Rendez-vous à Las Vegas. Entretien avec Stéphane Parpinelli

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Le 21 septembre prochain se déroule la 2e édition de Happ’Ynnov spécial Challenge Paris-Saclay CES Las Vegas. Stéphane Parpinelli, responsable du réseau Open'Ynnov, nous en dit plus.

- Avant d’évoquer l’édition 2017 du Challenge Paris-Saclay CES Las Vegas, pouvez-vous dresser un bref bilan de la précédente ? En quoi la participation au rendez-vous mondial des professionnels de l’électronique et du numérique grand public a-t-il été profitable aux lauréats ?

Le bilan de la précédente édition du Challenge a été plus que positif et nous a d’ailleurs convaincus de renouveler l’expérience, quitte à nous donner un peu plus de temps dans la préparation (la précédente édition avait eu lieu début juillet). L’an passé, trente-trois candidatures avaient été enregistrées dont vingt-neuf ont été présélectionnés sur dossier par nos comités de jury. Suite à quoi cinq finalistes avaient été invités à pitcher devant un auditoire composé de professionnels. Pour mémoire, les deux lauréats avaient été Pulsit, qui propose un équipement de pilotage corporel de drones, constitué d’un gant et d’un brassard ; et Wandercraft, qui développe un exosquelette pour les personnes à mobilité réduite. Ces deux start-up ont ainsi pu assister à l’édition 2017 du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas (qui se tient chaque année en janvier). Leur billet d’avion avaient été pris en charge, de même que leurs nuits d’hôtel de façon à ce qu’elles puissent assister au salon dans son intégralité. A quoi s’est ajoutée la possibilité de pitcher lors de la soirée de débriefing organisée par la mission CES, devant plus d’une centaine de décideurs d’entreprises françaises. Je tiens d’ailleurs à remercier au passage Xavier Dalloz, qui anime cette mission, de faire ainsi une place à nos lauréats.

- Sans oublier la possibilité qu’avaient ces mêmes lauréats de disposer d’un stand au sein du CES…

Oui, en principe. Je dis en principe car l’une et l’autre de ces start-up ont estimé ne pas en être à un stade de développement suffisant pour justifier d’en avoir un. Leur produit n’était pas encore définitivement sorti de la phase de prototypage. Elles ont cependant pris soin de préparer leur séjour et pu ainsi tirer profit de leur présence au CES. Un simple benchmark leur a permis de prendre la mesure de la concurrence internationale dans leurs marchés respectifs, mais aussi de la valeur ajoutée de leur propre technologie. En outre, elles ont pu rencontrer sur place des clients ou des partenaires industriels potentiels. C’est ainsi que Wandercraft s’est retrouvée à discuter avec des ingénieurs de Hyundai, le constructeur automobile sud-coréen. Ils étaient d’autant plus intéressés par sa technologie qu’eux-mêmes développent différents types d’exosquelettes.

- Que retenez-vous d’autre de votre participation au CES Las Vegas ?

Moi-même, je m’y rendais pour la première fois. J’ai pu ainsi mesurer l’ampleur de l’événement. C’est bien simple : tout ce qui se fait de meilleur en matière d’électronique et d’objets connectés y est présenté. Pour avoir passé beaucoup de temps dans l’espace thématique relatif au véhicule autonome, j’ai pu constater la forte présence de constructeurs traditionnels, qui y présentaient leur prototype – on voit au passage à quel point le futur de ce véhicule se dessine davantage au CES que dans les salons automobiles de Detroit, de Paris ou de Genève. Il est aussi intéressant de constater que ces mêmes constructeurs pensent de plus en plus la mobilité en un sens large. Si Hyundai, en particulier, développe des exosquelettes, c’est bien aussi dans la perspective de répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite.

- N’êtes-vous pas cependant reparti du CES en vous disant que Paris-Saclay pourrait en proposer l’équivalent français sinon européen ? Après tout, l’écosystème a aussi l’ambition de contribuer à l’innovation dans le domaine du véhicule autonome pour ne prendre que cet exemple (cf l’Institut pour la Transition Energétique VeDeCom). De manière plus générale, la mobilité y est un enjeu majeur, qui y inspire nombre de programmes de recherche et de start-up…

J’en suis personnellement convaincu ! D’ailleurs, avec Xavier Dalloz, nous avons échangé à ce sujet, en considérant qu’il fallait effectivement faire un CES européen à Paris-Saclay. Lui proposait même de l’organiser du côté de Versailles, en considérant que cela ajouterait à l’attractivité de l’événement. Comme vous l’imaginez, je n’y serais pas contre ! Cela étant dit, d’aucuns commencent à répondre que cette vocation de CES européen a d’ores et déjà été assumée par Viva Technology ! Je n’en suis pas tout à fait convaincu, tout en reconnaissant volontiers qu’il s’agit là d’un événement déjà incontournable, que la Capitale peut s’enorgueillir d’accueillir.

- Revenons à Challenge Paris-Saclay CES Las Vegas. Quelles sont les nouveautés apportées à cette deuxième édition ?

