Des nouvelles du Design Spot. Entretien avec Vincent Créance

TheDesignSpotmai2018Paysage
Suite de nos échos à la première édition de Spring Paris-Saclay à travers le témoignage du directeur du Design Spot, le centre de design de l'Université Paris-Saclay, inauguré en décembre dernier. Il revient sur le chemin parcouru depuis.

- Comment va The Design Spot ?

Bien, merci ! Comme vous le savez, puisque vous y étiez, The Design Spot, le centre de design de l’Université Paris-Saclay, a été inauguré il y a quelques mois, en décembre dernier. Le projet est donc devenu réalité. Plusieurs actions concrètes ont été engagées dont beaucoup sont déjà arrivées à leur terme. D’après un premier décompte, nous avons accueilli pas moins de 605 visiteurs qualifiés, soit plus d’une centaine de RDV par mois, les uns venus à titre individuel, les autres en groupe. Ce qui n’est pas négligeable pour une structure aussi jeune…

- Et d’où viennent ces visiteurs ?

Pour la plupart, de l’écosystème Paris-Saclay. Rien que de plus naturel : après tout, The Design Spot a été créé pour en fédérer les acteurs intéressés par le design, soit des chercheurs, des enseignants, des étudiants, des industriels, des entrepreneurs et startuppers. Si certains des visiteurs sont déjà familiarisés avec le design, d’autres sont mus par la curiosité, veulent en découvrir les principes et le potentiel. Cela étant dit, nous avons aussi eu la bonne surprise de recevoir la visite de plusieurs personnes extérieures à l’écosystème – d’entreprises, pour l’essentiel. Preuve que The Design Spot rayonne bien au-delà du Plateau de Saclay, ce dont on ne peut que se réjouir.

TheDesignSpotmai2018Atelier_Prix Design _ Science Université Paris-Saclay- Que proposez-vous en termes de programmation ?

Nous avons organisé pas moins de vingt-cinq événements depuis notre ouverture, soit un par semaine en moyenne. Les uns sont destinés à des étudiants désireux de s’initier ou parfaire leur connaissance dans le domaine du design, les autres, en forme de workshops pluridisciplinaires, réunissent des élèves d’écoles d’ingénieurs et d’écoles de design, pour les faire travailler ensemble, sur des programmes courts. L’objectif étant de croiser les cultures de futurs professionnels. Nous organisons aussi des conférences destinées à traiter de problématiques du design ou à faire connaître les approches de designers. En février-mars de cette année, nous avons eu l’honneur d’accueillir l’édition 2018 de l’exposition de l’Observeur du design, qui, pour mémoire présente les réalisations françaises labellisées par l’Agence pour la Promotion de la Création Industrielle. Cette exposition fut l’occasion d’accueillir un plus large public – nous avons notamment reçu la visite de lycéens de Massy. Naturellement, tout cela n’est qu’un début. J’aimerais qu’il y ait encore d’avantage de choses à proposer, qu’il devienne naturel de se rendre au Design Spot.

- Quels liens entreteniez-vous avec les start-up ?

Naturellement, nous avons vocation à travailler étroitement avec elles. Des contacts ont d’ores et déjà noués et des projets lancés avec plusieurs d’entre elles, identifiées avec le concours de deux de nos partenaires : IncubAlliance et la SATT Paris-Saclay.

- Au vu des interactions que vous favorisez entre des personnes d’univers très différents, vous prenez-vous à rêver de développer un design made in Paris-Saclay si tant est que cela ait du sens ?

Difficile de répondre à cette question ! Une chose est sûre : il y a une demande forte d’accompagnement de la part de start-up comme de PME, pour laquelle nous avons répondu jusqu’à maintenant par une mise en relation avec des designers professionnels hors de Paris-Saclay. Cette récurrence de demandes m’amène aujourd’hui à envisager d’accueillir des designers en résidence. J’ai déjà recruté une stagiaire en design de produit, issue d’une des meilleures écoles de design parisiennes. Cela peut paraître encore modeste, mais c’est un début prometteur. Elle travaille déjà sur de vrais projets de développement notamment pour les start-up, « coachée » par moi-même.

- N’aviez-vous pas programmé dès le départ d’accueillir ainsi des designers en résidence ?

Si, The Design Spot a dès sa création affiché cette volonté, mais, disons, pas aussi vite ! A la réflexion, cela me paraît actuellement plus efficace que de chercher à mettre en relation les porteurs de projets avec un professionnel du design. Je pense aussi que l’appétit vient en mangeant : en ayant des designers sur place, on obtiendra des résultats d’autant plus rapides et convaincants, qui ne pourront à leur tour qu’inciter d’autres entrepreneurs à solliciter The Design Spot.

- Qu’entendez-vous cependant par « designers en résidence » ? Sont-ils hébergés sur place ou font-ils l’aller retour entre Paris (ou d’autres endroits) et ici ?

Ils résideront sur place, idéalement !

- Est-ce une manière de ne pas leur infliger les problématiques d’accessibilité et de transport du Plateau de Saclay ?

Oui, mais pas seulement. Je crois aussi aux vertus de la proximité géographique, entre les diverses parties prenantes d’un même projet. A fortiori dans les métiers de création. En plus de faciliter le dialogue, cette proximité incline les personnes à se concentrer sur les mêmes objectifs. Il suffit d’ailleurs de voir comme notre stagiaire interagit avec les startuppers, qu’elle les accueille ici ou qu’elle aille à leur rencontre.
Certes, il existe des outils de communication performants, qui permettent d’échanger à distance. Il reste, et je parle d’expérience, qu’une réunion est toujours plus efficace quand on est dans une même pièce que sur des sites différents, à échanger par visioconférence. A fortiori, encore une fois, quand on est dans des démarches de créativité.

- L’entretien est réalisé dans le cadre de Spring Paris-Saclay… Quel regard posez-vous sur cet événement, quand bien même n’en serions-nous qu’au tout début ?

Il se trouve que j’ai déjà fait un tour des stands de différents villages – santé, sécurité, smart manufacturing… Assez en tout cas pour me faire une première idée d’ensemble.

- Et alors ?

C’est proprement fabuleux ! Et encore, il me reste à visiter le village consacré à l’environnement, situé dans l’autre bâtiment de CentraleSupélec. Mais je suis d’ores impressionné par tout ce qui émerge du Plateau de Saclay : des innovations technologiques, mobilisant des équipements sophistiqués. A l’évidence, la vie de demain s’invente ici et c’est de jeunes start-up qui vont y contribuer à tout le moins. Ce ne peut que fasciner le designer que je suis. Au-delà d’une vraie curiosité intellectuelle, je suis conforté dans l’idée qu’il y a un grand intérêt à accompagner des start-up dans leur approche design, pour faire en sorte que leur solution soit bien en phase avec les usages, les attentes des utilisateurs.

- Doit-on comprendre qu’après une casquette d’observateur, vous referez un tour avec, cette fois, la casquette de directeur de The Design Spot ?

(Rire) Oui, bien sûr. J’ai déjà repéré des start-up qui gagneraient à faire appel à des designers. Je referai donc un tour en dévoilant cette fois mes intentions.

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