Aller à la rencontre de soi en explorant le monde… Rencontre avec Mélissa Belmekki

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Les moyens de transports aériens ont beau s’être banalisés, les moyens de connexion ont beau avoir rompu le charme des voyages d’exploration, n’empêche, faire un tour du monde reste une expérience exceptionnelle sinon singulière. On le mesure en écoutant cette jeune femme expliquer la genèse de celui qu’elle a entrepris avec une amie et en faire le récit. Au milieu de la présentation des projets dont elle a assuré le suivi sur la ZAC de Moulon, dans le cadre du projet d’aménagement du cluster de Paris-Saclay…

Elle a rejoint l’équipe de l’EPA Paris-Saclay en novembre 2018 au titre de prestataire pour assurer, le temps d’un remplacement, le suivi de pas moins de quatre « dossiers » de la ZAC de Moulon : la gendarmerie (construite à l’ouest, en limite de la zone d’activité des Algorithmes) ; le groupe scolaire du quartier Joliot-Curie ; la lisière nord (entre le quartier urbain et les terres agricoles situées au nord) ; enfin, le carrefour du Christ de Saclay (situé en dehors de la ZAC, mais dans le périmètre de l’OIN – y sera implantée la future gare CEA de la ligne 18 du Grand Paris Express).
Autant de projets qui sont à des degrés différents d’avancement. Dans le cas du projet de la gendarmerie, par exemple, un concours de maîtrise d’œuvre a été lancé en début d’année, les quatre candidats admis à concourir ont été retenus à la mi-mai. Le groupe scolaire en phase chantier sera, lui, livré à la rentrée de septembre. De même que la lisière : les dernières plantations avaient lieu au printemps. « Quant au Christ de Saclay, on en est encore en phase étude amont. Au moment où je vous parle [été 2019], le périmètre d’étude est encore en Zone d’aménagement différé [ZAD, à ne pas confondre avec un acronyme homonyme…]. Il devrait être transformé en  ZAC [de qui a bien été le cas, depuis la réalisation de l'entretien]. »

Une multiplicité d’interlocuteurs

Quatre dossiers très différents, donc, au regard de leur contenu et de leur stade d’avancement, mais aussi de leurs enjeux ou de leur degré de complexité. On pose alors la question : comment parvient-elle, elle, à passer de l’un à l’autre ? Quelles compétences particulières l’exercice, si s’en est un, requiert-il ? En réponse, Mélissa ne relativise ni la difficulté ni l’intérêt du travail. Car, d’un dossier à l’autre, les interlocuteurs ne sont pas les mêmes : « On interagit avec des personnes ayant des compétences différentes. Par exemple, pour ce qui concerne la lisière, j’échange principalement avec une chargée d’études Biodiversité au sein de l’EPA Paris-Saclay et des chercheurs du CNRS et de l’INRA. Pour les besoins du dossier du Christ de Saclay, nos interlocuteurs sont la ville de Saclay, la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, le CEA et l’équipe de maîtrise d’œuvre constituée des Agences MDP et XDGA. Nous assurons que les attentes et besoins définis par les premiers soient bien enregistrés par cette dernière ». Pour les besoins du groupe scolaire, Mélissa dit intervenir plus ponctuellement, en lien avec la direction Immobilière de l’EPA Paris-Saclay, le Pôle Travaux et l’OPCI, qui gèrent les suivis de travaux. Pour ceux de la gendarmerie, elle est en interaction avec le notaire, dont elle relit les documents de contractualisation avec France Habitation, le maître d’ouvrage de ce futur équipement public.

