quelques 350-400 start-up de l’écosystème, nous ferions gagner notre écosystème en efficacité et le ferions rayonner encore davantage en France et à l’international.

- Manifestement, cette communauté existe déjà. Elle a même répondu présent si on en juge par l’affluence enregistrée lors votre soirée de lancement…

En effet, et à tel point que, la veille, nous avons dû clôturer les inscriptions pour ne pas dépasser les capacités d’accueil autorisées. C’est dire le nombre de personnes intéressées quand on connaît la surface mise à disposition par La Terrasse Discovery +x, que ce soit à l’intérieur de ses locaux ou à l’extérieur. Finalement, de l’ordre de 200 start-up étaient présentes ce soir, soit plus de la moitié de la communauté. Sans compter les autres acteurs de l’écosystème : des investisseurs, des industriels, des responsables d’incubateurs, d’accélérateurs, de pépinières, etc.
Tout le mérite de cette mobilisation revient au territoire lui-même et à ses acteurs : aux communautés d’agglomération, à l’EPA Paris-Saclay, à ses pôles universitaires (l’Université Paris-Saclay et l’Institut Polytechnique de Paris). Ils ont su monter à temps un dossier de candidature en réponse à l’appel à projet de la mission French Tech. Valérian [cofondateur de Quandela et co-président du Board) et moi n’avons donc pas l’impression d’avoir initié quoi que ce soit. Tout au plus avons-nous su  recueillir le soutien des start-up et confirmer leur engagement. Dès le début, nous sentions que quelque chose se passait. De toute évidence, la communauté était effectivement déjà là.
Et si ce soir nous sommes parvenus à réunir autant de monde, c’est bien la preuve que la marque French Tech a su gagner en attractivité.

- French Tech, dites-vous. Quel serait donc la plus value de la mention « Paris Saclay » ?

Paris-Saclay est la seule Communauté French Tech d’Île de France, de surcroît orientée vers la Deep Tech, dont la promotion est, comme vous le savez, une des priorités du gouvernement. De nombreuses start-up qui s’y créent sont issues de laboratoires publics et sont orientées hardware (c’est le cas de WiN MS et de Quandela). Leur développement exige donc plus de temps et de financements que les start-up plus orientées software. De là l’importance de leur accompagnement. En promouvant la Communauté French Tech – Paris Saclay, nous entendons défendre une certaine vision de l’innovation, plus techno, à même de répondre aux besoins des industriels.

- A vous entendre, on mesure à quel point les start-up doivent s’inscrire dans un écosystème pour espérer se développer. Ce qui suppose de la part de leurs fondateurs de savoir interagir avec d’autres start-up, mais aussi une aptitude à échanger avec une pluralité d’acteurs institutionnels…

Oui. Une start-up ne peut évoluer en ignorant son écosystème, surtout quand celui-ci met à disposition autant de moyens, comme c’est le cas de celui de Paris-Saclay. Pas une semaine ou presque sans qu’il y ait un nouveau projet, une nouvelle inauguration. Il y a une semaine, on inaugurait le réseau de chaleur et de froid de Paris-Saclay [engagé dans un projet européen destiné à en faire une préfiguration des réseaux de 5e génération – pour en savoir plus cliquer ici]. Pas plus tard que ce matin, nous avons pu, vous tout comme moi, assister à la pause de la première pierre du futur IPHE. J’en ai bien aimé la scénographie : en guise de première pierre, chaque partenaire était invité à agencer une brique en forme de Lego sur une esquisse de mur. On pourrait dire que des briques, il y en a bien d’autres qui composent l’écosystème et que si, nous autres startuppers, nous pouvons apporter quelque chose, c’est le ciment ! Car si nous avons une vocation, c’est bien celle de faire du lien entre start-up mais aussi entre tous ces dispositifs qui contribuent à leur création et à leur développement, et faire en sorte que tous les efforts qui sont consentis aujourd’hui pour les accompagner soient bien fléchés et bien utilisés.

* WiN MS est une spin-off du CEA List créée en 2012, qui développe et commercialise des outils de diagnostic immédiat pour la maintenance de systèmes de câblage et de la connectique, principalement dans le domaine aéronautique.

A lire aussi l’entretien avec Valerian Giesz, Co-Président du Board, par ailleurs co-fondateur et CEO de Quandela (pour y accéder, cliquer ici) et Charles Cosson, directeur de La Terrasse Discovery +x (cliquer ici).

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