Entre FabLab et jardin partagé, le GreenLab

GreenLabPaysage
Un espace dédié à l’expérimentation autour du végétal, croisant les disciplines et des compétences diverses : celles de botanistes, de jardiniers, amateurs ou professionnels, mais aussi d’architectes, de designers, etc. Telle est la vocation du GreenLab. A l’origine du projet : Donna Enticott (à droite de la photo) et Mathilde Bryant. Elles nous en disent plus dans la perspective d’une première réunion de travail, ouvert à tous, le 21 septembre prochain, au PROTO204, qui… accueillera ce lieu pas comme les autres.

- Vous vous apprêtez à créer un GreenLab : si vous deviez en présenter en quelques mots le concept…

Donna Enticott : C’est un laboratoire d’expérimentation autour du végétal…

Mathilde Bryant :… et dans lequel nous souhaitons pouvoir expérimenter des initiatives écologiques, que nous avons vues ici et là, en associant des gens très divers, que ce soit des botanistes, des jardiniers, des maraîchers, des agriculteurs ou des designers, des architectes, des scientifiques, etc.

- Sur quoi porteront les expérimentations ? La conception de nouveaux végétaux ? Des aménagements ?

Donna Enticott : En fait, nous ne le savons pas encore très bien et je crois que c’est mieux ainsi. La seule chose dont nous soyons sûres, c’est que nous ne voulons pas nous fixer de limites. Hormis, bien sûr, les contraintes du PROTO204, puisque c’est là que s’installera le GreenLab, en tirant profit de l’espace qui se trouve à l’arrière. Les contraintes ne nous font pas peur, car c’est d’elles que vient la créativité. Et puis, le PROTO204 offre déjà de nombreuses opportunités. D’abord, c’est un lieu ouvert, propice à la présentation aussi bien de ce qui y sera expérimenté que de ce que d’autres voudront bien nous faire découvrir de leurs propres expérimentations ou initiatives. Grâce à ce lieu, nous pourrons nous connecter à diverses communautés du Plateau de Saclay : des étudiants, des scientifiques, des ingénieurs, des startuppers, etc. Sans oublier les enfants auxquels nous pourrons présenter nos travaux à des fins pédagogiques… Bref, ce n’est pas les idées qui manquent !

Mathilde Bryant : Il est important de souligner que le GreenLab sera hébergé dans le PROTO204. D’autant qu’il s’en inspire directement avec l’idée, encore une fois, de croiser des personnes d’horizons très divers…

Donna Enticott :… et de favoriser l’innovation, dans une logique collaborative. Le but ne sera pas de planter des fleurs pour faire joli, du moins pas seulement !

- Est-ce à dire que le GreenLab est un projet enfanté par le PROTO204 ?

Donna Enticott : Oui, on peut le dire. D’ailleurs, des personnes qui fréquentent le lieu avaient commencé à émettre l’idée d’y faire des plantations. C’était en avril, au moment de la construction du mobilier à base de palettes. J’ai aussitôt fait part de mon intérêt.

- Qu’est-ce qui vous prédisposait à un tel projet ?

Donna Enticott : Il se trouve que je viens d’aménager dans une maison avec jardin. Cela faisait longtemps que j’en rêvais d’un. Je me suis aussitôt mise à jardiner. L’idée d’en faire autant au PROTO204 m’a plu. Puis, en en discutant avec Ronan James [ le responsable du lieu ], l’idée s’est imposée de s’inscrire dans une logique d’expérimentation en croisant les communautés, pour être justement dans l’esprit du lieu.

J’ajoute qu’il y a deux ans, j’ai créé une agence de marketing communication spécialisée dans les projets de développement durable qui ont du sens. GreenLab s’inscrit dans le même esprit : il s’agit d’apporter la démonstration qu’on peut produire du végétal sans nuire à la planète

Mathilde Bryant : Moi-même, depuis toute petite, je suis passionnée par les végétaux. J’ai fait un bac pro d’aménagement paysager. Mon rapport à la terre est particulièrement fort au point de m’avoir incitée à faire des études en géologie !

- Mais vous connaissiez-vous toutes deux avant ?

Mathilde Bryant : Non ! Nous avons fait connaissance en fréquentant le PROTO204.

- Le GreenLab est donc né ici. Fait-il néanmoins résonance avec des initiatives que vous auriez découvertes ailleurs en France ou dans votre propre pays. Au vu de votre léger accent, je fais l’hypothèse que vous êtes originaire d’un pays anglo-saxon…

Donna Enticott : De l’Angleterre, en l’occurrence ! Disons que beaucoup de projets m’ont inspirée. Je pense aux jardins partagés ou encore aux Incroyables Comestibles, qui, nés outre-Manche, répondent aussi à des problématiques sociales. Pour autant, aucune de ces initiatives ne ressemblent au GreenLab. Je n’ai pas connaissance de lieux d’expérimentation comme celui-ci, ouvert à des communautés aussi diverses…

Mathilde Bryant : Moi non plus, je ne vois pas d’équivalent. Bien sûr, cela peut évoquer telle ou telle initiative, des endroits que nous avons fréquentés et ne serait-ce que des pratiques jardinières réapparues ici ou là. Mais je n’ai pas connaissance d’un GreenLab comme celui que nous souhaitons ouvrir.

Donna Enticott : Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Nous sommes ici sur un campus verdoyant, dans un environnement scientifique au milieu de chercheurs, d’étudiants, de startuppers. Forcément, cela ne pouvait inspirer qu’une démarche singulière, située quelque part entre le laboratoire scientifique et le FabLab…

- Une vraie « hybridation », en somme… Quelles sont les prochaines étapes ?

Donna Enticott : Nous ne sommes qu’au début de l’histoire. Une première réunion est prévue le 21 septembre prochain à 19 h, au PROTO204, pour une préfiguration du lieu. Quatorze personnes étaient déjà inscrites une semaine avant. Suivra très vite une autre réunion pour poursuivre la réflexion en petits groupes de travail, cette fois, pour traiter le maximum de sujets et ce, aussi rapidement que possible. Car nous avons quand même une contrainte de temps lié à l’arrivée de l’automne. Si on veut que des végétaux poussent, il faut prévoir de les planter au début du printemps. Le lieu prendra aussi forme à travers l’aménagement de l’espace, dès cet hiver pour, comme nous l’espérons, un lancement officiel le 21 mars, premier jour du printemps. Je rêve aussi d’organiser des conférences-débats autour du végétal durant l’été.

Mathilde Bryant : Bref, comme vous le voyez, ce n’est pas nous qui dictons les choses, mais les saisons qui nous imposent leur rythme. Peut-être d’ailleurs que ce sera le vrai apport du GreenLab : nous apprendre, même à l’heure du numérique, à instaurer un autre rapport au temps… Précisons que la réunion du 21 septembre est ouverte à tous. Même ceux qui ne savent pas jardiner sont les bienvenus. Il faut juste avoir envie de prendre le risque de participer à une aventure collective avec toutes les surprises que cela peut réserver.

Pour plus d’information sur le projet, cliquer ici.

Pour s’inscrire à l’événement, cliquer ici.

Merci à Hugo Noulin, du collectif Action Création, pour les photos !

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