Retour sur l’édition 2018 de Techinnov (suite). Entretien avec Bruno Malecamp

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Suite de nos échos à l’édition 2018 de Techinnov avec le témoignage de son Commissaire général, que nous avons eu récemment l’occasion d’interview au titre de sa fonction de Directeur général de la CCI Essonne (à droite sur la photo, aux côtés de son président, Emmanuel Miller).

- Si, pour commencer, vous deviez pitcher Techinnov ?

Techinnov est une convention d’affaires qui s’adresse à l’ensemble des acteurs de l’innovation, de la paillasse, si je puis dire, jusqu’aux donneurs d’ordre, en passant par les PME, les start-up et toutes les institutions ayant vocation à accompagner et/ou financer les porteurs de projet. Autant d’acteurs que nous réunissons dans une unité de temps (la journée) et une unité d’espace (le Terminal d’Orly-Sud). Et ce, dans une optique clairement business : ici, on échange non pas tant pour communiquer sur son activité, mais bien pour nouer des partenariats commerciaux, industriels, financiers ou autres. Charge aux participants que nous avons mis en contact de prolonger ou pas l’échange. La promesse de Techinnov est de professionnaliser leur mise en contact.

- Depuis quand vous impliquez-vous dans l’organisation de cet événement ?

Depuis sa création, il y a donc douze ans, au titre de Commissaire général. La réussite de Techinnov, c’est d’abord celle de toute une équipe, emmenée par son président-fondateur, Jean-Claude Chabin, et comprenant bien d’autres collaborateurs de la CCI Essonne – je pense notamment à Christophe Pinon, chef de projet Paris-Saclay.

- Au vu de l’influence enregistrée cette année encore, on peut parler de réussite. Comment l’expliquez-vous ? Au fait que, justement, un noyau dur ait perduré tout en sachant renouveler l’événement ?

Probablement. J’ajouterai aussi un état d’esprit que je qualifierais, quitte à céder un peu à la mode, de disruptif. Dès le départ, nous avions voulu rompre avec le concept du salon professionnel classique, qui s’essoufflait. Nous avons opté pour la convention d’affaires, avec l’idée de maximiser les opportunités de rencontres entre participants, de faire en sorte qu’elles soient créatrices de valeur. Malgré la dématérialisation déjà à l’œuvre, nous avions bien perçu chez les acteurs de l’innovation un besoin de se rencontrer, autour d’une table. Encore fallait-il professionnaliser les modalités de leur rencontre. C’est, encore une fois, ce que nous proposons. Concrètement, les rdv sont pré-programmés ; ils durent chacun 20 mn de façon à maximiser les opportunités de partenariats (une cloche annonçant la fin de la séquence). Cette année, une structure pouvait ainsi décrocher 12 rdv en moyenne, sans compter les promesses d’autres prises de contact obtenues au gré d’échanges plus informels. Soit l’équivalent de trois mois de prospection pour une PME ou une start-up. C’est dire si Techinnov fait gagner du temps.

- Au fond, vous appliquez le vieil adage selon lequel « le temps, c’est de l’argent ». La mise en contact a beau être professionnalisée, on a la sensation de se retrouver dans une ruche… Ca bruisse beaucoup d’échanges formels et d’autres, plus informels.

C’est justement le résultat de tout l’effort consenti en amont, y compris pour accompagner les entreprises dans la préparation de leurs interventions programmées dans le cadre de différents rendez-vous – le Start-up Challenge ou les présentations flashs. L’ambiance cafétéria qui règne ici ne doit donc pas faire illusion : les personnes qui se rencontrent le font d’abord pour parler affaires sinon partenariats. Quand les participants se disent à 90% satisfaits, ce n’est pas seulement de l’organisation ou du lieu, c’est qu’ils considèrent avoir pu nouer des contacts fructueux.

- Les accompagnez-vous au-delà ?

