« Ici, entrepreneurs et investisseurs sont obligés de se rencontrer ! » Entretien avec Bruno Duval

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Suite de nos échos à l’édition 2017 de Techinnov à travers le témoignage de Bruno Duval, président de Finance & Technologie, coorganisateur de l’événement.

- Nous vous avons déjà interviewé sur le vif à l’occasion de Paris-Saclay Invest dont vous êtes partenaire [pour accéder à l’interview, cliquer ici]. Quel est votre implication dans Techinnov ?

Il y a plus de quinze ans, à partir de 2001, nous organisions déjà les Rencontres du Financement de l’Amorçage. L’événement se déroulait alors au sein d’écoles d’ingénieurs du Plateau de Saclay, avec l’idée de permettre à des investisseurs de rencontrer les porteurs de projets formés à l’entrepreneuriat innovant. Plusieurs conventions d’affaires ont ainsi été organisées à Supélec, à Polytechnique, au CNRS de Gif-sur-Yvette et d’autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Depuis onze ans, nous poursuivons ces rencontres au sein de Techinnov, sur l’aéroport d’Orly, en assurant avec KPMG et la société d’avocats Fidal, l’organisation de l’une de ses conventions d’affaires, consacrée au « funding » (levée de fonds) [les autres étant dédiées à l’industrie, l’énergie, la R&D et au digital].

- Comment Techinnov se positionne-t-il par rapport à Paris-Saclay Invest que vous co-organisez également ?

Comme son nom l’indique, Paris-Saclay Invest s’adresse d’abord aux porteurs de projet issus tout ou partie de l’écosystème de Paris Saclay, ayant fait la preuve de concept, mais sans avoir encore nécessairement réalisé un chiffre d’affaires significatif. Techinnov se veut être davantage un événement national : il s’adresse à tout porteur de projet, qu’ils soient issus de Paris-Saclay ou d’ailleurs. Ce qui importe est qu’ils aient franchi l’étape de la preuve de concept et qu’ils réalisent du chiffre d’affaires.
J’ajoute le Mois de l’entrepreneuriat étudiant, un autre événement que nous co-organisons. Lancé l’an dernier, il s’adresse aux jeunes engagés dans une filière de formation à entrepreneuriat innovant, en thèse ou même en PostDoc. La prochaine édition aura lieu le 20 avril prochain. Nous nous occupons tout particulièrement de Fund My Start Up, un des trois événements de ce Mois de l’entrepreneuriat étudiant, destiné à guider dans leurs premiers pas les jeunes créant leur société.
A travers tous ces événements, nous couvrons ainsi l’ensemble du cycle de l’entrepreneuriat innovant, de l’idée au développement commercial de la startup, en passant par la preuve de concept.

- Quel regard posez-vous sur cette édition 2017 de Techinnov ?

Le succès ne se dément pas. Comme vous pouvez le constater, ça bruisse de partout. Il y a beaucoup de monde, que ce soit dans les stands et les allées, aux conférences ou autour des tables mises à disposition pour les rendez-vous programmés. Et manifestement, les exposants comme les visiteurs sont satisfaits. Avec ses villages thématiques, ses conventions d’affaires, ses conférences, son start-up challenge, l’événement est rodé. Sa notoriété a depuis longtemps dépassé les frontières de l’Ile-de-France.

- Contribue-t-il néanmoins à rendre visible Paris-Saclay ?

Oui, assurément. Paris-Saclay est bien présent, que ce soit à travers la CCI Essonne, co-organisatrice de l’événement, et plusieurs autres partenaires, dont l’EPA Paris et les diverses communautés d’agglomération de l’OIN, toutes réunies sur le même stand. Sans oublier IncubAlliance, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les startuppers, etc.

- Avez-vous le sentiment que, pour des participants, Techinnov est aussi l’occasion de s’informer de ce qui se passe à Paris-Saclay ?

Oui, et il y a manifestement un intérêt croissant pour cet écosystème. Charge maintenant à ses responsables de leur donner les moyens et l’envie de s’y installer.

- L’affluence que connaît Techinnov ne vous incite-t-elle pas à réfléchir à l’organiser ailleurs, au sein même de Paris-Saclay ?

Non, pas forcément. Le fait qu’on soit dans un espace réduit, dont on ne peut pousser les murs, cela contribue aussi à cette ambiance si particulière et aux rencontres : exposants et visiteurs sont obligés de se croiser ! Et puis un lieu comme celui-ci – un aéroport international – est intéressant : c’est un lieu familier pour les entrepreneurs et investisseurs. Celui-ci en particulier est accessible en voiture ou par les transports en commun et s’est clairement positionné comme une des portes d’entrée de l’écosystème Paris-Saclay. Les participants peuvent faire un aller et retour, en avion ou en TGV, dans la journée depuis n’importe quelle grande métropole française.

- Y aurait-il néanmoins un sens à créer l’événement à Paris-Saclay ?

Peut-être. Encore faudrait-il trouver un lieu identique à celui-ci, adapté et aussi fort symboliquement. Je n’ignore pas qu’il existe un aéroport dans Paris-Saclay, celui de Toussus-le-Noble en l’occurrence, mais outre le fait qu’il n’est pas international, je doute qu’il dispose des mêmes capacités d’accueil, y compris en termes de stationnement.
Le faire en dehors du périmètre de l’OIN est une manière de démontrer que Paris-Saclay sait aller à la rencontre des investisseurs et entrepreneurs, dans un lieu idoine au regard de leurs usages professionnels. C’est aussi une manière de rappeler que l’écosystème a vocation à profiter à l’ensemble du pays.
En revanche, rien n’empêcherait, quand la ligne 18 du métro automatique sera ouverte, d’imaginer des navettes entre Orly et le Plateau de Saclay pour faire découvrir l’écosystème entre deux rdv d’affaires, et donner ainsi à des entrepreneurs et des investisseurs en quête de locaux ou de partenariats la possibilité de prospecter. Un des défis de Paris-Saclay est de retenir les projets qui voient le jour en son sein, mais aussi d’en attirer d’autres en offrant un cadre de travail et de vie attractif. Paris-Saclay dispose à cet égard d’indéniables atouts, que ce soit avec le parc d’activités de Courtabœuf ou les disponibilités foncières du côté de Saint-Quentin-en-Yvelines.

A lire aussi les entretiens avec : Antoine Baschiera, CEO d’Early Metrics (cliquer ici) ; Frank Zschiegner, responsable économie territoriale au sein de Versailles Grand Parc (cliquer ici) et Philippe Moreau, le directeur d’IncubAlliance (cliquer ici).

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Paris-Saclay côté Versailles Grand Parc. Entretien avec Frank Zschiegner | Paris-Saclay

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