Entre tradition et modernité, une nouvelle identité visuelle pour l’X

Logo X Paysage
L’X adopte une nouvelle identité visuelle. Pour gagner en visibilité dans un contexte de mondialisation du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pour manifester aussi son inscription dans la nouvelle Université Paris-Saclay.

Le secret avait été gardé jusqu’à la dernière seconde. Même les journalistes arrivés dès potron-minet à la conférence de presse organisée le jeudi 12 décembre dernier n’en surent rien. Voici donc le nouveau logo de l’X présenté en personne par Jacques Biot, président exécutif, aux côtés du directeur de l’agence lauréate, Babel.

« La compétition internationale ». C’est par ces mots que le premier a justifié la décision (prise avant son arrivée, mais pleinement assumée) de renouveler l’identité visuelle de sa Grande Ecole. Une compétition à visages multiples, entre les établissements d’enseignements supérieurs du monde entier :

- d’abord, pour le recrutement des meilleurs élèves et étudiants, mais aussi leur placement dans les entreprises ;

- ensuite, pour la coopération et les accords de partenariat avec les institutions académiques ;

- enfin, pour le financement : comme les autres Grandes Ecoles, Polytechnique doit, aujourd’hui plus que jamais (du fait des restrictions budgétaires) recourir à la levée de fonds, auprès de ses anciens et solliciter le mécénat d’entreprises.

Or, cette compétition exige une visibilité accrue au plan international et donc un effort en communication y compris visuelle par l’adoption d’une identité aussi lisible que possible. CQFD. Le « logo » actuel (du moins jusqu’à ce jeudi 12 décembre), commençait à accuser le nombre des années (une vingtaine, ce qui se révèle être beaucoup compte tenu des changements majeurs intervenus ces toutes dernières années dans le système de l’enseignement supérieur, dans le contexte de mondialisation et de mobilité accrue aussi bien des étudiants que des enseignements et des chercheurs).

Mais comment gagner en visibilité internationale tout en assumant son statut d’institution républicaine française ? Comment manifester une tradition de plus de deux siècles tout en exprimant son souci d’ouverture ? Sans compter la féminisation des effectifs, un autre objectif que s’est assigné l’Ecole, qu’il faut bien aussi rendre sensible dans son identité visuelle.

C’est cette équation à n inconnues (ou plutôt contraintes) que le nouveau visuel devait résoudre. Une quarantaine d’agences s’y sont essayées en répondant à l’appel d’offre lancé il y a près d’un an. C’est donc la proposition de l’agence Babel qui a été retenue, pour avoir su trouver le juste équilibre entre tradition et modernité.

Exégèse de la nouvelle identité visuelle

Parmi les «  invariants » que l’agence a su respecter, le «  X », bien sûr. Pour mémoire, il renvoie à la fois aux canons croisés du blason d’origine tout en symbolisant l’enseignement scientifique. Il demeure de surcroît une lettre à la fois universelle – elle est reconnaissable entre toutes les langues – et cosmopolite – au sens où, à chaque culture, sa manière de le prononcer…

Mais un invariant qui fait aussi peau neuve : avec une barre résolument tranchante à chacune de ses extrémités (un choix audacieux à l’heure où les entreprises défendent les rondeurs, mais censé ici rappeler l’inscription de l’école dans l’univers de la Défense ainsi que sa volonté de « repartir »  à la conquête du monde), l’autre, plus en rondeur, justement. Une manière, cette fois, d’exprimer l’ouverture : aux sciences sociales, mais aussi au monde et aux femmes ! La légère asymétrie de l’ensemble est une manière de ne pas réduire ce X revu et corrigé au symbole mathématique et d’en faire, au contraire, l’expression «  de lignes de forces dynamiques et modernes » (comme on peut le lire dans le communiqué de presse).

Au dessus de l’X, les armes manifestent aussi à leur façon cet ancrage dans une tradition moyennant un toilettage : elles retrouvent le dessin d’une véritable gravure tandis que les ailes ont été retravaillées pour gagner en élégance et en dynamisme. La devise de Napoléon renoue, elle, avec sa formulation initiale en retrouvant son « et ». Ce qui donne désormais : « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire ».

Troisième composante : le «  l » avec son apostrophe, toutes deux « manuscrites » : une autre manière de manifester l’identité française. C’est en effet une singularité de notre langue au regard notamment de l’anglais qui ne compte pas d’apostrophe (et dont à l’évidence une multinationale de la cosmétique, qui l’utilise dans son propre logo, n’a pas eu à pâtir, comme s’est plu à rappeler, non sans humour, Jacques Biot).

Dans le même esprit, le parti pris de conserver l’accent sur le « E » majuscule de l’École polytechnique, autre particularité que le français partage, comme on le sait, avec d’autres langues. Enfin, la couleur : un bleu, la couleur statutaire par excellence, qui n’est pas sans évoquer aussi celui que prisent les institutions américaines…

Ainsi, la nouvelle identité visuelle entend marquer la volonté de l’école de repartir à la conquête du monde, tout en assumant son histoire et son statut d’institution républicaine française. Sous son apparente évidence, elle est l’aboutissement de plusieurs mois de travail à partir de la proposition initiale de Babel, piloté par le comité dont s’était spécialement doté l’École. Manifestement, le résultat fait consensus en interne, du moins, à voir l’enthousiasme avec lequel le personnel présent lors de la conférence de presse découvrait ses cartes de visite. Au-delà, l’identité visuelle est naturellement appelée à figurer sous les différents supports de communication et être déclinée pour les deux autres institutions de l’Ecole polytechnique : sa Fondation, d’une part, l’association Alumni des anciens élèves et diplômés, d’autre part (la seule à arborer les deux couleurs emblématiques de l’école : le jaune et le rouge).

Reste une interrogation qui concerne l’autre grande nouveauté de cette identité visuelle : la mention l’Université Paris-Saclay. De tous les établissements membres de la future université, l’École polytechnique est ainsi le premier à sauter le pas (en abandonnant au passage la référence à ParisTech…). Les choix de format et de police de caractère pour cette mention vont-ils dicter la charte graphique des autres établissements ou seront-ils revus pour coller au plus près d’une signalétique commune ? L’avenir le dira. Un enjeu de taille pour ne pas transformer, du moins sur le plan visuel, la future université en… tour de Babel.

Crédit de la photo illustrant cet article : Jérémy Barande, École polytechnique.

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