La promesse de Techinnov, c’est, encore une fois, d’organiser la rencontre en la rendant aussi efficace que possible. Charge ensuite aux parties prenantes de prolonger ou pas leurs discussions. Mais, naturellement, en tant que CCI, nous restons au contact des participants, à commencer par les acteurs ancrés sur le territoire et qui s’inscrivent dans une perspective à plus long terme (donneurs d’ordre, laboratoires…). Les PME et start-up, qui viennent ici pour conclure des affaires à plus court terme savent cependant pertinemment qu’elles peuvent nous solliciter à tout moment.

- Précisons que ce 8 février, il est aussi tombé beaucoup de neige, mais sans que cela n’ait manifestement dissuadé les inscrits à venir…

(Sourire) Ce n’est pas les premiers aléas climatiques que nous subissons ! En douze ans d’existence, nous avons survécu à bien d’autres intempéries sinon à des mouvements de grève – de contrôleurs aériens, du personnels d’ADP, de compagnies aériennes ou encore de chauffeurs de Taxi !

- Business as usual, donc…

Oui. Les participants savent ce qu’ils perdent à manquer cette journée.

- En aparté, vous êtes allé jusqu’à parler de Techinnov comme d’un CES [le salon mondial de l’électronique et des objets connectés, qui se tient chaque début d’année à Las Vegas] de l’Île-de-France. Comme vous y allez !

(Sourire). Je parlais sérieusement ! Nous avons toujours eu beaucoup d’ambition pour notre convention d’affaires. D’ailleurs, quand vous regardez la liste des événements où les start-up franciliennes disent devoir être, elles citent d’abord le CES, puis Techinnov – j’ai bien conscience de ne pas paraître bien modeste en disant cela, mais c’est la réalité. J’en suis d’ailleurs venu à prôner un CES francilien !

- Un mot sur le rdv que leur est spécialement dédié, le Start-up Challenge ?

C’est la 2e année que nous le proposons. Il permet à une trentaine de start-up, présélectionnées, de pitcher devant des donneurs d’ordres, des investisseurs et d’autres parties prenantes de l’innovation. Ce rdv rencontre un vrai succès, mais sans cannibaliser les autres rendez-vous de Techinnov. S’il répond au besoin des entreprises innovantes de se faire connaître, d’accéder plus vite à du business et/ou des financements, il répond aussi au besoin de grands comptes de s’ouvrir à l’open innovation au travers de partenariats avec de jeunes pousses. Il illustre au passage notre capacité à évoluer sans renier nos fondamentaux.

- Dans quelle mesure entendez-vous contribuer, à travers Techinnov, au développement de Paris-Saclay ?

De nombreux acteurs de Paris-Saclay sont partenaires de notre événement, à commencer par l’EPA Paris-Saclay, la Communauté d’Agglomération Paris-Saclay et l’Université Paris-Saclay. L’erreur serait de croire que cet écosystème puisse se suffire à lui-même. Il est une composante, à dominante académique, d’un territoire plus vaste. Rappelons encore que Techinnov a vocation à promouvoir l’innovation technologique, ce qui suppose l’accès direct au business, lequel ne saurait se limiter à un territoire en particulier. Notre intention n’est donc pas de privilégier une offre territoriale spécifique. Aujourd’hui, le développement des entreprises doit s’envisager à l’international. Certes, les jeunes pousses, en particulier, ont besoin de baigner dans un environnement favorable, mais elles ne sauraient être, elles non plus, attachées à un seul territoire. La meilleure manière de favoriser un écosystème Paris-Saclay est donc de le maintenir aussi ouvert que possible. C’est en cela que Techinnov peut lui être le plus utile.

A lire aussi les entretiens avec Jean-Claude Chabin, Président fondateur de Techinnov (pour y accéder, cliquer ici) et Frédéric Devaivre, chef de projet de la CCI Essonne, en charge du Start-up Challenge (cliquer ici).

Pour accéder au précédent entretien avec Bruno Malecamp, cliquer ici.

Crédit photo : CCI Essonne.

2 commentaires à cet article
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