Un rôle d’interface

On devine un rôle d’interface. Elle acquiesce : « Du jour où j’ai commencé, j’ai compris que l’aménageur est en interaction très régulière avec différents acteurs, son rôle étant de faire le relais entre eux et lui, de s’assurer que les échéances seront respectées, que la planification se déroule bien. »
On imagine les enjeux et le poids des responsabilités qui doit peser sur ses frêles épaules. Elle : « Je me sens davantage partenaire que “ responsable ”. D’autant que j’ai le sentiment que chaque maillon de la chaîne est important pour permettre l’avancement du projet. Nous avons tous notre rôle à assumer pour que les choses avancent bien. En qualité d’aménageur, nous rassemblons et coordonnons les interventions de chacun et devons assurer la qualité des résultats ».
Naturellement, à chaque projet son lot plus ou moins dense de… réunions. Dans le cas de l’étude du Christ de Saclay, précise-t-elle, le dossier procède en deux phases : une première consistant à dresser un état des lieux du périmètre d’étude ; une deuxième, à définir les orientations stratégiques et les scénarios. Pour chacune : des réunions intermédiaires de présentation des livrables et de discussion. Au printemps, Mélissa participait à la préparation du concours d’architecture pour la gendarmerie lancé en mars. Une procédure relativement longue : une fois les dossiers de candidature reçus, une première réunion s’est tenue en comité technique pour les traiter et les trier avant de les remettre au jury, qui aura à faire une première sélection de quatre candidatures, le choix final se faisant dans un second temps, après la réunion d’une commission technique.  Le groupe scolaire et la lisière ne sont pas en reste. Ils sont autant de motifs à d’autres réunions, sans compter les échanges informels dans l’openspace et les couloirs des bâtiments de l’EPA Paris-Saclay…

Des projets différents au service d’un projet global

Comment vit-elle le fait d’œuvrer dans un relatif anonymat à des projets qui déboucheront néanmoins sur des réalités tangibles, bénéficiant durant des décennies (comme on l’espère…) à plusieurs catégories de population ? Manifestement bien. «Au-delà de ces différents dossiers, ce qui me motive c’est la sensation de participer à un projet global. On parle d’une ZAC, mais c’est bien à l’échelle d’une ville qu’on raisonne, qu’on se projette. Le territoire de Paris-Saclay a en outre des ambitions en matière environnementale sinon de développement durable. C’est forcément motivant. »
Et le fait d’œuvrer au sein d’un établissement public d’aménagement, un organisme particulier s’il en est, comment le vit-elle ? « Les projets qu’il mène vise à faire du lien entre différentes zones du territoire, au travers de la construction de nouveaux équipements et voiries. A cet égard, un sujet revient de manière récurrente, qui m’intéresse au premier chef : c’est l’interfaçage au travers d’espaces publics de qualité et fonctionnels. »
Il y a plusieurs voies possibles pour intégrer l’EPA Paris-Saclay. Dans le cas de Mélissa, c’est par le truchement d’une société de consulting, installée à Boulogne, qui l’a recrutée dans le cadre d’un CDI par intérim. La mission était censée durer initialement trois mois – elle a été renouvelée deux fois pour se terminer en ce début de mois de septembre. « J’ai reçu cette proposition avec enthousiasme, d’autant plus qu’elle s’inscrivait bien dans la suite logique de mon parcours professionnel. »

De la recherche en urbanisme

Mélissa a en effet déjà une expérience au sein de plusieurs structures dont une agence d’architecture, les Ateliers Monique Labbé, où elle a travaillé quatre ans durant, en prenant part notamment à un programme national de recherche, « Ville 10D – Ville d’idées ». Initié en 2012, il portait sur l’utilisation des espaces souterrains, en milieu urbain. « Ce programme se proposait de créer les conditions d’un dialogue et d’une collaboration entre les différents acteurs de l’aménagement, sur la base d’une connaissance partagée de ces espaces : des opérationnels aussi bien que des chercheurs en sciences exactes ou en sciences humaines et sociales. Y participer m’aura donné l’occasion de rencontrer de nombreux chercheurs, de laboratoires de recherche universitaires ou de départements de R&D de grands groupes (Bouygues, Systra, Egis…). »
A l’entendre, elle était dans son élément. « Ce fut de fait une belle aventure professionnelle. » C’est d’ailleurs l’opportunité de croiser de nouveau les regards de personnes de différents horizons professionnels qu’elle retiendra d’abord dans la proposition de poste émise par l’EPA Paris-Saclay, de même que la perspective de se retrouver dans un écosystème qui incarnait ce croisement des compétences et des disciplines, avec ses laboratoires de recherche universitaires, ses centres de R&D, etc.

