Campus Paris-Saclay, les clés d’une réussite

ExpoPaysage
Pour le lancement de l’exposition « Paris-Saclay, le futur en chantier(s) » qui se tient jusqu’au 20 décembre à la Maison de l’architecture en Ile-de-France, plusieurs tables rondes ont été programmées avec de nombreux acteurs du territoire, les 28-29-30 novembre derniers. Retour sur la première qui portait sur les clés de réussite de l’Université Paris-Saclay portée sur les fonts baptismaux bien plus rapidement qu’on ne pouvait le penser.

Beaucoup en ont rêvé. Elles/Ils l’ont fait, en un temps plus rapide qu’on ne pouvait l’imaginer : réunir de grandes écoles, et non des moindres (l’Ecole polytechnique, HEC, l’Ecole Centrale Paris, Supélec,…) – au sein d’un même campus, aux côtés d’universités – l’une tout aussi prestigieuse (Paris-Sud, toujours bien placée dans le classement de Shanghai), et l’autre, plus jeune et néanmoins très dynamique (l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines). Le résultat : une université de 12 000 chercheurs/enseignants-chercheurs et 70 000 étudiants (dont 40% de masters et de doctorants), ce qui en fait une véritable université de recherche, couvrant des domaines disciplinaires aussi étendus que les mathématique/physiques, les sciences des technologies de l’information et de la communication (stic), les sciences de l’ingénieur, la chimie, la biologie, les sciences de la santé, etc. sans oublier les SHS/l’économie et le management.

Une loi a déjà officialisé la création de l’université. Ne reste plus que le décret, lequel doit être signé par 7 ministères de tutelle, 3 secrétariats d’Etat et le Premier ministre. Ce qui ne semble pas inquiéter plus que cela Dominique Vernay, Président de la Fondation de Coopération Scientifique Campus Paris-Saclay. « Le plus difficile est derrière nous. » La parution du décret au JO ne marquera pas pour autant la fin de l’aventure. Car l’Université Paris-Saclay (qui dispose déjà de son logo, présenté lors de la Fête de la science), c’est aussi, à construire (et pour certains déjà en cours de construction), des logements étudiants, des restaurants et des équipements culturels mais aussi sportifs mutualisés, des moyens de santé, etc.

