Bien-être au travail : l’apport du design. Rencontre avec Nicolas Dortindeguey

DortindegueyPaysage
Designer au Technocentre de Renault, Nicolas Dortindeguey est l’un des instigateurs du séminaire du 7 juillet prochain sur « Paris-Saclay, laboratoire du bien être au travail ». Il a bien voulu nous en dire plus sur ses propres motivations.

- Vous êtes designer au Technocentre de Renault. Pouvez-vous commencer par rappeler comment vous en êtes venu à ce métier ?

Je suis designer de formation. J’ai fait des études en design industriel puis j’ai débuté ma carrière chez Renault, il y a dix-neuf ans. J’y suis encore, après des périodes d’expatriation au sein d’entreprises de l’Alliance (Nissan, Samsung), dans différents pays, principalement en Asie : au Japon et en Corée du Sud, par exemple, où j’ai eu la chance de vivre avec ma femme et mes enfants. Cela m’aura permis de découvrir d’autres façons de travailler, dans divers contextes culturels.

- Depuis quand êtes-vous attaché au territoire de Paris-Saclay et, d’ailleurs, y vivez-vous ?

Oui et ce, depuis presque le début de ma carrière professionnelle. Après trois premiers mois à Rueil-Malmaison, j’ai été un des premiers à rejoindre le Technocentre. C’était donc en 1996. Ces dernières années, j’ai vécu à Villiers-le-Bâcle. Je vis désormais à Villebon-sur-Yvette. Tant et si bien que le Plateau de Saclay a beau courir de Saint-Quentin-en-Yvelines jusqu’à Massy, c’est pour moi un territoire qui a, non seulement, une réalité, mais encore du sens.

- C’est d’ailleurs dans le cadre de ce territoire que vous participez à la réflexion autour du bien-être au travail. Comment y êtes-vous venu ?

C’est un sujet qui m’intéresse depuis un certain nombre d’années. Au début, c’était à titre personnel. Depuis un an et demi, c’est à un titre un peu plus professionnel sinon officiel. Il se trouve qu’un projet de rénovation d’une partie du pôle Design industriel du Technocentre, baptisé R*Génération, a été lancé. Les travaux vont débuter d’ici quelques semaines. Dès que j’en ai pris connaissance, j’ai proposé à ses responsables de réfléchir au volet « bien-être ». Pendant plusieurs mois, j’ai travaillé en solo pour récolter des données, y compris scientifiques, histoire de montrer que l’approche du travail par le bien-être pouvait être quelque chose de rigoureux. J’ai aussi cherché à voir ce qui se faisait ailleurs, en France, mais aussi à l’étranger. Ce travail a permis de nourrir la direction du Design industriel dont je relève et, progressivement, de faire des propositions dans le cadre du projet R*Génération. Nous avons obtenu notamment la création d’espaces particuliers, sans équivalent à ce jour au sein de Renault. En l’occurrence : des zones de relaxation, qui devraient aider à maximiser le bien-être des salariés.

- Voilà pour les circonstances internes, mais ce séminaire est aussi le fruit d’une rencontre fortuite avec trois autres personnes du territoire, intéressées par les mêmes problématiques…

Oui, en effet, et c’est aussi en cela que c’est intéressant. Tout est parti de ce séminaire sur l’innovation, organisé l’été dernier par Thierry Roussel et l’association Aristote dont il est secrétaire général. Nous nous connaissions déjà depuis quelques années. Il m’avait demandé d’y faire une conférence sur l’apport du design. C’est à cette occasion que j’ai fait connaissance avec Fatima Bakhti. Nous avons aussitôt sympathisé. Il est vrai que nous étions confrontés aux mêmes problématiques, moi à travers R*Génération, elle, à travers le projet transformation de la Cité de l’Innovation d’Alcatel-Lucent. Nous avons été ensuite rejoints par Florence Dossogne, également d’Alcatel-Lucent, qui a su insuffler beaucoup d’énergie.

