Cherche famille française pour échange interculturel (1re partie)

Permettre à des élèves étrangers de Polytechnique de découvrir des familles françaises. Telle est la vocation d'« En bas des marches », une association créée à l'initiative de Marie-Dominique Escaron. Rencontre en deux parties.

Ceux qui ont fait des études à l’étranger peuvent en témoigner. Il n’est pas toujours simple de rencontrer des gens du pays, au-delà du cercle des étudiants. D’où l’initiative de la dynamique sexagénaire Marie-Dominique Escaron : mettre des étudiants en contact avec des familles de la vallée, le temps d’un repas ou d’une sortie. Elle est la première surprise : « En fait, jusqu’à récemment, je n’avais pas conscience de l’existence d’étudiants étrangers sur le Plateau, alors que nous les croisions dans la gare ! » Elle le « découvre » en juillet 2010, au cours d’une enquête-pétition menée pour une toute autre cause (l’application de la loi de 2005 pour l’accessibilité en faveur des personnes handicapées). « J’ai rencontré deux jeunes Polytechniciens, l’un Chinois et l’autre Brésilien qui remontaient de l’Intermarché de Villebon avant « d’attaquer les fameux escaliers » du sentier de Polytechnique. »  Un bref échange suffit à Marie-Dominique pour se rendre compte qu’ils ne sont pas seulement confrontés au problème d’accessibilité de leur école. « Pendant les vacances, certains n’ont pas la possibilité de retourner voir leur famille.»

« Je rêvais d’être hôtesse de l’air »

Mais un flash back s’impose pour comprendre comment est née « En bas des marches », association ayant vocation à faire le lien entre les étudiants  étrangers de Polytechnique et les familles de la vallée. Retour donc aux années… 1974. Marie-Dominique est infirmière chef à Lyon. Mais sa vocation est tout autre : « Je rêvais d’être hôtesse de l’air ! ». Un jour, une patiente lui parle de sa fille qui travaillait à Air France. « Il n’en fallait pas plus pour réactiver mon rêve.» Seulement, elle avait un peu passé l’âge. Qu’à cela ne tienne, elle sera hôtesse au sol ! « En fait, ce qui me plaît avant tout, c’est d’accueillir les gens.»

Malheureusement, elle est recalée aux tests organisés par la compagnie aérienne : son niveau d’anglais est insuffisant. Marie-Dominique ne dit pas son dernier mot et sait saisir sa chance. « J’avais soigné le PDG (anglais) de la firme Black et Decker, qui connaissait le Consul d’Angleterre à Lyon. Il m’a mis en contact avec son épouse, histoire de converser en anglais.» Tandis qu’un de ses « patrons », éminent cancérologue, contacte un ami médecin qui vivait en Ecosse.  « Mais, cela se révéla trop compliqué pour  faire reconnaître mon diplôme.» La sachant résolue, son « patron » la présente à un couple d’amis australiens en quête d’une baby sitter durant leur séjour en France. « Naturellement, ils m’ont invitée à me rendre chez eux.» C’est ainsi que Marie-Dominique se retrouve dans un avion à destination de Sydney. Au pair dans une famille, elle a pu suivre les cours pour « migrants » du gouvernement, au milieu d’étrangers d’une douzaine de nationalités. Puis, en quête d’emploi, elle se retrouve à l’hôpital comme « nurse » pour faire reconnaître son diplôme. « C’est tout ce que je savais faire.» Cet hôpital avait une école d’infirmières, qui comptait un groupe de Malaisiennes. D’origine chinoise et indienne, elles étaient parrainées par des familles du Rotary Club australien qui les invitaient de temps à autre. C’est ainsi que devenue amie avec l’une d’entre elles, Marie-Dominique a pu fréquenter des familles du pays. Elle était à mille lieues de penser que, bien des années plus tard, elle renouvellerait l’expérience, cette fois, ici, pour des étudiants étrangers de l’Ecole Polytechnique.

« Après cet échange avec les jeunes brésilien et chinois, je me suis souvenue du plaisir que j’avais eu d’être accueillie par des familles, du temps où j’étais moi-même une étrangère. J’ai eu envie de rendre ce que j’avais reçu.»

Contact : enbasdesmarches@gmail.com

La suite, la semaine prochaine.

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3 commentaires à cet article
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  3. Rohart

    Voilà une histoire que je connais : Marie-Do est ma sœur. Je viens seulement de découvrir cet article (quel retard !) suite à une requête sur internet. Voilà un résultat qui me plaît. Merci pour cet article.

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