Campus Paris-Sud, un « terroir » très favorable au dialogue arts-sciences. Entretien avec O. Kahn

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Artistes et chercheurs peuvent faire bon ménage, y compris pour éclairer des enjeux de société. Illustration à travers la Mission Arts, Culture, Sciences et Société de l’Université Paris-Sud, dont le responsable nous rappelle la vocation, mais aussi des particularités liées au campus même de cette université et de son inscription dans la dynamique Paris-Saclay.

- Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette Mission Arts, Culture, Sciences et Société, dont vous êtes en charge et qui, il y a encore peu, était un service. A quoi d’ailleurs a répondu ce changement d’intitulé ?

L’Université Paris-Sud, c’est, rappelons-le, presque quatre-vingts laboratoires de recherche et dix composantes (trois IUT, l’école d’ingénieur Polytech, cinq UFR et un observatoire) répartis de surcroît sur plusieurs sites : Orsay-Bures, Châtenay-Malabry, Sceaux, Cachan, Kremlin-Bicêtre,… L’ensemble recèle de nombreux projets et initiatives, dont il était difficile d’avoir une vision exhaustive. Beaucoup pâtissaient d’un manque de visibilité. Un service Arts et Culture existait bien, mais il relevait de la Maison des Etudes (MDE), une entité réunissant neuf services différents allant de la culture au handicap en passant par l’accompagnement de la vie universitaire, la pédagogie numérique, l’orientation et l’insertion professionnelle, etc. La nouvelle présidente de l’Université Paris-Sud, Sylvie Retailleau, a donc souhaité une réorganisation de cette direction de façon à en rendre les services plus visibles au travers d’un interlocuteur clairement identifiable. Notre mission vise donc à faire gagner en visibilité les arts et la culture, aussi bien en interne – auprès des étudiants, des chercheurs comme des personnels administratifs – qu’en externe – auprès des partenaires, à commencer par l’Université Paris-Saclay et les communes – en renforçant la coordination des actions ou projets, qui gagneraient à se rapprocher. En somme, elle devient la porte d’entrée principale pour quiconque souhaiterait avoir des informations sur tout ce qui touche aux sciences dans leur rapport aux arts, à la culture et à la société, dans la perspective d’une démarche partenariale.

- Qu’est-ce que cette réorganisation implique-t-elle au plan du contenu ?

OKahn2017Portrait4Jusqu’en 2012-13, le service était principalement centré sur la culture artistique, à commencer par le théâtre et la musique. Déjà, sous l’impulsion de Christian Jacquemin, ancien chargé de mission, le service s’est davantage ouvert à la culture scientifique à travers un dialogue arts et science, qui s’est traduit notamment par la création du Festival CURIOSITas, porté désormais par l’Université Paris-Saclay [en illustration : la conférence-spectacle ”Jonglerie musicale, automates et combinatoire » avec Florent Hivert et Vincent de Lavenère, dans le cadre du festival CURIOSITas – crédit : Angélique Gilson].

- Une illustration au passage du fait que le terreau était favorable…

En effet, comme en témoigne aussi La Diagonale Paris-Saclay, qui avait été créée à l’initiative de chercheurs et de personnels d’établissements et de structures du territoire Paris-Saclay : ayant une pratique culturelle et artistique, ils avaient éprouvé le besoin de s’associer pour donner une plus grande visibilité à la culture artistique et scientifique sur le campus, et encourager d’autres personnes, y compris des étudiants, à faire le lien entre leur sujet de recherche et des thématiques artistiques et culturelles…

- Et dans une logique de co-création entre artistes et étudiants ou chercheurs, arts et cultures n’étant pas envisagés comme un supplément d’âme…

Oui, en effet, et cette même logique sous-tend aussi les ateliers de pratiques artistiques, animés par un artiste professionnel, dans l’idée qu’il fasse profiter de son regard sur une thématique donnée, en plus de faire découvrir la réalité de son métier. Car c’est une chose de pratiquer une activité artistique en tant que simple amateur, c’en est une autre que de s’y investir pleinement.

- Un mot encore sur la vocation de votre mission : s’agit-il d’inciter à plus de mutualisation ?

