Des nouvelles de l’Ecole – 1 école & 1 tiers-lieu. Entretien avec Marie Gervais et Titaua Izern

L'Ecolemai2018Paysage
Parmi les nombreuses rencontres fortuites faites lors de la première édition de Spring Paris-Saclay, il y a celle avec ces deux personnes, qu’on ne présente plus - elles portent avec d’autres le désormais fameux projet de « l’Ecole - 1 école & 1 tiers-lieu ». Nous n’avons pu nous empêcher de tendre notre enregistreur pour en recueillir des nouvelles et savoir ce qui les avait motivées à visiter les stands du Spring Paris-Saclay.

- Comment va le projet de l’Ecole ?

Titaua Izern : Très bien, merci ! Les réunions publiques, organisés au PROTO204 – la dernière a eu lieu le 15 mai, la prochaine se tiendra le 9 juin [pour en savoir plus, consulter la rubrique agenda] – nous ont confortées dans l’idée que le projet répondait à une vraie attente. De plus en plus de parents du territoire le connaissent, se montrent intéressés et en parlent autour d’eux. Nous avons d’ores et déjà enregistré des pré-inscriptions, ce qui témoignent d’une confiance dans sa réussite. Il y a eu également des RDV importants…

Marie Gervais : …à commencer par la soirée du 15 mai dernier, organisée à l’Hôtel de Sauroy, à Paris, par les « Crapauds fous » et à laquelle toute l’équipe a été conviée.

- Les « Crapauds fous » ?!

Marie Gervais : Oui ! C’est le nom du manifeste lancé par Cédric Villani et Thanh Nghiem en vue de provoquer une prise de conscience des défis planétaire donner des clés pour que chacun puisse devenir acteur du nouveau monde qu’ils appellent. Cédric et Thanh ont eu un gros coup de cœur pour l’Ecole et nous connectent à toutes sortes de personnalités susceptibles de nous aider (mécènes, chefs d’entreprises…). Cette soirée nous a permis de recroiser plusieurs des personnes qui soutiennent notre projet – François Taddéi, Edwige Antier, Céline Alvarez… – tout en élargissant encore notre réseau de soutiens. Nous y avons aussi revu une personnalité, qui s’apprête à créer une fondation également dédiée à l’Education dans le monde, en lien avec le Dalaï-Lama…

- ?! Mais jusqu’où irez-vous ?

Marie Gervais : (Rire). Aussi minuscule et ancré localement qu’il puisse paraître, le projet de l’Ecole entre bien en résonance avec des problématiques qui se posent à travers le monde. Aussi des connexions improbables se font-elles naturellement.
En dehors de cette soirée, nous avons poursuivi des échanges avec d’autres personnes, qui se sont dites prêtes à nous soutenir. Je pense en particulier à Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris-Sud, qui s’est montrée enthousiaste dès notre premier contact. Elle a manifestement envie de faire quelque chose dans l’esprit de l’Ecole, au sein de son université. De fait, si notre projet s’adresse aux 3-18 ans, rien n’empêche de l’adapter aux étudiants.

- Et la localisation de l’Ecole, se précise-t-elle ?

Marie Gervais : Justement, Sylvie Retailleau a évoqué un bâtiment, situé à proximité tout à la fois de la MISS (Maison d’Initiation et de Sensibilisation aux Sciences), du PROTO204 et du futur laboratoire de cuisine moléculaire de Thierry Marx. C’est dire si nous serions bien entourés. Rien n’est encore acté. Il nous faut encore visiter le bâtiment.

- Et côté financement, où en êtes-vous ?

Marie Gervais : Nous poursuivons des discussions avec un mécène. Rien n’étant encore acté non plus de ce côté-là, je ne souhaite pas en divulguer le nom. A défaut de nous financer par sa propre fondation, il s’est cependant dit prêt à nous mettre en contact avec des fondations plus tournées que la sienne vers les enjeux éducatifs. Nous sommes aussi en lien avec un autre mécène, qui a déjà financé une école alternative.

- A quel horizon aspirez-vous ouvrir ?

Marie Gervais : En fait, nous travaillons à différents horizons. Le premier, c’est septembre de cette année. Nous espérons commencer avec un premier groupe d’enfants, quitte à nous installer dans un local provisoire. Sauf à ce que quelqu’un nous annonce de but en blanc en mettre un à disposition !

