Scientifique recherche artiste (et vice versa) pour projet artistico-scientifique

DiagonalePaysage
Le 27 janvier dernier, La Diagonale Paris-Saclay avait fixé un nouveau RDV au PROTO204 dans la perspective de ses appels à projets. Soirée réussie au vue de la qualité des échanges informels entre les artistes et les scientifiques qui y sont venus nombreux.

La Diagonale Paris-Saclay avait donc donné un nouveau rdv à tous ceux désireux de répondre à son appel à projets Arts & Sciences (pour en savoir plus, cliquer ici), toujours dans l’idée de leur permettre d’identifier des partenaires possibles dans le domaine artistique ou scientifique. Rappelons en effet que ces projets doivent être conçus conjointement par au moins un artiste et des scientifiques (chercheurs ou étudiants), ceux-ci devant tout aussi nécessairement appartenir à l’un des établissements membres de l’Université Paris-Saclay.

Des masques pour mieux se démasquer

Pas moins de 80 personnes ont répondu présent, signe supplémentaire de l’intérêt croissant pour les appels à projets de La Diagonale Paris-Saclay (qui, rappelons-le, en a lancé deux autres en parallèle, sur les thèmes de la Médiation et du Patrimoine). Reste que, même quand on a l’habitude d’intervenir en public, il n’est pas évident de s’adresser à des inconnus. Et puis, comment distinguer un chercheur d’un artiste ? Autant, en situation, l’un l’autre ont des signes distinctifs. Autant, perdus au milieu de la foule… Mais La Diagonale Paris-Saclay sait décidément y faire au point de s’imposer comme la plus efficace agence matrimoniale pour mariages éphémères, le temps de mener à bien un projet artistico-scientifique. Nul speed dating, mais une ambiance bon enfant et des astuces qui donnent le ton : chaque participant était invité à arborer… un masque. On fait pourtant mieux pour faire connaissance, vous direz-vous. Mais, justement, le masque était conçu mieux inciter à se démasquer, non sans manifester au passage son sens de la créativité : ce masque, tout un chacun pouvait le porter à sa guise et, comme en témoigne la photo illustrant cet article, certains ne s’en sont pas privés (n’est-ce pas Ronan ?)… Surtout, chacun était invité à y associer une plume rose (s’il était chercheur), verte et bleue (s’il est artiste) ou encore blanche (si c’était un médiateur, un connecteur ou autre entremetteur) tout en résumant d’un mot sa principale caractéristique au moyen de feutres mis à disposition. Tout un chacun pouvait aussi se faire connaître en rejoignant un mur virtuel de portraits réalisés au fil de la soirée. Quant aux twittos, ils avaient aussi la possibilité de se faire connaître en moins de 140 caractères, relayés par un « twittomaton »*. Histoire de casser définitivement la glace, tout ce petit monde convié à un cocktail.

Un riche tissu culturel

Naturellement, il y eut quelques discours, mais suffisamment brefs pour ne pas retarder l’instant des échanges informels. Après les mots d’accueil de Stéphanie Couvreur, qui prit soin de rappeler l’enjeu de la soirée –rendre la science plus perméable à la société en les associant à des projets artistiques – et du maître des lieux, Ronan James, deux acteurs culturels et artistiques impliqués de longue date sur tout ou partie du territoire de Paris-Saclay, étaient invités à témoigner de leurs initiatives respectives en faveur du dialogue science et arts :
- Marc Debono, du Collectif pour la Culture en Essonne, qui organise depuis 1999 une biennale, « La Science de l’art », visant à favoriser « la production et la diffusion d’œuvres contemporaines à la croisée du champ de l’art et de la science ». A chaque biennale, un thème. Pour la prochaine édition qui se tiendra cette année (du 13 novembre au 13 décembre 2015), le collectif reviendra sur celui de la lumière (à laquelle l’année 2015 est consacrée), en l’abordant, comme les éditions précédentes, à travers des démonstrations, des chorégraphies, des mises en scènes, du numérique, etc. L’année précédant la biennale, le collectif organise un festival de performances dans des écoles, médiathèques, cinémas d’une quinzaine de villes de l’Essonne.
- Hervé Perard, de l’association Siana (pour Semaine Internationale des arts numériques alternatifs, organisée tous les deux ans). Née créé en 2005, au sein de l’Institut National des Télécom (INT), « à l’initiative d’enseignants chercheurs qui souhaitaient que les élèves ingénieurs ou managers en TIC se confrontent aux processus de création des artistes numériques », elle s’est depuis rapprochée des acteurs locaux et associatifs en vue d’ « organiser l’émergence des cultures numériques ».
Deux témoignages qui témoignaient au passage de la richesse du tissu culturel que d’aucuns considèrent insuffisamment mis en avant sur le territoire Paris-Saclay ! Preuve aussi du fait que le PROTO204 s’impose bel et bien comme un lieu de connexion pour les diverses communautés de l’innovation qui s’y trouvent (chercheurs, étudiants, entrepreneurs, sans oublier bien sûr les artistes).

Acculturer au dialogue Sciences/Société/Arts

Au vu de la rapidité avec laquelle les dialogues se sont noués et la manière dont les participants circulaient d’un groupe ou d’une personne à l’autre, on pouvait juger que la mayonnaise avait, une nouvelle fois, bien pris. Combien d’équipes se seront au final formées à cette occasion ? On le saura à la date butoir de remise des projets, le 3 mars prochain, soit dans à peine plus d’un mois. Un laps de temps qui peut paraître bien court, mais, faut-il le rappeler, les participants ont ensuite un an à un an et demi pour le concrétiser et l’exposer lors d’une des manifestations programmées par La Diagonale Paris-Saclay à commencer par Curiositas (sans oublier le PROTO204 dont plusieurs rendez-vous accueillent des artistes tournés vers l’innovation numérique). Stéphanie Couvreur se voulait confiante : à défaut d’avoir identifié un partenaire ce soir-là, la plupart des candidats potentiels seront repartis avec des suggestions de personnes à contacter. Et la même de rappeler que La Diagonale Paris-Saclay travaille aussi dans la durée : « Au fil de ce genre de rencontres, nous acculturons artistes et scientifiques à la nécessité d’un dialogue Sciences et Société par le truchement des Arts et, inversement, à intéresser des artistes à la recherche scientifique. »

* Suite à la mise en ligne de cet article, Stéphanie Couvreur nous informe que le résultat de ce twittomaton est disponible. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

Merci à Angélique Gilson pour les photos mises à disposition. Angélique dont nous avions eu l’occasion de recueillir le témoignage lors de l’édition 2013 de Curiositas (pour y accéder, cliquer ici). Aux dernières nouvelles, elle a adopté un statut d’auto-entrepreneur pour faire profiter de ses talents de photographe (talents dont vous pouvez avoir un autre aperçu en consultant son site ; pour y accéder, cliquer ici).

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