Des nouvelles de la JEE 2021. Entretien avec David-Olivier Bouchez et Pierre Mauriac

JEE2021Paysage
Le 25 mars dernier, se déroulait la 10e édition de la Journée Entrepreneuriat Etudiant (JEE). Parmi les équipes présélectionnées : deux issues de la Filière Innovation-Entrepreneurs (FIE) de l’Institut d’Optique. Les deux animateurs de cette dernière, David-Olivier Bouchez et Pierre Mauriac (respectivement coordinateur national et intervenant référent), nous en disent plus, y compris sur les incidences du contexte sanitaire, à commencer par l’adoption d’un format 100% digital.

- Si vous deviez rappeler le principe de la Journée Entrepreneuriat Etudiant (JEE) ?

David-Olivier Bouchez : Cette journée est le rendez-vous annuel donné par le PÉPITE PEIPS à des équipes d’étudiants pour leur permettre de pitcher un projet innovant, lequel peut consister en un service ou un produit, dans l’une des trois catégories suivantes : la catégorie « concept », la catégorie « émergence » et la catégorie « avancé ». Pour édition 2021, la Journée était organisée par l’Université Paris-Saclay, CentraleSupélec, la Communauté Paris-Saclay, Start in Saclay et Genius CentraleSupélec (l’association des étudiants entrepreneurs de cette école). Crise sanitaire oblige, elle a été organisée, comme la précédente, en mode distanciel au travers d’un Salon entrepreneurial virtuel, permettant de networker avec d’autres jeunes entrepreneurs, puis d’une Remise des prix aux meilleurs pitchs, en streaming depuis CentraleSupélec. Nous avons eu la bonne surprise de voir que deux projets portés par nos étudiants (Dextraware et VacFree) étaient sélectionnés pour participer au concours dans la catégorie « Produit – Emergence ».

Pierre Mauriac : VacFree est issu d’un projet de recherche porté par Bertrand Simon, enseignant-chercheur à l’Institut d’Optique d’Aquitaine ; partant du constat que l’image projetée dans un casque de réalité virtuelle manquait de netteté en fonction de là où se posait le regard, il a développé une solution destinée à améliorer le confort visuel de l’utilisateur. Deux de nos étudiants – un garçon, Jian Cao, et une fille, Yixuan Zhang – ont eu l’idée de s’appuyer sur la preuve de concept à laquelle il était parvenu pour développer un premier prototype.

- Et le second projet ?

Pierre Mauriac : Dextraware, porté par une équipe de cinq étudiants (Frédéric Laly, Marie Locquet, Pierre Manchet et Pierre-Olivier Michel, à Palaiseau, et Léo Guy, à Bordeaux) découle, lui, du constat suivant : des croisements de routes sont particulièrement dangereux pour les personnes se déplaçant en mode doux (vélo, trottinette) du fait de leur moindre visibilité par les automobilistes. L’équipe a donc eu l’idée de développer un dispositif permettant d’alerter les usagers de mobilités douces sur les risques encourus. Si le projet en est encore au stade de preuve de concept, l’équipe bénéficie du soutien de la commune Orsay, ce à quoi le jury a dû être sensible, pour tester d’ici le mois de juillet le concept dans un croisement présentant tout particulièrement des risques pour les cyclistes et utilisateurs de trottinette.

- C’est bien la preuve de l’intérêt de l’ancrage du 503 et de sa FIE dans un territoire : il permet à des porteurs de projet de faire la preuve de leur concept en situation réelle…

Pierre Mauriac : En effet. Précisons que la ville d’Orsay a l’habitude d’accueillir des projets étudiants. Elle a manifesté un intérêt immédiat pour celui de Dextraware, lorsque l’équipe avait pris contact avec ses services en charge des équipements pour demander l’autorisation d’intervenir dans un de ses croisements. Déjà, la ville envisage de généraliser la solution à d’autres croisements si les premiers tests se révélaient concluants.

David-Olivier Bouchez : L’intérêt d’une commune pour les projets de nos étudiants ne peut que contribuer à leur faire gagner en crédibilité auprès de partenaires potentiels.

- Pour en revenir à la JEE, elle aura donc permis de mettre en valeur deux projets issus de la FIE. Vous y attendiez-vous ? Aviez-vous repéré ces projets en amont et incité leurs porteurs à candidater ? Où en êtes-vous encore à être surpris par l’inventivité de vos élèves ?

