Des emplois vraiment plein d’avenir. Rencontre avec Anne-Sophie Sery

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Vous pensez ne pas la connaître et pourtant vous avez très certainement eu affaire à elle si vous avez composé le numéro du standard de l’EPA Paris-Saclay ou de l’une de ses directions, a fortiori si vous vous êtes rendu sur place. C’est elle qui, longtemps, vous accueillait et vous orientait vers votre interlocuteur ou votre salle de réunion. Depuis, elle y a occupé bien d’autres fonctions, qui vont ont probablement donné d’autres occasions de la rencontrer ou d’échanger avec elle . Retour sur un parcours professionnel qui débute avec, pour tout bagage, un brevet des collèges et un « emploi d’avenir »…

Avec Anne-Sophie Sery, l’ « emploi d’avenir » n’aura jamais aussi bien porté son nom. Pour mémoire, ce dispositif (supprimé au 1er janvier 2018) avait pour objectif de faciliter l’insertion professionnelle de jeunes éloignés de l’emploi. Anne-Sophie avait rempli les conditions puisqu’elle n’avait, en guise de diplôme, que le brevet des collèges en poche. C’est dans ce cadre qu’elle intègre l’EPA Paris-Saclay, en juin 2013. Elle avait 21 ans. En principe ce contrat est d’une durée d’un an, renouvelable deux fois. Soit trois ans maximum. En 2019, Anne-Sophie était pourtant toujours à l’EPA Paris-Saclay où elle n’a eu de cesse de prendre des responsabilités au gré de remplacements et de CDD, enfin, d’un CDI.

Dis-moi comment tu m’accueilles et…

Durant la première année et demie de son emploi d’avenir, elle était à l’accueil. Une fonction qu’elle prend à cœur de remplir au mieux, car elle en est convaincue : c’est l’image de l’entreprise qui y est en jeu. Ni plus ni moins.
On ne saurait mieux dire et le répéter tant des entreprises ont tendance à l’oublier… Mais l’adage, si c’en est un, vaut aussi pour les professionnels extérieurs, qui ne donnent pas une bonne image de la leur, à la façon dont ils abordent les personnes de l’accueil sinon du standard, dont ils leur infligent leur impatience. Si, donc, Anne-Sophie avait un conseil à donner, ce serait celui-ci : « Ne pas considérer l’accueil comme un défouloir. Nous, nous sommes-là pour aider. Plus la personne sera calme, plus nous pourrons le faire et avoir même d’autant plus envie de le faire ! Nous sommes en bout de la chaîne : ce n’est pas nous qui prenons les décisions ni fixons les rdv ; ce n’est donc pas nous qui sommes responsables des éventuelles erreurs. »
Cela étant posé, revenons à Anne-Sophie et à son parcours. Flash Back : en 2015, l’EPA Paris-Saclay (qui s’appelait encore EPPS) connaît un… baby boom. Comprendre : plusieurs de ses salariés partent en congés de maternité ou de paternité. Anne-Sophie y participe. A son retour, elle se voit proposer de nouvelles affectations, consistant à remplacer des collègues assistantes de direction : à la DSI (Direction de la Stratégie et de l’Innovation), puis à la DAF (Direction Administrative et Financière). Outre l’accueil téléphonique et la prise de rdv, elle se retrouve ainsi à manipuler factures, bons de commande, engagements,… Sa 3e année d’emploi d’avenir s’achève avec d’autres remplacements. D’une autre collègue, secrétaire en charge de la ZAC de Moulon, pour commencer – l’occasion de découvrir d’autres tâches administratives, d’autres problématiques. Puis, quelques mois plus tard, d’une assistante du pôle technique – encore une opportunité de découvrir d’autres facettes du monde de l’aménagement.

