A-La. Maison

Anne-Laure Maison2
Anne-Laure Maison le dit elle-même : « avec ce nom j’étais prédestinée ». Prédestinée à réfléchir sur les problématiques de l’habitat, de l’aménagement, de l’espace. D’abord designer d’espace, Anne-Laure Maison s’est rapidement tournée vers les arts, sans pour autant oublier les thématiques urbaines. Ce mélange d’intérêts transpirent dans ses œuvres et leur donnent la particularité de venir interpeller notre intimité, notre intériorité.

A 19 ans, Anne-Laure rentre aux Beaux-Arts de Toulouse et y suit une formation axée sur le design d’espace. Cette spécialisation est au carrefour de plusieurs disciplines et s’étend de la microarchitecture au territoire, de la requalification pérenne à l’intervention évènementielle. Dans le cadre de son cursus, elle monte à Paris faire un stage dans un cabinet d’architectes. Enthousiasmée par ce qu’elle y découvre, elle décide de rester dans la capitale et de s’investir dans cette nouvelle aventure. Il faut dire que son stage ne se déroule pas dans une agence lambda, elle intègre R&Sie(n), le groupement d’architectes rassemblés autour d’une forte personnalité, François Roche. Elle s’en souvient comme d’une période foisonnante où elle observe avec plaisir son mentor. Puis, comme dans toute expérience initiatique, un jour l’élève s’affranchit du maître. Anne-Laure Maison quitte R&Sie(n) et, en 2004, intègre la résidence « Le Pavillon » au Palais de Tokyo à l’issu d’un concours international qui mobilise plus de 300 candidats. Sélectionnée parmi les 10 lauréats, elle fait connaissance avec un univers qui n’est pas le sien et expérimente le champ de l’Art. Un déclic !

« L’Art, c’est aussi, pour moi, l’occasion de parler d’architecture, mais d’une autre façon » confie Anne-Laure. Et effectivement, souvent dans son travail, on retrouve des réminiscences urbanistiques. Dans ses Tableaux d’intimités, elle part de photographies de fenêtres réalisées à Paris, Bruxelles, Lisbonne ou Sydney pour en faire ses propres architectures. Mais attention il n’est pas question ici de voyeurisme « Ce n’est pas leur intimité directe qui m’intéresse, mais celle de l’espace… La chaleur d’une lumière, le scintillement d’une guirlande ou de la télévision, le coin d’un tableau… Tous ces éléments sollicitent mon imaginaire. En regardant ces fenêtres, je me raconte des histoires sur les gens qui vivent derrière elles, je fantasme sur leurs espaces, leur intimité ». Et ce questionnement sur l’habitat l’obsède, elle « en rêve la nuit » et même pendant notre interview, elle n’hésite pas à m’interpeller : « Je vous vois là devant moi et je me demande où vous habitez ». Cette obsession ne se limite pas à la vue extérieure de l’habitat, même si Anne-Laure aimerait parfois « que l’architecture ne soit que fenêtre », elle se prend au jeu de pousser la porte. La porte de qui ? peu importe…de ses amis, de gens qu’elle croise ou d’inconnus. Elle réalise des photographies en diptyque, d’abord une photo de l’habitant sur son palier puis une autre de son intérieur. « Derrière la porte, il y des détails qui parlent, des histoires qui se dévoilent » et c’est ça qui lui plait, elle aimerait pouvoir suivre les gens dans la durée, voir l’évolution de leur habitation et, par la même, donner une représentation d’une époque.

Les Parisiens ont pu contempler ses œuvres sur le M.U.R à l’angle de la rue St Maur et de la rue Oberkampf, à la Galerie Samantha Sellem, et à la Galerie Joseph entres autres. En ce moment, elle expose à l’Hôtel de Ville de Sèvres et au Musée de la Ville de Saint-Quentin-en-Yvelines dans le cadre de l’exposition « Rêvons la ville ». Quand on lui demande quelles sont ses envies pour un futur proche, elle évoque Philippe Courtois, directeur de l’établissement public d’aménagement de Bordeaux Euratlantique, dont elle vient de faire la connaissance à la 33e rencontre nationale des agences d’urbanisme, « J’aime son idée de mêler des artistes à l’aménagement, car les artistes amènent un autre regard sur les projets, on pourrait même imaginer une intervention artistique dans la phase de concertation…après tout pourquoi quand on imagine la relation entre l’artiste et la ville on se cantonne trop souvent à l’idée d’installer une œuvre moche au milieu d’un rond-point ? J’aimerais que l’on facilite l’accès des artistes à la ville, que l’Art ait la possibilité de contaminer la ville.»

Pour découvrir les oeuvres d’Anne-Laure Maison, rendez-vous sur son site :  http://www.annelauremaison.com/

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