Retour sur les premiers Hackdays. Entretien avec Charles Cosson

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Du 4 au 6 avril dernier, Banque Populaire Val de France organisait ses premiers Hackdays, dans son nouveau lieu coopératif de l’innovation, aménagé au rez-de-chaussée de l’immeuble Discovery (Espace Technologique de Saint-Aubin). Malheureusement, nous n’avions pu y assister. Mais en voici le témoignage de son directeur en charge du Pôle Paris-Saclay.

- Si vous deviez, pour commencer, par pitcher les Hackdays ?

IconopourCCossonPortraitLes Hackdays, ce sont trois jours de créativité en mode intensif, dans l’esprit d’un hackathon, pour traduire sous la forme d’un prototype cinq idées qui pourraient définir la banque de demain, à savoir : la mise en réseau de nos clients ; l’accompagnement des clients professionnels dans leur développement et l’accélération de leur croissance ; la reconnaissance des clients fidèles et prescripteurs ; l’entraide interne au service des compétences ; le développement de l’innovation participative et de l’intrapreneuriat.
Ouverte aux collaborateurs de notre banque, à ses clients et à tous les acteurs du Plateau intéressés par nos problématiques, cette première édition a mobilisé 35 participants, répartis en cinq équipes. Pour les aider à passer du stade de l’idée à celui du prototypage, ils étaient accompagnés de facilitateurs et designers. Leurs propositions ont été ensuite soumises à un premier jury composé de clients et de startuppers, puis à un jury final présidé par Gilles Bloch et dans lequel on retrouvait diverses personnalités de Paris-Saclay : Marie-Christine Jeanjean, Directrice-Adjointe Innovation et Entrepreneuriat au sein de la Communauté d’agglomération Paris Saclay ; Corinne Borel, présidente d’Incuballiance ; Philippe Baud, consultant, expert en innovation ; Christian Van Gysel, organisateur de TEDx Saclay ; Michel Roux, Directeur général de la Fédération nationale des Banques Populaires ; enfin, Alain Blanchard, Directeur des entreprises et de la Gestion privée à la Banque Populaire Val de France.

- Quelle en a été l’équipe lauréate ?

Le jury a distingué une équipe qui a cherché à concilier les dimensions technologique et humaine de l’innovation en proposant un « générateur d’attentions », lequel vise à fidéliser le client en lui adressant les cadeaux les mieux adaptés à son profil et ce, à partir des informations recueillies au travers des data. Tel client apprécie la musique classique ? Il pourra ainsi se voir offrir des places pour un concert qui a lieu près de chez lui. Une marque d’attention qui ne peut que consolider le lien de fidélité non sans faire évoluer l’image de la banque en en faisant un partenaire attentif au bien-être de ses clients. A cette équipe comme à d’autres choisies par le comité de direction de la Banque, nous avons décidé de dégager des moyens pour passer du prototype à la réalisation.

- Comment envisagez-vous la question de la propriété industrielle ?

A ce stade, cette question n’a pas été abordée car ce sont nos propres collaborateurs qui étaient contributeurs, comme ils ont l’habitude de le faire, toute l’année, au sein de groupes projets. Mais nul doute que nous serons amenés à la traiter, dès lors que les projets atteindront la phase d’industrialisation.

- Qu’est-ce qui a motivé la mise en place des Hackdays ?

Les Hackdays s’inscrivent dans le cadre de notre plan stratégique « Notre nouvelle banque », qui, pour mémoire, se décline en quatre ambitions : accélérer l’offensive commerciale ; devenir leader de l’innovation ; viser l’excellence relationnelle et opérationnelle avec les clients ; attirer les talents et motiver les collaborateurs.
Pour nous, les Hackdays marque une étape importante. C’est la première fois, en effet, que nous travaillions ainsi, en mode collaboratif et open innovation, avec nos collaborateurs et des acteurs du Plateau de Saclay.

- Cet événement a été lancé quelques semaines après l’annonce du report de la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express. Qu’en conclure quant à votre engagement dans l’écosystème de Paris-Saclay ?

