« Ici, nous avons été bien accueillis. » Entretien avec Béatrice Bianchini-Burlot

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Le temps passe décidément vite. Cela fera près de deux ans que l’EDF Lab est en activité sur le Plateau de Saclay. Directrice de l’établissement au moment de l’interview (depuis, elle chapeaute les trois sites franciliens de la R&D d’EDF), Béatrice Bianchini-Burlot a participé à l’aventure du transfert depuis le site de Clamart. Elle revient ici sur le défi qu’il a représenté, mais aussi l’accueil favorable que ses équipes ont reçu de leurs nouveaux voisins.

- Vous êtes la directrice du site de l’EDF Lab Paris-Saclay. Pouvez-vous rappeler ce qu’il représente en termes de personnels ?

Ici, ce sont pas moins de 1 200 personnes qui travaillent : environ 1 000 agents EDF auxquels s’ajoutent des doctorants, des post-doctorants et des prestataires extérieurs. A l’occasion des événements qui y sont organisés, le site peut encore accueillir jusqu’à 600 visiteurs. Soit un total qui peut atteindre certains jours les 1 800 personnes voire plus, avec toutes les responsabilités qui peuvent en découler pour le chef d’établissement que je suis, en termes d’organisation, de sécurité et de protection.

- « Sécurité » : un enjeu d’autant plus majeur que le site est pour partie fermé, pour partie ouvert, ce qui change la donne par rapport aux centres de R&D classiques, a priori fermés au public…

En effet. A Clamart, le site était entouré de palissades surmontées de fils barbelés. Ici, nous avons une zone ouverte (au sens où le public extérieur peut y accéder). Cette ouverture est quelque chose à laquelle tenait tout particulièrement Jean-Paul Chabard, notre directeur scientifique, en charge du Projet Saclay. Reconnaissons qu’il n’a pas été toujours facile de tenir cette position tout au long du projet, du fait des événements que vous savez et qui ont eu plutôt tendance à renforcer les exigences de sécurité de sites en en limitant l’accès. Le principe de cette zone ouverte a malgré tout été maintenu. Elle a cependant impliqué de notre part la mise en place, après des tests préalables, de nouvelles procédures particulières, différentes de celles en usage sur le site de Clamart, dont certaines que nous avons dû inventer de toutes pièces. Procédures dont il a ensuite fallu faire en sortes que le personnel se les approprie.
A cette fin, la Délégation de site que je pilote a, avec la Direction de la communication et la Direction des Systèmes d’Information élaboré, avant même le déménagement, un livret d’accueil dans lequel sont consignées les procédures de sécurité à suivre. Avec le recul et à l’usage, force est de constater que nos instructions étaient à la mesure de la situation. Tout au plus a-t-il fallu y ajouter d’autres procédures auxquelles nous n’avions pas nécessairement pensé – encore une fois, le fonctionnement d’EDF Lab est différent de notre ancien centre de Clamart.

- L’EDF Lab est installé sur le Plateau de Saclay depuis plus d’un an et demi [au moment de l'entretien]. Quel sentiment éprouvez-vous avec le recul ?

J’éprouve d’abord un sentiment de fierté d’être-là, sur le site d’EDF Lab, et d’en être la responsable. C’est un site exceptionnel de par son architecture et son environnement. Comparé à celui de Clamart, c’est la nuit et le jour ! Ici, nous renvoyons une image attractive de la R&D. Innovant et moderne, le bâtiment est à l’image de ce à quoi il est destiné, cohérent avec les missions que nous voulons porter. Et pourquoi ne pas le dire, cette fierté ne fait que conforter celle d’appartenir au groupe EDF qui illustre ainsi la capacité du secteur public à incarner l’avenir.

- Comment avez-vous vécu les débuts de son fonctionnement ?

