Des nouvelles de Siinaps. Entretien avec Nathalie Ricœur-Nicolaï

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Inaugurée en septembre dernier, Siinaps, la plateforme de co-financement de Paris-Saclay, a déjà permis à quatre entreprises innovantes du territoire de collecter un total de 500 000 euros, sous forme de prêt ou d’investissement. Précisions de la directrice de Scientipôle Capital, à l’origine du dispositif.

- Siinaps a été inaugurée en septembre dernier. Quel bilan dresseriez-vous en ce début d’année 2019 ?

Un bilan plus qu’encourageant. Siinaps répondait manifestement à une réelle attente si j’en juge par les nombreux partenariats que nous sommes parvenus à nouer avec diverses institutions, qui s’engagent à communiquer sur la plateforme auprès d’investisseurs et d’entreprises en quête de financement. Nous avions pris le risque de lancer quatre collectes en même temps – trois en actions, une pour un prêt. Effectuées entre le jour de lancement de Siinaps, le 18 septembre, et fin décembre 2018, elles ont rempli leurs objectifs avec un total de 500 000 euros collectés.

- La plateforme ayant, ainsi que vous l’expliquiez dans le précédent entretien [pour y accéder, cliquer ici], vocation à apporter une source de financement complémentaire…

Oui, en effet. Les sommes récoltées sous forme de prise de participation ou de prêt, ont vocation à compléter l’apport de fonds d’investissement et de Business Angels. Les 500 000 euros participaient ainsi à des tours de table d’un montant total de 1,2 million d’euros, le solde étant, donc, couvert par ces derniers. Précisons encore que la campagne de la plateforme a aidé les entreprises à collecter ce solde. C’est dire son intérêt (elle fonctionne comme un levier de financement), étant entendu que l’inverse est envisageable : une campagne peut être initiée sous l’incitation des investisseurs ou prêteurs en vue de compléter leur apport.

- Pouvez-vous rappeler le profil des entreprises, qui en ont bénéficié ?

Il s’agissait d’entreprises innovantes : Enalees, qui a mis au point un diagnostic moléculaire simple et rapide pour les animaux [pour en savoir plus, voir l’entretien que son cofondateur nous a accordé – cliquer ici ] ; Phonoptics, qui conçoit des capteurs en fibre optique pour des situations critiques [ idem, cliquer ici ] ; EikoSim, qui propose une solution unique à destination des départements d’essai et de calcul pour la validation automatique des modèles de simulation ; enfin, Numscale, une start-up spécialisée dans l’optimisation des performances de logiciels. Les trois premières sont encore récentes (et donc en amorçage), tandis que la dernière, incubée chez IncubAlliance, a déjà cinq ans d’existence. C’est également elle qui sollicitait la plateforme pour un prêt.

- Un mot sur les investisseurs et prêteurs ?

Au total, la plateforme a reçu 3 000 visiteurs et de l’ordre de 300 personnes s’y sont inscrites pour investir ou accorder un prêt.

MPSSiinapsjanvier2019Paysage- Quel en est le profil ? Sont-ils du territoire ?

Compte tenu des règles relatives à la protection de l’investisseur individuel, nous nous ne disposons pas de quoi qualifier les profils utilisateurs. Cela étant dit, il nous a été donné d’en rencontrer : ce sont soit des Business Angels, soit des personnes n’ayant encore jamais investi et qui disent intéressées par l’offre de la plateforme, soit encore des personnes travaillant au sein des institutions partenaires. La plupart ont un lien avec le territoire de Paris-Saclay (habitants, anciens étudiants…) et souhaitent contribuer à son développement économique en investissant dans des technologies innovantes. Cela dit, Siinaps a aussi suscité l’intérêt d’investisseurs étrangers, au point de les convaincre de s’inscrire sur la plateforme [en illustration : une table ronde de la soirée de lancement de Siinaps].

- En quoi va consister la « Saison 2 » ?

(Rire) La « Saison 2 », c’est exactement cela ! La Saison 1 a correspondu au lancement de la plateforme, après plusieurs mois de maturation du projet, et à la première campagne de cofinancement au bénéfice d’entreprises innovantes dans le secteur B to B. La saison 2 débutera fin janvier-début février avec une campagne davantage tournée vers des entreprises répondant à des besoins du grand public.

- Un exemple ?

Je suis d’ores et déjà en mesure de vous annoncer une campagne pour Maëllya, une entreprise palaisienne, spécialisée dans la production d’huiles essentielles bio, dont certaines ont été conçues en partenariat avec un laboratoire de l’Université Paris-Sud. Nous prévoyons une campagne plus longue que la précédente pour prendre le temps de bien faire connaître cette entreprise et ses produits. Nous réfléchissons par ailleurs à des formules, qui permettraient de présenter les entreprises recourant à la plateforme, aux investisseurs aussi bien qu’aux usagers du territoire. Parmi nos pistes de réflexion : la création de clubs Siinaps avec nos partenaires Business Angels, où tout un chacun pourrait s’informer sur ce qu’est une entreprise, ce à quoi engage un investissement ou un prêt.

- Quels sont les échos de la plateforme en dehors de l’écosystème ? Avez-vous été sollicitée en vue d’une duplication de la plateforme ?

A ce jour, je n’ai pas été sollicitée en ce sens. En revanche, la plateforme gagne encore du terrain au sein de Paris-Saclay, puisque l’agglomération de Saint-Quentin a manifesté son souhait de la rejoindre. Au vu de l’accueil reçu par Siinaps depuis le jour de son lancement, je ne doute pas que cette extension se poursuivra.

Pour accéder à Siinaps, cliquer ici.

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