Cherche famille française pour échange interculturel (2e partie)

Permettre à des élèves étrangers de Polytechnique de découvrir des familles françaises. Telle est la vocation d'« En bas des marches », une association créée à l'initiative de Marie-Dominique Escaron (2e partie).

(pour revenir à la première partie, cliquez ici)

En septembre 2010, Marie-Dominique Escaron s’adresse au secrétariat du bureau des élèves de l’Ecole Polytechnique, la « kès », en vue de proposer aux élèves étrangers qui le souhaiteraient de rencontrer des familles locales, le temps d’un repas ou d’une sortie. Très vite, la « kèssière internationale », une Chinoise élue de la promo 2008, et qui quittait l’Ecole en avril 2011, organise une première réunion fin novembre 2010, baptisée «  Rencontre internationale ». « On avait décoré le Salon d’Honneur de l’Ecole avec les drapeaux des différents pays dont les étudiants étaient originaires et chacun avait apporté ses spécialités culinaires. Ils ont été touchés de l’intérêt manifesté pour leur culture, mais aussi, fiers et heureux de présenter leur pays.» Suite à cela,  un binet  « En bas des marches » a vu le jour, le Général à la tête de l’Ecole Polytechnique autorisant l’association de Marie-Dominique de domicilier son siège à l’Ecole même.

Cependant, Marie-Dominique ne cache pas son embarras. « Je pensais qu’il n’y avait qu’une vingtaine d’élèves étrangers, en fait ils sont environ 200 avec les masters et les doctorants. Comme je m’étais engagée, il était difficile de reculer.» Elle part donc en quête de familles prêtes à participer. Elle en recrute une partie à travers le quartier et en distribuant des tracts aux marchés avec les jeunes. Au total, une cinquantaine de familles du voisinage de la gare de Lozère, mais aussi de Villebon manifestent un intérêt. Mais seule une vingtaine répondront présent à la réunion suivante, qui se tint en mars 2011 en présence du Général et de cadres de l’Ecole, à l’occasion de l’accueil de la nouvelle promotion arrivée fin janvier.

Un an plus tard, Marie-Dominique reconnaît que le bilan est mitigé. Une cinquantaine d’étudiants s’étaient inscrits auprès du binet pour rencontrer une famille française. Peu l’ont été effectivement. « Pourtant, ils aspirent à des choses simples : voir comment on vit ici en dehors de leur campus et renouer avec une ambiance familiale. Ils n’ont pas besoin qu’on leur propose une activité particulière. A l’Ecole Polytechnique, ils ont l’embarras du choix ! »

Recrute familles volontaires

« Avec l’expérience, analyse encore Marie-Dominique, je me rends compte que le premier contact lors de la réunion d’accueil de la nouvelle promotion est décisive. Seulement, toutes les familles n’ont pas le temps de s’y rendre. Et celles qui sont prêtes à inviter un élève ne le sont pas pour s’investir plus avant dans l’association.»

Personnellement, elle-même en a reçu régulièrement. « Jusqu’à  six ensemble, le temps d’un dîner ou à l’occasion d’anniversaires. » En juin 2011, il y a eu un pique-nique autour du lac de l’Ecole. En octobre, elle a organisé une visite avec pique-nique au château de Breteuil à l’occasion de la venue des Grenadiers. Avec le temps, elle a su aussi établir des relations durables. Mais aujourd’hui, elle est plus que jamais accaparée par son autre cause. En outre, chaque année, ces deux interlocuteurs élus pour les élèves et masters changent. Un site faciliterait bien les mises en lien. Seulement, l’étudiant qui s’était proposé de le créer n’y est pas parvenu « faute de temps.»

Pour autant, Marie-Dominique reste persuadée que l’expérience vaut d’être poursuivie. « Ces jeunes étudiants internationaux constitueront les élites de leur pays, il importe de leur réserver un bon accueil.»

Parlez-vous le polytechnicien ?

UN BINET : c’est le nom donné aux associations étudiantes propres à l’Ecole Polytechnique. Il en existe une centaine proposant des activités culturelles, artistiques, sociales ou sportives. LA KÈS : nom du bureau des élèves. Composée de 14 étudiants, elle est élue en décembre par chaque promotion nouvellement arrivée sur le campus. Elle gère les relations avec les enseignants, la direction, les anciens élèves et les partenaires de ParisTech. LE KÈSSIER INTERNATIONAL : c’est le nom donné à l’élève représentant, pour un an, les Polytechniciens étrangers.

Elle ne désespère pas d’organiser la prochaine rencontre avec la nouvelle promotion, même si la date n’a pas encore pu être fixée.  De leurs côtés, fin janvier, les élèves ont pris l’initiative d’organiser un apéritif d’accueil auquel les familles d’En Bas des Marches ont été conviées et des contacts noués.

Quelques mois plus tôt, l’association avait été sollicitée par le correspondant de l’Ecole Polytechnique en charge « Des routes de la soie ». Un programme de ParisTech en correspondance avec les meilleures universités chinoises de Pékin, Nankin et Shangaï et consistant en un échange réciproque d’étudiants, ceux de Paritech partant fin octobre. L’hébergement sur place est assuré par des familles chinoises. Pour fin janvier 2012, En Bas des marches se voit donc proposé d’accueillir en retour des étudiants chinois. Ce que des familles ont accepté. En remerciement, une soirée a été organisée à l’Ecole des Mines à laquelle ces familles ont été conviées. L’occasion pour Marie-Dominique d’en recruter de nouvelles, bien au-delà de la vallée.

De là à étendre l’engagement d’En Bas des Marches à d’autres écoles du Plateau, il n’y a qu’un pas qu’elle ne conçoit pas de franchir dans l’immédiat. « Commençons par installer la démarche avec les Polytechniciens.» Et Marie-Dominique de lancer un appel. « Nous avons besoin de familles d’Ile-de-France ou même d’ailleurs. Des gens qui aiment voyager à travers les échanges et les cultures différentes.» De là à solliciter le Rotary Club, comme en Australie ? Un autre pas que, cette fois, elle n’est pas prête à franchir. « Cela risque de donner une autre couleur à notre initiative.»

Contact : enbasdesmarches@gmail.com

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