En tant que chef d’établissement, directrice du site et présidente du CHSCT [Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail], j’étais naturellement soucieuse de la manière dont le personnel allait intégrer le nouveau bâtiment. J’ai en réalité été frappée par la rapidité avec laquelle il se l’est approprié. A tel point qu’au bout de deux-trois mois, nous pouvions avoir l’impression d’y avoir été depuis toujours ! La page de Clamart avait bel et bien été tournée. La contrepartie, car il y en eu une, c’est que le personnel ne comprenait pas forcément les adaptations qu’il restait à faire, les ajustements à apporter. Nous avons donc dû gérer une certaine impatience et rappeler qu’il nous fallait encore prendre nos marques !

- Jean-Paul Chabard, dans l’entretien qu’il nous a récemment accordé [pour y accéder, cliquer ici], rappelle que le transfert avait été préparé de longue date. Cela n’a-t-il pas contribué à la rapidité de l’intégration ?

C’est vrai que nous avions préparé le déménagement, mais aussi l’aménagement avec le personnel. Des groupes de travail avaient été mis en place. Un comité de pilotage se tenait tous les quinze jours, sous la direction de Jean-Paul Chabard et avec la participation de l’ensemble des chefs de départements. Les agents avaient été régulièrement réunis dans notre amphithéâtre du site de Clamart pour être informés. Ils ont été impliqués jusque dans le choix du mobilier, de la vitrophanie et de la signalétique. Bien des aspects du nouveau site ne leur étaient donc pas inconnus, quand ils y sont arrivés.
Ils ont par ailleurs bénéficié d’un accompagnement tout du long du processus de déménagement. Dans chaque département, nous avions organisé des « cleaning days » (des journées de rangements) en disposant des bennes à l’extérieur avant de calibrer les besoins en cartons et en linéaires de rangement. De sorte que la plupart des agents ont pu s’installer rapidement et se mettre au travail le jour même de leur arrivée.
Je précise que cette installation s’est faite en trois vagues successives d’à peu près 400 personnes, organisées selon le même principe : les agents quittaient leur bureau de Clamart le vendredi et étaient accueillis le début de la semaine suivante, sur le nouveau site, autour d’un café avant une présentation d’ensemble dans l’amphithéâtre de leur nouveau lieu de travail, des divers services proposés et mesures de sécurité à respecter. Au préalable, nous avions fait faire une visite du site à l’équipe de management, celles de la communication et en charge du site étant mobilisées pour orienter les nouveaux arrivants.
Pour tous les nouveaux arrivants, l’effet waouh aura été au rendez-vous !

- Avez-vous le sentiment d’avoir acquis une expertise dans le transfert d’un personnel aussi nombreux, qui pourrait être utile aux autres établissements appelés à rejoindre l’écosystème Paris-Saclay ?

Oui, indéniablement, nous avons acquis une expérience dans ce genre d’opération. Et nous sommes aussi sollicités de manière plus ou moins informelle, notamment sur le choix du mobilier, l’évaluation des linéaires ou encore la gestion des places de stationnement. Des responsables de sites ont également demandé à pouvoir visiter nos locaux pour voir à quoi pouvaient ressembler des plateaux projets et des espaces de travail innovants.

- Un mot sur l’accessibilité du site. Dans quelle mesure n’a-t-elle pas contrarié l’intégration du personnel ?

C’est une question importante, qui nous a beaucoup mobilisés, en interne, dans le cadre du CHSCT et de la Commission Transport du Comité d’entreprise. Nous avons pour commencer fait une analyse des risques routiers, à l’intention de ceux qui viendraient en voiture. Très en amont du déménagement, nous avons travaillé avec le STIF pour la mise en place d’une liaison en bus, par la ligne 91 08, depuis le terminal de Vélizy, à l’attention des personnels qui habitaient du côté de Clamart (et moyennant une correspondance par le tramway T6 qui dessert Vélizy). Par ailleurs, nous avons pris contact avec nos partenaires habituels – le CEA de Saclay, l’ONERA, Télécom ParisTech, le Synchrotron Soleil – pour mettre en place une navette inter-entreprises – elle part de la Porte d’Orléans, avec des liaisons directes sur le Plateau. Ce service a été mis en place dès le premier jour du déménagement, le 7 mars 2016 – un engagement que nous avions pris auprès du personnel. Cette navette tient toutes ses promesses. Nous avions commencé avec sept départs le matin et autant le soir (cette fois, depuis le site). Au bout d’un an et demi, nous avons dû en ajouter une le matin. Une 9e a été programmée pour la rentrée, toujours le matin.

