Premier « Science break » à Paris-Saclay

Science Break Paysage
Le 11 février dernier était organisé le premier Science Break, à l'initiative des équipes de la communication de la faculté des sciences de Paris Sud et de La Diagonale Paris-Saclay. Marie-Pauline Gacoin, Directrice de la communication de la Fondation de Coopération Scientifique Campus Paris Saclay nous en fait le récit. Comme si vous y étiez.

Le créneau est fixé depuis un moment, la communication bien faite : les affiches et les publipostages nous donnent rendez-vous à l’amphithéâtre Cartan, le 11 février, à 12h30 précises. A l’heure dite, la sono grésille et l’amphi de 500 places est littéralement bondé pour ce premier « science break » organisé conjointement par l’équipe de la communication de la faculté des sciences de Paris Sud et celle de La Diagonale Paris-Saclay*.

Le pari est osé : réunir entre midi et deux, étudiants, enseignants, personnel de la faculté et population locale pour un break de science de 30 minutes, suivi d’un moment d’échange autour d’une collation, le tout dans une ambiance bon enfant. Le concept donne carte blanche à trois scientifiques pour présenter soit l’une de leur recherche, soit leur parcours, soit une expérience. Seule contrainte : le chrono. Ils ont chacun 10 minutes, pas une de plus.

Pour ce premier « science break » Marc Rabaud du laboratoire FAST ouvre le bal avec une étude sur le sillage des bateaux. Il nous explique que savoir modéliser les traces en V laissées dans l’eau par les canards, les voiliers ou les paquebots n’est pas une mince affaire. Pour nous le faire comprendre, il nous emmène, en images, au-dessus des trajectoires de bateaux enregistrées par Google earth, puis dans l’Yvette suivre le sillage des cols verts et – on y croit à peine – dans la piscine d’Orsay où, par un matin frileux, il a testé ses hypothèses. Finalement 10 minutes plus tard, sans coup férir, nous sommes 500 à avoir comparé les équations de Lord Kevin, physicien britannique du 19ème siècle qui défendait un angle constant de 19,47°quel que soit l’objet en déplacement à la surface de l’eau, et les résultats expérimentaux de Marc Rabaud qui démontrent, en partie, le contraire. On se surprend presque à opiner du chef quand le chercheur conclut : Lord Kevin avait raison, mais ne tenait pas compte de la vitesse des navires. Vous et moi savons désormais qu’elle est un paramètre essentiel. Elémentaire et tonnerre d’applaudissements pour Marc Rabaud.

Pas de temps mort, le micro-cravate s’accroche à un autre tee-shirt et Wiebke Drenckhan, lauréate du prix Irène Joliot-Curie de la « Jeune Femme Scientifique » en 2013 monte sur scène. Elle est physicienne, elle a un parcours peu banal, fait de tentatives, de voyages, de travail et de fantaisie et… elle semble adorer ce qu’elle fait. Wiebke Drenckhan est une spécialiste des mousses, ces milieux hybrides tantôt solides, tantôt liquides, constitués d’une multitude de petites bulles dont on maîtrise encore mal le comportement. Wiebke Drenckhan les ausculte, les mélange, les disperse, les modélise ; elle travaille sur des bulles de savon, des mousses carboniques, des émulsions alimentaires. Elle partage avec nous ses hésitations entre art et science et la façon dont elle a réconcilié les deux, son attachement au laboratoire de Physique des Solides (LPS), ses contrats industriels qui mettent en application les connaissances fondamentales qu’elle acquiert. Sa passion et son espièglerie deviennent vite contagieuses. Elle a raison, pensons-nous : halte aux petits tiroirs dans lesquels on nous case. Vive la créativité et la confiance en soi !

Le gong des 10 minutes retentit. Ca bruisse, ça siffle, ça s’échauffe dans la salle. Au troisième rang, je profite du changement de tableau pour me retourner : tout le monde est resté. Plus encore, la salle est archi pleine. On s‘apostrophe, on twitte, on commente, on se fait signe d’un bout à l’autre de l’amphi.

Et c’est la dernière séquence de 10 minutes. Julien Bobroff et Frédéric Bouquet vont illustrer leur domaine de prédilection : « la supraconductivité ». Les deux chercheurs, eux aussi au LPS, font glisser sur scène une table recouverte d’un drap noir ; ils braquent un petit spot, une caméra et voilà, mesdames, messieurs, le premier cirque supra du monde. La salle est définitivement conquise, le show peut commencer. Julien Bobroff et Frédéric Bouquet ont travaillé avec une école de design pour mettre au point leur numéro et le matériel compact qui compose cette piste aux étoiles miniature. De petits personnages de 7 centimètres de haut, dopés à l’azote liquide, évoluent avec humour, libérés de tout frottement. On ne devient certes pas des spécialistes de la mécanique quantique mais on comprend en peu de mots qu’à basse température certains matériaux se mettent à léviter. Ils développent ainsi des propriétés qui les rendent très prometteurs. Amusant, original et terriblement efficace.

Le chrono tourne, le débit s’accélère, le public encourage, applaudit. C’est fini ! La salle se vide peu à peu. Les groupes se forment dans le hall et on prend le temps de féliciter les intervenants, on s‘attarde, on se salue, on échange des questions, des avis. On souffle un peu après cette déferlante, mais ce premier « science break » est incontestablement une réussite.

Le prochain aura lieu dans un autre établissement de la future Université Paris-Saclay. Surveillez les affiches orange, nous sommes tous invités.

Par Marie-Pauline Gacoin

*La Diagonale Paris-Saclay est une initiative des membres de la future Université Paris-Saclay pour renforcer collectivement le dialogue entre la science et la société. Animée par Stéphanie Couvreur, un groupe composé de représentants de tous les établissements imagine, réalise et soutient des actions dans trois domaines : la médiation scientifique, l’art et la science, la préservation et la valorisation du patrimoine.

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