OptiMiam ou comment lutter contre les stocks d’invendus

OptimiamPaysage
Premier écho à la 5e édition de Paris-Saclay Invest, qui s’est tenue le 1er juillet dernier, avec, le témoignage de Raodath Aminou, fondatrice d’OptiMiam, la start-up lauréate du prix du public, qui a conçu une solution pour permettre aux commerçants de proximité de réaliser des promotions flashs.

- Si vous deviez pitcher votre concept en quelques secondes ?

OptiMiam, c’est bien simple : c’est une application mobile qui connecte en temps réel les commerces de proximité citadins à des consommateurs qui passent dans les environs, pour les informer de la vente de leurs stocks d’invendus, sous forme de promotions flashs.

- Comment l’idée vous est-elle venue ?

C’était en 2013. Un jour, alors que je faisais mes courses, j’ai été accostée par un vendeur de sushi qui vendait ses makis à moitié prix (un offert pour un acheté). Cette promotion m’a intéressée et je lui ai demandé pourquoi il faisait cette promotion. Sa réponse : ce jour-là, il avait plu ; résultat : les clients étaient moins nombreux à s’être rendus dans son magasin. Il s’apprêtait à fermer. Or les makis ne se conservent pas. Plutôt que de les jeter, il a donc préféré les vendre moins cher. Bonne idée, sauf que si je n’étais pas passée à ce moment-là, il ne m’aurait pas eue comme cliente, et moi, je n’aurais pas été au courant de sa promotion. De là cette idée de créer un pont digital pour mieux connecter ce commerçant, qui se retrouve avec des invendus, aux consommateurs, qui passent à proximité de sa boutique.

- En quoi l’écosystème de Paris-Saclay vous a-t-il permis de créer OptiMiam ?

A l’époque, j’étais étudiante à l’École polytechnique, en Master « Innovation et Economie numérique ». Je savais pertinemment que je n’y arriverais pas toute seule, qu’il me fallait m’entourer de compétences. Dans la recherche de mes associés, j’ai donc participé au premier Startup Weekend organisé par l’École Polytechnique, en mars 2014. J’ai pu pitcher mon idée. C’est ainsi que j’ai rencontré mon futur associé, Alexandre Bellage, étudiant à l’Université Panthéon Assas [à gauche, sur la photo]. Ensemble, nous avons été lauréats du Startup Weekend. A partir de là, nous nous sommes dit que l’idée avait du potentiel, qu’elle faisait sens et qu’il fallait donc la développer. C’est alors que je me suis rapprochée du Pôle Entrepreneuriat Innovation (PEI) de l’École polytechnique pour obtenir un accompagnement. C’est lui qui nous a fait intégrer l’incubateur d’HEC.

- Comment en êtes-vous venue à faire le choix du Master Innovation et Economie numérique ?

J’avais envie de créer une entreprise, mais sans savoir comment m’y prendre. C’est en surfant sur le net que j’ai découvert ce Master. Il me correspondait bien. J’ai postulé et, ayant été prise, j’ai renoncé à l’emploi que j’occupais en CDI, depuis deux ans et demi.

- En permettant de réduire les déchets, vouliez-vous œuvrer au développement durable ?

Pas exactement. Le plus important pour moi, c’était de créer quelque chose qui ait du sens. Je voulais proposer un service utile à la société, que mon père, ma mère, mes sœurs, mes frères et tous mes amis pourraient utiliser et qui leur faciliterait la vie au quotidien.

- Quelle importance revêt le prix du public ?

Une importance capitale, même si nous avons déjà remporté plusieurs prix. Nous avons reçu la Palme d’or du e-commerce de la CCI Paris-Ile-de-France, en novembre 2014, puis la Bourse French Tech, décernée par la BPI. Pas plus tard qu’hier, nous avons été parmi les 53 lauréats du Prix Pépite-Tremplin Entrepreneuriat Etudiant organisé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et la Caisse des Dépôts. Mais ce prix du jury de Paris-Saclay Invest a une saveur particulière car il vient du public, c’est-à-dire de gens qui ont une bouche et qui, à ce titre, sont susceptibles d’adopter notre application !

- Et la suite ?

OptiMiam grandit bien. L’application séduit de plus en plus de consommateurs. En huit mois, plus de 22 000 se sont inscrits sur la plateforme. Nous travaillons avec plus de 80 magasins et continuons de nouer des partenariats avec d’autres commerçants. Je profite donc de cet entretien pour adresser un appel à tous ceux qui seraient intéressés : rejoignez-nous ! OptiMiam, c’est la solution à vos problèmes d’invendus alimentaires.

- Que faites-vous en direction des personnes qui ont du mal à boucler leur fin de mois, mais qui ne maîtrisent pas forcément l’usage d’applications mobiles ?

C’est vrai que notre solution est actuellement full mobile. Mais, aujourd’hui, toutes les deux semaines, nous récupérons des invendus pour les redistribuer sur le terrain, dans la rue ou devant les bouches de métro, afin de sensibiliser les passants, quels qu’ils soient. Nous sommes ainsi en contact avec des personnes en difficulté, y compris des sans-abris. Nous avons d’ailleurs lancé une campagne de crowdfunding afin de financer l’achat d’un triporteur pour effectuer plus fréquemment  ces distributions [ pour en savoir plus, cliquer ici ]. Ce sera ainsi le premier triporteur anti-gâchis de France ! A moyen terme, l’idée est d’informer sur nos propres stocks d’invendus, les associations d’aides sociales qui souhaiteraient les récupérer.

La suite dans les entretiens avec Sarah Cherruault (CEO d’Auticiel, start-up lauréate du prix du jury); Bruno Carreel* (de la start-up Instent) et Eve Chegaray (chroniqueuse de BMF Académie sur BFM Business et animatrice de Paris-Saclay Invest).

* Mise en ligne d’ici la fin de la semaine prochaine.

3 commentaires à cet article
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