Coup d’accélérateur sur le Paris-Saclay Hardware Accelerator. Entretien avec Alain Moinat et Christian Van Gysel

icono Moinat-VanGyselPaysage
Accueillir des startuppers ayant besoin de passer en toute simplicité d’un prototype à une production en petites séries, telle est la vocation de Paris-Saclay Hardware Accelerator, qui doit voir le jour à la fin de cette année, à Saulx-les-Chartreux. Christian Van Gysel, qu’on ne présente plus, nous en dit plus, aux côtés d’Alain Moinat, entrepreneur, à l’origine de la première plateforme d’impression 3D en ligne et associé au projet.

- (A Christian Van Gysel) Vous aviez, avec Bertrand Marquet, évoqué le projet de créer Les Garages XYZ sur le site de Data4, à Marcoussis. Vous m’accueillez finalement à Saulx-les-Chartreux pour me présenter Paris-Saclay Hardware Accelerator, dans un ancien hangar… Que s’est-il donc passé entre-temps ?

Christian Van Gysel : Nos interlocuteurs de Data4 ont manifesté un réel intérêt pour notre projet de résidence pour startuppers ayant besoin d’accélérer un projet hardware, en se disant prêts, effectivement, à l’accueillir sur leur site de Marcoussis. Ce dont nous les remercions encore. Au plan architectural, nous disposions, comme vous le savez, d’une proposition de l’architecte Mathieu Lebouc, associé dès le début à l’aventure : un bâtiment en forme cylindrique, concentrant en son centre les parties communes et les équipements, et en périphérie les bureaux et logements des startuppers [en illustration ci-dessous].
Icono Moinat-VanGyselCapture d’écran 2018-06-29 à 11.10.08 - copieMalheureusement, l’évaluation du loyer attendu pour parvenir à l’équilibre nous faisait basculer dans une tout autre dimension en termes d’investissement (de l’ordre de 25 millions d’euros) et donc de chiffres d’affaires à réaliser chaque année. Nous en étions-là fin 2017. Plutôt que de renoncer à notre projet, Bertrand [Marquet], Mathieu [Le Bouc] et moi, avons considéré plus sage de commencer par un POC [Proof Of Concept], à l’échelle 1/10e (par rapport au projet initial). Nous étions ainsi partis à la recherche d’un site et d’autres partenaires, quand nous avons rencontré un entrepreneur, Alain Moinat. C’était en mars de cette année, à l’occasion d’une soirée du Réseau Entreprendre 91, au cours de laquelle des prix étaient décernés à des porteurs de projet. Alain figurait parmi les lauréats : il avait présenté un projet des plus intéressants, parfaitement complémentaire avec le nôtre…

- (A Alain Moinat) Si vous deviez commencer par vous présenter…

Alain Moinat : Je suis entrepreneur, donc, avec une longue expérience dans les métiers de l’impression. J’ai dirigé A32Bis, une société spécialisée dans la communication visuelle grand format, avant de créer, en 2005, PMC Impression, spécialisée, elle, en vernis et pelliculage grand format. Puis je me suis lancé dans le Web, en 2014 avec la création d’un site de vente en ligne de visuels grand format (www.eprint.fr). L’année précédente, je créais avec un ingénieur-designer, Simon Bernard, un bureau d’études généraliste, tournée vers la conception, le prototypage et la fabrication de mobiliers de décors en carton pour l’événementiel. Très vite, nous avons acquis la conviction que l’avenir appartenait à la 3D, que nous ne pouvions plus distinguer design et production. C’est ainsi que nous en sommes venus à créer ePrint 3D Production, une plateforme d’impression 3D en ligne. D’autres plateformes de ce type existent, mais nous nous différencions au travers de notre bureau d’études, qui permet de réaliser tout projet qu’il soit technique ou design. Nous accompagnons nos clients de la création à la livraison du concept demandé, en passant par la modélisation, la fabrication et l’impression. C’est ce projet que nous avions présenté lors de la soirée du Réseau Entreprendre 91.

- Et manifestement vous avez été convaincants…

Alain Moinat : Oui. Avec mon associé, nous nous étions préparés à un pitch avec ce souci qu’a tout entrepreneur de trouver la formule qui ferait mouche auprès du public. Finalement, dans le feu de l’action, je me suis surpris à interrompre mon associé, en lançant à l’auditoire : « C’est bien simple, aujourd’hui, nous sommes capables de créer ou de vous aider à créer votre solution en impression 3D » Nous ne pouvions pas mieux dire. Nous avons effectivement les ressources pour concevoir, modéliser, prototyper et fabriquer en petites séries. Manifestement, cela a résonné chez le jury dont Christian, qui, comme je devais très vite le comprendre, partage cette même envie de donner à d’autres entrepreneurs les moyens d’innover, de créer, bref d’entreprendre.