Mutualisation est bien le mot. Et nous ne la restreignons pas aux entités de Paris-Sud ou de Paris-Saclay. Nous l’envisageons avec toute institution culturelle ou artistique du territoire. Récemment, j’ai été sollicité par Jean Gobinet, le responsable du département Jazz du Conservatoire de la Vallée de Chevreuse. Il voulait organiser des événements pour permettre à ses élèves de se produire devant un public. Depuis, des soirées jazz ont été programmées dans le cadre de la MJC Jacques Tati, à Orsay, à l’occasion desquelles nous veillons à convier un groupe d’étudiants qui pratiquent aussi cette musique. Dans le même esprit, nous travaillons avec Olivier Silhol, le président du Jazz Festival de Versailles pour organiser des battles entre des groupes d’étudiants de jazz, issus de l’ensemble du campus Paris-Saclay. A travers la mutualisation, il s’agit donc de créer du lien, de susciter des rencontres inattendues. Nous n’avons certainement pas vocation à organiser seuls des événements que nous jugerions justes, mais souhaitons bien être à l’écoute des propositions émanant des personnes elles-mêmes pour voir comment nous pouvons les aider au plan technique, mais aussi en identifiant des interlocuteurs possibles.

- En promouvant les arts et la culture, s’agit-il aussi de donner une autre image de l’Université Paris-Sud, d’abord associée aux sciences exactes, pour ne pas dire « dures » ? Et par là même de rappeler que, pour être chercheur ou étudiant dans ces sciences, on n’en a pas moins une fibre artistique sinon une appétence pour la culture ?

OKahn2PortraitSans doute y-a-t-il un peu de cela. Mais il s’agit aussi et peut-être d’abord de remplir tout simplement au mieux une des missions assignées à toute université, depuis la loi relative à l’Enseignement supérieur et de la Recherche (loi Fioraso) de 2013, qu’elle soit à dominante sciences exactes ou pas, à savoir : au-delà de la formation, former des citoyens à part entière avec une culture humaniste, non seulement en facilitant l’accès aux arts et à la culture, mais en révélant et même en valorisant les activités artistiques et culturelles, auxquelles tout un chacun peut être amené à s’adonner, fût-ce un peu comme M. Jourdain, pratiquant la prose. En plus de prendre part aux relations Science/Société, via des actions de médiation scientifique, la mission a l’ambition d’ajouter des actions artistiques dans des projets de valorisation de notre patrimoine scientifique. C’est dans cet esprit que nous avons sollicité l’animatrice de l’atelier photo, Marylène Rannou, par ailleurs spécialiste de la photo studio, pour qu’elle photographie divers objets de nos collections scientifiques [en illustration : un objet de la collection instrumentale de l’Université Paris-Sud : un polarimètre saccharimètre de Laurent, début XXe – crédit : Marylène Rannou].

- La création de la mission ne répond-elle pas au nouveau contexte lié à la création de l’Université Paris-Saclay ?

En réalité, le service était déjà impliqué dans des actions de Paris-Saclay, au travers ne serait-ce que de La Diagonale, avec toujours ce souci d’échanger avec le maximum d’interlocuteurs pour saisir des opportunités de partenariat. Il est clair cependant que la création de l’Université Paris-Saclay en offre de nouvelles. C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés de plusieurs établissements comme, par exemple, l’ENS Paris-Saclay. La nouvelle mission, rattachée à la présidence de Paris-Sud, traduit à la fois la volonté politique de promouvoir les actions artistiques, culturelles, et de dialogue entre science et société. Elle rend plus cohérent notre structure dans le paysage académique et territorial de Paris-Saclay.

- De quels moyens humains disposez-vous pour faire vivre cette mission ?

La mission est assurée par deux administratifs, dont moi, mais elle bénéficie de l’apport d’un chargé de mission, Franck Bimbard, pour les ateliers culturels. Nous avons la chance de pouvoir compter aussi sur la forte implication de Hervé Dole, le vice-président en charge de la Médiation scientifique, Art, Culture et Société. Nous travaillons par ailleurs étroitement avec le service Communication Médiation et Patrimoine Scientifique (COMPAS) de l’UFR Sciences. Nous avons pour ambition d’avoir un référent au sein de chacune des dix composantes de l’Université Paris-Sud. Encore une fois, la mission n’a pas vocation à décider seule des actions, mais bien à les coordonner en faisant si besoin le lien avec des partenaires potentiels.

- Vous-même assurant un rôle d’interface avec l’Université de Paris-Saclay…

Oui, effectivement, pour toutes les questions touchant aux rapports arts, cultures, sciences et société, et ce, au travers du comité de pilotage de La Diagonale Paris-Saclay, dont je fais partie.

