Que sait-on des effets de la réalité virtuelle ? Entretien avec Aude Plassard

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Suite de nos échos à la soirée de présentation de l’appel à projets « Coup de pouce » de La Diagonale de Paris-Saclay, qui s’est déroulée le 17 janvier dernier, à travers le témoignage d'Aude Plassard, coordinatrice valorisation de projets chez Gengiskhan production, qui a créé une structure dédiée à la réalité virtuelle, hébergée au 104factory (l’incubateur du Centquatre Paris).

IconoGengiskhan2Portrait- Si vous deviez pitcher Gengiskhan Production ?

C’est un studio de création de fictions. Depuis 2015, il s’est lancé dans la réalité virtuelle pour réaliser des expériences immersives, à travers une structure dédiée incubée au 104factory, l’incubateur du Centquatre, dans le XIXe arrondissement de Paris.

- Soit en banlieue de Paris-Saclay…

(Rire) Et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai fait l’effort de venir jusqu’ici ! Avec l’idée de rencontrer des scientifiques, qui pourraient nous aider à mieux apprécier l’impact ou les effets de ce nouveau médium qu’est la réalité virtuelle, au plan tout à la fois cognitif et comportemental. Une première production a d’ores et déjà été développée : Les Falaises de V., présentée pour la première fois à la Villa Médicis (Rome) et actuellement en cours de diffusion, notamment en février prochain à La Gaîté Lyrique. Mais nous avons conscience que nous n’en sommes qu’au début, que des améliorations pourraient être apportées grâce à l’apport, notamment, des spécialistes en neurosciences, de l’optique ou encore du son. L’appel à projets de La Diagonale Paris-Saclay représente à cet égard une belle opportunité de nous connecter avec le monde de la recherche et amorcer des collaborations.

- Cet appel à projets suppose des binômes composés de chercheurs et d’artistes. Est-ce à dire que vous travaillez déjà sur les enjeux artistiques ?

Oui, et c’est l’intérêt de l’incubateur du Centquatre que de faciliter la connexion avec des artistes. Mais nous restons ouverts à d’autres contributions possibles, la priorité étant cependant le renforcement de la recherche scientifique sur les effets de la réalité virtuelle sur l’usager lui-même, afin d’améliorer encore la dimension expérientielle d’un film immersif.

- Est-ce que je me trompe si je considère qu’au fond votre démarche vis-à-vis de réalité virtuelle est la même que celle que le domaine du jeu vidéo a pu inspirer par le passé, quant à ses effets sur les utilisateurs ?

Oui, le parallèle est justifié. Avant de se lancer dans la réalité virtuelle, Gengiskhan production était spécialisée dans la production de fictions pour le cinéma et le web. La réalité virtuelle nous fait entrer dans une ère nouvelle, en impliquant jusqu’à la mobilisation du corps de l’usager dans l’espace. Avec quels effets sur lui, au plan comportemental et cognitif ? C’est, encore une fois, la question que nous souhaiterions explorer avec le concours de chercheurs.

- Quel bilan tirez-vous de cette soirée ? Les prises de contact ont-elles été fructueuses ?

Oui. Cette soirée m’a d’ores et déjà permis d’identifier plusieurs laboratoires de recherche. Il me reste maintenant à entrer en contact avec les personnes dont on m’a donné les coordonnées…

- D’autant plus rapidement, comme on l’imagine, que la pression est forte : vous devez remettre votre dossier avant le 5 février…

Oui, j’ai bien noté l’échéance ! Mais je ne suis pas plus inquiète que cela. Elle nous laisse encore du temps pour bien faire les choses.

- Comment interprétez-vous la rapidité avec laquelle les connexions se font ici, moyennant il est vrai un dispositif qui a fait ses preuves – je pense à La Diagonale Paris-Saclay et à ses appels à projets ?

On sent ici un foisonnement d’initiatives et d’expertises et cette soirée en apporte la démonstration. C’est ce qui rend l’écosystème Paris-Saclay d’autant plus intéressant pour des projets comme les nôtres, qui requièrent une ouverture pluridisciplinaire. On mesure aussi l’envie des chercheurs d’ici à aller sur des sujets transversaux et à s’ouvrir eux-mêmes à d’autres disciplines, scientifiques aussi bien qu’artistiques.

A lire aussi les entretiens avec : Marc-Williams Debono – membre du comité de pilotage de La Diagonale Paris-Saclay, que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer (pour accéder à ce nouvel entretien, cliquer ici) – et Anaïs Lehoux, post-doctorante et ingénieure de recherche à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) et l’Université Paris-Saclay, qui s’est lancée dans la co-création d’une start-up, Bichromatics, spécialisée dans les nanoparticules (cliquer ici).

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Appel à projets Coup de pouce 2018. Entretien avec Marc-Williams Debono | Paris-Saclay

  2. Ping : Recherche artiste intéressé par les nanoparticules. Rencontre avec Anaïs Lehoux | Paris-Saclay

  3. Ping : Récit de migrants en mode réalité virtuelle et augmentée. Rencontre avec Clarisse Lawson | Paris-Saclay

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