Chronique de L’Industrie, notre avenir

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A l’heure où on débat de la ré-industrialisation du pays, voici un livre qui fournit des pistes de réflexion, non sans bousculer nombre d’idées reçues sur l’industrie d’hier comme celles d’aujourd’hui et de demain. De quoi aussi découvrir en creux le rôle de Paris-Saclay dans l’invention de l’industrie du futur.

Si l’industrie est notre avenir, ce n’est pas, pensera-t-on a priori, celui de Paris-Saclay qui a davantage vocation à devenir un écosystème propice à l’innovation qu’à accueillir des usines. Il n’y a pas moins trois bons motifs pour rendre compte de cet ouvrage sur le site web Média Paris-Saclay.

D’abord, Paris-Saclay est tout autant si ce n’est plus concerné que d’autres territoires par l’avenir de l’industrie ! Et pas seulement parce que ce territoire compte de nombreuses écoles d’ingénieurs et non des moindres (l’Ecole polytechnique, l’Ecole Centrale – Supélec, l’ENSTA ParisTech, l’IOGS, etc., sans compter celles appelées à le rejoindre tout ou partie : l’Estaca, Institut Mines-Télécom,…) et les centres de R&D de grands groupes industriels (Horiba, Thales, Edf…). Mais parce que l’avenir de l’industrie y est débattu comme en témoigne la tenue régulière de manifestations sur des thèmes afférents : la fabrication additive (1), le smart manufacturing (2), etc. Ensuite, cet ouvrage entreprend l’exploration de l’industrie de demain, dans toutes ses dimensions : économique, technologique, professionnelle, organisationnelle et même sociétale (au sens où il se préoccupe autant de ses implications sociales qu’environnementales). Non sans bousculer bien des idées reçues. Qui dit industrie pense instantanément à usines ou manufactures. Or, celles-ci ne sont que la partie émergée d’un monde industriel autrement plus complexe, étroitement lié aux services, en tout cas plus qu’on ne le pense, prisonniers que nous sommes de l’opposition entre secteurs secondaire et tertiaire. Si des représentants de groupes de la grande industrie (PSA Peugeot Citroën, Airbus Group, Veolia…) apportent leur analyse, il y est aussi question de PME, TPE et même de start-up. Sans oublier les laboratoires et autres centres de recherche y compris académiques. C’est que, aujourd’hui, moins que jamais, l’industrie ne se conçoit en dehors d’écosystèmes, avec tout ce que cela implique en termes d’ancrage territorial, même à l’heure – ou plutôt surtout à l’heure – de la mondialisation. Si Paris-Saclay n’est guère évoqué, on ne peut s’empêcher de songer à ce territoire et à sa dynamique de cluster.
Pourtant, et comme cela ne vous aura pas échappé (c’est le troisième motif), un des codirecteurs n’est autre que Pierre Veltz, Président-Directeur général de l’EPPS, en charge de l’aménagement du Plateau de Saclay. Mais c’est davantage le chercheur, spécialiste des dynamiques métropolitaines et industrielles, qui s’exprime ici. Car avant de présider aux destinées de l’EPPS, Pierre Veltz, ingénieur de formation, titulaire d’une thèse de sociologie, a été, faut-il le rappeler, chercheur et, bien plus, un animateur de la recherche, à travers la direction et la création de laboratoires (dont le célèbre LATTS, qu’il a cofondé il y a tout juste 30 ans).
A travers ce livre, il renoue ainsi avec un des sujets qui lui sont chers et auquel il a d’ailleurs consacré un ouvrage important : Le Nouveau Monde industriel (Gallimard, 2000, réédition augmentée en 2008). Ajoutons qu’en marge de ses responsabilités à l’EPPS, il participe à La Fabrique de l’industrie, un laboratoire d’idées ayant vocation à renouveler la vision de l’industrie et réfléchir à celle de demain.