David-Olivier Bouchez : En fait, chaque année, nos élèves soumettent leur projet à la JEE. Etant parties prenantes de l’événement, de son montage, nous les incitons et même les y préparons. Une telle journée est une opportunité pour eux de gagner en visibilité, d’échanger avec d’autres étudiants et des structures accompagnatrices de projets innovants, de bénéficier du regard extérieur d’un jury composé de professionnels et d’entrepreneurs. Tant et si bien que cette journée a été pleinement intégrée dans la maquette de la FIE, au même titre d’ailleurs que d’autres concours, comme celui de la sécurité routière, dont un autre projet, Light Cycle, a été comme vous le savez, lauréat du premier Prix [pour en savoir plus, cliquer ici].

Pierre Mauriac : Depuis, ce dernier a été lauréat d’un autre concours, le X-Mobility Challenge !, avec à la clé un programme d’accompagnement.

David-Olivier Bouchez : De là, et pour en revenir à votre question, à ce que nous nous attendions aux résultats, non, nous sommes encore à la merci de surprises. Il faut dire aussi que je suis astreint à un devoir d’objectivité : les dossiers qui me sont soumis dans le cadre de la présélection de la JEE n’en comportent aucun issus de la FIE. Et c’est très bien ainsi : je trouve plus gratifiant que la valeur des projets portés par nos élèves soit reconnue par mes homologues d’autres établissements.

Pierre Mauriac : On ne peut que saluer l’implication des étudiants, car même si la JEE et d’autres concours sont un passage obligé (comme David-Olivier vient de le dire, ils sont intégrés dans le parcours pédagogique), ce sont eux qui s’investissent, prennent à cœur de se préparer, répondent aux questions du jury et, donc, eux qui décrochent les prix. Nous ne pouvons, nous, que nous réjouir du fait que leur effort soit récompensé. Même ceux qui repartent bredouille auront bénéficié de précieux retours et conseils. Leur projet ne s’arrête pas avec la JEE mais peut au contraire trouver un nouveau souffle.

- La journée a donc pu se tenir malgré le contexte que l’on sait. Est-ce à dire que c’est business as usual ? Les élèves se sont-ils adaptés sans encombres ?

David-Olivier Bouchez : Nos élèves s’adaptent tant bien que mal depuis le début de cette crise sanitaire. De là à dire business as usual, non certainement pas. Cette crise perdure bien au-delà de ce que nous avions prévu. Elle exige une agilité de tous les instants tant pour les élèves que pour les équipes pédagogiques. Nous devons revoir en permanence nos modes opératoires. La JEE a, elle aussi, fait l’objet d’ajustements de dernières minutes : dix jours avant la tenue de l’événement, nous prévoyions encore une organisation mix en présentiel (étudiants et jury) et en distanciel. Forcément, ces ajustements permanents peuvent produire un phénomène d’usure. Malgré tout, les élèves sont parvenus à rester mobilisés autour de leur projet. Ils ont d’autant plus de mérite que ceux-ci sont intersites. De quoi nous redonner de l’énergie !

- En tout cas, Pierre Mauriac, je constate que les contraintes de la crise ne vous empêche pas de continuer à faire des allers-retours chaque année entre l’Institut d’Optique d’Aquitaine et le 503 du plateau de Saclay…

Pierre Mauriac : (Rire). En effet, même si c’est au prix de contraintes supplémentaires. Jusque-là, le TGV me déposait à la gare TGV Massy Palaiseau. Désormais, je dois aller jusqu’à Paris (Gare Montparnasse). Forcément, ça rallonge la durée du trajet (il me faut récupérer le RER B). Mais nos élèves continuant malgré tout à jouer le jeu et à nous embarquer dans leurs projets, j’ai encore plaisir à me lever même si c’est plus tôt. D’ailleurs, nous ne renonçons pas à monter d’autres projets comme ce raid de trois jours dans la Nouvelle Aquitaine, pour le début juillet.

- En somme, vous m’annoncez que nous aurons un autre motif d’entretien ?

David-Olivier et Pierre Mauriac : (Rires en chœur) : RDV est pris, et en présentiel !

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