Rendez-vous au Weekend Startup !

CabinetStartupPaysage
Suite de notre rencontre avec Marc et Victor, les cofondateurs du Cabinet Start-Up au sein de l'École polytechnique. Ils reviennent sur le premier Weekend Startup organisé les 7-8-9 mars prochains dans cette école.

(Pour accéder à la première partie de l’article, cliquer ici)

Aussi curieux que cela puisse paraître, aucun des trois fondateurs du Cabinet Start-up ne se connaissait avant le stage d’intégration (celui que tout Polytechnicien doit faire, durant huit mois). Et Victor de sourire en expliquant que c’est à la faveur de leurs patronymes respectifs qu’ils doivent en réalité de s’être rencontrés. « La promotion est répartie en sections d’une trentaine d’élèves chacune, et la répartition se fait par ordre alphabétique… » Les huit mois d’intégration – « une formation militaire mais aussi humaine » – ont fait le reste en créant entre eux une vraie complicité. Il faut voir d’ailleurs comment Marc et Victor peuvent avoir tendance à finir la phrase de l’autre, tout en cultivant leur singularité.

Définir son propre cadre…

A défaut d’avoir une expérience ou des proches dans le monde de l’entrepreneuriat, l’un et l’autre disent avoir été marqués par plusieurs films ayant eu pour protagonistes des entrepreneurs. Mais au-delà de ce background culturel, il y avait manifestement chez eux un intérêt latent pour l’entrepreneuriat. Marc parle ainsi d’« un goût ancien que l’environnement de Polytechnique n’a fait que conforter ». De son côté, tout en reconnaissant que « l’entrepreneuriat n’est pas quelque chose qui lui a toujours tenu à cœur », Victor y trouve désormais des affinités avec cette indépendance d’esprit qui le caractérise. « Ce qui m’intéresse dans l’entrepreneuriat, c’est la liberté qu’il procure. Personnellement, je n’apprécie guère les choses trop carrées. Et j’aime pouvoir choisir les gens avec lesquels je mène les projets qui me tiennent à cœur. » Et le même de poursuivre : « Après l’X, certains élèves deviennent chercheurs ou ingénieurs, appelés à exercer au sein de grandes entreprises ou dans la haute Fonction publique, dans un cadre prédéfini. Pour ma part, je préfère définir mon propre cadre ! Et c’est précisément ce que l’entrepreneuriat me permet de faire. »

Un environnement de plus en plus favorable

A défaut d’avoir suivi de premiers enseignements sur ce thème, Marc et Victor ont pu baigner dans un environnement de plus en plus favorable au sein de l’Ecole polytechnique où il est possible d’assister à des rencontres avec des anciens ayant créé leur propre entreprise. Marc : « L’X n’a plus guère à voir avec l’image qu’on s’en fait de l’extérieur – à savoir une école ayant d’abord vocation à former des cadres d’entreprises ou de la Fonction publique. L’école a renoué avec sa longue tradition d’entrepreneurs. D’ailleurs, c’est depuis que je suis à l’X, que j’ai pu me faire une idée plus précise du monde de l’entrepreneuriat. »

Ce que confirme Victor : « L’ouverture de l’X à l’entrepreneuriat est dans la logique des choses : cette école a toujours formé à des fonctions et des métiers très divers. » « Parmi les anciens, rappelle de son côté Marc, on retrouve des profils et des parcours variés, parfois inattendus : d’anciens X sont devenus prêtres ou artistes. C’est ce qui m’a d’ailleurs toujours attiré dans cette école : elle offre l’opportunité d’avoir plusieurs vies en une seule. Elle nous forme à entrepreneuriat sans nous empêcher d’évoluer dans d’autres univers. »

Tous deux sont déjà des habitués des « Startup Cafés », ces rendez-vous permettant de rencontrer des anciens de l’école qui viennent témoigner de leur expérience dans la création d’entreprises. Illustration d’un début de reconnaissance du Cabinet Start-up : il participe à l’organisation desdits Startup Cafés.