Des nouveautés, il y en a, en effet. Hormis le changement de date (due non pas un manque de bonne volonté, loin de là, mais à des comités de sélection organisés plus tardivement pour cause de contraintes d’agenda), la plus importante a consisté à renommer l’événement en y introduisant la référence à Paris-Saclay. La précédente édition ne s’appelait, rappelez-vous, que Challenge CES Las Vegas. Un choix qui témoigne de notre volonté d’inscrire le concours dans le paysage de Paris-Saclay et plus seulement dans le cadre yvelinois. D’ailleurs, parmi les critères d’éligibilité des candidats, figure désormais celui d’avoir un lien avec cet écosystème. Un critère suffisamment souple au demeurant, puisque il n’est pas nécessaire d’y être implanté : une start-up dont un des cofondateurs a fait des études dans l’un ou l’autre des établissements d’enseignement supérieur de l’Université Paris-Saclay peut candidater, de même que celle qui compterait un client ou un partenaire scientifique sinon industriel sur le territoire. Plusieurs candidats n’ont pu cependant être retenus faute de réunir l’une ou l’autre de ces conditions. Une quarantaine de dossiers l’ont été néanmoins, soit une progression encourageante par rapport à l’an passé (33, pour mémoire). Et des dossiers de très bonne qualité, comme l’an passé.

- Un mot sur les six finalistes ?

Sans préjuger de l’issue du concours, j’ai d’ores et déjà la conviction que se trouvent parmi eux de futurs champions mondiaux, dans leur créneau ! Ils nous confortent aussi dans notre volonté de faire d’Open’Ynnov [dont relève le Challenge], un outil pour révéler, avec d’autres acteurs cette richesse entrepreneuriale qui existe sur le territoire de Paris-Saclay. Il nous faut juste accompagner les start-up en prenant le temps de les détecter sinon de se faire connaître auprès d’elles. C’est tout le sens des dispositifs que nous mettons en place dans le cadre d’Open’Ynnov. Des start-up ne seraient probablement pas venues d’elles–mêmes à nous, si nous n’avions organisé le Challenge.

- Un mot sur le lieu où se déroule l’événement : Royale Factory, que nous avons eu l’occasion de faire découvrir à nos lecteurs au tout début de l’aventure du Média Paris-Saclay [pour accéder à l’article, cliquer ici] et qui ajoute à la magie du Challenge à en croire ceux qui y participent [voir le témoignage que Philippe Baud nous avait livré suite à la première édition – pour y accéder, cliquer ici]…

Oui, en effet. Royale Factory est un café-théâtre, qui donne à des humoristes l’opportunité de percer dans ce métier. Les premières soirées Happ’Ynnov que nous y avons organisées, nous ont convaincus qu’il fallait sortir des cadres institutionnels où on a l’habitude de programmer les événements dédiés à l’innovation. De par sa vocation et son décor, Royale Factory sait installer d’emblée une ambiance conviviale, particulièrement propice à la séquence « réseautage » qui conclut la soirée. Et puis, le simple fait pour les candidats de monter sur scène ajoute un air de stand’up à leur pitch !

- N’est-ce pas aussi un clin d’œil au monde du spectacle auquel on peut aussi associer Las Vegas ?

CESLasVegasPaysageC’est vrai que nous avions envie de donner un avant goût à la destination que les lauréats auront la chance de découvrir. Mais davantage par les modalités du vote, qui se fait au moyen de cartes aux couleurs de Las Vegas. Si analogie il y a, ce serait davantage avec le Challenge, car, comme nous l’espérons, les startuppers qui montent sur scène sont aussi promis de « percer » sur leur marché !

- Nous vous sentons particulièrement investis dans cette aventure de Happ’Ynnov et, au-delà, d’Open’Ynnov…

Vous me connaissez maintenant assez pour le savoir : je suis un passionné ! Et comment ne pas l’être lorsque son travail consiste à mettre en lumière des gens tous passionnants en plus d’être eux-mêmes passionnés. Le dispositif Open’Ynnov a moins de deux ans d’existence – nous l’avons créé en octobre 2015 – et, pourtant, que de chemin déjà parcouru. Nous étions loin d’imaginer faire autant de choses aussi rapidement. Preuve que le terreau de l’écosystème Paris-Saclay est plus que favorable. Et ce n’est pas fini. Déjà, nous nous attelons aux Smart Days, un autre événement qui me tient aussi à cœur et dont la prochaine édition aura lieu le 10 novembre prochain. Nous lancerons à cette occasion un nouveau dispositif, l’Open’Connect Lab (une extension d’Open’Ynnov), avec en guise de base line l’« accélérateur d’expérimentation ». Le principe : dépasser les relations strictement institutionnelles que la CCI Versailles-Yvelines peut entretenir avec les grands comptes au profit de relations plus opérationnelles, consistant notamment à les aider à sourcer des start-up et PME innovantes, à même de creuser des idées susceptibles de déboucher sur de nouveaux produits ou services.

- Naturellement, nous ne demanderons qu’à en savoir plus. A bientôt, donc, pour un nouvel entretien !

Volontiers !

Pour en savoir plus sur Happ’Ynnov, cliquer ici.

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