- Une illustration de la possibilité d’intégrer une grande université, tout en continuant à disposer d’une latitude d’action…

En effet. Personnellement, je n’ai pas l’impression de me fondre dans un moule unique. Loin de nous faire perdre notre singularité, l’Université Paris-Saclay permet de démultiplier les contacts avec un nombre accru d’étudiants et de chercheurs, qui travaillent dans des domaines variés et, au-delà, de trouver dans d’autres établissements des ressources, humaines et techniques, dont nous ne disposerions pas au sein de Paris-Sud. Pas plus tard qu’hier, j’étais à la Maison de l’étudiant de l’UVSQ, à Guyancourt. De même, nous nous sommes rapprochés de nos homologues de l’ENS Paris-Saclay. Certes, nos établissements ne sont pas les mêmes (une grande école d’un côté, une université, de l’autre), mais, justement, cela permet de tirer profit des forces et avantages des uns et des autres, pour monter des actions et projets en commun, que nous ne pourrions pas envisager seuls. Aujourd’hui, nous allons de plus en plus vers des projets portés par tel ou tel établissement, dans un esprit d’ouverture et de mutualisation.

- Pourrait-on même parler de principe de subsidiarité ?

Oui, effectivement et ce, d’autant plus qu’il sous-tend le projet même de l’Université Paris-Saclay.

- Beaucoup des étudiants qui fréquentent le campus de Paris-Sud viennent des quatre coins du monde. Dans quelle mesure cela a-t-il été perçu comme faisant partie intégrante de cette richesse que vous évoquiez tout à l’heure ?

C’est une réalité qui a été très tôt prise en considération, d’autant plus que le service, au début de sa création, avait été rattaché à la Maison des Etudes, une structure directement tournée vers les étudiants. Très tôt, il s’est donc rapproché de ces derniers et de leurs associations, en se présentant comme un service pouvant les accompagner dans le montage de leurs projets.

- Venons-en à vous, que nous sentons particulièrement investi dans sa mission. Qu’est-ce qui vous a prédisposé à rejoindre le service Arts et Cultures et d’assumer aujourd’hui la responsabilité de la mission ?

J’ai une expérience ancienne de l’engagement associatif, du temps où j’étais étudiant…

- A Paris-Sud ?

Non, j’ai fait mes études à Grenoble – dans le cadre d’un master de direction de projets culturels, obtenu en 2006, avant d’intégrer l’IEP. Suite à quoi, j’ai fait des remplacements de congés maternité, dans plusieurs services culturels universitaires : à Grenoble 3 (à deux reprises), à la pépinière de l’Espace Vie Etudiante (E.V.E), également à Grenoble, puis, à l’Université Pierre-et-Marie-Curie (en 2008), comme responsable de la culture scientifique. Trois établissements tous plus différents les uns et les autres, dans leur manière d’envisager la promotion de la culture scientifique. Ce qui n’a fait que rendre ces expériences professionnelles d’autant plus intéressantes. J’ai rejoint le service Arts et Culture de Paris-Sud, en septembre 2013.

- Comment s’est faite la connexion ?

L’Université Paris-Sud avait diffusé une annonce, dont j’avais pris connaissance via « Art + Université + Culture », le réseau des services culturels des universités. J’avais aussitôt postulé car, naturellement, je n’ignorais pas la réputation de cette université.

- Quelles ont été vos premières impressions ? Les locaux du service se trouve sur le campus d’Orsay, dans un parc arboré et végétalisé…

Oui, en effet. Nous nous trouvons à proximité du jardin botanique et du centre équestre, ce qui ajoute une touche atypique à un environnement auquel je ne m’attendais pas ! Dans mon esprit, une université francilienne ne pouvait qu’être située au milieu de nulle part, à proximité d’axes autoroutiers ou de zones commerciales ! Tant et si bien que quand je me suis rendu pour la première fois sur le campus d’Orsay, en me laissant guider par le GPS, et que je me suis retrouvé à traverser une petite ville puis sur une route bordé de beaux arbres, j’étais persuadé de m’être égaré. Plus tard, je devais découvrir combien les autres composantes de Paris-Sud ne manquaient pas d’intérêt non plus, y compris au plan architectural.

