A la rencontre de chercheurs de l’ONERA

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Quel point commun y a-t-il entre les voies ferrées de la SNCF, le principe d’équivalence d’Einstein et la Tour Eiffel ? Ils ont tous un rapport avec des programmes de recherche de l’ONERA, l’un des premiers centres de recherche installés sur le Plateau de Saclay Nous en reprenons l’exploration à travers les témoignages de trois de ses chercheurs : Elise Koeninger, Sylvain Bertrand et Manuel Rodrigues, dont les projets ou missions illustrent au passage la diversité des modalités partenariales de cet organisme de recherche.

Nous vous l’avions fait (re)découvrir à travers un entretien avec sa directrice, Bénédicte Fighiera (pour accéder à cet entretien, cliquer ici) et des échos à son 70e anniversaire (cliquer ici). L’ONERA (Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales), puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été créé en 1946, avant d’investir d’anciennes fortifications de Palaiseau, dès 1952, ce qui en fait l’un des premiers organismes de recherche installés sur le Plateau de Saclay. Son ministère de tutelle – celui de La Défense – peut expliquer qu’il soit resté longtemps méconnu du grand public. Pourtant, en 70 ans d’existence, il n’a eu de cesse d’élargir son domaine de recherche. C’est bien simple, tout ce qui est propulsé ou vole l’intéresse : les avions, les fusées, mais aussi les satellites ou encore les drones, auxquels il s’intéresse depuis un quart de siècle, bien avant, donc, le phénomène de mode actuel… Et que cela relève de l’aéronautique ou de l’aérospatial militaire ou civil. Outre la SNCF, ses partenaires ont pour noms Dassault, Thales mais aussi Airbus, le CNES, etc.

Nous vous proposons d’en poursuivre l’exploration à travers les entretiens avec trois de ses chercheurs, tous engagés dans des programmes de recherche différents, aussi bien au plan de leur contenu, que de leurs modalités partenariales :

- Elise Koeniguer : spécialiste des images radar, elle a rejoint l’ONERA il y a une dizaine d’années. Après avoir débuté au Département ElectroMagnétisme et Radar (DEMR), elle a rejoint celui dédié au Traitement de l’Information et Modalisation (DTIM), où elle porte le projet Meduse, destiné à la « Mise à jour d’un Ensemble de Données Urbaines pour la Surveillance de l’Environnement », dans le cadre d’un Programme Fédérateur de Recherche (PFR). L’enjeu est de fournir des informations géo-spatiales pour des applications aussi diverses que le suivi d’activité d’un site pour les besoins de la planification urbaine ou de la conception d’infrastructures ; l’analyse du tissu urbain et de son évolution à l’échelle planétaire au moyen de modèles 3D ; des bilans thermiques de quartier, par la mise au jour, notamment, d’îlots de chaleur, ou encore le monitoring de structures. C’est là qu’intervient la Tour Eiffel… (pour y accéder, cliquer ici).

- Sylvain Bertrand : diplômé de l’Ecole centrale de Lille et docteur (il a effectué une thèse en cotutelle en avec l’université de Nice), il a intégré l’ONERA récemment. Le projet auquel il participe vise à concevoir des drones d’inspection automatique d’infrastructures et d’équipements ferroviaires, aussi bien à l’extérieur (le long des voies ferrées) qu’à l’intérieur de bâtiments (hangars, entrepôts, gares…). Rien de plus simple en apparence, vu les prouesses des drones déjà disponibles sur le marché. En réalité, le projet, appelé, Drosofiles (pour Drones : Systèmes d’Observation pour le Ferroviaire et l’Inspection de Linéaires par Exploitation de Senseur) soulève des défis aussi bien techniques que… juridiques, liés à la sécurisation des zones habitées, survolées par ces engins pas comme les autres. Original, le projet l’est aussi en ceci qu’il relève d’un Programme de Recherche Industrie (PRI) consistant à répondre aux problématiques d’une entreprise industrielle (la SNCF, en l’occurrence), en associant ses ingénieurs aux chercheurs de l’organisme de recherche.

- enfin, Manuel Rodrigues, qui, depuis, le début des années, participe à la mission visant à concevoir et développer un instrument destiné à éprouver dans l’espace, et avec une précision inégalée, le principe d’équivalence énoncé par Einstein dans le cadre de sa théorie de la relativité générale.
En plus de la conception et du développement de cet équipement, son équipe a en charge le pilotage des tests dans l’espace. Lesquels seront réalisés à bord de MICROSCOPE, premier micro-satellite du CNES dédié à la physique fondamentale. Au plan partenarial, cette mission illustre la capacité des équipes de recherche de l’ONERA à s’associer à une pluralité de partenaires, aussi bien français qu’étranger. Et parmi ces partenaires : des acteurs de Paris-Saclay, qui auront contribué à… sauver la mission (mise en ligne à venir).

Un grand merci à Camille Blosse (ONERA) pour sa disponibilité !

En illustration de cet article : une image satellitaire de Paris qui trouvera son explication dans le témoignage d’Elise Koeniguer…

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