Et-au-delà du campus de Polytechnique, en quoi la dynamique de Paris-Saclay favorise-t-elle cet esprit entrepreneurial ? Pour l’un comme pour l’autre, il est clair que davantage de proximité ne peut que favoriser l’émergence de nouveaux projets. Victor : « Les élèves issus d’écoles d’ingénieurs et de commerce ou de l’université auront d’autant plus de chance de monter un projet en commun qu’ils auront la possibilité de se fréquenter régulièrement. » A l’entendre lui comme Marc, on comprend que l’« effet cafétéria » ne joue pas seulement en matière de recherche ! Il se vérifie aussi dans le monde de l’entrepreneuriat. Et Victor de citer l’exemple de Télécom Sud-Paris associée au sein du même campus à Télécom Ecole de Management. « Leurs élèves fréquentent le même BDE et des cours transversaux. Un ingénieur peut ainsi se spécialiser en management tandis qu’un élève en management peut suivre une formation plus scientifique ». Un modèle à ses yeux. C’est dire si, pour lui, en mixant des écoles d’ingénieurs et des écoles de management, Paris-Saclay va dans le bon sens.

Les perspectives offertes par Paris-Saclay

Mais lui et Marc reconnaissent aussi que le campus de leur propre école offre déjà de très nombreuses opportunités de rencontres en son sein. « La vie associative y est très active. Pas un jour de semaine sans qu’il y ait une manifestation scientifique, culturelle ou artistique… » D’ailleurs, le choix d’organiser un Startup Weekend n’est pas anodin : « Nous n’aurons pas à pâtir de la concurrence ni ne risquerons d’empiéter sur d’autres événements. » Comment s’étonner de cette situation ? Victor : « Le campus de l’X a été construit au milieu des champs ; il se devait donc dans un premier temps d’être autosuffisant. Une fois qu’on est sur place, tout y est accessible à pied. » Une chance dont ils perçoivent les limites : « Cela n’incite pas toujours à aller voir ailleurs ». Victor : « Le campus d’HEC n’est pas loin à vol d’oiseau [ il est à Jouy-en-Josas ]. Mais pour s’y rendre, mieux vaut une voiture…. » On le voit : même à l’heure du numérique, la question des transports reste primordiale. « Surtout à l’heure du numérique ! surenchérit Victor. Ici, on a accès à tant de choses sans avoir à se déplacer, qu’il faut vraiment que cela en vaille la peine pour qu’on se résolve à sortir et endurer les transports en commun. »

Marc et Victor ne désespèrent pas de voir la synergie des écoles sur le Plateau se renforcer, conscients cependant que « cela prendra du temps ». « Il importera que l’on puisse s’y déplacer facilement d’un établissement à l’autre. » En attendant, ils fondent des espoirs dans leur Startup Weekend: « Il accueillera des élèves venant de toute la région parisienne. On espère que cela sera propice à tisser des liens durables, au-delà du campus. »

Et eux-mêmes, rêvent-ils de créer un jour leur propre start-up ? Pour Marc, rien n’est moins sûr, dans l’immédiat en tout cas. « Un jour, sans doute, mais pas au sortir de l’école. Travailler pour quelqu’un d’autre avant de se lancer peut être l’occasion de parfaire mes compétences d’ingénieur. » Le même reconnaît cependant que l’indépendance financière est un plus pour se lancer à moindre risque dans la création d’une start-up. « Grâce à la gratuité de la scolarité et à la solde, on n’a pas d’emprunt étudiant à rembourser sauf à devoir restituer la pantoufle… »

Victor se laisserait lui plus facilement tenter : « J’aimerais bien en créer une, un jour. Avec qui, sur quel concept ? Je l’ignore pour le moment. Une chose est sûre : la démarche entrepreneuriale m’intéresse de plus en plus. Je pense d’ailleurs que je commencerai par créer une start-up avant d’éventuellement intégrer une entreprise. Autant le faire avant (entre autres) d’avoir des responsabilités familiales à assumer. »

Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Bruno Martinaud, le directeur du Master Entrepreneuriat de l’X, expliquait que la création d’une start-up n’est jamais pas exclusive d’une expérience de salarié dans une grande entreprise. Un message que Marc et Victor ont manifestement déjà fait leur.

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