Des nouvelles de la classe prépa du Lycée de l’Essouriau. Rencontre avec Fabien Délen

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Le samedi 9 novembre dernier, le lycée de l’Essouriau, accueillait son forum des anciens élèves de sa CPGE. Nous y étions pour la seconde fois, en ayant gardé un très bon souvenir de la précédente édition, à laquelle nous avions assisté, en 2017. En voici un premier écho à travers le témoignage du Coordinateur CPGE, qui revient ici sur son propre parcours et les particularités de cette classe prépa.

- Pouvez-vous pour commencer par retracer votre propre parcours ?

J’ai toujours eu le projet d’enseigner. Après deux années de classe prépa au lycée Hoche, j’ai poursuivi des études universitaires à l’Université Versailles-Saint-Quentin (UVSQ). Après ma maîtrise, je me suis inscrit en année de préparation à l’agrégation, que j’ai obtenue dès la première année, avec le CAPES. Puis j’ai complété ma formation avec un master en cryptographie avec l’idée d’accéder à un diplôme Bac +5. Ce à quoi j’ai finalement renoncé car la recherche-enseignement ne m’intéressait pas plus que cela. J’ai pris mon premier poste à Versailles, au lycée Marie-Curie (un lycée d’où vient d’ailleurs un de nos élèves de première année). Au bout de cinq ans, les inspecteurs m’ont proposé de participer, avec d’autres collègues, à une nouvelle classe préparatoire, qui venait d’ouvrir au lycée de l’Essouriau. J’y suis arrivé la deuxième année de sa création. J’en ai donc connu toutes les promos, qui s’y sont succédé depuis (les élèves de la toute première année étant passés en seconde année).

– Avec quels résultats ?

Le succès ne s’est pas démenti : nous arrivons à approcher la trentaine d’élèves par promotion. A l’issue de leurs deux ou trois années d’études (certains vont jusqu’à « faire 5/2 » comme on dit, dans l’espoir d’intégrer l’école de leur choix), la très grande majorité sont admis dans une école d’ingénieur. Les autres poursuivent en cursus universitaire, en licence, à l’Université Paris-Saclay ou ailleurs (pour mémoire, tous ceux ayant réussi un concours obtiennent une équivalence de L2, ce qui leur permet de s’inscrire en L3, le cas échéant).

- Comment expliquez-vous ces résultats ?

Nous avons eu la chance d’être soutenus par l’Université Paris-Saclay et ce soutien a été décisif, surtout au tout début, alors que nous n’étions pas encore assurés que notre classe prépa soit maintenue. L’université nous a beaucoup appuyé en mettant des moyens, y compris humains, à disposition. Les TP de physique-chimie et certains cours sont organisés, un jour par semaine, dans les locaux de la faculté d’Orsay. Des collègues de l’université viennent également enseigner aux CPGE et certains n’entre nous rendent la pareille en assurant quelques enseignements à l’université.

- A quoi s’est ajouté le soutien apporté par vos proviseurs…

Oui, en effet. Depuis sa création, la classe prépa a connu trois proviseurs différents – Madame Morel, la première année ; Monsieur Vandeporta, jusqu’en 2018, et Madame Fuiret, depuis la précédente rentrée. C’est vrai que chacun nous a facilité les choses pour l’organisation d’événements comme ce forum, les journées portes-ouvertes ou encore les visites d’établissements implantés sur le Plateau de Saclay.

- Un mot sur le forum, qui rencontre un vrai succès…

Oui, chaque année, beaucoup d’anciens font l’effort de revenir pour témoigner de leur parcours et présenter leur école. Près d’une cinquantaine sont revenus cette année, représentant maintenant de l’ordre de 35 écoles d’ingénieur. Manifestement, ils ont gardé un bon souvenir de leurs années de classe prépa, ici. Tous disent combien ils en ont apprécié l’ambiance quasi familiale. Certains convainquent même leur petit frère ou leur petite sœur, sinon des connaissances, à emboiter leur pas. Bref, à défaut de bénéficier de visibilité au niveau national ou même régional, notre prépa bénéficie d’un bouche à oreille favorable. Tous ceux qui nous connaissent en parlent comme d’une prépa « à taille humaine ». Même si l’équipe pédagogique évolue dans le temps, elle reste animée par l’envie de bien faire les choses. C’est pourquoi les élèves, même de niveau modeste, n’abandonnent pas et parviennent ainsi à décrocher une école d’ingénieur aussi modeste que soit leur cursus. A fortiori, ceux qui ont déjà des dispositions pour travailler en prépa, peuvent obtenir bien plus que ce qu’ils visaient initialement.

