Retour sur le cycle de concertation autour de la « ZPNAF ». Entretien avec Stéphane Sarkissian

IconoZPNAFPaysage
Suite de nos échos au cycle de concertation autour du programme d'action destiné à la ZPNAF (qui s'est déroulé entre le 30 novembre 2016 et le 12 janvier dernier), à travers, cette fois, le témoignage de Stéphane Sarkissian, le nouveau directeur du développement durable de l'EPA Paris-Saclay.

- Pourriez-vous rappeler l’ambition et les objectifs de ce cycle de concertation ?

La concertation est toujours un moment fort dans la vie d’un projet car elle permet d’évaluer directement auprès des usagers l’impact de nos propositions. Après un travail effectué depuis plusieurs mois avec les différents pilotes en charge de l’animation et/ou du financement des actions, il s’agissait de présenter au public l’ensemble des dispositifs qui vont constituer le programme d’action pour les six prochaines années.

Comme vous le savez, depuis le décret n° 2013-1298 du 27 décembre 2013, instaurant la ZPNAF sur le plateau de Saclay, 4 115 hectares sont désormais protégés et sanctuarisés. Mais, pour moi, protection ne signifie pas mise sous cloche. En effet, et c’est tout le sens que je souhaite donner au programme d’action, il s’agit désormais de procurer à ces 4 115 hectares de « Terres précieuses », pour reprendre le titre de l’ouvrage Martine Debiesse [pour en savoir plus, cliquer ici], les moyens de vivre et de bien vivre.

L’enjeu est important car les actions du programme vont désormais œuvrer pour assurer la pérennisation de l’activité agricole et accompagner ses évolutions avec, par exemple, une demande importante autour des circuits courts. D’autres actions vont, quant à elles, chercher à valoriser la richesse du patrimoine naturel et historique de ces espaces.

Je suis intimement convaincu que les deux entités, le rural et l’urbain, la ZPNAF et le campus urbain, doivent mieux dialoguer et s’enrichir mutuellement. C’est cet équilibre subtil entre les espaces naturels, traditionnels et la ville de demain, technologique et high-tech, qui oriente ma vision de l’aménagement.

- Quelles en ont été les originalités de ce cycle de concertation au plan de l’organisation ?

Les trois thématiques du programme d’action – 1. Assurer la pérennité de l’agriculture au sein de la ZPNAF ; 2. Assurer la pérennité des espaces naturels et forestiers ; 3. Développer les liens entre le plateau, les activités et les habitants) – ont servi de fil conducteur au cycle de concertation et chacune d’elle a fait l’objet la fois d’un atelier réunissant tous les institutionnels concernés et d’un atelier grand public. Six ateliers donc au total, de trois heures minimum, organisés de manière itinérante, à la rencontre des habitants.

L’EPA Paris-Saclay en charge de l’élaboration du programme d’action a confié, dans le cadre d’une convention, toute l’organisation du cycle de concertation à l’association Terre et Cité. Le principe des tables rondes où chacun pouvait – et devait même ! – s’exprimer sur les actions, à tour de rôle, plusieurs fois, a vraiment porté ses fruits. Je trouve particulièrement réussi le fait d’avoir pu réunir autour de la même table des habitants, des agriculteurs, des chercheurs, des étudiants, des aménageurs, des représentants d’association, des élus locaux et d’avoir permis à chacun de pouvoir s’exprimer librement. Souvent, en réunion publique, certaines personnes accaparent la parole au détriment des autres… Dans notre cas, je dois dire que j’ai vraiment apprécié le fait d’avoir pu entendre tout le monde sans exception. Cela permet de mieux comprendre les attentes.

- Quelle perception en avez-vous, justement, au plan de la participation et du contenu des échanges ?

A titre personnel, ayant intégrant l’EPA Paris-Saclay depuis le 1er octobre dernier seulement, ces ateliers ont été une formidable occasion de rencontres et de discussions avec des personnes passionnées et très attachées au territoire et à son devenir. Je suis reparti avec un nombre incroyable de cartes de visite et de perspectives de rendez-vous prochains ! C’est d’ailleurs une très bonne chose car je pense que pour développer des actions au sein de la ZPNAF, il est essentiel d’avoir une approche « sensible » et de pouvoir s’appuyer sur le tissu des acteurs locaux, associations, bénévoles impliqués, etc.

Globalement, la participation a été au rendez-vous avec environ une cinquantaine de personnes à chaque atelier, culminant à soixante-dix lors de l’atelier grand public de l’axe 3. Mais au-delà du nombre, j’ai surtout apprécié la qualité des échanges et son caractère constructif. Comme je l’évoquais précédemment, la diversité des personnes qui sont venues s’exprimer fut une vraie richesse et déjà, en soi, c’est une première réussite de ce cycle de concertation.

Mais, au-delà des discussions, je suis convaincu que la confiance s’acquière par les actes. C’est pourquoi j’ai tout particulièrement à cœur que les actions qui ont été présentées prennent vie désormais rapidement.

 A lire aussi : les entretiens avec Jacques de Givry (pour y accéder, cliquer ici) et Karine Lefebvre (cliquer ici).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>