La France s’engage. Le témoignage de Ronan James

RonanFrances'engagePaysage
Mettre en valeur et faciliter la diffusion d’initiatives socialement innovantes, d’intérêt général, poursuivies à titre bénévole aussi bien par des individus et des associations, que des fondations ou des entreprises. Telle est la vocation de l’appel à projets « La France s’engage », une démarche portée par le Président de la République en personne et reconduite tous les six mois. Le 22 décembre dernier, 16 nouveaux lauréats étaient désignés. Ronan James était convié à la cérémonie, organisée au Palais de l’Elysée. Témoignage.

- Mais comment vous êtes-vous retrouvé au Palais de l’Elysée pour cette remise des prix aux nouveaux lauréats de « La France s’engage » ?

J’ai été le premier surpris ! Pas plus tard que la semaine dernière, je recevais un e-mail du service du protocole présidentiel qui me conviait à cette cérémonie. Rappelons que « La France s’engage » est une démarche portée directement par le Président de la République, qui souhaite ainsi valoriser, tous les six mois, des initiatives d’intérêt général, contribuant au lien social. François Hollande a d’ailleurs assisté en personne à la cérémonie en faisant un discours dont des passages n’ont pas manqué de me frapper. Je pense en particulier à celui, aussitôt twitté, où il dit en substance qu’en tant que Président de la République, il aurait pu, comme ses prédécesseurs, laisser sa marque à travers de grands projets architecturaux comparables à la Très Grande Bibliothèque ou à le Pyramide du Louvre, mais qu’il avait préféré dresser un « monument humain », fondé sur les initiatives émanant de la société et au service de l’intérêt général. Un monument qui a l’avantage d’être perpétuel, comme il le suggérait lui-même, car, une fois qu’elles sont lancées, ces initiatives, avec ou sans subventions publiques, ne manquent pas de prospérer et d’en inspirer d’autres.

- Et des lauréats, qu’avez-vous retenu ?

Il y en avait seize, proposant des initiatives toutes plus diverses les unes que les autres, mais contribuant toutes à leur manière à promouvoir l’économie sociale et solidaire sinon l’entrepreneuriat social. J’ai eu plaisir à retrouver parmi elles SynLab, qui avait été partenaire d’un projet que je menais pour Les Atomes crochus, l’association pour laquelle je travaillais avant de prendre la responsabilité du PROTO204. Créée il y a trois-quatre ans, SynLab œuvrait à l’introduction des principes de l’empathie dans l’éducation des enfants. Que de chemin parcouru depuis, malgré le peu de moyens dont elle disposait à ses débuts !
Je profite d’ailleurs de l’occasion de rappeler qu’on n’imagine pas toujours les efforts à consentir pour porter un projet associatif. Que des initiatives comme celles-là soient mises en lumière à l’occasion d’un tel événement, sous les lambris de la République, n’est qu’un juste retour des choses, même s’il ne doit pas faire oublier les efforts qui les attendent encore pour s’inscrire dans la durée.

- D’autres projets ont-ils retenu votre attention ?

Oui, je pense aux « Maisons partagées Simon de Cyrène », des maisons d’accueil pour les personnes en situation de handicap, conçues de façon à les sortir de leur isolement. Une belle contribution à la restauration du lien social. Je pense aussi aux Concerts de Poche, qui militent pour l’accès de tous à la culture. Mais, en fait, tous les lauréats mériteraient d’être cités. Plutôt que de le faire ici, je ne saurais trop vous inviter, vous et vos lecteurs à vous reporter sur le site de La France s’engage, où vous retrouverez une présentation de chacun d’eux [pour y accéder, cliquer ici].

- Tous ces initiatives ne rentrent-elles pas d’ailleurs en résonance avec ce que vous vous employez à faire à travers le PROTO204, à savoir connecter les diverses communautés qui veulent innover sur le territoire de Paris-Saclay ?

Si, bien sûr ! Même si, comme je le reconnais volontiers, j’ai la chance de pouvoir le faire dans un territoire particulièrement favorable à cela. J’ai conscience que bien des initiatives œuvrent, elles, dans des quartiers plus fragiles, où le lien social est à restaurer. En disant cela, je ne sous-estime pas pour autant la problématique sociale de Paris-Saclay. Ici, aussi, il y a des populations en situation de précarité.

- D’ailleurs, Paris-Saclay était-il représenté au cours de cette cérémonie ?

Oui, et cela ne devrait pas vous étonner : il y a désormais toujours du Paris-Saclay au cours d’événements comme celui-là ! J’ai notamment retrouvé les participants de l’Executive MBA d’HEC, des élèves qui, pour la plupart, ont déjà une expérience corporate mais veulent s’engager dans l’univers des start-up. J’avais fait leur connaissance à l’occasion de la dernière édition de Hello Tomorrow, en juin dernier. Ils étaient présents à La France s’engage au titre de leur participation à la pré-sélection des dossiers de candidatures à l’appel à projets. Il y a avait aussi OptiMiam, start-up lauréate de Paris-Saclay Invest, en juillet dernier [et dont nous avions interviewé la cofondatrice, Raodath Aminou ; pour accéder à l’entretien cliquer ici].
Et puis, j’ai retrouvé des personnes qui, à défaut d’être de Paris-Saclay, sont intervenues au PROTO204 : Alizée Lozac’hmeur, cofondatrice de MakeSense ou encore plusieurs membres de OuiShare : ils étaient venus il y a deux ans aux séances de préfiguration du PROTO204. Tout un petit monde, en somme, que vous pourrez revoir à Paris-Saclay car, avec le concours d’une étudiante de Supélec, Mathilde Badoual, nous travaillons sur le projet d’un événement autour de l’économie sociale et solidaire. Avec une double idée. D’une part, rappeler aux étudiants entrepreneurs du campus que l’innovation peut, certes, être technologique, mais qu’elle peut être aussi sociale. D’autre part, connecter les acteurs de l’ESS de Paris-Saclay, avec, justement, des acteurs comme OuiShare ou MakeSense, pour profiter de leur expérience.

- Au fait, avez-vous pu approcher le Président et le convaincre d’y venir ?

(Rire). J’ai bien sûr essayé de le faire pour lui parler de projet. Plus sérieusement, quoique, je me suis en fait contenu. Ce que je regrette finalement un peu : quelqu’un a eu l’audace de l’approcher pour le faire entrer dans le cadre de son smartphone, le temps d’un selfie. Et je crois qu’il a réussi !

En illustration de cet article : Ronan, qui, à défaut d’un selfie avec le Président de la République, nous en fait partager un avec le Palais de l’Elysée en fond de décor.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>