- Pourquoi y en a-t-il plus le matin que le soir ?

Il est plus rapide de se rendre sur le Plateau le matin que de regagner Paris, le soir, du fait des embouteillages. Résultat : des agents préfèrent repartir depuis leur lieu de RDV et/ou regagner leur domicile par d’autres moyens de transport. La navette n’en est pas moins un succès, auquel nous ne nous attendions pas. Les enquêtes réalisées en amont pour évaluer les besoins de transport avaient bien fait apparaître un intérêt pour le bus. Mais nous pouvions l’imputer au fait que nous avions proposé cette offre parmi les items possibles. Et comme ces navettes étaient mises en place dans le cadre d’un partenariat qui engageaient d’autres établissements, nous ne pouvions pas prendre le risque de les multiplier d’emblée.

- Au passage, je relève que cette problématique de l’accessibilité a été l’occasion de nouer ou de renforcer des liens avec d’autres acteurs de l’écosystème dans lequel vous alliez vous insérer…

Oui, même si, encore une fois, nous connaissions déjà la plupart de ces partenaires. Depuis notre installation sur le Plateau de Saclay, nous continuons à prendre part aux réunions touchant aux problématiques de transport comme peuvent en organiser l’EPA Paris-Saclay ou des collectivités. Nous avons activement participé aux enquêtes publiques relatives au projet de la ligne 18 du réseau de métro du Grand Paris, pour faire entendre les intérêts d’EDF Lab et de ses quelques 1 200 salariés. Les réunions ont été on ne peut plus animées ! Je me souviens de l’une d’elle, organisée à Orsay, où je me suis retrouvée au milieu de personnes plutôt hostiles au projet, soit pour des motifs écologiques, soit parce que la ligne passait à proximité de chez elles. Je n’en ai pas moins fait entendre l’intérêt de cette ligne pour nos salariés, en insistant sur la nécessité que le projet ne prenne pas de retard. Pour autant, notre préoccupation ne se limite pas à ce dernier. Nous considérons qu’il faut veiller au bon entretien des infrastructures routières. Un schéma global a été élaboré, qu’il convient de respecter.

- Revenons-en à EDF Lab Paris-Saclay. Au-delà d’une rationalisation des sites franciliens d’EDF, celui-ci a vocation à promouvoir une autre manière de faire de la R&D, en décloisonnant et en valorisant la démarche collaborative entre vos équipes et métiers. Dans quelle mesure cette vocation a-t-elle été intégrée par vos personnels ? Dans quelle mesure se sont-ils appropriés cette nouvelle manière de faire de la R&D ?

Jean-Paul Chabard est probablement la personne la plus qualifiée pour en témoigner. Pour ma part, je constate que les espaces conçus pour travailler davantage en mode collaboratif sont bien utilisés. Pour notre première année de présence, nous nous étions fixés des règles de fonctionnement en recommandant de ne rien changer, de façon à permettre à chacun de trouver ses marques.
Depuis, de nouveaux espaces innovants ont été aménagés. Preuve s’il en est besoin que le personnel a parfaitement compris qu’il pouvait faire évoluer son espace de travail en mettant à profit la modularité des cloisons. Ont également vu le jour de nouveaux espaces de convivialité. Force est de constater que les lounges, où ont été installées les bibliothèques, ne sont pas aussi utilisés que nous le pensions. Qu’à cela ne tienne, nous réfléchissons à la manière de les faire évoluer au profit de l’Innovation Hub, qui souhaiterait y accueillir des espaces ouverts pour des démarches collaboratives. Je trouve plutôt réjouissant cette manière qu’ont des agents de détourner des espaces de l’usage pour lequel ils avaient été conçus initialement. C’est la preuve qu’ils ont pris la mesure du caractère vivant et donc évolutif de ce site.
Au-delà de l’aménagement des espaces, nous avons déjà créé de nouveaux laboratoires. Au rez-de-chaussée, par exemple, moyennant la suppression d’une cloison. Bref, au bout d’un an et demi, nous avons procédé à des changements, en réponse à de nouveaux besoins et usages qui se sont manifestés sans que nous les ayons nécessairement anticipés.