Une vocation confortée par les voyages

Quelle formation l’a-t-elle donc prédisposée à cette prédilection pour la recherche sur les enjeux urbains ? Dans son cas, nulle formation en urbanisme ou en aménagement, mais en géographie – avec quand même une spécialisation en urbanisme/aménagement – à l’université Aix-Marseille. Pourquoi dans cette université-ci ? « Tout simplement parce que c’était l’université la plus proche de Miramas où j’avais poursuivi ma scolarité – au Lycée Jean Cocteau, précisément.»
La même : « Au cours de mon cursus universitaire, ce sont les cours d’urbanisme et de géographie urbaine, qui m’ont incitée à me spécialiser dans les enjeux urbanistiques, dans le cadre d’un Master professionnel. » Avec une sensibilité particulière aux interactions homme / environnement. Un intérêt conforté par ses expériences de voyage à travers le monde, qui la conduiront jusqu’à entreprendre le tour de celui-ci. Mais ne brûlons pas les étapes.
Durant son cursus, il y a d’abord des années d’études passées au Canada, à l’Université d’Ottawa puis à celle Montréal. En 2007, son Master en poche, elle tente de s’installer dans ce pays. L’essai n’étant pas concluant, retour en France pour y prospecter le marché du travail. Elle décroche son premier emploi dans l’agence d’urbanisme évoquée plus haut. Elle y restera un an. D’autres expériences professionnelles s’enchaîneront. En 2014, elle décide de partir… à l’autre bout de la planète, en Australie.
Pourquoi cette destination-ci ? « Après des études au Québec, j’aspirais à vivre dans un pays anglophone. » La même, dans un éclat de rire : « Il me fallait aussi une destination qui me rappelât le pays de mon enfance : ensoleillée et au bord de la mer ! » Ce sera donc l’Australie, où elle demeurera deux ans et demi, entre 2015 et 2017.
Elle avait le projet de s’y installer définitivement, avec l’espoir d’y faire de l’urbanisme dans une collectivité ou un bureau d’études. L’intégration dans le milieu professionnel australien se révélera cependant plus difficile que prévu. Durant un an, elle travaille pour le compte des services de deux communautés d’agglomération de la région de Sydney (le job consistant alors à vérifier la conformité des projets avec les documents d’urbanisme, à instruire les permis de construire…). Mélissa trouve aussi à manifester son intérêt pour la préservation de l’environnement en participant près de trois mois durant à une opération de plantation d’arbres.

Genèse d’un tour du monde

La nostalgie du pays, l’éloignement de la famille finissent pas peser. « J’ai pris conscience que je ne pouvais vivre aussi loin de mes proches… » Il y a surtout la disparition d’un ami cher, en métropole. En octobre 2017, la revoici en France, à Saint-Chamas.
Mélissab9KVAj-1NEnvNYALSxA1kPDZGiEZ2eo0G2wZBWLv2Ssm9wKIn0d-ceKMK7C5zlaou4vyxmSTOOb1fNnKoGkW3712-ECML3ukSAF_oURZlF15FAmNPnRVxPK-xiXX7p4inWFUwV7q6A=w380-h506-noSur la disparition de l’ami cher, nous n’insisterons pas. Tout au plus comprend-on que le drame a aussi donné de nouvelles envies de larguer les amarres. On commence à deviner la source probable de cette énergie tranquille que dégage cette jeune personne. Comme l’a dit un philosophe, « Tout ce qui ne détruit pas,… » Une amie d’enfance, d’Istres [à droite sur la photo, dans la Valley of The wind walk, en Australie], est aussi désireuse de voir d’autres horizons. Ensemble, elles mûrissent un projet de tour de monde, en dressant la liste des pays qu’elles rêveraient de (re)découvrir.
« Il se trouve que cette amie est amatrice de plongée sous-marine. » Cap sera donc mis sur l’Indonésie, la Polynésie française, la Nouvelle Calédonie… Quant à Mélissa, elle a conservé « un gros coup de cœur pour l’Océanie, un continent à l’autre bout du monde, qu’on connaît si peu. » En décembre, la liste est arrêtée, une dizaine de pays au total sont au programme. Le mois suivant, les billets sont réservés. En février 2018, les voilà parties.
Première destination : la Nouvelle-Zélande pendant trois semaines, puis l’Asie du Sud-Est, où elles resteront deux mois, le temps de se rendre au Cambodge, au Laos, au Vietnam, mais aussi en Indonésie… De Denpasar, retour en Australie. Mélissa : « Il y avait plusieurs endroits où, malgré les deux ans et demi passés dans ce pays, je n’avais pas encore eu l’occasion d’aller : les alentours de Darwin et son Kakadu National Parc, au Nord ; Uluru, le site sacré des aborigènes… Sans compter un passage par Sydney, le temps de saluer des amis. »
Depuis l’Australie, Mélissa et son amie se rendent en Nouvelle Calédonie voisine, puis à Tahiti. De là, elles gagnent l’Amérique du Nord, qu’elles parcourent en traversant les Parcs Nationaux de la côte Ouest : Joshua Tree, Sequoia, King Canyon, Grand Canyon… Le retour en France se fera depuis Montréal (« le temps d’une visite chez ma petite sœur »). Nous sommes en août 2018. Le tour du monde aura duré six mois.

