Comment lever les freins à l’entrepreneuriat. Trois questions à Assya Van Gysel

SvanGyselPaysage
Ceux qui fréquentent le PROTO204 l’y ont souvent croisée. Et pour cause, fondatrice du groupe « Emotions & Intuition @ Work » sur LinkedIn.com, elle y a créé des ateliers ayant vocation à libérer les freins internes à la démarche entrepreneuriale. Elle témoigne ici du rôle joué par le PROTO204 dans la genèse de son projet.

- Comment en êtes-vous venue à créer ces ateliers ?

J’ai assisté à beaucoup de manifestations dédiées aux entrepreneurs et aux investisseurs et j’ai souvent fait le constat suivant : quand on leur pose la question de savoir quels sont les critères clés de réussite d’une entreprise, ils mettent spontanément en avant le profil des fondateurs et leur capacité à mobiliser la bonne équipe autour d’eux. Et pourtant, le chef d’entreprise ne parle le plus souvent que de produit, de marché et de financement. En tant que salariée ingénieur à Alcatel-Lucent et en côtoyant de nombreux amis entrepreneurs, j’ai pu mesurer à quel point la création de valeur ajoutée passe d’abord par une aptitude à écouter et à s’adresser aux prospects, qu’être entrepreneur aussi bien qu’intrapreneur incline à un développement personnel, tout à la fois rapide et intense. Tous mes amis entrepreneurs me l’ont dit à leur façon. Seulement, il y a beaucoup de freins internes à la dynamique entrepreneuriale. C’est ce que disent aussi les retours d’expériences. En me passionnant depuis une vingtaine d’années pour le développement personnel, j’ai pu identifier chez l’entrepreneur innovant qui réussit, au moins cinq qualités:
1. Sa détermination, c’est-à-dire sa capacité à trouver en permanence un juste équilibre entre sa volonté pour continuer à avancer et sa résilience dans les moments difficiles ;
2. Son aptitude à communiquer, à convaincre et « à vendre » ses idées au marché : les prospects, les clients et les investisseurs ; mais aussi au sein de sa propre équipe.
3. Sa capacité à anticiper et à mieux gérer les conflits potentiels avec ses co-fondateurs ;
4. Sa capacité à ne pas se laisser distraire : le temps est compté et les voleurs de temps sont nombreux. Il y a tant de choses à faire, comment rester focalisé sur les vraies priorités ? Comment ne pas se laisser engloutir par les fausses urgences ? Des questions qu’il est bon de prendre le temps de se poser.
5. Enfin, sa capacité à construire une dynamique de groupe avec d’autres entrepreneurs pour une émulation collective, à surmonter aussi la solitude de l’entrepreneur, qui peut lui peser de temps en temps.

J’ajoute que l’entrepreneuriat tient plus du marathon que du sprint. A l’image d’un sportif de haut niveau, l’entrepreneur innovant doit donc pouvoir s’appuyer sur ses propres ressources, en cultivant ces différentes qualités.

- Quel soutien avez-vous trouvé au PROTO204 pour co-construire ce projet ?

Dans mon parcours professionnel et particulièrement dans le cadre de mon ancienne expérience de « Marketing & Business development » chez Alcatel-Lucent, j’ai gardé le goût de construire avec le client la solution à ses besoins. Il ne sert à rien de passer des mois à imaginer un produit pour aller ensuite essayer de le lui vendre et, au final, découvrir que le produit ne correspond pas complètement à ses attentes.
Partant de ce constat, il fallait que j’éprouve la manière dont cela se passait sur le terrain, au milieu des entrepreneurs. C’est ainsi que j’ai opté, il y a quelques années, pour une immersion dans le milieu de l’entrepreneuriat en fréquentant, à Paris, le salon qui lui est dédié, des soirées start-up ou des réunions d’investisseurs. Comme j’habite Orsay, j’en suis progressivement venue à m’orienter vers ce qui se passait sur le Plateau de Saclay. C’est une concentration de matières grises sans équivalent ou presque en Europe avec une vraie volonté de créer un pôle d’entreprenariat dynamique et innovant. On y ressent une vraie émulation autour de la création de start-up. Naturellement, j’avais entendu parler du PROTO 204 comme d’un lieu de collaboration et d’innovation. J’y suis venue une première fois en janvier dernier. J’ai tout de suite été séduite par l’énergie qui se dégage de ce lieu. Je précise que je pratique et j’enseigne le Yoga. Vous comprendrez donc que je suis particulièrement sensible à l’ambiance d’un lieu et que l’énergie n’est pas un vain mot pour moi. Je me suis ensuite inscrite aux sessions Masters & Mentors que Ronan James, le responsable, y avait organisé. J’en ai beaucoup apprécié le contenu, les échanges informels lors du « networking » qui se faisait toujours autour d’un apéro convivial et chaleureux préparé par ce même Ronan.
M’est ensuite venue l’idée d’intervenir sur le thème du « soft skills », autrement dit, des compétences humaines. L’idée était encore vague dans mon esprit. J’ai donc proposé à Ronan de faire quelques séances de co-création avec lui pour bien cibler le besoin. Nous avons eu la chance d’enrichir ensuite nos réflexions avec le designer Nicolas Loubet qui connait bien les communautés d’entrepreneurs de Paris. Les choses sont allées ensuite très vite. Le 24 mars 2015, j’ai pu présenter le projet d’atelier « soft skills. Le retour des participants a été formidable. Il m’a permis d’ajuster aussi bien la structure de l’atelier que les priorités ainsi que les mots clés.
Comme je suis une passionnée de co-création en groupe, j’ai proposé à quelques personnes qui fréquentent le PROTO204 de nous voir une heure de temps à autres, pour continuer à échanger sur ce thème. Un premier atelier aura lieu le 5 Mai 2015. Il n’est pas jusqu’à l’affiche qui ne soit le résultat d’une co-création et ce, avec plusieurs autres habitués du PROTO 204 : Stéphanie, Delphine et Luc et sans oublier l’excellent apport d’Hugo pour la mise en forme du flyer de communication.

- En quoi ces ateliers peuvent-ils contribuer au développement des entrepreneurs de Paris-Saclay ?

Ces ateliers se veulent aussi participatifs que possible. Encore une fois, je suis une grande adepte de la co-création, mais aussi de la pédagogie active. Les premiers retours de la séance du 24 mars m’ont confortée dans ce sens. Mon objectif est de susciter une prise de conscience individuelle et collective à même d’enclencher un culture de l’intelligence collective sur le Plateau de Saclay. Il est aussi de faire passer quelques messages. D’abord, et comme je l’ai déjà indiqué, l’entrepreneuriat est un marathon : il convient donc de s’y préparer à l’image d’un sportif de haut niveau ! Ensuite, il ne concerne pas uniquement le produit, le marché et le financement ; il est important de connaitre ses propres freins internes et tout ce qui peut aider à propulser son propre projet pour allier plaisir et performance. Autre message important : le capital humain de l’entrepreneur est précieux ; sa capacité à traverser les zones d’agitation et à rebondir rapidement fera la différence à moyen et long terme. Enfin, j’aspire à construire sur le Plateau de Saclay un espace de co-création et de dialogue autour des compétences humaines nécessaires à l’entrepreneur, où l’on pourrait échanger autour de retours d’expérience et, ainsi, entretenir une émulation collective.

Une séance est programmée le 5 mai prochain au PROTO204, dans le cadre du cycle Masters & Mentors. Pour en savoir plus, voir la rubrique agenda.

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