- Je comprends mieux votre intérêt pour le WAWlab (qui a pour vocation de faire de Paris-Saclay le laboratoire du bien-être au travail, y compris dans la manière d’en designer les espaces), dont vous accueillez désormais le séminaire annuel…

Oui. A travers ce site, nous avons voulu favoriser la qualité de vie au travail, en proposant outre des lieux de restauration, une conciergerie. En plus d’être modulables, en fonction des besoins, les espaces ont été conçus pour être aussi lumineux que possible. Il importe cependant que cette qualité de vie au travail perdure. Si un espace se révèle mal utilisé ou ne plus correspondre à un besoin, il faut savoir le faire évoluer. Parfois, les choses tiennent à des détails : rajouter des tables ou des chaises, adapter les horaires de la brasserie et de la cafétéria… La conciergerie, en particulier, a été enrichie de nouveaux services, sur proposition des salariés.

- Ce faisant, vous esquissez une gestion des ressources humaines par la prise en compte des ressources spatiales du lieu, en les adaptant pour permettre aux personnels de travailler dans les meilleures conditions…

Oui, d’autant plus que le lieu est très inspirant !

- Outre le séminaire du WAWlab, EDF Lab a accueilli bien d’autres événements – Paris-Saclay Invest et Paris-Saclay Connexion…

Sans oublier le TEDx Saclay de 2016, les vœux conjoints de l’EPA Paris-Saclay et de l’Université Paris-Saclay, etc.

- Etait-ce une volonté de votre part de participer ainsi à l’écosystème de Paris-Saclay ?

Oui. Dès le départ du projet de transfert, notre intention était de participer à la vie de l’écosystème Paris-Saclay et du Plateau de Saclay en particulier. C’est une autre particularité d’EDF Lab, par rapport à d’autres centres de R&D. Et dès notre arrivée, nous avons été sollicités pour utiliser nos espaces événementiels. Je ne cache pas d’ailleurs combien j’ai été agréablement surprise par la rapidité avec laquelle nous avons pu nous intégrer. Si nous avons accueilli plusieurs des acteurs de l’écosystème, nous y avons nous-même été très bien accueillis. C’est important de le souligner. J’ajoute, en tant que responsable d’établissement, que nous avons pu instaurer des liens avec les représentants de l’Etat – Préfecture, sous-Préfecture, services déconcentrés – et des collectivités. Et sans doute que cela a aussi contribué à une intégration rapide.

- Il y a un temps où on aurait pu craindre de voir arriver EDF Lab tel un éléphant dans un magasin de porcelaines…

Si EDF peut effectivement être perçu comme un mastodonte, ce n’est pas l’intention que nous avons eue. Nous nous concevons plutôt comme un partenaire au service de l’écosystème Paris-Saclay. De là notre implication assidue aux réunions publiques que j’évoquais. Ou encore dans l’organisation d’événements aussi importants que l’Exposition universelle dont on sait désormais qu’elle sera organisée à Paris-Saclay, si la candidature de la France est retenue.
On peut parler d’une véritable rencontre avec le territoire, qui, encore une fois, nous a réservé le meilleur accueil, y compris au travers de son milieu associatif. Je pense notamment à l’initiative proposée par l’association ADER consistant à organiser des visites du Plateau de Saclay à l’intention de nos personnels. Ou encore aux Sœurs de l’Abbaye de Limon !
Souvenez-vous de l’intervention de Jean Bertsch, le président de Science Accueil [pour en savoir plus, voir l’entretien qu’il nous a accordé ; pour y accéder, cliquer ici], lors du séminaire du WAWlab de l’été dernier [2017] : il insistait sur la façon d’accueillir les étudiants et scientifiques. Ici, le mot accueil n’est pas un vain mot et nous pouvons en témoigner. Nous avons été bien accueillis en veillant nous-mêmes à bien accueillir ceux qui nous sollicitaient pour organiser des événements ou monter des partenariats. Le fait que les gens viennent à nous pour utiliser nos espaces est bien la preuve qu’ils n’avaient pas d’appréhension quant à notre présence sur le territoire.