Christian Van Gysel : Vous l’aurez donc compris, Paris-Saclay Hardware Accelerator est un mix entre le concept Les Garages XYZ et ePrint 3D production. Nous répondons à un réel besoin aussi bien de start-up que de PME et même de grands groupes, en leur permettant d’assurer au mieux le passage d’un prototype fonctionnel à une première série. Soit une étape décisive, qui demande à être courte et aussi simple que possible. Malheureusement, il existe peu, pour ne pas dire aucun lieu pour le faire, en France du moins. Résultat : de nombreuses start-up préfèrent migrer jusqu’en Chine, à Shenzen, où elles disposent de moyens adaptés. Elles auront désormais la possibilité de le faire ici, grâce à notre Paris-Saclay Hardware Accelerator et son Usine 4.0, ses bureaux et, comme Alain l’a dit, un accompagnement professionnel au travers du bureau d’études.

- Il existe pourtant des FabLabs…

Christian Van Gysel : Cela n’a rien à voir ! Un FabLab permet de faire du prototypage rapide au moyen d’imprimantes 3D, de découpes laser et de cartes préfabriquées. Ce qui est déjà bien en soi. Mais le passage à de la production en petites séries requiert bien d’autres moyens et compétences.

Alain Moinat : Précisons encore que notre Micro-Usine 4.0 est constituée de diverses plateformes (électronique, mécanique, fabrication additive, CAO,…) et d’un équipement haut de gamme (e.g imprimante 3D, injection plastique, ligne de montage) que l’on ne trouve pas dans un FabLab.

- Comme se présentera concrètement votre offre ?

Alain Moinat : Sous forme de packs, pouvant contenir selon les cas : un espace dédié (d’entre 0 à 60m2) avec un panel d’outils adaptés à vos besoins, ainsi qu’un bureau pour vous et votre équipe ; un accès à la Micro-Usine 4.0 ; une formation aux logiciels d’impression 3D ; une aide à la conception du projet ; un appui de notre bureau d’études. Sans oublier un logement et de la restauration pour la durée du séjour.

- Imaginons que je suis un startupper. Qu’est-ce que cela me coûtera-t-il concrètement ?

Alain Moinat : Tout dépendra de la durée de votre séjour et de vos besoins (y compris en termes de logement et de restauration). Nous prendrons donc le temps d’examiner votre dossier, d’évaluer avec vous la durée de résidence requise, puis nous passerons en revue vos besoins : en outils et équipements (du plus ordinaire – fer à souder – au plus sophistiqué – imprimante 3D – en passant par de l’électronique) et en accompagnement par notre bureau d’études. En cas d’accord sur le coût global que nous aurons ainsi évalué, vous intégrerez l’accélérateur pour un nombre de jours donné, que vous pouvez répartir sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Autrement dit, vous pourrez venir ici une première fois pour réaliser un prototype, puis y revenir pour réaliser une pré-série (entre-temps, vous aurez convaincu des investisseurs…). Naturellement, ce sera toujours mieux de procéder à la phase d’accélération sur une période concentrée, mais tous les porteurs de projets n’ont pas forcément la capacité financière de le faire. Nous ne demandons donc qu’à nous adapter.

- Comment parvenir à évaluer le coût d’une résidence et la planifier alors que par définition l’innovation est un process complexe dont on ne peut anticiper toutes les étapes…

Alain Moinat : C’est justement en réponse à cette autre réalité que nous proposons une résidence à la carte. Un résident pourra également demandé des heures supplémentaires d’utilisation de nos machines, par rapport au devis initial et en fonction de son budget. Nous ne manquerons pas d’examiner les demandes au cas par cas.

- Que diriez-vous pour achever de me convaincre à venir jusqu’ici, un lieu excentré par rapport au cœur de l’écosystème de Paris-Saclay ?

Christian Van Gysel : Et vous pourriez même ajouter : en périphérie de la commune de Saulx-les-Chartreux ! Mais cela correspond à l’esprit du projet qui, rappelons-le, est d’accueillir des startuppers en résidence en leur offrant un environnement qui leur permet de se consacrer pleinement à la phase d’accélération de leur projet. Déjà, le choix de Marcoussis avait été motivé par le souci de permettre aux porteurs de projet de se mettre au vert.

Alain Moinat : En matière de logement, les possibilités ne manquent pas. Outre un superbe hôtel-restaurant 4 étoiles, situé à 5 mn à pied d’ici – et à même d’accueillir dans de bonnes conditions des corporates et des investisseurs – il y a la possibilité de faire de la colocation dans un lotissement situé à deux pas de là. Cela revient moins cher que la nuit d’hôtel, en plus de permettre de vivre en totale autonomie.