- Donc pas de regret…

Non ! Encore moins, au regard de l’approche du service. Elle n’a guère à voir avec celle des universités où j’avais travaillé jusqu’ici, et justement c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Elle me conforte dans l’idée que l’action culturelle et artistique, c’est un peu comme du bon vin : elle doit s’inspirer du terroir. On peut avoir de bonnes idées – un bon cépage en somme, pour filer la métaphore – mais si on ne prend pas en considération la typicité de l’environnement, on n’arrive à rien de bon. J’ai donc passé au moins mes deux premières années à arpenter le campus et ses environs, et continue d’ailleurs à le faire de façon à comprendre la manière dont les gens y travaillent et y vivent. J’ai pris aussi le temps de rencontrer des partenaires potentiels – et il m’en reste encore beaucoup à rencontrer, avec qui j’aimerais discuter. De ce point de vue, les appels à projets de La Diagonale Paris-Saclay m’ont été fort utiles : ils m’ont permis d’identifier rapidement des chercheurs et des laboratoires, avec lesquels nous pouvions développer des actions artistiques et culturelles.

- La morphologie du territoire et le relatif éparpillement des entités de Paris-Sud comme de Paris-Saclay ne sont-ils pas néanmoins problématiques pour vous ?

C’est vrai que cette réalité géographique occasionne pas mal de déplacements. Mais elle ne me dissuade pas d’aller à la rencontre de mes interlocuteurs. Au contraire. Et puis nous avons remédié à cette situation en recrutant une nouvelle assistante,Hélène Baudot, qui pourra prendre en charge des dossiers, de façon à me libérer du temps. D’autant plus que la transformation du service en mission s’est traduite par davantage de responsabilités pour moi.

- Avec le recul dont vous disposez maintenant, avez-vous le sentiment que les actions se sont bonifiées, pour en revenir à la métaphore du vin ?

Des actions ont pu en effet se bonifier avec le temps, telles des vins de garde, tout simplement parce que celles et ceux qui les portent gagnent en expérience et tirent profit de notre réseau, qui va en s’enrichissant. En revanche, d’autres actions, telles des primeurs ou les vins effervescents, vont être intéressantes sur le moment, mais sans avoir nécessairement vocation à se pérenniser pour autant. C’est, par exemple, le cas de celles portées par des associations étudiantes. Elles pourront connaître une effervescence une année avant de retomber ensuite, faute de relais. Même chose pour les initiatives émanant du personnel. Plutôt que de chercher à les reconduire d’une année sur l’autre, nous en retiendrons un aspect qui pourra être valorisé en d’autres occasions et sous d’autres formes. Se présentent aussi à nous des projets qui n’en sont encore qu’au stade de la gestation mais dont on perçoit le potentiel. Notre rôle est alors de voir quand on pourra les rendre récurrents dans les quelques années à venir, sans chercher pour autant à les institutionnaliser d’emblée.

- Avez-vous le sentiment au fil du temps que le terreau devient de plus en plus favorable à l’éclosion durable d’actions et de projets dans le domaine qui est le vôtre ?

Indéniablement, et tout particulièrement dans le dialogue Arts et Science. Nul doute que le Festival CURIOSITas et La Diagonale Paris-Saclay, ajoutés à la réalisation d’œuvres dans des laboratoires, ont contribué à infuser, à faire tâche d’huile. Là où on ne comptait qu’un chercheur intéressé à ce dialogue, on en compte désormais quatre-cinq. On perçoit une réelle émulation. Tant et si bien qu’avec Hervé Dole et la responsable du COMPAS, Anaïs Vergnolle, nous nous employons à faire le tour de chaque entité de l’Université Paris-Sud, à en rencontrer les directeurs ou doyens respectifs pour nous tenir informés de ce qui se fait ailleurs, mais aussi recueillir leurs attentes, les projets qu’ils voudraient voir développer. A la Faculté de Pharmacie, nous avons rencontré le doyen, lequel s’est montré particulièrement intéressé, l’enjeu étant pour lui de bousculer l’image fantasmagorique de la science que d’aucuns associent encore à la figure du savant fou travaillant à la solde de l’industrie. C’est particulièrement vrai dans le cas de la pharmacologie. Une médiation artistique et culturelle pourrait, estimait le doyen, contribuer à modifier cette perception des choses…

- Que dites-vous à ceux qui craindraient une instrumentalisation des arts et de la culture ?

En réalité, on ne se heurte pas à ce genre de réticences. Et cela tient probablement au fait que les binômes chercheurs/artistes se font d’eux-mêmes. Nous nous bornons pour notre part à faciliter la rencontre, sans imposer la composition des équipes. Il importe que chercheurs et artistes aient envie de travailler ensemble dans une relation de confiance mutuelle. Le dialogue s’instaure d’autant plus facilement que la plupart des chercheurs développent eux-mêmes des activités artistiques et culturelles, en marge de leur travail de recherche. Et le fait qu’ils soient chercheurs leur permet de le faire d’abord par plaisir, pas par nécessité avec tous les risques d’instrumentalisation qui peuvent en résulter.