Cela démontre s’il en était besoin combien nous croyons malgré tout à Paris-Saclay ! Nous continuons à avancer parce que nous restons persuadés que l’écosystème qui est en cours de construction est unique en France et qu’il importe d’y être présent le plus en amont possible. Nous voulons nous y inscrire pour être une banque de proximité reconnue, apporter une offre complémentaire, hors du format traditionnel de banque, aux offres de financement qui ne vont cesser de croître à mesure que le projet va avancer, en accueillant de nouveaux habitants et entreprises.
Nous étions déjà présents à Paris-Saclay, ne serait-ce qu’à travers nos agences, mais aussi Next Innov, un programme d’accompagnement des start-up et des entreprises innovantes. Notre installation au rez-de-chaussée du bâtiment Discovery, celui-là même qui abrite le siège de l’Université Paris-Saclay, marque cependant une étape nouvelle.

- Pouvez-vous en dire plus sur ce lieu ?

Nous y disposons d’une surface de 1 000 m2, de quoi y accueillir, les acteurs du plateau, dont des start-up, en plus d’y organiser des rencontres, des événements comme nos Hackdays. Nous souhaitons en faire un vrai espace collaboratif, tout sauf hors-sol. Nous allons y organiser tout prochainement des ateliers de travail pour identifier les besoins des uns et des autres et aménager le lieu en conséquence. Son aménagement complet devrait être achevé à l’automne 2018. En attendant, outre les ateliers que j’évoquais, nous vous donnons rendez-vous à partir de fin mai, en présence de Next Innov. A notre agenda également : deux journées d’Hackathon, l’une avec TEDx Saclay, l’autre organisée en interne.

- Ne craigniez-vous pas les contraintes liées à l’accessibilité ?

On sait tous qu’il s’agit là d’une problématique majeure de l’écosystème Paris-Saclay, aujourd’hui plus que jamais suite au report, on y revient, de la ligne 18. Pour autant, nous ne comptons pas rester passifs en attendant que la situation s’améliore. Il y a des besoins de mobilité, auxquels il faut répondre dès maintenant. Un cluster d’innovation technologique comme Paris-Saclay, avec ses nombreux startuppers et entrepreneurs innovants a les moyens de le faire. Personnellement, je m’emploie à me tenir informé et à suivre les projets en cours, les solutions de transport alternatifs proposées ici et là. J’ai notamment pris contact avec la start-up OuiHop, qui propose du covoiturage de proximité. J’ai aussi rencontré Hervé Le Riche, project manager du Campus Paris-Saclay, pour explorer la possibilité de promouvoir le vélo électrique. Je rencontre prochainement Delia Copel, de l’EPA Paris-Saclay, pour échanger autour de l’aménagement de nouveaux moyens de faciliter l’accessibilité du Plateau. Bref, ce n’est pas parce que la construction de la ligne 18 est reportée, qu’il nous faut attendre. Après tout, Paris-Saclay a vocation à être un cluster d’innovation technologique. Il a toutes les capacités à faire émerger des solutions innovantes et alternatives. Elles seront autant d’opportunités d’apprendre à travailler ensemble, en mode collaboratif et agile.

- Qu’est-ce qui dans votre cursus et votre parcours professionnel, vous a prédisposé à prendre ainsi part à l’écosystème d’innovation de Paris-Saclay ?

Je travaille à la Banque Populaire Val de France depuis 32 ans, dont 25 ans de réseau commercial et 7 ans de siège où j’ai parcouru l’intégralité des missions liées à l’opérationnel – j’ai été plusieurs fois directeur de groupe. Je suis originaire de Mantes-la-Jolie, mais, depuis onze ans, j’habite dans la Vallée de Chevreuse, à Gif-sur-Yvette. Entretemps, j’ai neuf déménagements à mon actif. C’est dire si je connais les tracas des ménages qui arrivent sur le Plateau de Saclay…

- C’est dire aussi si vous avez suivi l’évolution de cet écosystème ?

Oui, d’autant qu’il y a une dizaine d’années, j’ai été directeur du groupe Plateau de Saclay au sein de Banque Populaire Val de France, implanté à Courtabœuf. J’avais notamment en charge l’ensemble des agences du Plateau de Saclay. Il y a deux-trois ans, j’ai été directeur des marchés des particuliers à un moment où les projets d’investissements se démultipliaient sur le Plateau de Saclay et ses environs. Avec mon équipe, nous avions dressé un tableau de la situation et des perspectives d’avenir. Lors de ma mission de directeur des marchés des professionnels et des entreprises, j’ai été amené à travailler sur la problématique des start-up, les services de développement que nous pouvions leur apporter, en termes de crowdfunding, par exemple.

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