- Pour être venu à pied jusqu’à vous par les bords de l’Yvette, j’ai pu constater à quel point l’environnement est attractif…

Christian Van Gysel : A défaut de pistes de running et de permaculture – que nous avions imaginées dans le cadre du projet initial – les résidents bénéficient, en effet, d’un cadre de vie particulièrement agréable, au plus près de la nature. Toutes les conditions sont réunies pour leur permettre de se consacrer pleinement à l’accélération de leur projet, sans être gênés par les contraintes de transport et les sollicitations extérieures.

- Nous réalisons l’entretien dans un bâtiment encore désaffecté. Quelle échéance vous fixez-vous pour l’ouverture effective de votre accélérateur ?

Alain Moinat : Nous avons prévu de l’ouvrir en novembre de cette année, d’ici quelques mois donc. Au vu de l’état actuel du lieu, vous pourriez en douter. Et pourtant, c’est bien l’horizon que nous nous sommes fixé.

- Un projet mené en accéléré, dites-moi…

Christian Van Gysel (sourire) : Depuis l’idéation du concept de Les Garages XYZ, avec Bertrand et Mathieu, les choses n’ont cessé d’aller en s’accélérant avec plusieurs étapes marquantes : un premier pitch effectué lors de l’appel à idées TEDx Saclay, en juin 2016 ; puis un second, un an plus tard, lors d’un autre appel à idées TEDx Saclay, sur le site de Marcoussis. Jusqu’à cette rencontre avec Alain et Simon.

- Comment s’est fait le choix des locaux ?

Alain Moinat : Ils sont la propriété de la SCI que j’ai créée. Simon et moi avions l’intention d’y installer ePrint 3D Production. Nous étions loin cependant d’imaginer de nous lancer dans un projet aussi XXL que Les Garages XYZ. Le nôtre était plus modestement dans une logique « XXS ». Mais quand des projets XXL et XXS se croisent, cela peut donner un POC…

Christian Van Gysel : D’un investissement de 25 millions d’euros, pour une surface de 15 000 m2, nous sommes ainsi passés à un projet d’au plus deux millions d’euros pour 1 500 m2, ce montant couvrant le coût de travaux d’aménagement et d’acquisition des machines.

Icono Moinat-VanGysel caputure3- Comment envisagez-vous de les aménager ? [en illustration ci-contre : une image virtuelle du projet]

Christian Van Gysel : Comme vous l’avez relevé, nous sommes dans un hangar, qui offre des volumes intéressants en termes d’aménagement. En plus des espaces bureaux situés à l’entrée, il se compose de deux grands espaces tout en longueur, séparés par un mur central. A quoi s’ajoute un sous-sol également aménageable.

Alain Moinat : Les travaux que nous comptons entreprendre visent à rester au plus près de l’esprit des Garages XYZ. Le mur central demeurera pour bien distinguer deux types d’espace. L’un réservé aux bureaux, qui seront répartis sur deux niveaux (de grands au rez-de-chaussée, de plus petits à l’étage), chacun de ces bureaux donnant sur l’autre espace, la Micro-Usine 4.0. Du côté de l’entrée, nous prévoyons d’aménager, outre un hall de réception, un espace de vie. Quant au sous-sol qu’évoquait Christian, il accueillera notamment les pièces réservées au stockage. Précisons encore que l’ensemble sera aménagé dans l’esprit des normes environnementales E-C (qui combinent énergie positive et réduction carbone) et viseront l’obtention d’un label Bâtiment Bas Carbone.

Icono Moinat-VanGyselCapture4- Combien de projets pourrez-vous accueillir ?

Alain Moinat : Dans un premier temps, nous en accueillerons une huitaine, simultanément (une dizaine à terme). Et ce, pour une période d’accélération de 100 jours par projet. Ce qui permettra d’en accueillir au total jusqu’à 24 voire 36 par an.

- Avez-vous déjà des candidats à la résidence ou êtes-vous encore en phase de prospection ?

Alain Moinat : A défaut d’une prospection proprement dite, nous avons, en juin dernier, loué un stand au salon 3D Print, le rendez-vous des professionnels de la fabrication additive, qui se tient chaque année à Lyon. Je voulais m’assurer de l’intérêt des start-up, mais aussi des PME-PMI et de grands groupes pour notre concept, en considérant que si nous parvenions à convaincre deux de ces trois catégories d’entreprise, ce serait plutôt de bon augure pour la suite. Finalement, des représentants de chacune de ces catégories se sont montrés plus qu’intéressés. Pour les PME-PMI comme pour les grands groupes, Paris-Saclay Hardware Accelerator permet non seulement de prototyper mais aussi de tester des technologies nouvelles, de former leurs ingénieurs sans avoir à interrompre leur chaîne de production (car Hardware Accelerator proposera aussi des formations en totale immersion, assurées par des ingénieurs qualifiés).

