Y a-t-il un pilote dans la voiture autonome ?

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Jusqu’à la mi-avril, la RATP teste deux navettes autonomes sur le site CEA de Saclay. Tout se déroulait bien jusqu’à ce qu'une desdites navettes ne prenne la poudre d’escampette… A l’heure où nous publions cet article, le mystère reste entier.

Depuis le 6 février et jusqu’au 13 avril, la RATP poursuit sa 5e expérimentation de véhicules autonomes (pouvant transporter jusqu’à six personnes). Le Plateau de Saclay a de quoi s’en enorgueillir puisque cette expérimentation se déroule sur le site du CEA Saclay. Avec ses quelques 7 000 salariés et visiteurs et 200 ha, ce dernier offre il est vrai l’intérêt de permettre la réalisation de tests en situation quasi réelle et grandeur nature. Sans compter les compétences de ses propres chercheurs – ceux du List (Laboratoire d’Intégration de Systèmes et des technologies) du CEA Tech, réputé pour ses recherches sur les systèmes numériques intelligents.

Poudre d’escampette

Toutes les conditions ont été réunies pour sécuriser les tests : les navettes ne circulent pas à plus de 12 km/h ; la cartographie des lieux a été intégrée à leur système GPS, le tout complété par des capteurs latéraux et un radar sur le toit. Surtout, une équipe d’opérateurs se relayent pour reprendre la main sur la conduite des véhicules en cas d’obstacle sur l’itinéraire, les points d’arrêts étant par ailleurs pré-enregistrés.
Les motifs de satisfaction (du fait notamment de l’absence d’accident à déplorer) ont cependant laissé place à un certain embarras tant du côté de la RATP que du CEA. Et pour cause. De sources relativement bien informées, l’une des navettes (notre photo) aurait, ce matin même, pris la poudre d’escampette ! D’après un des derniers opérateurs à l’avoir « conduite », elle aurait profité (si tant est qu’on puisse lui attribué une telle intention), d’un dysfonctionnement de la barrière d’entrée du site, pour continuer sa route en dehors. Comment a-t-elle pu redémarrer en l’absence d’opérateur ? Mystère. Par chance, il n’y avait aucun passager dedans. D’un autre côté, cette absence complique singulièrement les recherches qui ont été aussitôt lancées par la gendarmerie (un passager aurait pu aider à la localiser en appelant sur son portable). Au moment où nous rédigeons cet article, on ne disposait pas de trace du véhicule ou que trop. Quelques minutes à peine après le constat de sa disparition, il aurait été encore aperçu sur le Plateau de Saclay, sur la Route d’Orsay. Moins de vingt minutes plus tard, des étudiants d’HEC ont dit l’avoir croisé du côté de la Ferme de Viltain [quand on sait que celle-ci se trouve à à peine plus de 4km, c’est probable). Plus tard dans la matinée, il était signalé aux abords du terrain de golf des Loges-en-Josas (mais sans qu’on sache si les témoins ont fait une confusion avec un de ces chariots mis à disposition des joueurs). Aux dernières nouvelles, il aurait été encore vu sur le circuit de Versailles-Satory. Une information catégoriquement démentie par la direction de l’Institut pour la transition énergétique VEDECOM qui, rappelons-le, y réalise ses propres essais dans le cadre d’Autopilot, programme européen de recherche sur le véhicule autonome.
Poursuivant ses recherches, la gendarmerie se dit confiante en tablant sur un épuisement des batteries (rappelons que la navette est électrique). Des chasseurs des environs auraient cependant proposé de faire sans attendre une battue. Seul motif de satisfaction à ce stade des recherches : toujours pas d’accident à déplorer. Ce qui ajoute cependant au mystère : comment peut-il en être ainsi alors que la navette semble être abandonnée à elle-même ?

Des hypothèses

Pour l’heure, les hypothèses vont bon train pour tenter d’expliquer l’inexplicable. D’après un chercheur du List, qui a demandé à témoigner sous le couvert de l’anonymat, le système de capteurs aurait tout simplement été victime d’un bug, suite aux perturbations provoquées par l’installation du plus puissant aimant au monde, sur le centre de NeuroSpin, situé à quelques encablures.
Mais comment expliquer alors que le véhicule poursuive sa route comme si de rien n’était ? Et pourquoi cette navette-ci et pas l’autre ? D’aucuns ont alors avancé une autre hypothèse : sous l’effet de lois d’évolution, qui auraient échappé à ses concepteurs, notre navette aurait atteint un degré d’autonomie comparable à celui auquel un humain peut prétendre. Une sorte de trans-humanisme à l’envers, en somme. A voir. D’autant qu’une autre hypothèse tient davantage la route : quelqu’un (un opérateur ? un ingénieur du List ?) aurait jugé bon de faire une blague en forme de poisson d’avril. Autant dire que si cette hypothèse se révélait exacte, elle ne ferait pas rire. Les autorités prennent l’affaire très au sérieux. Il n’est pas jusqu’à la Société du Grand Paris qui ne s’apprête à se fendre d’un communiqué de presse, histoire semble-t-il de rassurer la population, en rappelant à toutes fins utiles que la Ligne 18 du Grand Paris Express, censée desservir le Plateau de Saclay, sera automatique et non autonome, et qu’en conséquence il n’y a aucun risque que la rame dévie de sa voie. Rendez-vous, au plus tard, en 2027 pour en être totalement certain. En attendant, nous ne manquerons pas, bien évidemment, de vous tenir informés des suites de ce que d’aucuns appellent déjà « l’affaire du véhicule autofantomatique ».

3 commentaires à cet article
  1. Jean-Marie

    Cet article est magnifique :D

  2. Josianne

    ON EN VEUT ENCORE !

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