Une approche pluridisciplinaire

L’ensemble de l’ouvrage constitue les actes d’un colloque organisé par cette dernière, il a à peine six mois (on saluera au passage la performance d’une édition aussi rapide) au Centre culturel international de Cerisy (un haut lieu s’il en est des échanges culturels et intellectuels, situé en Normandie, dans le Cotentin), avec le concours d’intervenants d’horizons géographiques, professionnels et disciplinaires très divers : des responsables, et non des moindres, d’entreprises comme on l’a dit, mais aussi des universitaires, des consultants, des syndicalistes, etc. (pour accéder au programme initial, cliquer ici). Autre particularité de ce colloque : il s’est déroulé du 3 au 10 juin 2014, soit plus d’une semaine ! Une durée exceptionnelle par les temps qui courent (mais, précisons-le, courante pour un colloque de Cerisy qui peut aller jusqu’à une dizaine de jours, soit une « décade », dans la plus pure tradition instituée il y a plus d’un siècle par Paul Desjardins, le grand-père de l’actuelle directrice du CCIC, Edith Heurgon), qui explique la richesse des contributions qui se sont à l’évidence nourries des échanges informels entre les participants.
Des actes donc, mais qui tranchent – et pour cause – avec ceux habituellement produits par les colloque proprement scientifiques, tant sur la forme que sur le contenu, et qui devrait à ce double titre intéresser un large public, y compris de non spécialistes.
La forme, d’abord : l’ouvrage est richement illustré – démontrant au passage que l’industrie n’est pas condamnée à n’inspirer que des objets éditoriaux austères -, et organisé en chapitres qui en facilitent la lecture – le lecteur pouvant ainsi butiner selon ses centres d’intérêt. Plutôt qu’un compte rendu exhaustif, nous rendrons compte d’ailleurs un peu plus loin du fruit de notre propre butinage en mettant en exergue les contributions qui entrent le plus en résonance avec les problématiques de Paris-Saclay ou qui concourent à les éclairer.
Le contenu, ensuite : près d’une 50 contributions, réparties entre 6 chapitres, qui abordent tour à tour la réinvention des modèles industriels ; les formes du travail ; l’industrie dans son rapport à la société, mais aussi aux territoires ; des exemples étrangers (européens ou de pays émergents) analysés avec attention sans être pour autant érigés en modèles à transposer tels quels ; enfin, les nouveaux défis et règles du jeu (avec l’émergence de nouvelles normes et certifications).

Vers une « société hyperindustrielle »

L’ensemble de ces six séquences est ponctué d’interludes (des contributions apportant un regard décalé !) et inauguré par deux contributions dont on ne saurait trop recommander la lecture tant elles bousculent l’image classique de l’industrie par d’éclairantes mises en perspective historique mais aussi analyses à la fois micro et macro.
La première est signée… Pierre Veltz (3), qui invite justement à prendre du recul par rapport à de « fausses évidences » qui empêchent de bien appréhender l’industrie. Une de ces évidences concerne l’avènement d’une « société postindustrielle » (suggérant la fin de l’industrie au profit d’une économie de la connaissance et de l’immatériel). Une autre fausse évidence est celle d’une industrie vouée à ne produire que des biens physiques. En réalité, petite ou grande, elle propose également des services tandis que la classique opposition (industrie/services) n’a plus guère de sens (si tant est qu’elle en ait eu) d’autant que, dans le même temps, les activités de services s’industrialisent (on le voit notamment dans le secteur de la grande distribution).
A rebours de ces deux fausses évidences, Pierre Veltz défend l’idée d’une « société hyperindustrielle » en constatant précisément la convergence entre la production de biens et celle des services, à la faveur notamment du numérique, mais aussi de l’affirmation d’une économie circulaire ou de la fonctionnalité. De plus en plus, l’industrie propose des « solutions » et non plus seulement des « objets ». Elle requiert en conséquence des personnels hautement qualifiés et connectés qui sont particulièrement nomades. Dans un tel contexte, le défi pour un pays ou un territoire est de parvenir à les fixer en se gardant de recourir à des artifices (une surenchère fiscale, par exemple). Plus efficace, dans la durée, est leur intégration dans des écosystèmes entretenant une « atmosphère » propice à l’innovation tout en assurant un cadre de vie attractif. « Pour cela, précise Pierre Veltz, la dimension collective de la compétitivité, la capacité à créer des pôles de croissance à fortes externalités, à promouvoir les valeurs partagées comme la confiance, le décloisonnement entre les mondes, universitaires, industriels, culturels, politiques, sont des enjeux décisifs.» Quand bien même il ne cite pas Paris-Saclay, on ne peut s’empêcher d’y penser. De manière plus générale, souligne-t-il encore, la société hyperindustrielle, tout en s’inscrivant dans la continuité de l’histoire pluriséculaire et non exclusivement occidentale (« Il y a une industrie chinoise et indienne avant la “la révolution anglaise“ ») introduit des changements majeurs, par rapport au monde industriel du siècle passé. Alors que celui-ci se caractérisait par un recours massif à la division du travail et la hiérarchie, l’ « hyperindustrie » (si on peut se risquer à substantiver la notion), privilégie la coopération et la négociation en son sein comme à l’extérieur. Et Pierre Veltz de souligner les perspectives « fascinantes » offertes aujourd’hui, à l’heure du numérique, par la production peer-to-peer, la production et la consommation collaboratives, etc. Mais ce n’est pas tout. Une autre caractéristique de cette société hyperindustrielle résiderait dans la fragmentation des chaînes de valeur avec de plus en plus de produits et de services « made in monde » (pour reprendre le titre de l’ouvrage de Suzanne Berger, paru en 2006). Naturellement, le rôle des start-up est évoqué, mais pour mieux souligner le changement qui a fini par les gagner à leur tour, avec la remise en cause du modèle canonique de la start-up qui commençait à peaufiner ses produits sur des marchés locaux avant de s’internationaliser, au profit du modèle de la « lean start-up » qui va, au contraire, très vite vers des marchés globaux, en tirant profit de ses retours clients pour apporter des améliorations itératives.