Icono Moinat-VanGyselCapture5- Désolé d’y revenir, mais l’implantation en périphérie de l’écosystème, ne les rebutent-elles pas ces entreprises ?

Alain Moinat : Manifestement non. Elles comprennent très bien l’intérêt d’un relatif isolement. On pourrait donc même se satisfaire d’une faible accessibilité du site. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas le cas. Paris-Saclay Hardware Accelerator est desservi par une ligne de bus qui s’arrête juste devant, sinon par la RN20, à laquelle on accède au bout de la rue. Rappelons que nous ne sommes pas loin non plus de la gare TGV Massy Palaiseau ni de l’aéroport d’Orly.

- Soit, mais comment convaincre des start-up à venir ici plutôt qu’à Paris ?

Christian Van Gysel : Notre intention n’est pas de dissuader des start-up de s’installer à Paris. Loin de nous de vouloir opposer l’écosystème Paris-Saclay à la capitale. Jouons au contraire sur nos complémentarités. Autant Paris est adaptée aux start-up soft tech, autant Paris-Saclay a vocation à accueillir des start-up plus hardware, tournées vers l’industrie et qui ont donc besoin d’être en proximité avec les grandes écoles d’ingénieur, les laboratoires de recherche ou les centres de R&D de grands comptes. Etant entendu que rien n’empêche ces mêmes start-up de localiser leurs équipes commerciales et marketing à Paris. Précisons encore que celles que nous comptons accueillir ici relèvent plus du B to B que du B to C : elles sont appelées à occuper des niches et à produire en petites séries. Les machines qu’elles développent à cette fin exigent la conception et fabrication de pièces particulières. C’est ce que nous leur permettons justement de faire en mettant à disposition des machines qu’elles n’ont pas les moyens d’acquérir (si tant est que ce soit utile). Nul lieu de ce type n’existe à Paris.

- Un mot sur l’équipe…

Alain Moinat : Une équipe de six personnes, aux profils très différents et néanmoins complémentaires, entre Christian, un communiquant hors-pair, ayant une bonne expérience du monde des start-up ; Bertrand, le plus hacker d’entre nous ; Mathieu, notre architecte ; Simon, qui fait profiter de ses compétences en matière de design sensoriel (un design qui prend en considération le moindre aspect, du choix des matériaux à l’esthétique en passant par l’ergonomie, l’acoustique, etc.) ; Nathalie Séjourné, expert-comptable, et moi-même qui ai près de vingt ans d’expérience dans l’entrepreneuriat.
Six personnes complémentaires donc, sachant si bien travailler ensemble que le projet avance très vite. Dans les trois mois qui ont suivi la rencontre lors de la soirée du Réseau Entreprendre 91, nous avons déjà franchi plusieurs étapes…

- Même si on devine que ce lieu va être attractif par les moyens qu’il met à disposition, mais aussi son aménagement intérieur, renoncez-vous au projet à échelle 1, avec son bâtiment cylindrique…

Christian Van Gysel : Non ! Encore une fois, Paris-Saclay Hardware Acceleretor est conçu comme un POC. Notre intention est bien de parvenir à réaliser le projet initial, de surcroît dans l’écosystème de Paris-Saclay. Et quand bien même avons nous été contactés par de grandes villes européennes comme Berlin, qui s’est dite prête à aménager 15 000 m2 dans cet esprit. Pour autant, nous ne renoncerions pas à cloner le POC, qui pourrait répondre aux besoins de villes de plus petite taille, de l’ordre de 200-300 000 habitants.

- Et qu’en pense Alain Moinat ? Etes-vous prêt à vous laisser embarquer dans ce genre d’aventure ?

Alain Moinat : Et pourquoi pas ?! (Rire). On ne peut que se laisser embarquer dans ce genre d’aventure, même en gardant les pieds sur terre. Le POC est une première marche, qui nous permettra de tirer de précieux enseignements sur la manière de voir plus grand. C’est en cela aussi que le projet du Paris-Saclay Hardware Accelerator est passionnant. Il n’interdit pas d’en imaginer d’autres en jouant la carte de la mutualisation.

- Une dernière question : elle porte sur le nom de l’ensemble du site où vous vous êtes installés, à savoir : Les Abeilles. Soit un tout autre univers que celui de garages…

Alain Moinat : Autrefois, le site abritait une fabrique de miel. D’où le nom. Je ne vois donc pas de contradiction avec l’accélérateur que nous allons y créer. Car nous comptons bien y faire régner une ambiance de ruche !

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