Agir pour la planète, ici et maintenant, à CentraleSupélec. Entretien avec Mathis Pastorelli

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Promouvoir l’écologie et ses valeurs sur le campus de CentraleSupélec. Telle est l’ambition de l’association Impact, créée au sein de cette école. Son trésorier actuel nous en dit plus.

- Si vous deviez pitcher Impact ?

C’est une association née en 2019, suite à la fusion entre Centrale Paris et Supélec, du rapprochement de leurs associations respectives : REMED et ISF Paris Sud. Comme elles, elle vise à promouvoir l’écologie et ses valeurs sur le nouveau campus de Paris-Saclay. Concrètement, nous sensibilisons les étudiants à travers plusieurs ateliers et des interventions d’experts, notamment à l’occasion de notre Green Week. Au-delà de cela, nous menons des actions pour améliorer la vie sur le campus, réduire notre empreinte carbone comme, par exemple, la distribution de fruits et légumes dans une logique de circuits courts, en partenariat avec des fermes du plateau de Saclay ; l’entretien d’un jardin potager, auquel nous appliquons les principes agro-écologiques ; ou encore des actions de tri et de réduction des déchets. Nous comptons une soixantaine de « membres actifs » – les élèves présents lors de la dernière assemblée générale.

Icono Pépin- Que dites-vous à ceux qui, tout en saluant cet engagement, pourraient considérer qu’il n’est pas à la mesure des défis planétaires, à commencer par l’adaptation au changement climatique ?

C’est vrai que l’impact de nos actions pourra paraître dérisoire au regard des enjeux actuels. D’un autre côté, force est de constater que tous les élèves du campus sont loin d’être sensibilisés à ces enjeux. Aussi nous paraît-il important de continuer à faire ce travail de sensibilisation, en prêchant au-delà des convaincus…

- Permettez-moi de me faire encore l’avocat du diable en m’interrogeant sur la pertinence de se limiter à votre campus alors que CentraleSupélec participe à l’Université Paris-Saclay. N’est-ce pas à cette échelle qu’il faudrait envisager votre engagement en y associant de surcroît les établissements de l’Institut Polytechnique de Paris, également présents sur le plateau de Saclay ?

Très certainement. D’ailleurs, les associations étudiantes échangent de plus en plus entre elles. Impact fait partie de l’antenne locale de Together for Earth (T4E), qui fédère les associations d’étudiants de l’Université Paris Saclay et de l’Institut Polytechnique de Paris œuvrant pour la protection de la planète. Nous organisons des événements en commun comme par exemple la Semaine de la transition écologique, au tout début du mois de mars.

- Quels sont les rapports entre cette mobilisation inter-établissement et le « Manifeste étudiant pour un réveil écologique » ? Vous inscrivez-vous dans ce mouvement ?

Oui, nous nous reconnaissons pleinement dans ce mouvement. Le réseau Together for Earth (T4E) est né en mars 2018, juste avant le Manifeste étudiant (lancé au mois de septembre de la même année), avec des objectifs similaires. Comme lui, il participe à la mobilisation des étudiants ou d’associations en faveur de la protection de la planète.

- Qu’en est-il de vos propres motivations ? Qu’est-ce qui vous a décidé à rejoindre impact ?

J’ai été très tôt sensibilisé aux enjeux écologiques. Que ce soit à l’école ou à travers les médias, j’ai été, comme beaucoup d’étudiants de ma génération, incité à adopter des éco-gestes pour économiser l’eau, l’énergie ou trier les déchets. Un événement comme la COP 21, organisé à Paris en 2015, m’a particulièrement marqué et convaincu de la nécessité de réduire plus encore notre empreinte écologique.

- Dans quelle mesure vous a-t-il conforté dans le choix de faire une classe prépa pour intégrer une école d’ingénieur ?

Il est clair que, pour ce qui me concerne, les deux sont liés : si je me suis engagé dans des études d’ingénieurs, c’est aussi dans l’espoir de contribuer à la conception de nouveaux systèmes de production. Même si l’industrie a fait d’importants progrès, elle reste une des principales sources d’émission de GES. L’ingénieur a donc toute sa place pour concevoir des process et des outils plus performants au regard des exigences de la transition écologique. Ce dont les écoles d’ingénieurs ont pris conscience. Je peux en témoigner dans le cas de CentraleSupélec où nous bénéficions de cours en prise direct sur les problématiques liées au réchauffement climatique. Une évolution à laquelle notre association a d’ailleurs œuvré en faisant remonter les attentes des élèves en la matière auprès de la direction des études.

- Autrement dit, vous restez un ingénieur dans l’âme ?

Oui, même si je ne pense pas qu’on puisse s’en remettre seulement à des technologies miracles pour relever nos défis. La réduction des émissions de GES passe aussi par un changement profond de nos habitudes, en tant que consommateurs, mais aussi en tant qu’ingénieurs.

- Votre association a signé une convention avec l’EPA Paris-Saclay pour promouvoir le réseau de chaleur et de froid. En quoi cet équipement, qui s’appuie sur une ingénierie sophistiquée, vous intéresse-t-il ?

Sans avoir été à l’initiative de cette convention (elle a été signée par nos prédécesseurs), nous sommes effectivement intéressés par cet équipement car, à nos yeux, il fournit justement un bon exemple de ce que l’ingénierie peut faire pour contribuer à réduire notre empreinte écologique, en exploitant en l’occurrence les ressources de la géothermie – ce réseau utilise une eau naturellement chaude à 30°, prélevée à 700 mètres de profondeur, mais aussi la chaleur fatale produite par des équipements de recherche, pour en faire bénéficier les bureaux et logements situés dans les alentours.

- Précisions que non seulement le bâtiment qui héberge le cœur du réseau est situé à proximité de votre école, mais encore que celle-ci participe au réseau – elle est équipée d’une sous-station, installée dans son sous-sol. En quoi cela ajoute-t-il à son intérêt pour l’étudiant que vous êtes ?

C’est un magnifique vecteur de sensibilisation. Et puis, il y a quelque chose de réjouissant à pouvoir se dire qu’on participe à la réduction de notre empreinte écologique à travers un tél équipement, qui en est encore au stade de démonstrateur et, donc, à même d’évoluer à mesure des avancées de la recherche…

- Qui sait si d’ailleurs des Centraliens ne contribueront pas à son développement à travers des stages ou un investissement dans ce domaine de la géothermie…

Qui sait, en effet !

A lire aussi l’entretien avec Axel Thébault – pour y accéder, cliquer ici.

Crédits photos : Dorian Mailhé (portrait de Mathis Portelli) et Pics CentraleSupélec (illustration de « Pépin », le service de distribution de produits alimentaires).

 

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