Campus urbain de demain. L’exemple de Lausanne

Le Rolex Learning Center
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Quelle architecture pour des campus à l’heure de la mondialisation, du numérique et de la société de la connaissance ? C’est la question que se proposent d’explorer le Campus Condorcet et le Pavillon de l’Arsenal à travers un cycle de conférences organisées autour de la présentation de cas concrets. La première séance a porté sur l’exemple de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, en présence de son Président, Patrick Aebischer et de Dominique Perrault, architecte en charge de plusieurs projets. Pour ceux qui n’ont pu y assister, un enregistrement vidéo est disponible.

Qui dit EPFL pense spontanément, pour peu qu’il s’intéresse aux campus universitaires, à son Rolex Learning Center, conçu par l’agence japonaise Saana et inauguré en 2010 (soit six ans seulement après l’ouverture officielle de la procédure…). Un lieu sans équivalent, qui, sur une surface de 20 000 m2 combine des fonctions de bibliothèque, de laboratoire d’apprentissage et de centre culturel international. Autre originalité : il est ouvert aussi bien aux étudiants de toutes disciplines qu’au public extérieur.

Mais le Rolex Learning Center s’inscrit dans une série de réformes destinées à construire un « campus vivant » : un lieu de vie et de rencontre entre étudiants, enseignants et chercheurs, répondant, selon les termes de Patrick Aebischer « aux attentes d’une population académique de plus en plus mobile et de plus internationale, tout en renouvelant les liens entre science et cité ».

En attendant le Teaching Bridge

Sur le plan architectural, cela se traduit par les projets de réhabilitation et d’extension de deux pavillons (les premières opérations de ce genre depuis les années 60-70, période de constitution de l’EPFL en tant que telle) : la bâtiment de l’ancienne bibliothèque (appelée à accueillir les services administratifs de l’école) et les anciennes halles de mécanique (appelées, elles, à accueillir des laboratoires scientifiques). Des projets confiés à l’architecte Dominique Perrault auquel on doit, outre la Bibliothèque François Mitterrand, le campus de l’université féminine Ewha de Séoul ou encore l’Ecole supérieure d’ingénieurs en électrotechnique et électronique de Paris, à Marne-la-Vallée (une des ses toutes premières réalisations).

Dans une « seconde étape », Dominique Perrault doit réaliser un bâtiment original, le Teaching Bridge, appelé ainsi parce qu’il devrait être une « vitrine de l’enseignement » et « un pont de liaison et d’articulation le long de l’épine dorsale du campus existant ».

A l’interface des sciences de l’ingénieur et du vivant

Sur le plan disciplinaire, l’EPFL s’engage à faire davantage dialoguer, d’une part, les sciences & technologies, d’autre part, les sciences humaines et sociales. Déjà, le Rolex Learning Center permet aux mathématiciens et aux ingénieurs de rencontrer des neuroscientifiques et des microtechniciens. L’EPFL entend aller plus loin en investissant les sciences du vivant, à travers notamment une Faculté des sciences de la vie et le projet Human Brain (reconstruction en 3D du cerveau au niveau cellulaire) dans le cadre d’un consortium de 242 chercheurs provenant de 134 institutions. Un « quartier de l’innovation » a été par ailleurs conçu pour favoriser les interactions entre la recherche publique et les entreprises. Il regroupe 7 bâtiments pour les compagnies, 4 bâtiments pour les start-up, 55 000 m2 de bureaux et de labos…

Attirer les meilleurs…

Pour renforcer l’attractivité et la visibilité internationale de son école, Patrick Aebischer affiche son ambition de recruter « les meilleurs étudiants » et « les meilleurs professeurs ». La création d’un campus vivant répond aussi à cet objectif. Elle passe par l’aménagement de nouveaux espaces : le quartier nord dédié à la restauration, aux commerces et aux services ; la place Cosandey, un ensemble architectural qui se veut « attractif et visionnaire » ; la création de pavillons culturels (le Montreux Jazz dédié à l’innovation dans le domaine des médias ; un autre dédié, lui, à «  art & science » à l’heure des « humanités digitales » ; un pavillon d’accueil…)

Depuis plusieurs années déjà EPFL sacrifie à l’impératif de durabilité : plusieurs initiatives ont été prises en faveur d’une mobilité durable (un réseau de vélos en libre-service, un programme incitatif pour utiliser les transports en commun, etc.) et d’une architecture durable. A quoi s’ajoutent un parc photovoltaïque, la gestion intégrée des déchets, etc.


Conférence EPFL, ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉRALE… par Pavillon-Arsenal

L’EPFL à l’heure du MOOC

Last but not least, l’EPFL s’est d’ores et déjà mise à l’heure du Mooc. Elle a été la première institution européenne à signer avec la plateforme Coursera. Le premier cours a été donné en septembre 2012 sur la programmation fonctionnelle, auquel 50 000 étudiants se sont inscrits. Une quinzaine de nouveaux cours sont programmés en 2013 et 2014 (en anglais et en français).

D’ores et déjà, l’EPFL enregistre des résultats notables, à commencer par une progression constante de ses effectifs : elle compte aujourd’hui plus de 9 300 étudiants (près de 3 fois plus qu’au début des années 90), 358 professeurs et près de 3 000 collaborateurs. Les doctorants étrangers représentent près du quart des effectifs. Elle figure en bonne place dans les classements mondiaux : 18e dans la classement de Shanghai (catégorie : sciences de l’ingénieur et de l’informatique), 40e dans le Times Higher Education, 29e dans le QS Ranking et 12e dans le Leiden.

Comme on l’imagine, tout cela suppose des financements. Ils sont assurés par l’Etat fédéral et l’Europe, mais aussi la mise en place de PPP. Nul n’ignore les controverses dont ceux-ci sont l’objet du côté français du Lac Léman. A écouter Patrick Aebischer, on devine un facteur « culturel » favorable à leur réussite en terre helvétique. Mais aussi l’importance du rôle de leader assumer par icelui, qui se traduit par un travail constant auprès des investisseurs et des philanthropes.

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