Du Pep’s pour l’entrepreneuriat étudiant

Développer l’esprit entrepreneurial auprès des étudiants : telle est la vocation du Pôle de l’Entrepreneuriat Etudiant Paris Saclay, qui a vu le jour en octobre 2010. Etat des lieux avec l’un de ses initiateurs, Jean-Michel Le Roux.

D’abord, sensibiliser et détecter des étudiants porteurs de projets d’entreprise. Ensuite, fédérer les principaux intervenants sur le thème de la création et du développement d’entreprise,  tels sont les deux principaux objectifs du PEEPS. Cinq lettres pour Pôle de l’Entrepreneuriat Etudiant Paris Saclay.

Il y a encore trois ans, le 2e « P » désignait le Plateau (de Saclay). Un glissement sémantique intervenu suite à l’appel à projets lancé en 2009 par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avec le Secrétariat d’Etat en charge des PME et PMI avec, pour objectif, de remédier au manque d’esprit d’entreprendre parmi les étudiants français. A la clé : 2 millions d’euros pour l’ensemble des dossiers sélectionnés…

Malgré la modicité de la somme, deux projets sont initiés sur le plateau. L’un porté par Supélec qui met l’accent sur la dimension… plaisir de l’entrepreneuriat, en s’appuyant sur les liens noués en particulier grâce à IncubAlliance et Digiteo. L’autre, porté par l’Institut d’optique qui jouit de l’expérience de sa Filière Innovation Entrepreneur (FIE), les deux projets étant conçus en partenariat avec l’Université Paris-Sud. Finalement, ils parviendront à fusionner. Ce sera donc le Pôle de l’Entrepreneuriat Etudiant du Plateau de Saclay, déposé en janvier 2010.

L’histoire ne s’arrête pas-là. Lors de la pré-sélection, PEEPS et le projet SENS, porté par ParisTech, ont été invités à se rapprocher. Il en résultera… PEEPS, avec cette fois le « P » pour Paris.  La fusion s’est faite plutôt facilement : « Toutes les parties prenantes, observe Jean-Michel Le Roux, se sont retrouvées sur le principe du plaisir que nous mettions en avant.» Et les deux objectifs : faire des étudiants des ambassadeurs pour promouvoir l’esprit entrepreneurial ; créer un continuum entre les structures d’aides existantes, de la création au développement : incubateur, capital-risqueurs, chambres de commerce… « On travaillait les uns à côté des autres ; désormais, on le fait plus main dans la main.» Le résultat de la sélection est prévu en juin. Finalement, il tombera le 1er octobre, le temps pour le Ministère et le Secrétariat d’Etat de trouver des financements complémentaires à la hauteur des enjeux. Sur les 44 dossiers déposés, 20 dossiers sont sélectionnés, dont le PEEPS.

Un programme en 5 modules

Au titre de sa labellisation, le pôle bénéficiera de 300 000 euros, soit un dixième du budget. La somme peut paraître modeste. Mais le PEEPS n’entend pas réinventer la poudre : il s’appuie sur les structures et les initiatives existantes, pour proposer un programme en 5 modules :

- « Envie de jouer » : destiné à donner aux étudiants des habitudes nécessaires à l’entrepreneuriat comme l’envie de travailler ensemble, par exemple à travers des jeux d’équipes composées d’étudiants de différents établissements. « Ce dont ils ont pu être déshabitués durant leurs années précédentes…»

- « Les acteurs du jeu » : avant de parler projet, il faut apprendre à écouter et à comprendre ses interlocuteurs et leurs logiques propres : du fournisseur au client en passant par toutes les catégories possibles de financeurs (le capital-risqueur, le business angel, le banquier, etc.). C’est l’objet de ce module qui vise aussi à faire découvrir la finalité d’une pépinière ou d’un incubateur. « Beaucoup d’étudiants en ignorent le principe » observe encore Jean-Michel Le Roux.

- « Les règles du jeu » : soit le business plan, le business model, la propriété industrielle, les droits et les devoirs du dirigeant, les statuts d’entreprise, la reprise d’entreprise…

- « A vous de jouer » : à l’attention de ceux qui veulent créer une entreprise, ce module met en lien avec des professionnels du réseau (financiers, RH,…), les pépinières, les incubateurs, etc.

- « Le jeu dans le vif de l’action » : il vise à mettre en lien les étudiants déjà entrepreneurs des différents établissements avec les autres étudiants pour favoriser les échanges et la mutualisation de compétences, dans la perspective d’une entreprise plus forte.

Objectif : 50 000 étudiants sensibilisés

Initialement, lors de l’appel, le Pôle s’était

Des indicateurs pour évaluer les résultats

Afin d’évaluer l’impact des actions menées par le PEEPS, trois indicateurs ont été élaborés : - le taux de sensibilisation : le nombre d’étudiants qui aura suivi au moins un des modules sur le nombre total d’étudiants (50 000) ; - le taux de mixité : le nombre d’étudiants qui aura suivi une formation en dehors de son établissement sur le nombre d’étudiants qui aura suivi une formation dans le cadre de PEEPS (dans son établissement ou dans un autre) ; - le nombre de fois que PEEPS est mentionné dans les communiqués émis par les établissements.

fixé l’objectif de toucher 7 000 étudiants (sur les 50 000 que compte les établissements du pôle). Depuis l’objectif a été revu à la hausse : « à 5 ans, on veut sensibiliser l’ensemble des 50 000 étudiants que comptent les établissements partenaires (27 000 universitaires, 23 000 dans les grandes écoles) puis que, sur ce total, 5 000 aient un projet, que 500 soient créées (PME/PMI), que 50 deviennent des ETI, enfin que sur ce nombre, 5 deviennent de grands groupes.» Si les premiers objectifs sont tout sauf irréalistes, les derniers seront plus difficiles à atteindre reconnaît Jean-Michel Le Roux.

Afin de parvenir à cet objectif, une plateforme collaborative sera mise en place avec le soutien de l’EPPS. Développée par le Groupe ESC de Troyes pour les besoins du Réseau YEC (un des 20 pôles sélectionnés), elle devrait permettre de faciliter la mise en lien des étudiants du pôle.

Malgré la virtualité du Pôle, Jean-Michel Le Roux caresse l’espoir de l’identifier à un lieu convivial, a priori à l’Université Paris-Sud qui abrite le siège du Pôle. Un chargé de mission, recruté pour assurer le lien avec les étudiants, pourrait l’animer. A mi parcours (le label est décerné pour 3 ans), le Pôle peut se prévaloir de s’être vu décerner par l’association Petit Poucet le prix de « meilleure région entrepreneuriale de France », et ce, pour la 2e année consécutive.

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