Au-delà du rapport du chercheur à l’art, il s’agit de donner à voir autrement la science elle-même, plus présente qu’on ne le croit dans notre quotidien : on peut la mobiliser en faisant de la cuisine, du jardinage ou de la botanique, fût-ce, encore, une fois à la manière de M. Jourdain pratiquant la prose. Cette idée peine cependant à être admise tant il est vrai que les chercheurs paraissent confinés dans leurs laboratoires et, donc, déconnectés du reste de la société. Le dialogue avec les arts et la culture permet de retisser des liens. Avec d’autant plus efficacité que l’activité culturelle et artistique amène à développer une approche plus sensorielle des choses, qui ne passe pas seulement par le cérébral ou des concepts. En cela, elle peut être plus efficace qu’un cours, une conférence en bonne et due forme. D’ailleurs des universités commencent à introduire des formes artistiques dans certains de leurs enseignements, ce qui est source d’innovation pédagogique. Nous suivons de près ces expériences.

- Paris-Saclay est aussi un écosystème favorable à l’entrepreneuriat innovant. Dans quelle mesure avez-vous rencontré cette dynamique et vous a-t-elle été favorable ?

C’est une dynamique dont j’ai pu effectivement prendre la mesure en fréquentant notamment le PROTO204, un lieu où j’aime me rendre et pas seulement parce qu’il est à deux pas d’ici. Il permet de rencontrer des personnes d’univers qu’on n’a pas forcément l’habitude de côtoyer au sein de l’université : des startuppers, des designers,… Je prends d’ailleurs plaisir à participer à des manifestations, même et peut-être surtout très éloignées de mes domaines de compétences ou champs de prédilection. Et puis l’innovation dont on parle au PROTO204 n’est pas exclusivement technologique. Elle porte aussi sur les manières de travailler ensemble, d’échanger. Par exemple, je trouve particulièrement inspirant le principe du design thinking, qui y a été mis à l’honneur en diverses occasions. Cela peut donner des idées sur la manière de concevoir des projets artistiques et culturels, de favoriser l’émulation collective, les échanges, en rendant plus efficace la distribution de la parole et les réunions de travail. C’est dire si le PROTO204 peut-être un lieu inspirant pour les milieux artistiques et culturels, qui sont loin d’être en avance en la matière !

- Vous avez été d’ailleurs désigné connecteur du PROTO204…

Oui, ce qui m’a valu de bénéficier du badge [qu’il arbore sur son bureau]. J’y ai été d’autant plus sensible que, selon moi, Paris-Saclay ne se résume pas à des projets de bâtiments à édifier ou de nouvelles infrastructures. On y innove aussi dans la manière d’enseigner, d’impliquer les étudiants, de faire de la recherche et, donc, de favoriser la connexion entre des gens d’univers différents, dont le dialogue ne peut qu’être fertile. D’ailleurs, nous sommes aussi en lien avec la Direction de l’innovation pédagogique de Paris-Sud.

- A quel rendez-vous nous conviez-vous pour la rentrée ?

Nous vous en proposerons plusieurs : cet automne, nous fabriquerons de la bière sur le campus d’Orsay avec le projet « Liquide Transformation Science » qui permet de découvrir tous les procédés scientifiques à l’œuvre dans le brassage de cet alcool. Le dimanche 15 octobre, nous proposions une « promenade sonore », dans le cadre du projet « Arbres en musique », conçu par Sophie Nadot et Claire Damesin, du laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution, et Céline Riauté, du service environnement et paysages, en partenariat avec le COMPAS, le Jardin botanique du campus, le Conservatoire de la Vallée de Chevreuse et un luthier d’Orsay. Le principe : faire découvrir le jardin botanique de l’Université Paris-Sud à travers des instruments de musique qui ont été fabriqués à partir de ces essences d’arbres.

- Un parfait exemple de projet qui ne pouvait émerger que dans ce campus-ci…

Oui, parfaitement. Nul doute qu’il doit beaucoup au caractère très arboré du campus d’Orsay.

En illustration…

… de cet article : Olivier Kahn aux côtés d’Hélène Baudot, nouvelle assistante de la mission Arts, Culture, Sciences et Société (crédit : Hervé Dole).

… de la page d’accueil : la soirée jazz, organisée le 5 mai 2017 à la MJC Tati avec le Conservatoie de la Vallée de Chevreuse (crédit : Hervé Dole).

 

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