- Si le nombre d’élèves admis reste stable, qu’en est-il du nombre de dossiers de candidatures ? On imagine qu’il a explosé au vu de ces résultats…

Non, pas autant que cela. Entretemps, les modes de candidature ont changé avec le passage d’APB à Parcoursup. Désormais, les vœux ne sont plus ordonnés. Il est donc difficile de savoir si notre classe figure comme premier vœu. C’est en en discutant avec nos futurs élèves que nous le savons. Néanmoins, le nombre total de candidatures n’a pas bougé globalement. Parmi les explications possibles à cette stabilité, il y a le fait que le lycée n’est pas bien desservi par les transports en commun. La plupart de nos élèves viennent d’ailleurs des Ulis ou des communes voisines. Cependant, nous commençons à recueillir des candidatures d’élèves de lycées de province. Ils nous ont connu probablement par l’intermédiaire d’anciens ayant intégré une école d’ingénieurs dans leur ville. Ils viennent chez nous en louant une chambre dans la résidence du CROUS, située jusqu’à côté.

- Un établissement pas bien desservi, dites-vous, mais qui fait partie de l’écosystème de Paris-Saclay. Dans quelle mesure cette proximité sert-elle votre projet pédagogique ?

Elle la sert positivement, d’autant que, comme je l’indiquais, nous travaillons en étroite collaboration avec des coordinateurs de l’Université Paris-Saclay. Chacune des deux classes y passe une journée par semaine, ce qui permet aux élèves d’interagir avec des étudiants et de se sentir partie prenante de l’université. Histoire de renforcer ce sentiment d’appartenance, je fais figurer sur les feuilles que je distribue pour les besoins des devoirs surveillés, le logo de l’Université de Paris-Sud, au début, de Paris-Saclay désormais, à côté de celui du lycée. Nous en faisant autant avec nos documents de communication. Chaque année, nous veillons par ailleurs à faire visiter à nos élèves une école d’ingénieur présente sur le Plateau de Saclay. Les premières années, nous avons ainsi été visiter Polytech Paris-Sud puis CentraleSupélec ; l’an passé, nous sommes allés à l’ENSTA ParisTech. Nous n’avons pas encore réfléchi où les amener cette année, mais nous avons bien l’attention de profiter de cette proximité. Ces visites permettent de leur donner un aperçu de la diversité des écoles. Et puis, il y a quelque chose de stimulant à voir toutes ces nouvelles écoles s’implanter sur le plateau, ces bâtiments en construction, ces résidences universitaires qui s’ouvrent.

- Nous réalisons l’entretien à l’extérieur, au milieu de chantiers… Que se passe-t-il donc ici ?

Nous sommes entre deux bâtiments, juste à la sortie de l’Agora. Le lycée est en pleine rénovation thermique, à partir d’une isolation par l’extérieur. Les menuiseries – portes, fenêtres,…- sont changées, de même que la ventilation extérieure. Nous espérons bien que les salles de cours bénéficieront d’un petit rafraîchissement…

Un grand merci à Augustin Huet pour les photos qui illustrent la série d’articles consacrés à la CGPE du Lycée de l’Essouriau.

A lire aussi les témoignages :

- d’autres enseignants de la classe préparatoire : Antoine Morin, professeur en physique-chimie (pour y accéder, cliquer ici) ; Loïc Devilliers, professeur de mathématiques (cliquer ici) et Nicolas Schneider, professeur de physique-chimie (cliquer ici).

- d’anciens élèves : Guillem Khaïry, qui a intégré l’Ecole centrale de Nantes, après une première année à Polytech Paris-Sud (mise en ligne à venir) ; Marc Daval, élève de l’ENSMA-ISAE (mise en ligne à venir) ; Matthieu Dumas, élève à l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris, EIVP (mise en ligne à venir) ; Mélanie Co Tan et Augustin Huet, respectivement à l’ESIGELEC et à l’ENSEIRB-MATMECA (cliquer ici) ; enfin, Paul Didiez, qui a fait le choix d’un double cursus à l’ENSIL-ENSCI puis à l’ISAE-ESMA (mise en ligne à venir).

- de Marie-Ros-Guézet, qui assistait au forum au titre du dispositif « Ingénieurs pour l’école », dont elle vient de prendre la responsabilité au plan national (mise en ligne à venir).

4 commentaires à cet article
  1. Ping : « Il n’a pas de déterminisme qui condamne à un parcours linéaire ». Rencontre avec Loïc Devilliers | Paris-Saclay

  2. Ping : Apprendre dans l’optique d’enseigner… Entretien avec Antoine Morin | Paris-Saclay

  3. Ping : Faire une classe prépa à l’Essouriau leur a souri. Entretien avec Mélanie Co Tan et Augustin Huet | Paris-Saclay

  4. Ping : De la mécanique du désir d’enseigner. Rencontre avec Nicolas Schneider | Paris-Saclay

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