10 ans de paysages de Paris-Saclay en mutations, sous le regard d’artistes

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En charge de l’aménagement du cluster de Paris-Saclay, l’EPA Paris-Saclay (ex-EPPS) fête ses dix ans. A anniversaire exceptionnel, événement exceptionnel : il propose de revenir sur une décennie de mutations des paysages naturels, humains de Paris-Saclay, au prisme d’œuvres de sept artistes qu’on pourra découvrir à travers une exposition itinérante programmée tout au long de l’année 2021. Suivez le guide.

Pour célébrer ses dix ans, l’EPA Paris-Saclay aurait pu démultiplier des chiffres et encore des chiffres, attestant du chemin parcouru depuis sa création (sous le statut initial de l’EPPS, qui a perduré jusqu’en 2015), organiser des visites dans des bâtiments flambant neuf ou des chantiers en cours. Il a finalement pris un autre parti : donner à voir le pôle scientifique et technologique à travers ses paysages, aussi bien urbains, que naturels et humains ! Un parti pris qui aurait été déjà original s’il s’en était tenu à son propre point de vue, en donnant à voir sa vision desdits paysages. Après tout, fort de ses équipes multidisciplinaires et de la grande diversité de ses parties prenantes, il aurait été légitime pour le faire.

Des regards d’artistes

Et bien non ! Au premier parti pris, il en a assumé un autre, tout aussi original : confier à des artistes le soin de nous donner à voir leur vision à eux. Placés sous la houlette d’un commissaire d’exposition, en la personne de Marc Partouche – ancien directeur de l’Ensad (École nationale supérieure des arts décoratifs, de 2014 à 2018, et de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles de 2008 à 2014 – ils sont à l’image des paysages : divers, de par leur mode d’expression artistique.

Qu’on en juge à travers ce bref récapitulatif :

- Miguel Chevalier, qui s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique. En réponse à la commande, il a développé différentes thématiques, telles que la relation entre nature et artifice, l’observation des flux et des réseaux qui organisent nos sociétés contemporaines, l’imaginaire de l’architecture et des villes.
- Céline Clanet, une photographe, qui a consacré de nombreux projets artistiques au rapport entre la géographie, les paysages et les infrastructures urbaines comme scientifiques. En plus d’images réalisées au moyen de son appareil photographique, elle en a conçu d’autres à partir d’un microscope électronique à balayage, qui permettent d’explorer des insectes et autres organismes vivants collectés dans les espaces forestiers et les milieux humides de la ZPNAF (la Zone de protection naturelle, agricole et forestière).
- Florence Gilard, auteure de romans graphiques, elle met en scène un dialogue entre les mots et les images pour apporter une dimension poétique au récit du projet d’aménagement de Paris-Saclay. Son travail illustre des scènes de vie urbaine et mêle les mots aux dessins afin de créer des ambiances vivantes et réalistes.
- Arno Gisinger, maître de conférence à Paris 8 et photographe, il a souhaité témoigner du caractère historique du camp militaire de Satory et de son évolution vers un nouveau quartier mixte en devenir.
- Fabrice Hyber : reconnu comme l’une des figures majeures de l’art contemporain français, habitué du travail de commande avec des scientifiques, il propose une version paysagère d’un travail précédemment initié durant la crise sanitaire.
- Alain Leloup, le 3e photographe du panel, qui a, lui, développé « un regard aiguisé du rapport entre le paysage et ses habitants ».
- Enfin, Bernard Moninot, qui travaille sur le rapport entre volume, architecture et paysage – une façon de multiplier les regards sur les manières de vivre la ville. Pour l’occasion, il a collecté sur le terrain différentes photos de détails de travaux, d’architectures et d’objets urbains, qu’il a assemblé ensuite dans une peinture qui constitue une mosaïque de détails pour reconstituer un paysage imaginaire.

Une exposition itinérante et… en sursis

Les œuvres de ces artistes (de l’ordre d’une centaine au total) sont présentées tout ou partie dans le cadre une exposition itinérante accueillie dans huit lieux différents, des Yvelines (78) et de l’Essonne (91), les deux départements impliqués dans l’OIN Paris-Saclay. Une autre manière de donner à voir la diversité paysagère, mais aussi urbanistique et architecturale de l’écosystème. En voici la liste pour s’en convaincre encore : le Carré à la Farine, à Versailles (78) ; la salle d’exposition de Guyancourt (78) ; l’ENS Paris-Saclay, le Château du Val Fleury et Le Point F, à Gif-sur-Yvette (91) ; l’Opéra de Massy (91) ; La Crypte, à Orsay (91) ; enfin, l’Espace Allende, à Palaiseau (91). Preuve s’il en est besoin que Paris-Saclay est riche aussi de lieux à vocation culturelle, artistique ou de médiation. A quoi s’ajoutent tous les établissements (centres de R&D, entreprises, etc.) qui pourront accueillir, s’ils le souhaitent, des reproductions d’œuvres à partir d’un kit de fichiers numériques mis à leur disposition ; enfin une exposition virtuelle qui revient sur dix ans de mutations paysagères dans le territoire de l’Opération d’Intérêt National (pour y accéder, cliquer ici).
Malheureusement la première étape, prévue initialement début janvier, a dû être annulée pour cause de pandémie. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il faudra encore patienter jusqu’en mars. Au vu des circonstances, nous ne saurions trop vous recommander de vous tenir informé en consultant le site Paris-Saclay Paysages (pour y accéder, cliquer ici). Sans attendre, nous vous proposerons prochainement d’aller à la rencontre de Marc Partouche et des artistes au fil d’entretiens mis en ligne sur Paris-Saclay Le Média.

En illustration : des fragments d’œuvres de Miguel Chevalier.

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