Ce que m’apporte mon parrain « NQT ». Rencontre avec Halim Djaoud

HalimDjaoudPaysage
Suite et fin (provisoire) de notre présentation de la démarche NQT à travers l’entretien avec Halim Djaoud, venu témoigner auprès du personnel de l’EPA Paris-Saclay, de ce que lui apporte ce dispositif.

- Si vous deviez vous présenter ?

Je suis né en Algérie. A l’âge de douze ans, j’ai émigré en France, avec ma famille. Le hasard a voulu que nous nous soyons retrouvés à Châteauroux. C’est donc là que j’ai poursuivi ma scolarité jusqu’au bac. Puis j’ai intégré une classe prépa hypokhâgne à Tours, au Lycée Descartes. En 2008, j’ai passé l’examen d’entrée à Sciences Po  Paris, que j’ai réussi. La 3e année devant être poursuivie à l’étranger, j’ai choisi de la faire à Sydney. A mon retour, j’ai décidé de faire une année de césure, le temps de faire des stages. L’un au Ministère des Affaires Etrangères, l’autre au Conseil Economique, Social et Environnemental. J’envisageais alors de faire une carrière dans la haute fonction publique. Les stages m’en auront finalement découragé. ! Suite à cette césure, J’ai décidé de me réorienter vers une formation en droit des affaires dans le cadre d’un Master que l’école proposait, avec une spécialité en contentieux et arbitrage. Suite à quoi, j’ai fait un an de stage dans un cabinet d’avocats avant d’en faire un autre, de six mois, au sein d’une start-up en LegalTech, c’est-à-dire spécialisée dans les services juridiques dématérialisés. Ensuite, j’ai accompagné un ami dans un projet de création entrepreneuriale, tournée vers le soutien scolaire, avant de me remettre en quête de mon propre emploi.

- Et la rencontre avec NQT, quand est-elle intervenue ?

J’en ai découvert l’existence lors de mon stage au sein du cabinet d’avocats, par le truchement d’une collègue. Elle m’avait recommandé de m’y inscrire. Ce que j’ai fait à la fin de mon stage, au début de l’année 2016.

- Est-ce depuis lors que vous avez un parrain ?

Non, la rencontre avec lui est intervenue un peu plus tard. Ayant embrayé sur l’autre stage, je ne pouvais prétendre en solliciter un (j’étais considéré comme étant en activité). C’est donc à la fin de ce stage, en octobre-novembre 2016, que je me suis vu affecter un parrain. Il est Asset manager au sein d’un important groupe immobilier, en charge de superviser les opérations immobilières dans un secteur de l’Ile de France. Un poste qui mobilise des compétences à la fois en droit et en finance.

- Comment cela se passe-t-il ?

Nous nous sommes déjà vus deux fois depuis le mois de janvier, à chaque fois dans un cadre informel : un bar, autour d’un verre. Un choix de sa part, destiné manifestement à dédramatiser l’entretien. La première fois, je lui ai retracé mon parcours, dont il avait pu avoir un aperçu en disposant de mon CV, et mon projet professionnel. Il m’a aussitôt donné des pistes de recherche en me proposant de faire un point régulier sur les postes auxquels je postulais de façon à me faire profiter de son retour sur leur adéquation avec mon profil et le niveau de rémunération auquel je pouvais prétendre.

- Etant entendu que vous restez acteur de votre recherche d’emploi…

Oui, et c’est important de le rappeler. Il ne s’agit pas de s’en remettre à son parrain pour trouver un emploi. Celui-ci a juste vocation à m’accompagner, ce que le mien fait très bien, en me maintenant dans une dynamique de recherche. En plus de son retour sur les offres que je trouve, il me fait profiter de son propre réseau. Il m’informe aussi sur d’éventuelles offres d’emploi dont il aurait connaissance, charge à moi de faire ensuite les démarches, de rédiger une lettre de motivation, etc. Bref, il s’en tient à un rôle de coach, ce qui est déjà beaucoup.

- Comment expliquez-vous le fait que le réseau de l’école dont vous êtes diplômé (Sciences Po, donc), n’ait pas joué ?

(Soupire) C’est une bonne question ! Je dois avoir ma part de responsabilité : je n’avais tout simplement pas pris la mesure de l’importance de ces logiques de réseau. Naïvement, je pensais que le diplôme suffisait comme sésame à l’emploi. De Châteauroux, je suis donc monté à Paris, convaincu que la volonté personnelle suffirait à m’ouvrir des portes. Tant et si bien que, lors de mes études, je n’ai pas cherché à me constituer un carnet d’adresses, comme on dit. D’autant moins que je ne suis pas originaire d’un milieu social où cela fonctionne ainsi : on pense que l’important est de faire des études aussi poussées que possible et que ce n’est pas sur autre chose que son diplôme qu’on sera jugé.

Peut-être partais-je aussi avec un handicap par rapport aux autres élèves de Sciences Po, qui, à défaut d’être issus de milieux fortunés (contrairement à une idée reçues, beaucoup viennent de la classe moyenne), ont pour la plupart parfaitement intégré la logique des réseaux sinon de la cooptation. Avant même d’intégrer cette école, ils disposent d’un capital social et maîtrisent déjà les codes régissant les relations professionnelles. Autant de choses que je n’avais pas et dont j’ai tardé à comprendre l’importance. J’ai beau avoir obtenu le même diplôme, au sortir de l’école, je partais donc avec un certain handicap.

- Qu’est-ce qui vous a motivé à venir témoigner au sein de l’EPA Paris-Saclay ?

Ce qui m’a motivé ? C’est juste le désir de rendre service à NQT, tout simplement. Cette association m’a déjà beaucoup aidé. Je n’avais donc aucune raison de décliner son invitation. Et puis je ne cache pas que c’était aussi l’opportunité de me faire connaître. Si cela se trouve, un établissement comme l’EPA pourrait être intéressé par un profil comme le mien !

- Je peux témoigner du fait que votre cursus a beaucoup impressionné au point que d’aucuns se sont demandé si vous ne feriez pas un parfait parrain « NQT »…

Halim répond par un éclat de rire !

A lire aussi l’entretien avec Anne Lamadon, marraine NQT (pour y accéder, cliquer ici).

2 commentaires à cet article
  1. Ping : NQT, pour une vraie égalité des chances | Paris-Saclay

  2. Ping : Cadre chez Airbus et marraine NQT. Rencontre avec Anne Lamadon | Paris-Saclay

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