La Terrasse Discovery +X « éclairée » par La Cordée. Entretien avec Laure Beyler

La Terrasse BeylerPaysage
Suite de nos échos à la journée portes ouvertes de La Terrasse Discovery +X, le nouvel espace collaboratif de Banque populaire Val de France sur le Plateau de Saclay, à travers le témoignage d’une « éclaireuse » de La Cordée (à gauche sur la photo).

- Si vous deviez pour commencer par pitcher La Cordée ?

La Cordée est une communauté de travailleurs nomades : des indépendants, des créateurs d’entreprises, des salariés, etc., qui collaborent et s’entraident, en se regroupant dans des espaces de coworking. Nous comptons une douzaine de ces espaces. Les premiers ont vu le jour il y a plus de sept ans à Lyon, puis La Cordée a essaimé dans d’autres grandes villes : Annecy, Paris, Rennes et Nantes. Nous sommes également présents sur des territoires plus ruraux – le Beaujolais Vert et Morez, dans le Jura. Soit une douzaine d’espaces dont la moitié à Lyon.

- Qu’est-ce qui vous amène à la journée portes ouvertes de La Terrasse Discovery +x ? Avez vous pour projet de créer un 13e espace sur le Plateau de Saclay ?

Non, si je suis ici, c’est pour faire profiter de l’expérience de La Cordée en accompagnant la Banque Populaire Val de France dans la création de ce lieu. En plus de sept ans d’existence, nous avons en effet acquis un certain savoir-faire dans la conception et l’animation de lieux de vie et de travail collaboratifs. De plus en plus d’entreprises ou des collectivités désireuses d’en créer nous sollicitaient pour recueillir nos conseils. Tant et si bien que l’idée nous est naturellement venue de formuler une vraie proposition d’accompagnement. En 2015, nous nous sommes ainsi dotés d’un bureau d’études, Les Eclaireurs de La Cordée. Concrètement, nous accompagnons les collectivités, qui le souhaitent, dans l’évaluation du potentiel d’un tiers-lieu sur leur territoire, la définition d’une offre de services et de son modèle économique. Nous les accompagnons aussi dans l’aménagement de l’espace, le recrutement et/ou la formation des personnes en charge de son animation. Nous répondons également aux besoins d’entreprises, qui veulent se doter de tels espaces soit à usage interne, dans un souci de cohérence avec de nouvelles formes de management, soit ouverts, comme ici, à La Terrasse Discovery +X. Un lieu spécifique qui relève a priori davantage du corpo-working, au sens où il est destiné à la fois aux collaborateurs de l’entreprise et à l’ensemble de l’écosystème du Plateau de Saclay : entreprises, start-up, freelance, étudiants ou encore institutions partenaires. L’enjeu est de créer un environnement et une communauté propice à l’innovation et au développement de projets. Cela, en leur faisant bénéficier des compétences et du réseau de la BPVF tout en sortant de la relation classique banquier/client. L’idée est de créer des liens de confiance et d’entraide réciproque en toute simplicité.

- Découvrez-vous le lieu aujourd’hui ?

Non, j’ai déjà eu l’occasion de m’y rendre pour participer à de précédents ateliers de préfiguration. J’ai pu d’ailleurs apprécier l’esprit collaboratif qui sous-tend le projet : les responsables de La Terrasse avaient pris soin d’impliquer toutes sortes de personnes – des collaborateurs aussi bien que des acteurs du Plateau – startuppers, entrepreneurs, étudiants,… – susceptibles d’êtres intéressés par le lieu. Chacun a pu ainsi faire des propositions quant à la finalité et aux usages de La Terrasse Discovery +X.

- Quel est l’enjeu de cette journée ?

De permettre aux utilisateurs potentiels de faire l’expérience du lieu et d’en tester des usages possibles à partir d’une sorte de V0, c’est-à-dire y travailler, recevoir un client, participer à un événement, se faire conseiller, échanger lors d’un repas convivial, etc. Il s’agira aussi de recueillir leurs avis pour améliorer encore les choses, petit à petit. Le challenge est de faire en sorte que ces utilisateurs s’y sentent bien et se l’approprient, qu’ils aient vraiment le sentiment de pouvoir y travailler et échanger selon d’autres modalités, plus proches de l’univers de l’entrepreneuriat innovant.

- Avez-vous déjà une idée de la manière de faire évoluer le lieu ?

Naturellement, nous avons quelques intuitions, mais ce ne sont que des intuitions. Il importe de partir plutôt de celles des personnes auxquelles le lieu est destiné. C’est la meilleure façon pour parvenir à ce qu’elles se l’approprient.
Cela étant dit, force est de constater que l’aménagement actuel, avec son mobilier professionnel, renvoie encore un peu à l’univers du bureau. L’idée est d’en faire un lieu moins formel, plus convivial. Une première recommandation serait donc de ne pas hésiter à recourir à de la récup. L’erreur serait d’aménager le lieu en une seule fois et de penser aux moindres détails, d’aller trop loin dans le design. Le résultat final serait probablement magnifique mais moins « vivant », à un point qui risquerait d’empêcher les usagers de se l’approprier, de se sentir à l’aise. Bref, de poser leur tasse sur la table basse ou de s’affaler sur le canapé.

- Connaissiez-vous le campus Paris-Saclay avant d’intervenir ici ?

Non, autant le reconnaître. Alsacienne d’origine, j’ai longtemps habité à Lyon et je me suis installée à Annecy en octobre. L’écosystème de Paris-Saclay, je ne l’ai découvert qu’à l’occasion de cette mission. Je ne peux donc prétendre en dire quelque chose de pertinent. Cela étant dit, je perçois un énorme potentiel. Les compétences en matière de recherche et d’entrepreneuriat innovant sont manifestement-là. Reste que je n’ai pas vu beaucoup de commerces aux alentours, ne serait-ce que des lieux où se restaurer. Or, on vient rarement quelque part pour n’y faire que travailler. Mais nul doute que La Terrasse va contribuer à enclencher un cercle vertueux, en appelant la création d’autres lieux entre lesquels on pourra circuler. Un espace de coworking se suffit rarement à lui-même. Il vit aussi avec son environnement immédiat.

A lire aussi les entretien avec Charles Cosson et Alice Blanchard, respectivement responsable de la Terrasse Discovery +X et porteuse du projet de Lab innovation (pour y accéder, cliquer ici) et Gabrielle de Valmont, cofondatrice de la start-up Nap&Up, qui a mis au point un cocon à sieste (cliquer ici).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>