Birdycent ou comment épargner sans douleur. Rencontre avec Fabien Keller

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Suite de nos échos à la 6e édition de Paris-Saclay à travers, cette fois, l’entretien avec Fabien Keller (au second plan, aux côtés de son associé), dont la start-up, Birdycent, réinvente notre tirelire en la mettant à l’heure du numérique.

- Si vous deviez pitcher le concept de votre start-up ?

Birdycent est la première application mobile et solution en France (indépendante d’une banque) permettant de faire des économies sans s’en rendre compte. Le principe est simple : à chaque paiement dans un magasin ou sur internet, l’utilisateur reçoit une notification sur son mobile qui lui proposera d’arrondir le montant à l’euro ou au dixième d’euro supérieur pour l’épargner. Un algorithme a été spécialement conçu pour calculer la différence entre le montant réglé et le montant arrondi, et la transférer sur un porte-monnaie électronique, hébergé au Crédit Mutuel Arkéa. Selon son profil et la fréquence d’utilisation de sa carte bleue, l’utilisateur lambda peut, sur une année, escompter épargner entre 120 et 200 euros (jusqu’à 500 si c’est un cadre dirigeant) et, ce sans s’en rendre compte. Le Parisien, qui nous a consacré un article ne s’y est pas trompé en titrant : « Ils ont numérisé le vide-poches à centimes ».

- Quelle est la marche à suivre ?

Il suffit pour cela de se connecter à son compte bancaire via notre application mobile. L’inscription à notre service se fait en moins d’une minute. A chaque opération d’achat, il suffira ensuite de valider la notification.

- Comment avez-vous perçu que cela pourrait correspondre à un besoin ?

Rien qu’en France, on estime à plus de dix millions, le nombre de personnes, qui rencontrent des difficultés à mettre de côté une dizaine d’euros par mois pour leurs loisirs. Birdycent leur permet de le faire de manière indolore. L’effet psychologique assuré n’est autre que celui procuré par le billet qu’on retrouve un jour au fond de sa poche. J’ajoute que notre application permet à l’utilisateur de répartir la somme ainsi épargnée en fonction de besoins précis : régler un séjour en AirBnB, faire un cadeau pour son enfant, etc.

- Peut-on envisager des développements permettant d’orienter l’épargne vers des dons ? Du crowfunding ?

Oui. Nous travaillons d’ailleurs déjà main dans la main avec microDON – l’icône française de l’arrondi solidaire, qui a su nouer des partenariats avec plusieurs enseignes comme Décathlon ou encore Nature et Découvertes. Nous étions a priori tout sauf concurrents mais complémentaires : tandis que microDON fait de l’arrondi solidaire, nous, nous faisons de l’arrondi d’épargne. A la différence de Birdycent, microDON n’était pas disponible en application mobile. Et puis, nous, nous avions aussi à cœur de nous inscrire dans une démarche solidaire.
Quant à savoir maintenant si nous pourrions nous développer dans le crowdfunding, c’est une piste à laquelle nous réfléchissons.

- Une illustration du fait que vous êtes bien dans une dynamique d’innovation…

Complément. Demain, rien ne nous empêcherait d’intervenir dans l’investissement en bourse, l’épargne salariale, etc. Nous co-construisons notre modèle avec les acteurs des différents marchés que nous investissons.

- Quel accueil reçoit votre application actuelle ?

Un accueil plus que positif. Manifestement, notre application plaît. Nous sommes en pleine croissance. Nous n’avions encore que 300 utilisateurs en avril. Nous en sommes désormais à 2 500 aujourd’hui [juin 2016] sans nous être attendus à une telle progression. Nous récoltons déjà les fruits de notre intégration dans l’accélérateur de Polytechnique, situé à quelques centaines de mètres de l’ENSTA Paris-Saclay [où se déroule Paris-Saclay Invest].

- En quoi Paris-Saclay Invest est intéressant pour vous ?

L’essentiel de nos coûts sont liés aux transferts bancaires, qui sont loin d’être marginaux. Tout aussi facilitateurs que nous soyons de la micro-épargne, notre développement passe par des levées de fonds ! Paris-Saclay Invest est une opportunité de gagner en visibilité auprès des investisseurs, mais aussi des utilisateurs et des acteurs du digital. Plusieurs sont présents ici, avec lesquels nous avons pu échanger lors des entretiens programmés.

- Un mot sur Paris-Saclay : cet écosystème fait-il sens pour vous ?

Oui, bien sûr. Le plateau de Saclay a d’ores et déjà acquis une réputation dans le domaine de l’innovation, en France comme dans le reste du monde. Maintenant que nous avons intégré l’accélérateur de l’X, nous considérons en être aussi des acteurs !

- Votre solution aurait-il pu voir le jour ailleurs ?

Oui, autant le reconnaître. Nous avons d’ailleurs été à la finale de la sélection du Numa, le premier accélérateur français, à Paris. Mais dans notre esprit, les écosystèmes ne s’opposent pas. Etre à Paris ou sur le Plateau, cela ne change pas grand-chose. On y retrouve les mêmes acteurs : les banques, les investisseurs sans oublier les ingénieurs, les chercheurs ou encore les conférenciers, qui circulent également entre Paris et le Plateau.

- D’où venez-vous d’ailleurs ? Etes-vous un « produit » de Paris-Saclay ?

Non. Mes parents étant des expatriés, j’ai vécu dix ans à l’étranger, à Bangkok précisément, où j’ai poursuivi ma scolarité dans une école anglaise. Je suis rentré en France il y a seulement deux ans. Je me suis inscrit à la Faculté d’Assas pour une formation en économie finance avant de rejoindre la Sorbonne et sa filière en entrepreneuriale. J’ai fini mes études il y a à peine quelques semaines. Je suis une illustration vivante du fait que l’écosystème Paris-Saclay est ouvert, y compris pour des startuppers, quand bien même n’y ont-ils pas fait leurs études.

A lire aussi les témoignages des lauréats du prix du jury – Pierrick Boissel et Joseph Léopold (Gamping) – et du public – Brigitte Onteniente (Phenocell) ; de Bruno Duval et d’Eve Chegaray (l’animatrice). Pour y accéder, cliquer ici. Pour en savoir plus sur Birdycent, cliquer ici.

 

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