Un premier CDD

A chaque fois, ces remplacements se passent bien et même très bien, au point d’ailleurs qu’Anne-Sophie se voit proposer un CDD de six mois, comme assistante auprès de pas moins de trois personnes de la direction de l’aménagement.
Mais son CDD arrive à son terme – nous sommes en décembre 2016. Cette fois, l’aventure avec l’EPA Paris-Saclay se termine… Du moins presque. D’abord, parce qu’Anne-Sophie a gardé contact avec plusieurs de ses anciens collègues. A commencer par Sylvie Bussière [avec qui elle a travaillé en binôme à la direction de l’aménagement] qui l’a booste pour ses entretiens d’embauche. Et puis, un an après son départ, elle reçoit un appel sur son portable. C’est Caroline Pop, la directrice des Ressources Humaines, qui lui annonce la création d’un poste à l’accueil. Elle accepte volontiers. « L’ambiance de travail au sein de l’EPA Paris-Saclay me manquait. » On se risque cependant à demander si elle n’avait pas l’impression de revenir à la case départ ? La réponse fuse : « Non, car, insiste-t-elle, l’accueil est un métier à part entière, qui exige des compétences, à commencer par savoir bien accueillir les personnes aux téléphones, ou sur place, quand elles viennent pour des réunions. »
Un an plus tard, un autre poste d’assistance est de nouveau disponible au secrétariat de la ZAC du Quartier de l’École polytechnique et du secteur de Corbeville. Anne-Sophie postule et l’obtient sans coup férir. Comme les fois précédentes, il s’agit d’assister les équipes dans le suivi des dossiers, des bons de commande, d’organiser les réunions… Mais sur un autre territoire, qui lui faut découvrir. Ce qu’elle fait avec plaisir et curiosité.

Des ministères et des élus pour interlocuteurs

Entre-temps, il y aura eu un autre remplacement et non des moindres, puisqu’il s’agissait de celui de l’assistante de la direction générale ! Au vu des compétences dont elle avait fait preuve, c’est sans l’ombre d’un doute que l’intéressée, Anne Lamy, le lui proposa. Anne-Sophie répond « oui » sans hésiter mais sans se cacher à elle-même combien cette perspective l’impressionne quand même un peu. Ses interlocuteurs potentiels n’étaient autres que des gens de ministère, de la préfecture, des collectivités locales, des directions d’entreprise ou d’établissements d’enseignement supérieur et recherche…
« Anne m’avait fait confiance. J’ai donc mis un point d’honneur à en être à la hauteur. » La confiance ne sera pas déçue à en juger par les retours positifs du DG en personne, Philippe Van de Maele. Suite à cela, il y aura encore un CDD à mi-temps proposé par la DAF, pour le suivi de la facturation du réseau de chaleur et de froid. « Il s’agissait de créer les factures et de les adresser aux fournisseurs. »
Avec le recul, Anne-Sophie dit mesurer à quel point l’expérience lui aura donné encore plus confiance en elle, en l’incitant à aller de l’avant, à assumer plus de responsabilités.
En quelques années, elle aura ainsi intégré des équipes différentes avec, à chaque fois, la même implication professionnelle, quand bien même lui faut-il apprendre sur le tas. On s’interroge alors : pourquoi cette aptitude à s’adapter, à se former en permanence, n’a-t-elle pas été propice à la poursuite d’un parcours scolaire bien au-delà de son brevet des collèges ? En guise de réponse, elle invoque une maternité à un jeune âge, tout en confirmant un goût d’apprendre, mais aussi une nature encline à s’adapter au tempérament des autres, y compris ses collègues. « Selon qu’ils sont sur-actifs ou plus réfléchis, je temporise ou devance leurs besoins. »
Au-delà de ses prédispositions naturelles, elle tient aussi à rendre hommage à l’accompagnement dont elle a bénéficié de la part de ces mêmes collègues. A commencer, encore une fois, par Sylvie Bussière à propos de laquelle elle serait presque intarissable. « Au sein de la direction de l’aménagement, c’est elle qui m’a tout appris, les techniques de secrétariat, de gestion administrative. » La même tient encore à évoquer Anne Lamy et ses incitations à toujours aller de l’avant, et d’autres collègues encore : Bertrand Corouge, Marianne Desserrières,… « C’est si facile de perdre confiance en soi. Je suis d’autant plus reconnaissante à ces personnes pour la constance de leur soutien. »