Des « exploreuses »

Naturellement, chaque étape mériterait un long développement, mais les lecteurs peuvent en avoir plus qu’une idée en consultant la page Facebook que nos deux « exploreuses » (c’est ainsi qu’elles se sont baptisées pour l’occasion) ont créée et enrichie de vidéos au fil de leurs pérégrinations [pour y accéder, cliquer ici]. MélissaGFkmNsvXhzRzxAtlEH00oesRNlJe_PZqcIoAdC7CuwrQH2JJcHtx_Bcfhv2Frmo4YxzhFdtXMyW9H9CBTjplANd3d-5inTSVjdUzwtBJyeD6fpr-kPz_mbBd1azfhf0RC7lVUwSclAlA=w736-h506-noMélissa : « Notre plan de voyage ayant été dense, nous n’avons pas eu autant de temps que cela pour écrire dans l’esprit des carnets de voyage. A travers ces vidéos, il s’agissait d’abord de donner des nouvelles à nos proches. » A demi mot, Mélissa confie un autre enjeu de leur périple à travers le monde : surmonter de ces épreuves de la vie, qui provoquent des larmes. Rien de fortuit d’ailleurs à ce que Les « exploreuses » puissent suggérer d’ex-pleureuses… « Tout voyage a des vertus thérapeutiques, ne serait-ce que par les motifs d’émerveillement qu’il procure. Il nous fait vivre l’instant présent, dans un lâcher prise, en nous rendant curieux de tout, ouvert aux autres… » Manifestement, leur tour du monde aura eu ces vertus-là [en illustration : la route du lac Tekapo, en Nouvelle-Zélande].

Il reste que les actualités ne nous rapportent le plus souvent que de mauvaises nouvelles de ce même monde et par là-même des motifs d’en désespérer… Comment ont-elles pu échapper ou faire face à ces réalités sans perdre leur optimisme ? Mélissa reconnaît avoir privilégié avec son amie des endroits encore à l’écart de conflits. « Des endroits pour certains d’une beauté exceptionnelle, au point de donner l’impression d’être comme déconnectés du reste du monde. » Sans nier la réalité des drames dont il est le théâtre, la même s’interroge sur une propension des médias à ne retenir que la face sombre de l’actualité mondiale. Certes, les zones qu’elles ont traversées sont pour certaines sujettes à des catastrophes naturelles, mais durant leur long périple, nos « exploreuses » n’eurent, par chance, pas à en pâtir. Elles furent bien en Indonésie, mais quelques mois avant les séisme et tsunami de septembre 2018…

