Schéma de développement territorial

pierre veltz

L’adoption du schéma de développement territorial marque une avancée majeure dans la construction de Paris-Saclay. Ce document, élaboré conjointement par l’Établissement public et les collectivités, établit un diagnostic commun et fixe les principes et les grands équilibres pour un développement harmonieux du territoire.

Afin de mieux comprendre le périmètre et l’intérêt de ce document, nous avons posé quelques questions au président de l’EPPS, Pierre Veltz.

L’EPPS vient d’éditer le schéma de développement territorial à l’échelle du périmètre de Paris-Saclay. Que recouvre ce document et quelle est sa vocation ?

Le sujet du document est le développement  du vaste territoire qui s’organise autour du plateau de Saclay et qui accueille 49 communes, 5 intercommunalités, 657 000 habitants et 372 000 emplois, sur une superficie trois fois et demie plus vaste que celle de Paris intra-muros.

Ce document aborde les différents enjeux du développement territorial : la mobilité, l’habitat, l’environnement, la création d’activités. Il fait dans une première partie le constat d’une ambition partagée autour de la création du cluster Paris-Saclay, et aborde dans une seconde partie la démarche collective qui mènera à la construction du clustercité, lieu mondial de l’innovation mais aussi lieu de vie.

Le SDT est la pierre fondatrice du projet de territoire, fruit d’un travail partagé, issu d’une démarche longue et rigoureuse, faite de nombreux échanges et débats. Comment êtes-vous arrivé à cette co-production entre les collectivités et l’EPPS ?

Nous avons mis en place quatre commissions thématiques : « développement économique, innovation et recherche », « mobilités », « logements et équipements » et « agriculture et environnement ». Ces commissions, présidées par des élus du territoire (Alain Schmitz, Robert Cadalbert, Vincent Delahaye et François de Mazières), se sont réunies tout au long de l’année 2011. A partir de leurs travaux, l’EPPS a proposé une synthèse soumise une première fois au conseil d’administration en juillet dernier, puis enrichie par les apports des collectivités, et qui sera soumise pour approbation définitive au conseil du 13 janvier 2012.

Quels sont les constats partagés et peut-on résumer les grands principes qui font consensus ?

Le premier point qui fait consensus est la création du cluster lui-même, autour de deux pôles majeurs : celui de la frange sud du plateau, autour du projet de campus devant aboutir à la création de l’Université de Paris- Saclay (qui sera de loin la première de France) ; celui de Versailles-Satory et Saint-Quentin Est, autour de la « mobilité du futur » et du « vivant dans la ville ». Il y a aussi consensus pour dire que ces pôles doivent être de véritables quartiers, vivants et agréables, rassemblant développement économique, habitat, équipements et services à la population. Le métro automatique reliant Versailles à Orly avec 6 stations réparties sur le plateau fait l’unanimité, et la CAPS demande une gare supplémentaire à Palaiseau. Enfin, la protection de la zone naturelle et agricole est considérée par tous comme une condition préalable indispensable pour l’équilibre du projet et sa pérennité. Cela fait beaucoup de points d’accord !!

Y a t-il des points de divergences ?

Non, mais il y a un débat sur le nombre de logements à construire pour faire face, ici comme ailleurs, à la crise, et pour éviter la congestion des transports en rapprochant emplois et habitat. Certains élus trouvent les objectifs de l’Etat et de la région trop ambitieux et posent, à juste titre, la question de la mobilisation du foncier.  Mais tous, rejoints par le monde économique, soulignent l’importance cruciale de la création de logements pour le territoire. Tout le monde s’accorde aussi pour dire qu’il y a des progrès à faire pour mieux valoriser le potentiel de recherche en matière de développement économique, pour mieux articuler le plateau avec les grandes zones d’activités situées à proximité (Courtaboeuf, Vélizy-Villacoublay…), pour mieux relier les nouveaux quartiers en projet avec les villes existantes et pour améliorer les transports entre Nord et Sud, des Ulis au Pont de Sèvres en passant par Jouy et Vélizy-Villacoublay. Tous ces points sont évoqués dans le SDT. En passant, je souligne la totale compatibilité entre le SDT et le SDRIF.

Après ce premier document, quelles sont les prochaines étapes ? Comment le territoire va-t-il se transformer et devenir le cluster-cité souhaité et imaginé par tous ?

Le SDT est le socle à partir duquel pourront être déployées les politiques opérationnelles. Elles donneront lieu à des Contrats de Développement Territorial, créés par la loi Grand Paris du 3 juin 2010, qui permettront de décliner les objectifs avec des zooms territoriaux plus précis et de constituer une base mutuelle d’engagement entre les collectivités locales et l’Etat. Le préfet de région a confié l’ingénierie de ces contrats à l’EPPS. Combien y en aura-t-il ? Nous en discutons actuellement. Au moins deux, sur les zones de projet majeures déjà évoquées, et sans doute davantage si les collectivités le souhaitent. L’énorme avantage du CDT est de proposer une formule ouverte et pragmatique, s’adaptant à chaque situation particulière. C’est une manière moderne de gérer les politiques publiques par des partenariats contractuels entre acteurs.

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Mots clés :
Président-Directeur général de l'Établissement public Paris-Saclay.

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