Au-delà de l’économie circulaire : l’économie sphérique. Rencontre avec Laurent Fullana

Brainathon2021Paysage
Suite de nos échos au Brainathon organisé le 13 avril dernier, à travers le témoignage de ce participant qui n’est autre que le président de Horiba France. Il a été sélectionné pour présenter une idée novatrice dans la catégorie « énergie / décarbonation », lors de l’édition 2021 du TEDx Saclay.

- Si vous deviez, pour commencer, vous présenter ?

Diplômé de l’ESPCI Paris et de CentraleSupélec, j’ai fait un MBA à la Columbia Business School (Columbia University). Professionnellement, j’ai occupé des postes de direction en Europe, aux États-Unis et en Afrique, dans différentes catégories d’entreprises : de grands groupes (comme Procter & Gamble ou Rhone poulenc), des ETI (Lynred ou Horiba France que j’ai rejoint en juillet 2019 comme Directeur Général, puis comme Président, à partir de janvier 2020) et même une start-up (AirInSpace).
Autant d’entreprises qui m’ont amené à évoluer dans des domaines variés avec néanmoins, comme fil rouge, du business development dans des environnements high-tech internationaux. Au final, mon parcours reflète bien mon état d’esprit, celui d’un entrepreneur curieux, et mon goût pour l’innovation et la diversité.

- Horiba France est partenaire de TEDx Saclay. Qu’est-ce qui vous a motivé à soutenir cet événement ?

Je l’ai découvert par le truchement de Marie-Dominique Quignon en charge du pôle Coordination & Facilitation au sein de TEDx Saclay. J’ai aussitôt perçu l’intérêt pour Horiba d’en être sponsor, mais aussi de m’impliquer personnellement aux côtés de l’équipe organisatrice. Et ce d’autant plus que le thème de cette année, « Terre, notre vaisseau », rejoint plusieurs des grandes tendances sociétales an cohérence avec nos activités chez Horiba : l’énergie du futur, les nouvelles mobilités, la santé, l’environnement, etc.

- Vous avez poussé votre engagement jusqu’à participer au Brainathon…

En effet. Quitte à être partenaire, autant y participer. J’ignorais à quel point ce pouvait être propice à de la créativité ! Avec mon équipe, nous avons réfléchi à l’instauration d’une consigne universelle qui permettrait, selon les cas, de récupérer les matériaux entrant dans la composition d’un objet, ou de remettre celui-ci en circulation pour d’autres usages, le but étant d’éviter le gaspillage des ressources, mais aussi de sortir d’un modèle propriétaire au profit d’un modèle utilisateur. Notre consigne universelle entrerait ainsi dans le cadre d’une économie fondée sur le partage, que nous proposons de qualifier de « sphérique », par contraste avec l’économie classique de la société de production et de consommation de masse : une économie « linéaire » consistant à produire, à consommer puis à jeter.

- « Économie sphérique » dites-vous. Est-ce à dire que vous voulez aller plus loin que l’économie circulaire dont on parle depuis une dizaine d’années ?

Oui. A la différence de celle-ci, les biens utilisés ne seraient pas voués à n’être que recyclés, mais remis en circulation, quitte à être transformés pour d’autres usages. L’ambition est aussi de faire travailler ensemble producteurs et utilisateurs, dans le cadre d’un écosystème du partage. Le recyclage ne serait envisagé qu’en dernier ressort.

- Rappelons que cette idée de consigne universelle a germé dans le cadre d’un brainathon organisé en mode virtuel. Comment avez-vous vécu ces conditions ?

Crise sanitaire oblige, nous ne pouvions pas procéder autrement. Et puis, c’est un mode d’échange auquel nous sommes de plus en plus habitués. Surtout, nous avons bénéficié d’une organisation impeccable. Je doute que de l’intelligence collective puisse se produire sans un minimum d’organisation. Il faut donc rendre hommage au travail réalisé par l’équipe de TEDx Saclay. Elle a su mettre en place un vrai processus, avec des temps de plénières et d’échanges par groupe, et ménager des temps de pause. Les animateurs ont su tenir le timing, tout en laissant aux participants le temps de s’exprimer. Les échanges se sont fait dans le respect et l’écoute mutuels. Ce qu’on jugeait, c’était les idées, pas les personnes qui les exprimaient.
Encore bravo, donc, à l’équipe de TEDx Saclay. Pour organiser moi-même des événements en interne, je sais combien c’est difficile. Plus cela paraît simple, fluide, plus c’est la preuve qu’une équipe assure en coulisse le bon déroulement des choses.
Mais encore faut-il qu’un groupe émerge. C’est ce qui s’est produit. Le nôtre a particulièrement bien fonctionné. Il a fait preuve de beaucoup de créativité. Il était composé de personnes très diverses, et c’est sans doute une autre clé de réussite. Elles n’étaient pas là par hasard, elles s’étaient manifestement penchées sur la question et avaient l’envie de produire quelque chose d’utile. Dans le temps imparti, je trouve que nous avons réussi à présenter un exposé dont nous pouvons être satisfaits, sachant que nous avons tout loisir d’affiner l’idée en poursuivant sur notre lancée. D’ailleurs, nous continuons à nous voir, à raison d’une fois par semaine.

- En virtuel ?

Oui, en virtuel ! Naturellement, nous sommes motivés par le talk programmé dans le cadre du TEDx Saclay.

- Vous mettez en avant le groupe, l’intelligence collective, et c’est tout à votre honneur. Mais le 24 juin prochain, c’est vous qui serez seul en scène pour défendre l’idée portée par votre équipe. Comment appréhendez-vous le fait de vous retrouver sous le feu des projecteurs ?

Je suis très fier de présenter l’idée portée par toute une équipe. C’est aussi beaucoup de responsabilité. Il me faudra être à la hauteur de l’excellence du groupe, en être un bon porte-parole. Mais je vis cela comme une opportunité d’apprendre encore. Car, c’est une expérience nouvelle pour moi. Je n’ai jamais fait de talk TEDx avant !

- Appréhendez-vous d’intervenir devant un public en chair et en os, ou entretenez-vous l’espoir que la prochaine édition TEDx Saclay ne puisse se faire qu’en distanciel ?

(Sourire). Je préfèrerai un événement qui combine les deux : une intervention devant un public et en distanciel. Il m’arrive de faire de petits concerts de jazz en tant que pianiste amateur. Jouer devant un public, c’est quand même mieux que le faire devant un micro ! Et il en va de même quand vous devez vous adresser à un public pour une présentation. J’en ai eu une nouvelle confirmation, à l’occasion d’une interview pour TEDx Saclay sur l’innovation. Je devais répondre en quelques minutes à des questions qui s’affichaient sur un écran. J’ai trouvé ça sympathique, mais nul doute que ç’aurait été encore plus agréable avec une personne face à moi : j’aurais pu moduler mes réponses en fonction de ses réactions. Donc, pour le 24 juin, j’espère bien intervenir devant un public. Même si mon talk ne sera pas suivi d’un temps d’échange avec lui, cela sera quand même plus chaleureux que de le faire dans une salle vide. Mais, encore une fois, en disant cela, je ne veux pas opposer présentiel et distanciel. Les deux sont complémentaires. Le second permet de toucher un public plus large.

A lire aussi l’entretien avec Patricia Pâme (pour y accéder, cliquer ici).

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