« L’important est qu’ils s’épanouissent dans leurs études. » Entretien avec Vincent Reynaud

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Suite de nos échos à la visite du centre de recherche ONERA de Palaiseau, le 22 février dernier, par les élèves de première année de classe prépa au lycée de l’Essouriau, à travers le témoignage de leur professeur, Vincent Reynaud (à gauche), que nous avions déjà eu l’occasion d’interviewer sur l’origine de cette classe préparatoire ouverte en 2011.

- Comment cette visite a-t-elle été programmée ?

Grâce au concours de Marie Ros-Guézet qui participe au dispositif « Ingénieurs pour l’école », lequel, rappelons-le, a vocation à permettre aux lycéens de mieux connaître les métiers de l’ingénieur. Marie Ros-Guézet avait déjà organisé, l’an passé, la visite du site de General Electric, à Buc. L’idée est toujours la même : faire découvrir la diversité des métiers d’ingénieur auxquels nos élèves peuvent prétendre, en leur montrant qu’il y a de la place pour tout le monde : toutes les écoles d’ingénieur, petites ou grandes, mènent à des métiers intéressants. Il s’agit aussi de leur montrer que les études qu’ils suivent leur permettront de travailler sur des problématiques concrètes, touchant à la vie de tous les jours.

- S’agit-il aussi de leur montrer qu’ils vivent sur un territoire qui compte des centres de recherche ou des entreprises qu’ils pourraient intégrer ?

Oui, en effet, ils ont la chance de vivre sur un territoire, qui compte de nombreux centres et entreprises. Pour autant, nous n’avons pas prétention de les orienter pour faire carrière à Paris-Saclay ! A chacun de suivre son parcours, ici ou ailleurs. Comme cela a été rappelé, l’ONERA, pour ne prendre que cet exemple, compte d’ailleurs plusieurs centres à travers la France.

- Quand bien même vos élèves ne se destineraient pas à travailler à Paris-Saclay, ne vous importe-t-il pas de leur rappeler qu’ils poursuivent leur scolarité dans un quartier qui est tout sauf un territoire de relégation ?

Si, bien sûr. Il n’y pas de « périphérique » à traverser et le lycée de l’Essouriau n’est qu’à dix/quinze minutes (en bus) d’entreprises et de centres de recherche, que ce soit du côté du Parc d’activités de Courtabœuf ou du Plateau de Saclay.

- Dans le premier entretien que nous nous aviez accordé [pour y accéder, cliquer ici], vous m’avez dit combien vos élèves étaient impliqués et consciencieux. Qu’en est-il de cette promotion ?

Ils ont des personnalités différentes des étudiants des années précédentes, mais ils sont toujours aussi volontaires, manifestent autant de volonté de réussir et ne comptent pas leur effort dans le travail. Après, on retrouve la même diversité au regard du niveau. Mais rien qui ne remette en cause la certitude de les mener en deuxième année de classe préparatoire et de leur faire intégrer une école d’ingénieur ou bien de leur permettre de poursuivre des études scientifiques à l’université.

- Un mot sur la conférence à laquelle nous avons assisté, sur les radars…

Elle m’a d’autant plus intéressé qu’elle a été l’occasion de montrer à nos élèves que bien des thèmes qu’ils étudient en cours sont mobilisés dans la recherche de pointe (je pense en particulier aux équations de Maxwell relatives aux champs électromagnétiques). J’ai été aussi impressionné par les performances des radars : je ne pensais pas qu’ils pouvaient détecter des éléments d’aussi petite taille et d’aussi loin (500 km !). Désormais, quand je soignerai mes géraniums, je ferai attention car, comme l’a montré le chercheur de l’ONERA, on atteint ce niveau-là de précision !

- Vos élèves ont été particulièrement attentifs à son exposé. Comment réagissez-vous à cela ?

C’est une qualité qu’ils manifestent aussi en classe. Le choix de suivre une classe prépa est le leur. Ils se donnent donc les moyens de progresser, en étant aussi attentifs que possible.

- Tandis que je vous interviewe, ils échangent avec l’ingénieur chercheur intervenu sur les radars, manifestement captivés par ce qu’il leur dit…

Et encore, mon collègue et moi sommes-là, ce qui a pu peut-être les inhiber un peu quant le chercheur les a invités à poser leurs questions. Nul doute que les autres [la classe a été répartie en trois groupes pour autant d’exposés par des ingénieurs-chercheurs différents] ont dû bombarder les intervenants de questions !

- Ce même intervenant a, en préambule de son exposé, précisé que lui-même n’avait pas fait de classe préparatoire… Un comble, non ?

Non, au contraire. Il importe de rassurer les élèves sur le fait qu’il y a plusieurs chemins possibles pour devenir ingénieur. Après tout, chacun a sa personnalité. Si certains ont besoin d’être encadrés, d’autres aspirent à avancer à leur rythme. Il est donc normal de leur permettre de suivre des parcours différents. Rien ne serait plus décevant que des ingénieurs sortis d’un seul et même moule. L’important est que les élèves s’épanouissent dans leurs études.

A lire aussi l’entretien avec Bénédicte Fighiera, responsable du centre de recherche ONERA de Palaiseau (pour y accéder, cliquer ici).

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