De l’importance de l’ « industriation »

La seconde contribution inaugurale est signée Armand Hatchuel, Professeur à Mines Paris Tech, co-responsable de la Chaire théorie et méthodes de la conception innovante. Elle propose une mise en perspective historique à travers la notion d’ « industriation ». Par-là, Armand Hatchuel, désigne « les efforts, les arrangements, les inventions, les préparations qui engendrent des activités que l’on qualifie ensuite d’industrie si elles produisent les richesses que l’on souhaite ». Elle est donc bien plus que la simple « industrialisation », qui désigne le passage de la conception d’un produit à sa production en série.
Vue par ce prisme de l’industriation, l’histoire de l’industrie ne débute plus avec ce qu’il est convenu d’appeler la révolution industrielle engagée dès le XVIIIe siècle en Angleterre. Ce pays a bien été le foyer d’un changement qui « stupéfiera » le monde tant il était profond et complexe, difficilement discernable par les catégories de pensée de l’époque. Mais il ne fut « qu’un » mode de combinaison qui s’est ajouté à bien d’autres ayant pu se produire en d’autres temps (dans l’Antiquité et au Moyen-Age) et en d’autres lieux (la Chine et l’Inde ont été aussi des foyers d’industriations originales). Le recours au charbon et à l’acier sont en outre loin d’être les premiers moteurs de la Révolution industrielle née en Angleterre. Autrement plus décisives ont été « les nouvelles industriations du filage et du tissage des cotonnades » (fondées sur la conception de nouvelles machines ingénieuses). A trop focaliser sur les « cathédrales » du travail (ces grandes manufactures et usines apparues au XIXe siècle), on a laissé dans l’ombre les activités de conception (incarnées par le travail des ingénieurs et des bureaux d’études) non sans du même coup survaloriser la figure de l’ouvrier, mais aussi celle de l’inventeur au détriment d’une vision plus collective de l’innovation. On passe aussi à côté de la réalité tout à la fois technique, sociale et sociétale des dynamiques industrielles.
Face aux enjeux actuels, Armand Hatchuel en appelle donc à un travail collectif de conception et de création, qui ne saurait se restreindre à la seule industrie, mais engager le système éducatif et universitaire dans son ensemble. Un défi qui, à le lire, serait plus difficile à relever en France que dans d’autre pays industriels, du fait du primat accordé à la science appliquée et au transfert du savoir. « Or, cette modalité ne décrit qu’une des voies possibles de l’industriation. » Elle minore le travail comme lieu de production de savoir, de même que les compétences des ouvriers et leur aptitude à diagnostiquer des problèmes et à trouver des solutions. Et le même de s’interroger : « Pourra-t-on penser le fonctionnement universitaire [français] comme un lieu de conception et de création ?» A défaut de trancher la question, il nous semble que c’est précisément le défi d’une université comme celle de Paris-Saclay que d’y parvenir non seulement en rapprochant des universités et des grandes écoles d’ingénieurs, mais encore le monde des entreprises, tout en promouvant l’entrepreneuriat étudiant.

