Archi’ connecteur. Rencontre avec Antoine Gros

AntoineGrosPaysage
Etudiant en architecture, Antoine Gros a rejoint le PROTO204, le temps d’un stage. Il témoigne ici de son expérience de ce lieu, qui a vocation à connecter les communautés de l’innovation et, au-delà, sur le territoire de Paris-Saclay et son projet d’aménagement.

- Connaissiez-vous Paris-Saclay avant d’intégrer le PROTO204 ?

Oui. Et je pense même pouvoir dire que je suis un enfant de ce territoire que je fréquente depuis ma naissance. Habitant à Magny-les-Hameaux, j’ai été collégien et lycéen à Saint-Quentin puis étudiant à Orsay, sur le campus de Paris-Sud : j’ai passé deux années à Polytech’Sud, le temps de valider les années préparatoires au cursus d’ingénieur.

- Vous poursuivez actuellement des études d’architecte. Comme en êtes-vous venu à ce changement d’orientation ?

Ces deux années préparatoires m’ont permis de prendre la mesure de la rigueur de ce métier de « résolveur » de problème. Mais je ne me retrouvais pas totalement dans ces études d’ingénieur, auxquelles il manquait à mon goût toute une dimension culturelle et créative. Pour autant, je n’ai pas l’impression d’avoir quitté le monde des ingénieurs. En architecture, je retrouve le plaisir à solutionner des problèmes techniques à travers la conception d’un bâtiment fonctionnel et structurellement viable. Mais, s’y ajoute tout ce plaisir à construire quelque chose d’ancré dans son temps tout en s’inscrivant dans un patrimoine hérité du passé.
J’ai donc intégré l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val-de-Seine où, l’année dernière, j’ai obtenu une Licence d’Architecture. Mais avant d’effectuer un master puis très probablement un Doctorat, j’ai choisi de faire une année de césure. J’ai d’ores et déjà fait un premier stage de six mois au sein de l’agence Muoto Architectes, celle-là même à laquelle on doit Le Lieu de Vie dans le quartier de Moulon.

- Comment en êtes-vous venu à faire cet autre stage au PROTO204 ?

Pour le second semestre de l’année universitaire, je souhaitais exercer d’autres missions, sans m’éloigner pour autant de l’univers architectural : travailler pour une revue, faire de la visualisation en réalité virtuelle ou bien un stage dans un tiers-lieu de façon à voir comment des communautés se connectent concrètement.
La proposition de stage est arrivée sur mon mur Facebook, que d’ordinaire je ne consulte que trois fois l’an ! J’aurais d’autant plus regretté d’être passé à côté de cette opportunité que je connaissais déjà le  PROTO204 pour y avoir animé, voici deux ans, un tournoi d’improvisation théâtrale, organisé par la Troupe d’Improvisation de Paris-Sud : le « Tournoi des 7 n’Impro’ ». J’avais beaucoup apprécié ce lieu. Je me rappelle alors des murs encore envahis de mindmaps et de diagrammes en tout genre, témoignages du bouillonnement d’idées qu’il pouvait susciter ou accueillir. Depuis, j’en suivais l’actualité par l’intermédiaire des réseaux sociaux et des amis qui y passaient, mais sans pouvoir vraiment en profiter étant alors étudiant à Paris.

- Qu’y faites-vous dans le cadre de votre stage ?

Ma mission principale est celle d’un chargé de communication. Avec Ronan, je réalise les affiches et bannières pour les évènements et ateliers qui y sont organisés. Je communique également auprès des différents médias (dont le Média Paris-Saclay !). Parallèlement, je remplis la mission d’un chargé de communauté : je veille à faire le lien entre les différents publics qui fréquentent le PROTO204 et tous les « petits » auxquels ils ont depuis donné naissance : le SmallLab, le Hackerspace, enfin, le GreenLab, un lieu d’expérimentation végétale, situé juste derrière le PROTO204.
Ce travail de connexion m’amène à m’investir dans ces différents projets. Par exemple, j’accompagne le SmallLab dans la documentation de projets à travers le déploiement d’un wiki dédié aux utilisateurs afin qu’ils puissent raconter le leur et le partager. Cela me plaît beaucoup, car réfléchir à la manière de présenter un projet c’est aussi réfléchir sur le processus même du projet. Et cela vaut aussi bien pour un projet d’architecture.
Avec le GreenLab, je participe à la conception et à la construction des différents espaces à végétaliser. La démarche peut paraître bien modeste. En réalité, elle se veut une contribution à l’écosystème du territoire Paris-Saclay, considéré dans toutes ses dimensions, y compris agricole et maraîchère.

- A vous entendre, vous devez rencontrer des personnes très diverses…

Oui ! Le PROTO204 se veut un lieu connecteur et il l’est ! Travailler ici, c’est donc l’opportunité, chaque jour renouvelée, de rencontrer de nouvelles personnes. Son implantation au cœur du campus d’Orsay permet d’y croiser aussi bien des étudiants que des chercheurs, des entrepreneurs, des artistes, etc. Chacun vient pour partager ses centres d’intérêt et ses idées, que ce soit dans le domaine des sciences, de l’innovation ou des arts. Il peut le faire sous forme d’un pitch, d’un prototype ou d’un workshop, sans compter les échanges informels.
C’est dire si c’est enrichissant mais aussi stimulant. Je peux faire profiter de mes propres compétences tout en apprenant et en découvrant d’autres univers. Je me suis même surpris à apprécier une intervention sur le droit à l’occasion de la pop-up librairie « Ciné-Droit ». Jusqu’ici, c’était un domaine qui avait le don, de par son austérité, de m’assommer.

- Suivez-vous l’actualité du projet de Paris-Saclay ?

Oui, bien sûr. En tant qu’ancien étudiant, j’ai été heureux de retrouver le campus d’Orsay et son paysage verdoyant. Après trois années d’études à Paris, j’ai l’impression d’un grand bol d’air frais. Je me réjouis aussi de voir à quel point les associations étudiantes se développent. Manifestement, la construction de la Maison des Associations de Paris-Sud y est pour quelque chose. Cela dit, je regrette la fermeture du Bar de l’Yvette ! C’était le seul véritable bar étudiant d’Orsay, Bures et Gif réunis. Je n’hésiterai pas à parler de tragédie !

- Au final, quel est l’intérêt du PROTO204 pour l’architecte en formation que vous êtes ?

En travaillant au PROTO204, je suis en lien avec l’EPA de Paris-Saclay, à l’origine de sa création. Ce qui me vaut la chance de pouvoir découvrir de l’intérieur le fonctionnement d’une maîtrise d’ouvrage, et même d’un aménageur. Pour un étudiant en architecture, c’est forcément une expérience enrichissante. J’ai maintenant un peu plus de recul sur la manière dont s’aménage un territoire aujourd’hui.

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