- Qu’est-ce que cette rencontre réciproque dit-elle, selon vous, de la dynamique de Paris-Saclay, à laquelle vous contribuez désormais ?

Dès le départ, j’avais été enthousiaste à l’idée du projet d’EDF Lab. En revanche, j’étais un peu sceptique quant au degré d’ouverture du monde académique et scientifique, quant à la richesse aussi des événements et conférences qu’on nous annonçait et dans l’hypothèse où ce serait bel et bien le cas, à la possibilité de nous y rendre compte tenu de nos agendas. Force m’est maintenant de constater que les opportunités de rencontres sont effectivement très nombreuses, suffisamment en tout cas pour que tout un chacun puisse y trouver son bonheur.
Ce dynamisme de Paris-Saclay, je le perçois aussi au travers de la poursuite des chantiers. Il suffit de voir le nombre de grues – on les perçoit depuis mon bureau. On en compte pas moins de neuf, côté sud. Paris-Saclay ne s’est donc pas arrêté avec notre arrivée, mais au contraire continue à accueillir de nouveaux établissements de recherche et d’enseignement supérieur, de centres de R&D et d’autres équipements.
Certes, c’est encore un peu le désert au regard du nombre de lieux de vie, de commerces, de restaurants… Mais le fait que la dynamique se poursuit augure d’une amélioration de la situation de ce côté-ci.

- Pour en revenir aux événements et conférences qui jalonnent la vie de l’écosystème, n’avez-vous pas le sentiment qu’ils contribuent à la manifestation d’une vraie communauté de gens d’horizons très différents – chercheurs, enseignants, ingénieurs, entrepreneurs, étudiants… – qui ont plaisir à se retrouver, non sans saisir l’opportunité de ces rencontres pour faire un point sur un dossier, un projet…

Oui, je me retrouve dans ce que vous dites. Les gens qui participent à ces événements me paraissent aussi plus disponibles que s’ils étaient organisés à Paris. Peut-être que cela tient à l’effort qu’ils doivent consentir pour se rendre jusqu’au Plateau de Saclay : y étant, ils y restent aussi longuement que possible ! Mais gardons à l’esprit que nombre de personnes qui travaillent ici vivent à proximité, dans les vallées. Elles ne s’attardent pas moins que les autres. Tout simplement parce qu’elles perçoivent bien combien ces événements sont propices à créer des liens.
Au-delà des événements et des conférences, Paris-Saclay, ce sont aussi des réseaux qui se sont constitués au fil du temps et qui contribuent tout autant à la qualité de l’accueil. Personnellement, je fais partie du réseau « Paris-Saclay au féminin ». Un réseau proprement fantastique. Je n’en ai pas connu d’équivalent avant, dans ma vie professionnelle. Il compte à ce jour une trentaine de membres : des femmes, comme son nom l’indique, occupant des postes à responsabilité dans divers établissements de l’écosystème. La présidente n’est autre que Marie-Ros Guézet…

- Que les lecteurs de Média Paris-Saclay connaissent bien ! [pour en savoir plus, voir le premier entretien qu’elle nous a accordé – pour y accéder, cliquer ici].

Toutes ces dames se réunissent de manière informelle, deux-trois fois par an, chacune d’elles invitant à tour de rôle les autres dans son entreprise avec à la clé des visites techniques. La dernière en date s’est déroulée au sein de la DGA Essais Propulseurs. Autre réseau dans lequel nous avons été intégrée : le réseau Hygiène, Sécurité des ingénieurs, Sécurité environnement, qui permet d’échanger autour des bonnes pratiques.
La qualité de l’accueil que j’évoquais passe par la possibilité de rejoindre ces différents types de réseaux, que ce soit par cooptation ou par parrainage.