Le plus dur est derrière nous

Mais, encore une fois, le plus difficile – la fédération d’établissements d’enseignement supérieur pour certains déjà présents de longue date sur le territoire de Paris-Saclay mais qui avaient tendance à « vivre leur vie » – a été réalisé. Quelles ont été les clés de réussite de cet exploit, car c’en est un ? Comment se concrétise concrètement la convergence entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche ? Quelles sont les attentes de leurs responsables respectifs, pour les années avenir ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles plusieurs protagonistes ont été invités à répondre lors de la première table ronde qui marquait le lancement de l’exposition « Paris-Saclay, le futur en chantier(s) ». Outre Dominique Vernay, déjà cité, et par ordre alphabétique : Jacques Biot, Président de l’École polytechnique ; Jacques Bittoun, Président de l’Université Paris-Sud ; Nozha Boujemaa, Directrice du centre de recherche Inria Saclay Île-de-France ; Alain Fuchs, Président du CNRS et Pierre-Paul Zalio, Président de l’École normale supérieure de Cachan. On appréciera au passage la qualité de ce « plateau » (en dépit de son non respect du principe de parité…).
En préambule, Pierre Veltz (Président-Directeur général de l’EPPS) avait rappelé combien ce projet s’inscrit dans une dynamique ancienne, qui débute avec l’intervention des Joliot-Curie (Frédéric et Irène) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et jusque dans les années 50. Dès les années 60, avait été projetée la création d’une « Cité des sciences ». Mais il aura fallu attendre les années 2000 pour relancer la dynamique à la faveur de l’Opération Campus, laquelle devait déboucher en 2008 sur l’opération « Campus de Paris-Saclay », puis du programme des Investissements d’avenir lancé en 2011.
Entre-temps, le paysage s’était singulièrement compliqué avec la création notamment du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) UniverSud et autres Réseaux Thématiques de Recherche Avancée (RTRA), comme Le Triangle de Physique. Selon Dominique Vernay, un des premiers mérites de cette opération et sans doute aussi une des clés d’explication à l’adhésion qu’elle a suscitée, est d’avoir justement contribuer à le simplifier.
Que la création de l’Université Paris-Saclay soit une réussite, tous les autres intervenants en sont convenus. Alain Fuchs : « Paris-Saclay était parmi les projets de l’Opération Campus, le plus risqué. D’ailleurs la première mouture a échoué [une allusion au premier dossier recalé à l’issue du premier appel à projets]. Aujourd’hui, c’est sans doute celui qui avance le plus vite. Bien plus : il pourrait même être un creuset pour le renouvellement du système d’enseignement supérieur national. »
Comment expliquer néanmoins que de grandes écoles et des universités soient parvenues à s’allier entre elles ? Dominique Vernay met en avant le caractère « fédératif » plutôt qu’ « intégratif » de l’Université Paris-Saclay. « Ses 19 membres se placent sous une même bannière, mais en conservant une large autonomie. » Ce caractère fédératif n’empêchant pas de réelles convergences comme en témoigne l’implication des membres dans la conception de masters et de doctorats, désormais délivrés en commun. « En clair, si chaque établissement d’enseignement continuera à délivrer des diplômes spécifiques, ces diplômes-là seront délivrés par l’Université Paris-Saclay ». Ce qui a supposé que les responsables de formations se rencontrent aussi souvent que possible.
Ce constat reviendra comme un leitmotif : la réussite n’a pu être au rendez-vous qu’au prix de très nombreuses réunions. Avec ce corollaire : l’Université Paris-Saclay est d’abord le fait d’hommes et de femmes qui ont très vite saisi l’intérêt de faire converger les forces en surmontant les querelles d’égos. Pierre-Paul Zalio : « La multiplication des réunions a eu un effet d’enrôlement tel qu’au bout d’un moment nous pouvions avoir l’impression d’être dépassé par le projet. » Non sans humour, le même ajoute : « J’ai d’ailleurs compris que c’était gagné quand ce sont mes propres collègues qui ont commencé à m’expliquer le projet de l’Université Paris-Saclay ! »

On ne partait pas de rien

Ajoutons que la plupart des protagonistes, d’hier comme d’aujourd’hui (plusieurs des intervenants n’étaient pas encore en responsabilité de leur établissement au moment du lancement de l’Opération Campus) ont des attaches plus ou moins anciennes avec le territoire de Paris-Saclay : Alain Fuchs est diplomé de la Faculté des sciences d’Orsay ; le CNRS qu’il préside est présent de longue date sur le périmètre de l’OIN, à travers son implantation de Gif-sur-Yvette et des Unités Mixtes de Recherche (UMR). De son côté, Pierre-Paul Zalio rappelle une prise de conscience ancienne de la nécessité pour son école de se rapprocher des établissements de Paris-Saclay, manifestée à travers son intégration au sein du PRES UniverSud. Quant à Nozha Boujemaa, elle rappelle qu’Inria compte 28 équipes de recherche communes avec d’autres établissements (X, ENS Cachan, CNRS…). « Nous étions déjà engagés dans une dynamique de coopération avec plusieurs membres de la future Université Paris-Saclay. »
Tous l’admettent néanmoins : quand bien même le délai de constitution de cette dernière peut paraître rapide avec le recul, tout cela a pris du temps, et s’est naturellement heurté à des résistances. Alain Fuchs va même jusqu’à concéder un : « L’accouchement a été douloureux ». Le même insiste sur le fait que le pari n’était pas gagné. « Un rapprochement entre des établissements d’enseignement supérieur aussi prestigieux est tout sauf naturel. C’est au mieux le résultat d’un facteur culturel. » Non sans humour, il admet que les relations universités/CNRS ont toujours ou presque était sur le registre « je t’aime, moi non plus ». « Pour qu’un réel partenariat se noue, pour qu’une réelle envie de travailler ensemble se manifeste, il importe de pouvoir s’appuyer sur une intelligence collective, laquelle n’est pas spontanée, mais demande à se construire dans le temps. » Et Alain Fuchs de relever encore : « En France, on se surestime individuellement, on se sous-estime collectivement. C’est particulièrement vrai dans le monde académique. » Non sans humour, il ajoute : « Dixit un collègue allemand : en France, je suis, donc je me surestime. »
De même, Jacques Bittoun reconnaît : « Nous partions de loin. » Il rappelle notamment les « empoignades » autour de la constitution d’écoles doctorales communes avec le résultat que l’on sait : l’échec au premier appel à projets de l’Opération Campus : « Nous avions cru qu’il suffisait de faire comme si nous travaillerions ensemble. Le jury n’a pas été dupe. » Un mal pour un bien. La « claque » fut propice à une prise conscience, avec l’issue heureuse que l’on sait encore : la création de véritables écoles doctorales pluridisciplinaires et non spécialisées, propres à chaque établissement supérieur supérieur.
Lui, comme les autres intervenants, tiennent à souligner le travail accompli par la FCS et son président. Comment manage-t-on un tel projet, car c’est aussi de management qu’il est question ? En guise de réponse, Dominique Vernay met en avant son expérience professionnelle dans le monde industriel et au sein du pôle de compétitivité Systematic où il s’agit de faire dialoguer des univers différents – académique, industriel, PME, recherche. « Des empoignades, reconnaît-il, il y en eut assurément, mais, ajoute-t-il, elles étaient la preuve qu’on abordait les vrais sujets. » Et le même de regretter la manière de faire française (partir d’un consensus mou) comparée à l’hollandaise qu’il a pu apprécier le temps d’une expatriation (et qui consiste, au contraire, à entrer dans le vif du sujet, en affichant les oppositions d’intérêts pour mieux les surmonter au terme de discussions franches).
Outre l’intelligence de la démarche portée par la FCS, Jacques Biot tient à rappeler l’importance des moyens mis en œuvre par l’Etat à travers son programme d’Investissements d’avenir, qui ont permis de financer le projet d’Idex, mais aussi de Labex et autres Equipex.

