« Au-delà des limites… » Entretien avec Assya Van Gysel

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« Au-delà des limites… » Tel est donc le thème de cette deuxième édition de TEDx Saclay, qui se déroulera le 30 novembre prochain, à l’EDF Lab Paris-Saclay. Assya Van Gysel nous en dit plus.

- Comment a été décidé le thème de cette 2e édition de TEDx Saclay ?

C’est encore le fruit d’une intuition. Je me souviens, quelques semaines après la première édition consacrée aux lumières, d’avoir vu passer beaucoup de choses – des publications, des émissions, des conférences… – en lien avec cette question des limites : tandis que certains en explorent de nouvelles, d’autres croisent des disciplines – ce qui est une autre manière de repousser les limites ; d’autres encore cherchent à puiser dans leurs ressources intérieures pour aller plus loin, seuls ou avec les autres. Sans doute, cela a-t-il toujours été le cas. Mais ce semble devoir être plus accentué durant les périodes de transition, comme celle que nous vivons actuellement. Il y a manifestement un besoin de dépasser des limites sinon des frontières : disciplinaires, mais aussi entre individus ou entre institutions ; celles qu’on se voit imposer comme celles qu’on s’impose à soi-même, par peur ou faute de croire en son potentiel. Tant et si bien que j’ai fini par considérer que ce serait effectivement un thème intéressant à traiter dans le cadre de TEDx Saclay.

- En jouant donc sur les acceptions multiples du mot même de limite ?

Oui, en effet, il ne s’agit pas tant de définir le sens du mot que de donner à voir ses déclinaisons multiples à travers des interventions de personnes issues d’horizons professionnels et disciplinaires très différents. Les intervenants peuvent être aussi bien des chercheurs que des entrepreneurs ou encore des artistes. Leur point commun, car il y en a un, est d’avoir une vision originale, innovante sur une problématique en lien avec la thématique, de façon à inspirer aux spectateurs l’envie de passer eux aussi à l’action, d’aller au-delà de leurs limites. Pour les intervenants eux-mêmes, TEDx Saclay est l’occasion de partager leur expérience, en rejoignant une communauté dont l’existence peut les conforter dans leur démarche.

- « Au-delà des limites » seraient d’ailleurs une belle façon de définir TEDx Saclay et la sensation que vous avez dû vous-même éprouver à travers la première édition…

C’est très exactement cela : avec mon équipe, nous étions à mille lieues de penser que nous pourrions aller aussi loin ! Personnellement, l’organisation de TEDx Saclay m’a obligée à sortir de ma zone de confort pour aller vers des personnes évoluant dans de tout autres univers que le mien. Naturellement, ceci n’est possible que grâce à l’existence d’une vraie équipe…

- Un mot, justement, sur cette équipe…

Plus qu’un mot ! Outre trois personnes compétentes en matière de communication (Saranne, Séverine et Sandrine), elle s’est enrichie du concours de nombreux étudiants de différents établissements de Paris-Saclay (HEC, AgroParistech, Estaca, CentraleSupélec, le CEA) ce qui est un réel motif de satisfaction. Je tiens aussi à remercier les quelques 25 i-connecteurs qui nous accompagnent dans ce projet. Je ne peux les citer tous ici et renvoie donc à notre site [pour y accéder, cliquer ici].

Ensemble, nous tâtonnons, faisons un pas après l’autre, sans idées préconçues, en étant aussi ouverts que possible aux rencontres fortuites. C’est d’ailleurs chemin faisant, en discutant avec des étudiants qu’a germé l’idée du challenge étudiant puis doctorant, organisé en septembre 2016 [pour en savoir plus, cliquer ici].

- Venons-en au contexte de Paris-Saclay : dans quelle mesure a-t-il inspiré le choix du thème ?

Bien que je sois installée depuis 1996 à Orsay, j’en suis encore à découvrir la richesse de ce territoire au plan des compétences et des talents, dont beaucoup sont encore méconnues. Les faire connaître au-delà de leurs cercles restreints, c’est aussi en ce sens qu’il faut entendre le « Au-delà des limites… ».

Et puis, force est constater ici un mouvement visant à dépasser des limites, quelles qu’elles soient, aussi bien chez des individus qu’au plan d’institutions, pour faire vivre l’écosystème de Paris-Saclay. On sent que des choses veulent émerger, naître, que des hommes et des femmes d’horizons très différents, s’emploient à décloisonner, à dépasser les frontières institutionnelles, disciplinaires, géographiques. Je suis proprement admirative de toutes ces initiatives et projets menés ici et là. Mais je sens aussi que des personnes peuvent se décourager en constatant que la transition ne viendrait pas assez vite. Si, donc, TEDx Saclay peut les encourager à continuer, à jeter des ponts entre elles et avec l’extérieur, et en amener d’autres à en faire autant, tant mieux.