- Qu’est-ce qui vous a prédisposée à participer à cette aventure…

Aventure que j’ai manqué de peu de ne pas vivre ! Car, en 2013, au moment où le projet de transfert a été lancé, je m’apprêtais à quitter la direction de la R&D où j’étais alors en charge des partenariats de recherche et de la propriété intellectuelle. Etant à la R&D d’EDF depuis 25 ans, j’avais souhaité, dans un souci de mobilité professionnelle, intégrer une autre direction du groupe. Finalement, ce projet d’EDF Lab m’en aura dissuadée. Je trouvais dommage de quitter celle de la R&D au moment où elle s’apprêtait à vivre une magnifique aventure – car un transfert de personnels de cet envergure en est bel et bien une. Finalement, je suis donc restée, d’autant plus volontiers qu’on m’a confié le poste de chef de site de Clamart, avec trois missions : en accompagner la fermeture, préparer son déménagement et l’aménagement du nouveau. Un triple challenge avec sa part l’inconnu. Je l’ai finalement vécu comme une expérience, de celles qu’on ne vit qu’une fois dans toute une carrière.

- On vous sent très enthousiaste et satisfaite. En a-t-il toujours été ainsi ou l’aventure vous-a-t-elle réservé son lot de doutes pour ne pas dire d’angoisses ?

Naturellement, comme vous vous en doutez, l’organisation d’un tel projet ne reposait pas sur mes seules épaules, mais sur un comité de pilotage. J’ai bénéficié du concours, outre des directions communication et SI, déjà évoquées, de celle de la Direction Immobilière d’EDF Ile-de-France Sud qui avait déjà eu des expériences de déménagement. Nous avons par ailleurs travaillé avec des sociétés spécialisées dans le transfert d’entreprises, qui nous ont notamment accompagnés dans la réalisation des livrets pratiques que j’ai évoqués.
Notre préoccupation était de s’assurer que le site serait bien prêt pour accueillir le personnel le jour J. La pression fut maximale au moment de la première phase de déménagement : il fallait s’assurer qu’on ne perdrait rien en cours de route, que les ordinateurs allaient pouvoir être en état de marche, que chacun retrouverait ses cartons le jour de son arrivée. Il a donc fallu que la direction informatique et ses prestataires soient bien en capacité de récupérer les ordinateurs des premiers arrivants et de les installer pour qu’ils soient opérationnels dès le lundi matin suivant. Tout avait été programmé au moindre détail. De la réussite de cette opération allait dépendre celle de leur intégration. Je ne cache pas que nous avons pu avoir quelques mouvements de frayeur durant le week-end…

- Le projet étant réalisé, comment projetez-vous dans les années qui viennent ?

La première phase d’adaptation, de mise en place des procédures d’organisation de la vie sur le site, s’étant déroulée et ce, dans de bonnes conditions, nous avons comme indiqué entamé une 2e phase de réaménagement. Au sein de la R&D, de nouveaux projets ont vu le jour. En externe, des relations ont été nouées ou approfondies avec les acteurs de l’écosystème. L’arrivée prochaine de nouveaux établissements de recherche et d’enseignement supérieur augure d’autres partenariats. Bref, il ne s’est pas agi pour nous de poser nos valises sur le territoire pour nous contenter de nous y installer, mais bien de nous inscrire dans une dynamique en contribuant à la renforcer et ce, dans le long terme. D’autant plus que l’organisation de l’Exposition universelle, ici-même sur le Plateau de Saclay, ouvre, si elle se confirmait, de nouvelles perspectives.
A titre plus personnel, je tiens à dire que j’ai déjà fait de belles rencontres avec des personnes exceptionnelles. Nul besoin de les citer, elles se reconnaîtront. Qu’il me soit permis de mettre juste en exergue les Sœurs de l’Abbaye de Limon, située à quelques encablures d’ici. Paris-Saclay, c’est aussi la possibilité de relation de voisinage de qualité, y compris avec des personnes d’un tout autre univers que le sien.

 

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