Et maintenant ?

Tous soulignent les opportunités nouvelles, qui ont aidé à surmonter les réticences. Dominique Vernay : « Le projet de l’Université Paris-Saclay concourt à favoriser le décloisonnement entre les monde de l’enseignement et de la recherche, mais aussi de l’entrepreneuriat et de l’entreprise. » Jacques Bittoun : « Les établissements n’ont certes pas attendu l’Université Paris-Saclay pour nouer des partenariats, mais nul doute que celle-ci permet de les décupler tout en respectant la personnalité de ses membres. » Ce dont Nozha Boujemaa témoigne également dans son domaine de prédilection: « Faire du numérique à Paris-Saclay offre l’opportunité de pouvoir travailler à l’interface d’autres disciplines que celles qu’on couvrait jusqu’ici, y compris les sciences sociales et le droit, ne serait-ce que pour traiter des rapports entre numérique et société ».
De la convergence, donc, mais comment se manifeste-t-elle concrètement ? En ce qui concerne l’Ecole polytechnique, Jacques Biot met en avant l’arrivée d’écoles d’application « à ses portes » (l’ENSTA ParisTech, l’une des premières à avoir rejoint le Plateau de Saclay, depuis le lancement de l’Opération Campus, et prochainement : l’Institut Mines Télécom, déjà présent à travers le Centre d’intégration Nano-Innov ; l’ENSAE, AgroParisTech). Pour mémoire, au terme de ses trois premières années, les polytechniciens se spécialisent dans une de ces écoles. « On peut désormais travailler plus finement sur leur parcours.» Le même : « Nous sommes trop petits pour affronter la compétition internationale. La convergence permet de se serrer les coudes et de renforcer les collaborations. » Entre autres exemples des domaines où ces collaborations pourront être renforcées, il cite le domaine du laser où la France est actuellement leader. La convergence, tient-il à souligner, se manifeste à travers plusieurs institutions qui permettent d’approfondir les relations et coopérations avec les industriels (EDF, Thales, etc.) : la SATT Paris-Saclay (dont nous avons rendu compte de la matinée de lancement ; pour y accéder, cliquer ici), les Instituts de Transition Energique (ITE), etc.
Au plan disciplinaire, la convergence se traduit par la possibilité de mener des projets à l’interface des sciences (principes des Labex). De toutes les sciences : sciences exactes, sciences du vivant, sciences de l’ingénieur, mais aussi celles que Pierre-Paul Zalio invite à ne plus appeler « molles » : les sciences sociales et humaines, sous-représentées jusqu’à présent sur le Plateau de Saclay, malgré leur importance dans l’éclairage des débats de société autour des avancées scientifiques et technologiques. Un constat que Nozha Boujemaa fait sien pour mieux souligner les initiatives lancées par Inria pour mobiliser ces sciences y compris le droit, afin d’éclairer les enjeux éthiques posés par les avancées du numérique (notamment en matière de sécurité ou de surveillance). De son côté, Alain Fuchs cite plusieurs projets concrets dont Apollon, destiné à concevoir le laser le plus intense au monde. « On aurait toujours pu l’envisager dans un univers académique morcelé, mais l’université ne fera qu’en faciliter et accélérer la réalisation. » Entre autres exemples, il cite également des rapprochements d’équipes comme celle du CNRS de Gif-sur-Yvette avec celles du CEA et de l’Université Paris-Sud au sein d’instituts fédératifs.
Nozha Boujemaa rappelle les espoirs qu’elle fonde dans la création d’un centre de ressources numériques sur le Plateau de Saclay, rendue possible par l’existence de l’ensemble des expertises en extraction, modélisation, visualisation, etc. (assurée par la présence de mathématiciens, d’informaticiens, de physiciens,…). D’ores et déjà, elle relève le signe tangible des effets positifs de la dynamique Paris-Saclay sur son établissement : « Inria Saclay Ile-de-France est désormais le premier du réseau pour le nombre de demandes de mutation en son sein. Les candidats sont manifestement attirés par la qualité et l’opportunité des projets. » Au point d’en oublier l’attrait du soleil ! (sauf à considérer qu’ils songent au Synchrotron éponyme tout proche…).