Très vite, l’idée s’est imposée de porter le projet dans le cadre de l’association Aristote, convaincus que nous étions qu’il y avait quelque chose d’important qui se jouait sur le Plateau de Saclay, à travers la dynamique du cluster. On peut d’ailleurs le voir désormais avec tous ces bâtiments, qui commencent à sortir de terre. Nul doute que le territoire est appelé à devenir un lieu exceptionnel et que c’est le moment ou jamais de semer des graines sur ce sujet du bien-être au travail. Des personnes pleines de talents vont venir du monde entier pour y innover. Or nul n’ignore que l’innovation, cela passe aussi par une qualité du cadre de vie professionnelle et personnelle.

- Vous avez donc tous les quatre poursuivi vos échanges au sein d’un WAW Lab. De quoi s’agit-il exactement ?

C’est le nom que nous avons donné au groupe informel que nous avons constitué avec l’idée de constituer un réseau. WAW, c’est pour Well-being at Work. Pourquoi avoir choisi cette désignation anglaise, me demanderez-vous ? Eh bien, tout simplement parce que le cluster de Paris-Saclay a vocation à être orienté vers l’international. Autant, donc, utiliser un mot qui parle au plus grand nombre. Nous y avons ajouté la mention Lab, sans autre prétention que celle de souligner que nous étions dans une démarche d’expérimentation, de test. Pour l’heure, il ne s’agit que d’un dispositif informel. Mais nous avons bien l’intention de lui donner plus de consistance, à l’issue du séminaire, à travers notamment la tenue régulière d’ateliers et la constitution d’un réseau que nous souhaitons élargir à tous ceux qui voudront bien partager leurs expériences autour du bien-être au travail : entreprises, petites ou grandes, start-up, institutions, etc. Nous avons déjà pu échanger avec beaucoup d’acteurs du territoire, mais le séminaire impulsera, comme nous l’espérons, une dynamique, avec d’autres de ces acteurs, dont nous ferons connaissance à cette occasion.

- Un mot sur le visuel du séminaire, que vous avez conçu…

Tous les petits « plus » aux différentes couleurs suggèrent toutes ces personnes à la fois motivées et singulières qui ne demanderont qu’à partager leurs expériences et faire ainsi réseau. Nous sommes convaincus que ce qui fait la richesse de ce Plateau de Saclay, ce n’est rien d’autre que toutes ces expériences qu’on sera prêt à partager, sans souci de confidentialité.

- Comptez-vous en tirer des retombées pratiques pour le Technocentre ?

Oui. Nous sommes déjà en discussion avec la Chaire Mindfulness, partenaire du séminaire, pour tester les protocoles qu’elle a mis au point en matière de méditation pleine conscience, au sein d’autres entreprises comme la Sodexo, par exemple. Notre expérimentation devrait démarrer à la rentrée prochaine, en association avec la Médecine du Travail. Si cela fonctionne, nous pourrons ainsi essaimer au sein du Groupe Renault et, pourquoi pas, dans d’autres entreprises du territoire, moyennant une adaptation au contexte de chacune d’elle.

- Que dites-vous à vos interlocuteurs pour les convaincre de l’intérêt de ce territoire de Paris-Saclay ?

D’abord, que la rencontre avec Thierry, Fatima et Florence, pour être fortuite, n’en est pas moins emblématique de ce qu’on peut vivre sur ce territoire. Il m’aura suffi de me rendre une fois au séminaire Aristote pour aussitôt nouer des contacts précieux, qui me permettent d’avancer dans une thématique qui m’est chère. Ici, on sent bien qu’il y a plein de gens motivés, qui veulent faire bouger les choses, en innovant.

- Malgré les problématiques de transport ?

Autant être franc : j’en ignorais la réalité jusqu’à ce qu’on m’en parle. Il est vrai que j’ai la chance d’habiter à Villebon-sur-Yvette et de pouvoir emprunter les chemins de traverse pour me rendre à mon lieu de travail.

A lire aussi :

- l’entretien avec Fatima Bakhti (cliquer ici).

-  » Et si le travail de demain s’inventait à Paris ?  » (cliquer ici).

2 commentaires à cet article
  1. Ping : Retour sur le bien-être au travail. Entretien avec Thierry Roussel | Paris-Saclay

  2. sara

    Pensez à prendre soin de votre santé et votre style de vie.
    Découvrez comment obtenir une meilleure qualité de vie tout en devenant plus efficace et productif..
    je voudrais partager un guide avec vous ..
    source : http://travail-en-solo.promety.net/presentation.html

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