Une entreprise pas comme les autres

Un établissement public d’aménagement n’est pas une entreprise comme une autre. En a-t-elle d’emblée compris la vocation ? Elle : « J’avoue qu’au début, je ne comprenais pas trop ce qui se jouait sur le territoire ni le rôle de l’établissement. Forcément, à l’accueil, j’en entendais parler, mais sans vision précise. C’est une fois que j’ai intégré des fonctions de secrétariat, que j’ai commencé à rentrer plus dans le détail des dossiers tout en ayant une vue d’ensemble. »
Elle ne garde pas moins un bon souvenir de ses passages à l’accueil. « On y rencontre des personnes qu’on ne croiserait pas dans la vie de tous les jours : M. Albertini, Préfet de l’Essonne, M. le Député Villani, M. Borloo, ancien Ministre… » La même : « Pour quelqu’un comme moi, qui vient de si loin au plan des études, je trouve que c’est valorisant. Si on m’avait dit un jour que je me retrouverais à échanger avec des personnes aussi importantes… C’est gratifiant, en plus de renforcer la sensation de faire soi-même un métier utile. »
Ceux qui connaissent Anne-Sophie (plutôt encline à la « rigolade », selon son propre terme, et, ajoutons-le, à l’autodérision), ne peuvent que sourire en songeant au soin qu’elle met dans le savoir-être vis-à-vis des interlocuteurs extérieurs. « A quelque poste qu’on est, on représente l’établissement public d’aménagement. Il faut donc savoir en être digne. A fortiori, quand on est à l’accueil, car encore une fois, on en est le premier contact. »
Une anecdote en dit long sur ses scrupules en la matière. « Un jour, la DSI devait recevoir une délégation d’investisseurs américains. J’avais participé à l’organisation de leur venue, sans trop compter mes heures. » Elle pousse surtout la rigueur professionnelle jusqu’à acquérir une nouvelle paire de chaussures. Qu’elle n’aura jamais remise depuis… Elle, en guise de justification : « Quand j’aime quelque chose, je m’y investis à fond ». Elle croit utile de partager encore son enthousiasme, de dire combien ce qu’elle fait l’épanouit. Mais il suffit de l’entendre pour le comprendre.

Un poste d’observation

Il faut aussi l’entendre parler de l’établissement qui l’emploie. Même l’année où elle en était partie, il se rappelait à son bon souvenir, ainsi qu’elle s’en amuse : « A chaque fois que je voyais un panneau qui en arborait le logo, je ne pouvais m’empêcher de m’exclamer : c’était mon entreprise ! C’était mon entreprise ! »
Réflexe qu’elle continue à avoir aujourd’hui plus que jamais, confie-t-elle dans un éclat de rire, et en l’assumant toujours autant. « Paris-Saclay est un super projet. Dans le cas de Corbeville, tout est encore à faire. » Ce qui ajoute à son enthousiasme. « Cette fois, je vais pouvoir suivre les dossiers dès leur démarrage. » La même se dit agréablement surprise de voir jusqu’à quel détail portent les choix : sur la nature des pavés, l’essence des arbres à planter….
A l’entendre encore, on mesure à quel point elle occupe bien plus qu’un poste de travail : un poste d’observation, d’où elle voit défiler les moindres documents, le processus qui se met en place pour bâtir un cadre de vie et de travail innovant, appelé à rayonner à travers le monde.

Merci à Maud Joëssel pour les photos illustrant l’article.

De la Côté d’Ivoire à Paris-Saclay, le parcours de Karène Douba

D’autres parcours d’insertion professionnelle au sein de l’EPA Paris-Saclay méritent de retenir l’attention. Comme celui de Karène Douba. Originaire de Côte d’Ivoire, elle est arrivée en France en l’an 2000. Elle n’avait alors que 6 ans. « Je me souviens, c’était en plein mois de janvier, il neigeait ce jour-là. Une belle découverte pour moi ! » Elle vit son enfance aux Ulis. En 2012-13, elle prépare un Bac STG (Sciences et Technologies de la Gestion), spécialité CGRH (Communication et Gestion des RH) au lycée de l’Essouriau. Elle le décroche avec une mention assez bien. Les deux années suivantes, elle s’inscrit en BTS tourisme à l’Ecole Nationale de Commerce (ENC) Bessières, à Paris, avant d’y renoncer finalement. Titulaire du Bafa, elle décroche néanmoins un premier emploi, à la mairie des Ulis, comme animatrice. C’est en 2016, le 1er octobre précisément, qu’elle rejoint l’EPA Paris-Saclay, dans le cadre d’un Contrat d’avenir, en tant que secrétaire/standardiste au sein des Direction de l’Immobilier et de la Communication. Près de trois ans plus tard, son contrat touchant à sa fin, Karène est accompagnée par la Caroline Pop, la directrice des Ressources Humaines, dans sa recherche d’un CDI. Le 1er juin 2019, elle était embauchée en CDI chez Phone Régie, un prestataire extérieur en charge de l’accueil de l’établissement. Elle y remplaçait Anne-Sophie Sery, embauchée en CDI par l’EPA. Elle était donc restée encore physiquement au sein de ce dernier jusqu’à ce qu’elle décide de se tourner vers une nouvelle voie professionnelle en reprenant des études. Avec toujours la même détermination tranquille, empreinte de beaucoup d’empathie pour les autres.

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