De quoi rêvent-ils ?

On le voit à travers cet « échantillon » plus que représentatif, la convergence entre les membres de l’Université Paris-Saclay est une réalité pour nos intervenants, s’incarnant dans des projets concrets. Mais comment voient-ils l’avenir ? Quelles sont leurs autres attentes ? A quelle condition pourra-t-on considérer que l’Université Paris-Saclay est une réussite, qu’elle répond aux défis de l’internationalisation du système de l’enseignement supérieur et de la recherche ?
Entre autres indicateurs, Jacques Biot met en avant une part accrue sur le marché des étudiants étrangers. « Aujourd’hui, l’Université Paris-Saclay, c’est 23% d’étudiants étrangers. Nous devrions en attirer plus en nombre et en qualité », estime-t-il.
Le même tient à rappeler que le succès se mesurera aussi à la contribution de celle-ci au développement économique du pays : « On l’oublie parfois, mais la vocation d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche, c’est aussi cela. » Ce qui passe, estime-t-il encore, par plus de recherche valorisable par les entreprises, un accroissement des capacités à faire travailler ensemble industriels et académiques. « Nous avons la chance d’en avoir plusieurs à nos portes (Thales, EDF, Horiba, Nano-Innov), nous avons de la place pour en attirer d’autres ». A bon entendeur…
Dans la droite ligne du propos du Président de l’Ecole polytechnique, Jacques Bittoun aspire à faire figurer la nouvelle université dans le top 10 mondial. « Il importe de gagner en visibilité, non pas tant pour le plaisir d’être visible, que de renforcer notre attractivité : quand nous lançons un concours de recrutement, c’est quand même mieux de recevoir des dizaines voire centaines de dossiers de candidatures, car cela nous laisse la possibilité de choisir ! » Dans cette perspective, le même en appelle à une plus grande mutualisation des équipements et, au-delà, à faire un pas de plus dans l’intégration. Ce à quoi surenchérit Alain Fuchs : « Il est clair qu’à terme, les établissements seront appelés à s’intégrer davantage dans l’ensemble. »
En écho à la référence au classement de Shanghai, Alain Fuchs en appelle à assumer la prise de risque : « Arrêtons de nous dire que c’est la faute des autres si nous ne nous retrouvons pas parmi les meilleurs dans un tel classement. Il faut aller au bout du projet. Nous sommes dans un pays qui a peur de tout. Assumons donc le risque d’affronter l’avenir, en allant au bout de ce projet. » Le même : « Pour l’heure, les premières universités francophones sont situées à Lausanne ou au Canada. La compétition est ouverte. Un pas reste encore à franchir pour se hisser à leur niveau. » Les atouts ne manquent pas, ainsi que lui et d’autres le soulignent en évoquant notamment les médailles Fields et les deux Nobels que comptent déjà le campus (Jean Jouzel, à travers le Giec, et Albert Fert).
Pierre-Paul Zalio pointe le caractère incrémental du changement et ses effets à une plus grande échelle, celle du pays : « J’espère que l’exemplarité de Paris-Saclay aura un effet incrémental au plan national jusqu’y compris dans l’amélioration du droit du travail dans le domaine de la recherche. » Le même : « Je ne fais pas partie des déclinistes. Mon rêve pour les 20-30 prochaines années : à défaut d’enrayer les transformations liées à la géopolitique mondiale, que la nouvelle université contribue à la pérennité d’un monde éclairé par la science et la démocratie libérale. »
Tous formulent à leur manière cet autre rêve, résumé par Jacques Biot : « Que dans 20-30 ans, un élève qui souhaite faire ses études à l’étranger ne pense plus spontanément qu’à Harvard, Cambridge et autre Princeton, mais à Paris-Saclay. Que cela fasse au moins partie de ses options. » Ce qui suppose un campus exemplaire y compris dans son cadre de vie. « Sans quoi les candidats rechigneront à s’y rendre. »