Butinage et industries… jardinières

En plus de ces contributions, nous avons – pour filer la métaphore du butinage – fait notre miel de bien d’autres contributions, au regard des éclairages qu’elles pouvaient apporter à des problématiques de Paris-Saclay. Signalons entre autres :
- l’interlude de l’inattendu paléoanthropologue et professeur au Collège de France, Pascal Picq, sur « l’évolution de l’Homme et de ses industries ». « Inattendu » avons-nous écrit tant on la présence d’un tel chercheur est a priori improbable dans l’univers de l’industrie. C’est oublier que celui-ci en a entrepris une exploration dont il a rapporté un récit (Un Paléoanthropologue dans l’entreprise, Eyrolles, 2011). Il y procède à une surprenante comparaison de l’évolution des organismes vivants et des entreprises à travers le temps.
- une 2e contribution de Pierre Veltz, sur « Le travail à l’âge hyperindustriel » : s’il est clair qu’il n’a plus guère à voir avec le travail à la chaîne et se fonde davantage sur la coopération et l’autonomie du salarié, dans une démarche de projet, il n’est pas dépourvu de pénibilité voire de souffrance. De là d’ailleurs des discours, mais contradictoires, entre l’« optimisme béat » des uns (les consultants et managers qui enjolivent les conditions du travail à l’heure du numérique) et le « radicalisme compassionnel et désespérant de la victimisation générale » des autres (des syndicalistes mais aussi des observateurs académiques). Et P. Veltz de recommander pour sortir de cette vision binaire non pas une « nouvelle prothèse d’ingénierie sociale » mais la recherche du « bien-faire ensemble » : il importe de « remettre au cœur du débat la qualité du travail, en acceptant la diversité des critères, bâtir des cadres collectifs permettant de construire et de raconter une histoire commune, en réinventant (sans nostalgie) quelque chose de l’ordre du métier (…) ».
- la contribution d’Emilie Bourdu-Szwedek, chef de projet à la Fabrique de l’Industrie, qui invite, elle, les entreprises à se comporter davantage en « jardinières de leur territoire ». Comment ? En ayant « un fort degré d’interaction et d’interconnaissance avec [leur] écosystème (entreprises voisines, pouvoirs publics locaux, système éducatif et de formation, centres de R&D, universités, associations,…) et une capacité à tirer parti du capital social ainsi accumulé. » En co-construisant, par exemple, avec les autres parties prenantes d’un territoire, les formations qui permettront de pourvoir ses offres d’emploi. Une perspective qui ne saurait laisser indifférents les acteurs du territoire de Paris-Saclay : s’il est riche en emplois qualifiés, il compte aussi des personnes peu qualifiées, qui peinent à se maintenir sur le marché de l’emploi. Ce que la 1re journée de l’Achat Responsable organisée en décembre dernier et dont nous avions rendu compte avait bien souligné (pour accéder aux échos que nous en avions rapporté, cliquer ici).
- le témoignage de l’anthropologue et prospectiviste Stéphane Juguet, qui rend compte ici de la démarche de « prospective-action » qu’il a mise en œuvre au sein de l’agglomération de Saint-Nazaire pour en révéler un futur possible autour d’une vocation industrielle assumée (outre ses célèbres chantiers navals, ce territoire compte des industries des secteurs aéronautique – dont Airbus Group -, énergétique, des transports, etc.). Naturellement, toute comparaison avec le territoire de Paris-Saclay n’a a priori aucun sens. En revanche, une démarche de prospective-action paraît tout particulièrement appropriée pour co-construire une vision partagée de ce territoire, par les différentes communautés qui y vivent et/ou y travaillent (chercheurs, entrepreneurs, étudiants…).
- enfin, la restitution d’une table ronde animée par Pierre Veltz (encore lui !), avec la participation de, excusez du peu : Louis Gallois (Président du Conseil de Surveillance de PSA Peugeot Citroën), Denis Ranque (Président du Conseil d’Administration d’Airbus Group), Antoine Frérot (Pdg de Veolia)… L’occasion pour Pierre Veltz de spécifier les deux façons de comprendre l’intitulé du colloque « L’Industrie, notre avenir » : une première consistant « à se demander quel visage aura l’industrie du futur » ; une seconde « à s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour qu’il reste de l’industrie en France et dans les décennies à venir. »

