James Cameron en tournage sur le Plateau de Saclay pour un biopic Louis Blériot

1eravril2017Paysage
Le Plateau de Saclay sera le lieu de tournage du prochain film du célèbre réalisateur James Cameron : un biopic du tout aussi célèbre avionneur Louis Blériot. Retour sur la genèse d’un étonnant projet qui doit beaucoup à une start-up de l’écosystème.

Vous avez bien lu : le Plateau de Saclay devrait être le lieu de tournage du prochain film du cinéaste à l’impressionnante filmographie (Terminator, Titanic, Avatar,…). Et les avantages du crédit d’impôt cinéma (instauré en 2004) seraient pour rien dans sa décision. Non, James Cameron a tout simplement eu un coup de foudre pour le Plateau de Saclay qu’il aurait découvert voici quelques mois. Une réaction qui en dit long sur l’attractivité de ce territoire quand on sait que ce cinéaste était jusqu’ici plus connu pour sa passion des fonds marins !

Une histoire ancienne

Mais entre lui et le Plateau de Saclay, c’est en réalité une histoire ancienne. C’est là qu’est née la start-up Stereolabs qui lui a fourni la technologie de filmage en 3D pour les besoins d’Avatar 2. Et c’est à l’occasion d’une visite des locaux de la jeune pousse qu’il aurait également trouvé le sujet du film : un biopic de l’avionneur Louis Blériot dont il est un admirateur. Le cinéaste fut manifestement ému d’apprendre que c’est à quelques encablures, à Buc, que ce pionner de l’aéronautique avait installé son Aéroparc pour y faire décoller et atterrir ses avions, après sa fameuse traversée de la Manche, en 1909 (soit, notons-le au passage, deux ans après la construction du Titanic).
Depuis, les choses sont allées très vite. Le tournage devrait débuter à la fin de l’été. Si le mystère entoure encore le nom de l’acteur qui interprètera le rôle de l’avionneur, en revanche, c’est à Cécile Schmollgruber (cofondatrice de Stereolabs) que le cinéaste aurait proposé d’interpréter celui de l’épouse – un personnage tout sauf secondaire puisque Madame Blériot aura accompagné son mari à toutes ses manifestations et inaugurations (et en perpétuera la mémoire jusqu’à sa propre mort, en 1963). Monsieur Heurtebise se serait porté candidat pour jouer le rôle de son grand-père, celui-là même qui, en 1912, avait dressé son champ de paratonnerres pour dissuader les Blériot et autres avionneurs de survoler son champ afin de ne pas subir les effets d’atterrissages forcés sur ses récoltes (décision qui avait, rappelons-le, donné lieu à un retentissant procès dont l’issue devait déboucher sur la première réglementation fixant la hauteur de survol autorisé). Quant aux avions, ils seraient reproduits en impression 3D dans le FabLab du 503 avec le concours de l’Onera (centre de recherche spécialisé dans l’aéronautique).

Un écosystème mobilisé

En moins de temps qu’il faut pour l’écrire, c’est l’ensemble de la communauté de Paris-Saclay qui s’est en réalité mobilisée pour soutenir d’une façon ou d’une autre le tournage. La direction de l’aérodrome de Toussus-le-Noble s’est ainsi proposée d’accueillir les scènes de décollage et d’atterrissage. L’entreprise qui occupe l’ancien site de l’Aéroparc a autorisé le filmage du porche d’entrée (l’unique vestige du site). Le bulletin Gif infos s’est, lui, proposé de publier une annonce pour le recrutement des figurants (sous réserve que James Cameron ne recoure pas trop au numérique pour les démultiplier au moindre coût…). M. et Madame Gasdon, les traiteurs bien connus de la ville d’Orsay, se disent prêts à relever le défi d’assurer l’approvisionnement des repas pendant toute la durée du tournage. Quant à Christian et Assya Van Gisel, ils ont d’ores invité le cinéaste à parrainer la prochaine édition de TEDx Saclay. Média Paris-Saclay ne cache pas combien il serait honoré d’avoir une interview en exclusivité mondiale.
Les élus ne sont pas en reste. Les présidents des trois communautés d’agglomération de l’OIN Paris Saclay (MM  Bournat, Laugier et de Mazières) ont tenu à souligner d’une seule voix, en plus des retombées économiques immédiates, « l’extraordinaire opportunité offerte par ce produit du 7e art de faire mieux connaître l’écosystème au monde entier ». Les mêmes y voient un argument supplémentaire pour accélérer la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express, sans même plus attendre la tenue de l’Exposition universelle ou des JO, ne serait-ce que pour faciliter l’acheminement du matériel et des équipes (dans l’éventualité où d’autres réalisateurs souhaiteraient réaliser leur film sur le Plateau de Saclay).
Plusieurs établissements d’enseignement supérieur ou de la recherche ont eux-mêmes réagi, à leur manière. Aussitôt connue l’annonce du projet, le CEA s’est fendu d’un communiqué de presse pour inviter le cinéaste à réfléchir d’ores et déjà à un second biopic autour des figures de Frédéric Joliot et Irène Joliot-Curie. Suite à quoi Polytechnique a répondu en dressant la liste des personnalités issues de ses rangs, qui seraient tout aussi dignes d’un tel projet. A cette heure, l’Université Paris-Saclay n’a pas souhaité faire de commentaire.
Quoi qu’il en soit, la sortie sur les écrans est annoncée pour le 1er avril de l’année prochaine. Sans attendre, le cartographe de l’EPA Paris-Saclay, Thomas Duhamel, a pris l’initiative de planter au cours de cette nuit des lettres sur un coteau du Plateau, une manière originale de saluer la nouvelle vocation du territoire (notre photo). De fait, après celle de la Silicon Valley, c’est l’étoile d’Hollywood que devrait faire pâlir l’aura de Paris-Saclay !

 

 

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