Du Moulin de la Tuilerie au PROTO204, un monde en livres

Paysage
Sans eux, la littérature ne franchirait pas aussi bien les frontières, la renommée mondiale de bien des auteurs s’en trouverait compromise, sauf à imaginer que les lecteurs soient tous polyglottes ! D’ordinaire, ils fuient la lumière, préférant travailler dans l’ombre. C’est pourtant bien eux - les traducteurs ! - que le Festival Vo-Vf le monde en livres met de nouveau à l’honneur, du 10 au 12 octobre. Pour notre plus grand bonheur.

Pourquoi le cacher ? Nous avions adoré la première édition du Festival Vo-Vf le monde en livres, organisée en septembre 2013. L’essai serait-il transformé ? Y aurait-il une nouvelle édition ? C’est avec ces questions que nous avions quitté, l’an passé, le Moulin de la Tuilerie (à Gif-sur-Yvette), le magnifique lieu où s’était déroulé ce festival. Après tout, le pari avait été risqué et même osé : proposer une manifestation littéraire, en mettant au devant de la scène ceux qui ont vocation à travailler plutôt dans l’ombre pour ne pas nuire à l’aura de ceux qu’ils sont censés servir. Nous voilà donc rassuré. Il y aura donc bien une 2e édition,  du 10 au 12 octobre prochain, tout aussi riche que la précédente, avec au programme :

- pas moins d’une dizaine de tables rondes organisées autour de 3 ou 4 romans présentés par leur traducteur et réunies par langue d’écriture (catalane, lusophone, hongroise, afro – américaine…). « Des romans, précisent les organisateurs, choisis dans les parutions de l’année avec un accent particulier sur ceux qui feront l’actualité de la rentrée littéraire de l’automne. »

- des rencontres qui traiteront plus spécifiquement de l’écriture, de la traduction ou de la diversité des langues (traducteur à l’honneur, atelier de traduction, auto – traduction, diversité des grammaires). Au total, pas moins d’une trentaine d’intervenants dont André Markowicz (le traducteur de l’œuvre complète de Dostoïevski !), qui sera mis à l’honneur.

- un… Marathon des langues, à l’attention des locuteurs de langues étrangères qui pourront lire un texte, un poème ou même fredonner une chanson dans leur langue maternelle (si cela vous tente, vous êtes invité à vous inscrire sur le site de l’association Vo-Vf, en précisant cette langue et ce que vous souhaitez donner à entendre au public).

- des ateliers et animations, organisés tout au long du week-end à l’attention du jeune public, pour le sensibiliser lui aussi à la diversité et à la richesse des langues. Les ados comme les plus petits seront invités à développer leur imagination pour aboutir à un écrit, illustrer une histoire en jouant avec les mots français et d’autres langues (précisons que des traducteurs seront conviés en parallèle à rencontrer chacun une classe pour échanger sur leur métier, en lien avec leur programme scolaire).

Un festival hors-les-murs

Mais pas de festival digne de ce nom, sans un parrain (ou une marraine). Cette année, c’est Patrick Deville (rude tâche quand on se souvient de la truculence avec laquelle Pierre Assouline a essuyé les plâtres !). Comme l’an passé, le festival se déroulera à Gif-sur-Yvette, au Moulin de la Tuilerie, donc, l’ancienne maison de campagne du duc et de la duchesse de Windsor, où l’on pourra retrouver sur place, outre les classiques et les meilleures ventes actuelles, les ouvrages cités (dans leurs versions originale et traduite), grâce à la présence d’une librairie en forme de « Babel éphémère ». Où l’on pourra aussi se restaurer avec les mets préparés par Popote D’Potes, une association dont le nom est suffisamment explicite pour ne pas exiger un effort de traduction.

Signe d’un indéniable envol, le festival s’autorise des manifestations hors-les-murs. Ce qu’Adeline Barnault – une des chevilles ouvrières du festival – nous avait laissé présager dans l’entretien qu’elle nous avait accordé à l’issue de la précédente édition (pour y accéder, cliquer ici). Outre la Bulac (Bibliothèque universitaire des langues et civilisations), à Paris, dans le 13e arrondissement, pour une carte blanche à André Markowicz sur le thème des intraduisibles (dès le jeudi 9 octobre, à 20h) et les Salons de la Mérantaise (Gif-sur-Yvette) pour une exposition des œuvres de Amarita Sher-Gil (originaire de l’Inde, le pays d’honneur de cette année) et une carte blanche à France Bhattacharya, professeur émérite des universités, traductrice du Bengali (le dimanche 12), Vo-Vf le monde en livres fera escale :

- au PROTO204, le vendredi 10 octobre à 12 h 30, pour une rencontre avec Johan-Frédérik Hel-Guedj qui parlera Geek Sublime, un essai de Vikram Chandra, sur le codage informatique et ses liens étroits avec la littérature. Un choix judicieux au regard de la vocation de ce lieu, à savoir : favoriser la rencontre entre les diverses communautés de Paris-Saclay autour de l’innovation technologique (mais aussi sociale) et du prototypage.

- au cinéma d’art et d’essai de Gif-sur-Yvette, Le Central, pour une programmation spéciale, en ouverture du Festival (avec la projection de My Sweet pepper Land) et en clôture (avec celle des deux volets d’Heimat).

Nous nous garderons de vous décrire le programme dans le menu détail. Le mieux est de vous rendre sur le site de l’association Vo-Vf Le Monde en livres, qui organise l’événement avec les librairies LiraGif et La Vagabonde. Vous pourrez en constater par vous-même la richesse. Pour notre part, nous avons déjà arrêté le nôtre. Ne restera plus qu’à faire preuve d’un peu d’ubiquité tout en gardant les pieds sur terre. Car d’un monde en livres à un monde en’ivrant…

2 commentaires à cet article
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