Entre connexion et déconnexion

Aujourd’hui, on ne voyage plus sans rester peu ou prou connecté au moyen de son mobile ou internet. On aborde alors le sujet en ayant en tête l’ouvrage de Francis Jauréguiberry et Jocelyn Lachance, Le Voyageur hypermoderne. Partir dans un monde connecté (Érès, 2016), qui, traite du dilemme du voyageur contemporain, partagé entre son désir de voyager comme les « anciens », coupés de tout ou presque, et celle de maintenir quand même un lien avec ses proches. Jusqu’à quel point Mélissa et sa « co-exploreuse », ont-elles vécu ce dilemme ? Elle : « Nous y avons été en plein dedans ! Nous nous sommes même interrogées sur l’intérêt de faire un blog. Les voyageurs que nous avons croisés au cours de notre voyage y consacraient beaucoup de temps. Or, nous, nous souhaitions vivre pleinement notre voyage, vivre chaque instant, nous immerger dans les pays que nous visitions. Et, donc, éviter d’être accrochées à nos mobiles et nos écrans. De là ce compromis avec la page Facebook que nous que nous sommes bornées à enrichir de petites séquences vidéos réalisées depuis nos smartphones. » La même : « Dans notre esprit, il ne s’agit pas d’opposer voyage et nouvelles technologies de communication, mais juste de trouver le bon point d’équilibre entre vivre dans l’instant présent, la disponibilité aux rencontres fortuites, et le partage des expériences de voyage avec nos proches et nos amis les plus chers. » Ce qui suppose un minimum de discipline : « Partout où nous allions, nous avions un accès WiFi. Nous avons veillé à en faire bon usage en prenant le temps de nous déconnecter/reconnecter. »

Un urbanisme au service de l’environnement

Loin de l’éloigner de son intérêt pour les enjeux d’urbanisme et d’aménagement, son tour du monde l’aura confortée dans sa vocation – « Travailler pour des territoires est quelque chose qui me tient plus que jamais à cœur ». Non sans aiguiser sa sensibilité environnementale. « Forcément, quand vous voyez d’aussi beaux paysages, vous ne souhaitez qu’une chose, c’est qu’ils soient préservés. » Y compris des excès d’un tourisme de masse… « Si, donc, je devais poursuivre ma carrière dans l’urbanisme, ce serait avec une vision plus écologiste encore, quant à la manière de faire la ville. »
MélissaGFCxbaAdvm35xYXvhSSUUAbULuV1L7Zbcrqoeh0ceREjG2jVkR7fEhEbhQgzBMn6bBHKv8FTA85tT3BUTshfuZZO67aDEYiFTakLj_tDD0OhBC0J9cKrPsvbeh7Dm9LZXc_mWJPYPITA=w675-h506-noComme à Paris-Saclay ? Elle réfléchit avant de considérer que « cet écosystème essaie néanmoins de concilier nature, science et ville, selon un modèle urbain de compacité. » La même de souligner qu’il ne part pas d’une page blanche : nombre de ses établissements d’enseignement supérieur et de recherche (CEA, Université Paris-Sud, École polytechnique…) y sont installés depuis longtemps. Les autres établissements et entreprises qui s’y sont implantés plus récemment ou qui ont l’ambition de le faire prouvent s’il en était besoin l’attractivité du territoire, l’intérêt du cluster. » [en illustration : Lao Cai, près de Sapa au Vietnam ].
Est-ce pour autant un territoire qui lui donnerait envie de partir en mode exploration comme elle l’a fait avec le monde ? Elle répond plutôt par l’affirmative et pour cause : « N’étant-là que depuis peu, j’ai l’impression de le découvrir encore. » Depuis, elle a entrepris de randonner sur le Plateau de Saclay. La même : « C’est l’un des sites franciliens les plus riches en terres agricoles, le premier à bénéficier d’une ZPNAF. » On devine que cela n’a pu que satisfaire sa sensibilité croissante pour les enjeux écologiques. « La stratégie d’urbanisation consistant à valoriser tout à la fois l’environnement naturel et patrimonial, d’une part, le recours aux technologies et à des constructions modernes pour promouvoir l’innovation et ce, dans tous les domaines (énergie, transport, mobilité, gestion de l’eau…), d’autre part, ne peut que rendre ce territoire plus singulier et donc attrayant. »
Y ressent-elle cependant le monde battre avec ses cohortes d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs étrangers ? « Il est encore trop tôt pour moi de répondre par l’affirmative. Des choses se font ici, au plan de la recherche et de l’innovation, qui ne sont pas encore visibles, hormis dans des revues spécialisées. Cependant, j’y perçois une certaine effervescence. Dans le RER que j’emprunte le matin pour me rendre au bureau, on entend parler anglais, chinois… » La même : « Il est clair que l’écosystème sera d’autant plus attractif à l’international, qu’il restera en contact avec les territoires alentours, à commencer par Paris. Il ne s’agirait pas de les opposer. Paris-Saclay est un écosystème qui fait pleinement partie de la Région parisienne et même du territoire français. » On ne saurait mieux dire.