Des étudiants et des élèves

Parmi les questions de la salle, une portait sur les conditions de possibilité de convergence sinon de cohabitation entre des étudiants d’universités et des élèves de grandes écoles. A quoi Pierre-Paul Zalio répond : « En réalité, cette cohabitation existe déjà : des formations mutualisées s’adressent indifféremment à des Normaliens, des élèves de grandes écoles et des étudiants. » Qu’il nous soit permis d’ajouter que, qui prend le temps d’arpenter le campus, peut se rendre compte de l’intensité des échanges qui se nouent notamment autour des projets entrepreneuriaux. Nul doute qu’à terme, une association des Alumni s’imposera naturellement. A cet égard, la nouvelle université devrait profiter de l’expérience des grandes écoles qui ont su traditionnellement entretenir leurs réseaux d’anciens, comparées aux universités.
Restait une question qu’aucun des intervenants n’a pris soin d’aborder : dans quelle mesure la dualité du projet incarnée par la coexistence de la FCS et d’un établissement public en charge de l’aménagement (EPPS) n’aurait-elle pas facilité la constitution de cette université en permettant d’incarner l’objectif de mutualisation, d’interdisciplinarité, dans des bâtiments nouveaux mutualisés et interdisciplinaires, ouverts aussi bien à des étudiants qu’à des élèves de grandes écoles, d’ailleurs ?
Tout au plus Pierre-Paul Zalio l’a-t-il effleurée en rappelant son impatience « à passer du stade de la maquette à l’échelle 1 », ou encore comment le jardin envisagé pour le futur bâtiment de son école pouvait être envisagé avec le reste de l’environnement. Autrement dit, c’est l’ensemble du campus arboré et paysagé, qu’elle partage avec les autres usagers, qui constituera son jardin (sans empêcher l’architecte de son nouveau bâtiment d’en envisager un en son sein). Le même suggère qu’il n’aurait pas pu obtenir l’adhésion de l’ensemble des personnels de l’ENS Cachan au principe de sa nouvelle implantation sur le Plateau de Saclay (à l’horizon 2018), s’il ne leur avait donné à voir l’environnement dans lequel ils seraient amenés à travailler. De là son initiative qu’il convient de relater : celle de convier tous ces personnels (des chercheurs et enseignants jusqu’aux administratifs en passant par les techniciens et même les jardiniers !) à un pique-nique sur le pré de Supélec. « Il était important de leur signifier qu’ils étaient parties prenantes d’une aventure, aussi bien au plan pédagogique et de la recherche qu’en termes de projet de vie. » Et le même de rappeler également l’importance de l’ambition architecturale pour achever de susciter l’adhésion (est-il besoin de rappeler que la construction du nouveau bâtiment a été confiée à l’agence de Renzo Piano, Prix Pritzker 1998).

Crédit photos : Samuel Guigues (la photo illustrant cet article et en Une grand format) et 365.photographers (en format portrait).

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