Achat responsable. Le point de vue d’une start-up

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Suite de nos échos de la première journée de l’achat responsable organisé le 3 décembre dernier par Atout Plie Nord-Ouest 91, avec Jean-Christophe Volkaerts de la société Horizon Computing Solutions, qui, lors d’une précédente rencontre nous avait fait état des contraintes imposées par les règlements des marchés publics. Il nous explique ce qu’il attendait de cette journée.

Pour accéder au précédent entretien avec Jean-Christophe Volkaerts que nous avions rencontré suite à l’Hackathon organisé lors du premier sommet européen de la Fondation Open Comput Project (OCP), qu’il avait emporté avec son équipe, cliquer ici.

- Pourquoi votre présence ici ?

D’abord, parce que cela se déroule au Synchrotron Soleil, dont la société Horizon Computing Solutions est voisine. Pour une fois que nous n’avons pas besoin de faire des kilomètres, nous en profitons ! Surtout, nous voulions savoir où en était cette dynamique en faveur de l’achat local sur le Plateau de Saclay. Comme je vous le disais lors de notre précédent entretien, les administrations et entreprises que nous démarchons se disent prêtes à acheter nos matériels et à recourir à nos services. Dans la réalité, c’est tout autre chose. A ce jour, seule, une grande entreprise, Thales, pour ne pas la nommer, est passée à l’acte. Les autres ont encore trop souvent le réflexe de se tourner vers les grandes marques du secteur de l’informatique pour leurs besoins aussi bien de logiciels que de matériels au prétexte qu’elles seraient plus sûres. En réalité, c’est un mauvais calcul : car, nous, à la différence de ces grandes marques, nous sommes présents sur le territoire. Nous pouvons nous rendre chez nos clients en moins d’une heure. Une telle journée est l’occasion pour nous de repérer les bons interlocuteurs et de pouvoir échanger avec eux sur le sujet. Même à l’heure du numérique, c’est important de se rencontrer.
Au-delà de la responsabilité des personnes, il y a aussi les contraintes imposées par les marchés publics. A notre échelle, nous essayons de faire prendre conscience des situations aberrantes où nous nous retrouvons. Il est clair que c’est collectivement qu’il faut agir.

- Rencontrez-vous autant de difficultés avec de grands groupes privés qu’avec les marchés publics ?

Non, la situation est différente. Du côté des groupes privés, nous n’avons pas à nous plaindre : ils ont des process bien rodés, qui facilitent les choses. Une fois que vous avez identifié le bon interlocuteur et que la relation de confiance est nouée, on peut réellement négocier dans une logique gagnant/gagnant. Vous avez la possibilité d’avancer vos arguments et de répondre aux moindres questions de votre interlocuteur.
En revanche, c’est plus difficile, du côté des marchés publics, même quand nous identifions un interlocuteur. Naturellement, nous imaginons très bien les obligations de neutralité. Mais de là à transformer l’appel en une course d’obstacles dont on ne voit presque jamais la fin… Pourtant, comme cela a été bien dit ce matin, par Gérard Brunaud, Vice-président de l’Observatoire des Achats Responsables, la situation est bien plus facile en Allemagne. En France, nous avons une approche très juridique, qui vire à un certain formalisme. Il n’est pas facile de faire valoir les qualités de votre offre auprès de la personne à l’initiative de l’appel d’offre.

- C’est donc à l’échelle nationale voire européenne qu’il convient d’envisager les choses…

C’est vrai, mais cela ne doit pas nous dissuader de commencer à casser les habitudes d’achat, ici, sur le territoire de Paris-Saclay, aussi bien du côté des grandes entreprises que des marchés publics, en montrant que leur politique en la matière peut contribuer au développement local. On ne peut inciter au développement de start-up sans leur offrir des débouchés. J’ajoute que des start-up qui réussissent, c’est des perspectives d’emplois pour les chercheurs et ingénieurs formés sur le Campus Paris-Saclay. Il est clair que si nous-mêmes décrochions un important marché, nous recruterions en conséquence des compétences locales.

- Ce cluster est-il propice à faire évoluer les mentalités et, au-delà, la législation ?

Oui, je pense que ce peut-être un laboratoire de nouvelles pratiques en matière d’achat responsable et que ce qu’on réussira ici sera duplicable ailleurs et donc bénéfique à l’ensemble du pays.

- Lors de notre précédente rencontre, vous sembliez pessimiste. Au quasi terme de cette journée, avez-vous trouvé de nouveaux motifs d’espérer ?

On verra. La seule chose qui puisse nous convaincre d’un changement d’état d’esprit, ce sont les actes et, plus concrètement encore, les bons de commande !

Légende de la photo : remise du prix à Jean-Christophe Volkaerts et son équipe, lauréate de l’Hackathon organisé lors du premier sommet européen de l’Open Comput Project, les 30 et 31 octobre derniers.

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