De l’importance de l’interculturel. Rencontre avec Caroline Cailleau

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Depuis février 2014, elle dirige le Pôle Solidaire Nord-Ouest Essonne (PôleS NOE), qui a vocation à valoriser l’économie sociale et solidaire sur le parc d’activités de Courtabœuf et le Plateau de Saclay. Auparavant, elle parcourait le monde, pour mener à bien des missions au sein d’ONG. Retour sur un parcours qui doit beaucoup à l’expérience de l'interculturalité.

De fortes convictions sur le monde et son évolution économique et sociale, c’est ce qui a largement déterminé le parcours de cette trentenaire. « J’étais au lycée au moment où le mouvement altermondialiste a commencé à faire parler de lui, à travers les événements de Seatle autour de la conférence de l’OMC, puis le Forum de Porto Alegre. » En 2000, elle opte pour un bac en sciences économiques et sociales. « Ce qui m’intéressait, c’était la justice économique, la défense de l’accès de tous aux droits fondamentaux. » Après le bac, elle cherche une école qui assure une double formation au commerce international et à l’humanitaire. Ce sera l’Ecole Supérieure de Commerce et de Développement (ESCD 3A) de Lyon. « A l’époque, elle formait en quatre ans (aujourd’hui en cinq), soit des chefs de mission ou de projet au sein d’ONG, soit des chefs d’entreprise dans le commerce international. » Quatre ans après, la voilà donc formée au management de projets internationaux avec un volet entrepreneuriat social.

Entre-temps, elle aura effectué pas moins de quatre stages, tous au sein d’ONG comme Oxfam, spécialisée dans le commerce équitable, soit dans les services de communication, soit sur le terrain. En fin d’études, elle participe à plusieurs projet qui la font voyager dans plusieurs pays : Sénégal, Espagne, Uruguay, Pérou…
Si, comme on le devine, ces années d’expérience lui ont plu, elle n’en émet pas moins un bémol : « Il me manquait l’acteur public, qui me paraît pourtant essentiel dans la coopération et la solidarité internationale. » En 2006-2007, elle entreprend donc un 3e cycle à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris, sur la gestion de projet en coopération décentralisée.
Au sortir de ces études, elle reprend sa carrière professionnelle dans plusieurs ONG, petites ou grandes : Oxfam, donc, mais aussi Planet Finance – une structure spécialisée dans la microfinance, qui lui permettra d’ajouter le Tadjikistan et le Gabon à la liste de ses destinations – ou encore Inter Aide, tournée, elle, vers le développement), comme consultante ou chargée de mission finances dans leurs sièges français respectifs. Au total, elle aura visité une trentaine de pays et travaillé dans près de la moitié (10). Une performance qu’elle relative : « Forcément, quand on mène une mission, on va à droite et à gauche ».
Avant de rejoindre le PôleS NOE, elle a travaillé deux ans durant pour le compte de l’Université Pierre et Marie Curie et les écoles du réseau ParisTech dans le cadre du programme Climate-KIC (Knowledge et Innovation Community) qui vise à permettre à des étudiants de valoriser leurs idées en matière de lutte contre le réchauffement climatique, à travers une démarche d’entrepreneuriat social. « A priori, les candidats aspiraient à contribuer au défi du changement climatique non pas au sein d’une grande entreprise, mais en créant ou co-créant la leur. » D’une durée de cinq semaines, le programme était aussi l’occasion de faire l’apprentissage de l’interculturel : les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de quatre autres pays européens (la Suisse, les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Allemagne) étaient engagés dans ce programme. De quoi enthousiasmer Caroline Cailleau, dont le rôle consistait à participer à l’organisation des universités d’été. Forte de son expérience des voyages à l’étranger et de sa formation à l’entrepreneuriat social, elle se sentait alors, comme on le devine, « dans son élément. »

Des populations de tous les continents

Depuis février 2014, elle a pris les rênes du PôleS NOE, une structure associative dédiée à la valorisation de l’économie sociale et solidaire dans le Nord-Ouest de l’Essonne, et dont les locaux sont installés aux Ulis. Comment passe-t-on du Programme Climate-KIC et de biens d’autres expériences à l’international, à une structure associative locale ? On pose la question, même si on perçoit d’emblée la continuité entre l’entrepreneuriat social et l’ESS. « J’avais envie de m’impliquer davantage encore sur ce territoire où j’ai vécu, par intermittence, depuis l’âge de 14 ans. »
Entre les locaux de l’École polytechnique et ceux du PôleS NOE (qui occupe une ancienne crèche), le changement de décors n’en reste pas moins notable. Pas de quoi affecter plus que cela Caroline Cailleau, qui a déjà adapté les locaux à ses nouveaux usages, sans pour autant faire disparaître toutes traces des occupants précédents. Rappelons encore que ces locaux se situent aux Ulis. Ce qu’elle vit tout sauf comme un dépaysement. « Ici, vous croisez des populations de tous les continents ! » Au moment de notre entretien, une affiche annonce d’ailleurs un festival des cultures du monde. Et la même de rappeler : « Les Ulis font partie intégrante de Paris-Saclay. Du moins cela devrait-il être le cas. Si le PôleS NOE peut y contribuer, tant mieux. » Mais, au fait, comment s’est-elle vu confier ce poste ? « J’avais repéré une annonce de recrutement sur le site de la CAPS [ Communauté d'Agglomération du Plateau de Saclay ]. J’ai postulé et j’ai été prise. Cela s’est fait aussi simplement que cela !»
L’entretien qu’elle nous a accordé en ce jour de juillet approche de sa fin. Aurait-on oublié un point qui lui tienne à cœur ? Oui et il concerne l’importance des études. « Elles m’ont permis de baigner dans un environnement stimulant sur le plan intellectuel et interculturel. » Et la même de savoir gré à ses parents de l’avoir laissée libre de ses choix.

Pour accéder à la suite de la rencontre avec Caroline Cailleau, cliquer ici.

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