- Quels sont les principaux changements par rapport à l’édition précédente ?

L’an passé, nous avions choisi nous-mêmes les intervenants. Cette fois, et dans l’idée justement d’inter-agir davantage avec le territoire, nous avons pris le temps d’organiser des appels à idées. Nous en avons lancé un premier en avril. Vu le nombre de doctorants et d’étudiants que compte le campus Paris-Saclay, nous en avons lancé un deuxième en leur direction. La sélection finale aura lieu en ce mois d’octobre. Proportionnellement, il y aura plus de représentants de Paris-Saclay (Sarah Fdili Aloui, Idriss Aberkane, Etienne Klein, Raphaël Haumont…). Sur le conseil de notre coach, la durée de chaque intervention passera de 15 à 12 mn. Autre changement notable : avant la conférence, qui débutera à 17 h, le public pourra visiter, tout comme les visiteurs du site EDF Lab Paris-Saclay, qui accueille l’édition 2016 de TEDx Saclay, un « Village Expériences Innovation » : outre les innovations d’EDF, des stands permettront de faire connaissance avec des entrepreneurs de Paris-Saclay et nos I-Connecteurs.

- A vous entendre, la conférence TEDx qui repose sur un cahier des charges strictes, n’empêche donc pas des évolutions ni adaptations, de sorte que TEDx Saclay peut se singulariser…

Non, en effet. Autant la conférence en elle-même repose sur une charte effectivement très stricte, autant l’événement et ses modalités de communication et de valorisation sont du ressort de l’équipe locale. Quoi de plus naturel ? La conférence TED a été conçue dans le contexte américain. Sa déclinaison à travers les TEDx visait à l’adapter aux autres contextes locaux et culturels, y compris au sein d’un même pays. TEDx Saclay revêt ses spécificités par rapport à TEDx Paris, pour ne prendre que cet exemple.

- Comment vous sentez-vous à J- 30 de la 2e édition ?

Je prends beaucoup de plaisir à vivre le processus d’élaboration du projet. Au fil des réunions et des échanges, je suis bien sûr toujours un peu plus impatiente de voir ce que cela va donner. Pour autant, je ne suis pas obnubilée par le résultat final. Chaque étape, chaque question à régler sont dignes d’intérêt. Je dirai donc que l’élaboration compte autant que l’événement proprement dit, y compris au regard des effets produits dans le temps. Et manifestement, je ne suis pas la seule à le vivre ainsi. Même si la préparation est chronophage, elle procure de l’énergie à toute l’équipe. Ce qui ne fait qu’entretenir l’émulation et rendre proprement magique la préparation d’un tel événement. Les professionnels qui nous accompagnent s’y investissent eux-mêmes bien au-delà de ce qu’il est convenu. Et puis, TEDx Saclay se révèle être un formidable générateur de synchronicités sinon de connexions.

- Justement, avez-vous un exemple de synchronicité…

(Rire). Nous recherchions une marraine, après avoir proposé à Cédric Villani d’en être le parrain, ce qu’il a accepté. C’est ainsi que nous avons fait connaissance avec Nathalie Carrasco, Maître de Conférences en Sciences de l’univers, à l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle a reçu, le 14 septembre dernier, le prix Irène Joliot-Curie, dans la catégorie « Jeune femme scientifique », pour son engagement en faveur de l’égalité homme-femme. Son approche est différente du féminisme classique au sens où elle n’invoque pas seulement la responsabilité des hommes dans la situation inégalitaire que rencontrent les femmes au plan professionnel, mais le manque d’audace de celles-ci, qui n’osent prétendre aux postes à responsabilité. Elle même parvient à concilier vie professionnelle et vie familiale. Une manière de dépasser les limites, dans laquelle je me retrouve. C’est en ce sens que je place notre rencontre sous le signe d’une belle synchronicité !

A lire aussi les entretiens avec Pierre Barral, lauréat de l’appel à idées, dans la catégorie étudiants (cliquer ici) et Olivier Beaude, lauréat dans la catégorie doctorants (cliquer ici).

Un grand merci à Hugo Noulin pour les photos qui illustrent cet article.

2 commentaires à cet article
  1. Ping : Votons pour… le tirage au sort. Rencontre avec Pierre Barral | Paris-Saclay

  2. Ping : Les réseaux électriques au prisme de… la théorie des jeux. Rencontre avec Olivier Beaude | Paris-Saclay

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