WebTales ou comment rendre le web plus intelligent. Rencontre avec Didier Fanchon

WebtalesPaysage
Premier épisode de notre série sur les entreprises de la pépinière de Palaiseau, avec WebTales, une start-up qui vise à démocratiser le web intelligent…

A l’origine de WebTales, il y a le double constat suivant : la consommation du monde numérique va en se fragmentant, sur fond d’ « infobésité ». « Les internautes et mobinautes, explique Didier Fanchon, cofondateur de la société WebTales, papillonnent d’un site à l’autre au gré des clics et des propositions des moteurs de recherche. Ils ne pensent pas à revenir d’eux-mêmes sur un site. » Résultat : les éditeurs de contenu – médias, e-commerce – peinent à capter et fidéliser leur audience. Sauf à être un Amazon, Google, Facebook, Twitter et autres Linkedin, les seuls en mesure de tirer profit des possibilités offertes par la puissance du Big Data et de l’intelligence artificielle pour anticiper les attentes de leurs utilisateurs.

Comment démocratiser ce web intelligent ? C’est justement le défi que WebTales entend relever à travers Rubedo : une plateforme digitale unique, qui permet d’offrir aux internautes ou mobinautes une « expérience de navigation personnalisée ». Comment ? En déclenchant des actions comme, par exemple, une adaptation de la page d’accueil, en fonction du profil de l’internaute ou du mobinaute, et de sa navigation passée. « De même, explique Didier Fanchon, que vous reviendrez dans un magasin où le vendeur a su répondre à vos attentes, vous reviendrez sur le site où vous avez eu le sentiment d’avoir eu des réponses à vos questions, des suggestions pertinentes ».
Les clients de WebTales vont de la start-up aux grands groupes de presse ou de e-commerce, qui, comme on l’imagine ont besoin de fidéliser leurs clients, dans un monde virtuel où la concurrence est sans limite. « Notre solution leur permet d’améliorer l’attractivité de leur offre digitale, en personnalisant à la fois les contenus et l’ergonomie de leurs sites selon le profil de l’utilisateur, bien au-delà de ceux qui font de simples recommandations en fonction d’historiques de recherche ou d’achat. »

Un adepte de l’open source

A la question de savoir s’il ne craint pas la concurrence dans son propre domaine, Didier Fanchon répond sans se montrer plus inquiet que cela : « Le web est assez grand. Il y a de la place pour tout le monde ! » La solution Rubedo est d’ailleurs en open source. Et Didier Fanchon de faire part de sa passion pour cette logique collaborative : « Il y a quand même quelque chose de passionnant à mettre une création – un logiciel en l’occurrence – à disposition d’un public mondial et de pouvoir bénéficier d’un feed-back des quatre coins de la planète. » Preuve de l’intérêt suscité par Rubedo : le logiciel a déjà été traduit en allemand, en japonais, et quelques autres langues… Il le sera bientôt en chinois.
Startupper, Didier Fanchon ne l’est devenu que récemment. Diplômé de l’Ecole Nationale d’Informatique d’Evry, il a d’abord une longue expérience dans les 2S2I (en conception de grands systèmes informatiques). Pour autant, il ne considère pas WebTales comme sa première aventure entrepreneuriale. « J’ai été intra-entrepreneur à l’occasion de la création, au sein d’une 2S2I, d’une web agency destinée à de grands comptes. » Le succès a été au rendez-vous. La rançon n’a pas tardé : « Je suis passé progressivement d’un rôle de créateur à celui de gestionnaire qui ne me convenait plus. » Car, lui, avait la fibre entrepreneuriale avec tout ce que cela implique en termes de prise de risque et de réactivité.

Le choix de la pépinière

Créée avec deux autres ingénieurs expérimentés, WebTales a soufflé sa 3e bougie en juillet 2015. Après deux ans d’incubation, sur le campus de Centrale Paris, elle a intégré la pépinière de Palaiseau. Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Comme les autres entrepreneurs rencontrés au cours de notre série, Didier Fanchon met en avant la proximité de la station Massy-Palaiseau des lignes B et C du RER et de la gare TGV de Massy. Utile quand on compte des collaborations à travers la France. « Pas plus tard qu’hier, nous étions à Lyon. J’ai pu en revenir sans passer par Paris. » Le même ajoute un autre motif : le besoin de rester à proximité de l’écosystème de Paris-Saclay, auquel Centrale participe. « La proximité des grandes écoles et des laboratoires est un atout pour nos recrutements d’ingénieurs de haut niveau. » WebTales compte déjà sept salariés. Et ce n’est pas fini : une offre d’emploi a été déposée sur le site de la CAPS. Une personne s’est aussitôt portée candidate : une Polytechnicienne, docteure en mathématique appliquée ! « Elle s’est dite particulièrement passionnée par l’esprit du logiciel et sa finalité. » Ce dont Didier Fanchon n’est visiblement pas peu fier : « Attirer les talents est l’une des première qualités d’une startup ! ».

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