Mieux se connaître aux contacts des autres

Le hasard veut que quelques jours avant cet entretien, nous étions en déplacement à Miramas pour intervenir sur le thème du développement durable, auprès d’élèves du Collège Miramaris et du Lycée Jean Cocteau, celui-là même où Mélissa a fait ses études ! Nous avons pu constater combien des jeunes pouvaient appréhender l’idée de devoir quitter leur commune pour poursuivre leurs études supérieures, fût-ce dans la grande ville la plus proche. Si, donc, elle avait un message à faire passer, elle qui a fréquenté le même lycée avant de bourlinguer à travers le monde, quel serait-il ?
MélissaxN6AXxfWf2HnIZZkElLsXnqECIRrBo-pvcy_KMGcrcde_xjNp1W9TTnZLaSFRjCpWG7FJvKlsoArp3CNHdujSI8ywjmV10ALH7vKenzSGA4T0QyPkQh7IpdRBM18mi2ZepZKfjuh3g=w380-h506-noLa question est d’abord pour elle l’occasion de revenir aux sources de sa propre appétence pour le voyage. « J’ai eu la chance d’avoir vécu au milieu de personnes qui avaient une âme voyageuse. » A commencer par son beau-père : un marin de son état, qui a sillonné les mers et océans. « Il nous a pris sous son aile, ma sœur et moi. Rien que le fait de partir en vacances, nous le vivions comme une expérience extraordinaire. II nous a enseignées combien ce pouvait être facile de voyager et même de vivre à l’étranger : il suffit de prendre un bateau ou un avion, de trouver où se loger et un emploi ! Bref, il avait le don de dédramatiser ce genre de projet de vie qui intimide tant a priori. Enfant, j’ai ainsi acquis la conviction que le monde m’appartenait, que quand je serai grande, je pourrais partir où je voudrais. Certes, mon premier séjour à l’étranger, je l’ai fait en famille. Mais très vite, j’ai appris à partir seule, dans le cadre de mes études, puis pour vivre une expérience professionnelle à l’étranger. J’ai ainsi progressé étape par étape, en ayant le sentiment d’être comme portée par mes parents, qui ne m’ont jamais dissuadée dans mes choix ni chercher à me retenir coûte que coûte. Ils se sont plutôt attachés à me prodiguer les bons conseils, se tenant prêts à m’aider en cas de souci. » [en illustration : marché de Hué, au Vietnam].
Si, donc, elle avait un conseil à donner à ces jeunes, ce serait le suivant : « Saisir la moindre opportunité de voyager. On dit que le voyage forme la jeunesse. C’est vrai ! C’est même une école de la vie. On élargit le cercle de ses amis, on gagne en ouverture d’esprit. »
Certes, voyager, c’est aussi se confronter à l’inconnu. Mais, en voyageant, on apprend à mieux se connaître soi-même. Aussi curieux que cela puisse être, on peut même retrouver un peu de soi parmi des personnes qui vivent pourtant à l’autre bout du monde. C’est juste la peur de l’autre, de l’étranger, qui nous empêche de le voir.
Bref, le voyage apporte tellement qu’a contrario, on perd beaucoup à ne pas sauter le pas en allant voir ce qui se passe ailleurs. Sachant que ce peut être dans une autre région ou une autre ville que la sienne, pour commencer, puis de proche en proche, dans un autre pays, dans un autre continent.

En illustration : The Lightpath [sur le carrousel du site web] ; Auckland, Nouvelle-Zélande [première photo, ci-dessus].

 

 

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