Industrie ou industrieS ?

Voilà pour le simple aperçu d’un ouvrage qui mériterait bien d’autres développements tant il bouscule les idées reçues tout en ouvrant des perspectives nouvelles. Au fil de sa lecture, on ne manque pas en effet de mesurer à quel point l’imagerie d’Epinal habituellement convoquée pour rendre compte de l’industrie – l’usine si possible polluante ; la manufacture, si possible vieillotte ; le travail à la chaine, immortalisé au cinéma par Les temps modernes de Chaplin – est loin de rendre compte de la réalité tant historique qu’actuelle et à venir de cet univers.
A se demander d’ailleurs si ce n’est pas d’industries au pluriel qu’il conviendrait de parler. Sans que cette interrogation en forme d’objection ne fasse perdre de vue la principale qualité de cet ouvrage, à savoir sa clarté. Malgré la manipulation de nombreux concepts, théories et néologismes, l’ensemble reste accessible à un grand public éclairé, qu’il ait ou pas mis les pieds dans une entreprise industrielle…

L’Industrie, notre avenir, Eyrolles / La Fabrique de l’Industrie / Colloque de Cerisy, 2015, 344 p.

Notes

(1) Par exemple, les Assises Européennes de la Fabrication Additive, organisées du 24 au 26 juin 2014 à l’ECP (appelée à rejoindre le Plateau de Saclay). Pour accéder au compte rendu que nous en avions fait à travers l’entretien avec un de ses organisateurs, cliquer ici.

(2) Objet d’une première manifestation, le 28 novembre dernier, à Versailles, organisée à l’initiative de l’EPPS, avec le concours du Pôle de compétitivité Systematic. Pour accéder à une présentation, à travers un entretien avec Christian Balle (Systematic), cliquer ici.

(3) La conférence dont est tirée cette contribution est accessible sur La Forge Numérique de l’Université de Caen. Pour y accéder, cliquer ici.

Légende de la photo illustrant cet article : la table ronde animée par Pierre Veltz (à droite) avec notamment Louis Gallois (à gauche) et Denis Ranque (au centre).

2 commentaires à cet article
  1. Guimbretière

    Bien des raisons sont souvent avancées afin « d’expliquer la situation » de la France: temps de travail et dérive des salaires ; taille et stagnation de nos P.M.E. ; nature et catégorie des produits porteurs à l’exportation ; les diverses contraintes et rigidités ; etc…… ; et alors bien des solutions ont été suggérées : Relance ? Rigueur ? Croissance ? Austérité ?…. mais le « compte » n’y est pas ! Car, quelque soit le remède envisagé, le malade — la France — est déjà trop faible. Il faut, nécessairement, envisager un (ou des) « Préalable » ! Et nos jeunes s’éxpatrient….
    Une partie de l’important et intéressant Rapport Gallois — Revivifier la France par une compétitivité industrielle retrouvée — avait retenu mon attention par…… une absente « petite, indirecte et donc sournoise » cause, jamais mise en évidence ! Oui, la France ne manque pas d’atouts, d’idées( sur quoi d’ailleurs ?)

    Malheureusement, je me dois d indiquer une caractéristique bien française : « notre désintérêt pour la sauvegarde des dites idées »……… qui expliquerait largement la situation (de marasme) actuelle, et de notre futur !.
    Deux exemples :
    — Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel, n’a jamais déposé, de sa vie, une demande de brevet d’invention. Il me l’avait écrit ! Quant à Serge Haroche, notre nouveau Prix Nobel, je n’ai trouvé trace que d’un seul brevet !! A qui fera t’on croire, qu’à un moment ou à un autre, un « dé-couvreur (physicien) » n’a pas été ou ne sera pas, obligatoirement voire involontairement, un « inventeur » ? ( voilà pour nos scientifiques)
    — Depuis des années, nos amis allemands déposent 2 à 3 fois plus de demandes de brevets d’inventions (nationaux et européens) que nous ! Et souvent pour des biens d’équipement dont les productions viendront en retour « télescoper » les nôtres ! ( voilà pour nos ingénieurs).

    Pourquoi ?…… Parce que la finalité, voire la stratégie, de la « Propriété Intellectuelle et Industrielle » n’est pas « enseignée » dans nos « Ecoles » (si, mais en 5* année de Droit et….. seulement en module de spécialisation !! et peut-être à l’ESPCI et aux Mines de Paris)……..Pouah ! S’abaisser à enseigner cela ! Pouah : le contraire de la vision universaliste des chercheurs français attachés à la diffusion du savoir. Cela doit venir de notre tradition issue de la Révolution (Mon très vieux « Larousse » n’indique t-il pas en Préface « Je sème à tout vent » ? Quant à Louis Pasteur, ne déclarait-il pas, il y a plus d’un siècle : « La science n’a pas de patrie ! »).
    J’ai donc développé ce sujet, dramatique, dans des notes envoyées, depuis des années, à droite comme à gauche…… Jamais de réponse! (peut-être parce que ce que j’y propose ne coûte rien) .

    Un pays ne peut avoir d’avenir sans une activité « productrice, matérielle / immatérielle », diversifiée, importante et renouvelée, grâce à une innovation pérenne et récurrente :
    …….. (1) ce qui exige obligatoirement une Propriété Intellectuelle (ouverte ou fermée) astucieuse mais conséquente. Et si ceci est enfin admis, alors……
    ………(2) une de mes questions : Quand rendra t’on obligatoire l’enseignement de la Propriété Intellectuelle, conjointement dans toutes les écoles d’ingénieurs et de commerce et dans tous les cursus universitaires ayant un lien, même ténu , avec « l’activité ».
    C’est à ce moment là qu’on en acquiert la culture (donc la finalité) : avant, c’est à fond perdu ; après, c’est beaucoup trop tard !….C’est comme d’un outil, il faut apprendre à s’en servir…..au bon moment !

    Apparaît alors un nouveau « drame » : le coût pour la constitution, astucieuse, de la dite Propriété Intellectuelle ! Or, en moyenne, en France, nos entreprises ont un « Taux de marge comptable » de 27%………en Allemagne, ce taux est de 47% !! Ce qui explique que la France ait dû lancer, et plusieurs fois « élargir », le « Crédit d’impôts de recherche » qui – rappelons le – n’intéresse que les personnes morales !
    Il faut alors ajouter et constater que, seules, les Grandes Entreprises s’y « retrouvent » !…..D’ou une seconde question !
    Et pourquoi pas d’autres ?

    Comment s’y prendre dans ce domaine « tordu » de la P.I., et pourquoi ! La France attend ! Donc, raison de plus pour enseigner !
    A qui confier cet enseignement ? Par exemple, et évidemment, aux gens de l’ INPI en ce qui concerne la finalité et la technique des brevets ; mais en ce qui concerne la stratégie, la tactique et la gestion de la P.I. , je suggère un collaborateur ( ayant « roulé sa bosse ») d’une société moyenne mais dynamique . Pour ma part (et bien que n’ayant que mon certif !) j’ai enseigné cela comme chargé de cours à l’université d’Orléans, il y a bien des années……..

  2. Ping : De l’économie appliquée pour mieux comprendre la mondialisation. Rencontre avec Richard Le Goff | Paris-Saclay

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