- Gageons qu’il aura lu l’entretien…

Titaua Izern : (Rire). Ce local provisoire, pourrait être situé dans ceux des Algorithmes, que nous avons visités, récemment.

Marie Gervais :… et des bâtiments voisins, en face de celui qui abrite les bureaux du futur Learning Center. Des bâtiments provisoires, donc, en attendant d’en trouver de plus adaptés, y compris en termes d’accessibilité… A terme (2e horizon), il y aurait la possibilité de nous installer au Point F comme indiqué dans notre précédent entretien [pour y accéder, cliquer ici], proposition faite par le Grand Réservoir, appelé à gérer le lieu. Un 2e horizon qui nous projette vers l’année 2020. Nous avons également visité la Ferme du Moulon. Nous avons pris contact avec la mairie de Gif-sur-Yvette – où elle est installée – et l’EPA Paris. Mais cela nous projette dans un autre horizon, le 3e : celui du départ de l’Inra, qui doit intervenir vers 2022. Nous devrions être reçues mi-juin par Monsieur Bournat (président de la Communauté d’agglomération de Paris-Saclay), l’occasion d’en savoir plus sur cette possibilité à plus long terme !.

- Trois horizons pas si lointains au demeurant…

Marie Gervais : En effet…

- Une chose est acquise, à vous entendre : vous n’avez pas l’intention de prospecter ailleurs que sur le Plateau et ses vallées, malgré tout l’intérêt que d’autres territoires pourraient avoir à accueillir votre projet…

Marie Gervais : Nous n’avons en effet aucunement l’intention de prospecter ailleurs ! Si d’autres veulent s’inspirer de notre projet, tant mieux. Mais c’est bien dans l’écosystème de Paris-Saclay que nous souhaitons ouvrir l’Ecole.

Titaua Izern : Rappelons que c’est à Paris-Saclay qu’est né le projet avec l’idée de tirer profit de la présence de très nombreux chercheurs et de faire ainsi entrer les élèves de plain-pied dans le monde de la science, d’y trouver des mentors, à même de les accompagner dans leur découverte. Sans compter la proximité avec la nature. Pour ceux qui l’ignorent, rappelons encore que le campus de Paris Sud est arboré en plus d’être traversé par l’Yvette. Certes, d’autres écosystèmes existent, mais nous sommes très attachées à celui-ci dans lequel nous résidons et que nous commençons à bien connaître. Notre projet y est particulièrement bien reçu. D’ailleurs, parmi nos nombreux contacts, citons Sébastien Douard, chargé de projets implantation au sein de l’EPA Paris-Saclay, que nous remercions au passage de s’être proposé de dresser un inventaire des terrains sur lesquels nous pourrions installer des maisons PopUp ou des Algeco, en mode provisoire – il en existe des adaptés pour y organiser des cours et accueillir des classes. Une piste à creuser !

- Vous me faites penser aux réflexions et initiatives autour de « tiers-lieux temporaires » à vocation artistique et culturelle, portées notamment par le collectif MU, qui organisait fin mai une nouvelle édition des Métamines (pour en savoir plus, cliquer ici). On devine que rien ne devrait empêcher d’étendre le concept à des activités pédagogiques et éducatives…

Titaua et Marie d’une seule voix : Bien sûr !

Titaua : D’ailleurs, nous sommes allées voir l’expérience des Grands Voisins, à Paris. C’est en la visitant et en constatant que les enfants y étaient absents que l’idée m’ait venu de lieux temporaires pour des activités éducatives.

- Nous discutons dans une allée du bâtiment Bouygues de CentraleSupélec, au milieu de stands de startuppers et d’acteurs institutionnels. Qu’est-ce qui vous a motivées à venir jusqu’ici ?

Marie Gervais : Nous avons été invitées par Ronan, notre partenaire du PROTO204, à témoigner de notre projet dans le PROTOBUS, installé à l’entrée.

Titaua Izern : Nous étions cependant intéressées d’aller à la rencontre de conférenciers, d’exposants et, bien sûr, d’investisseurs qui pourraient être intéressés par notre projet ! Nous venons d’ailleurs d’avoir un échange très utile avec un représentant du Réseau Entreprendre Essonne, auprès de qui nous déposons un dossier.

Marie Gervais : Nous nous doutions aussi que nous vous y croiserions et que nous pourrions vous donner de nos nouvelles à vous et à vos lecteurs !

- (Rire) Votre démarche est donc bien dans l’esprit de votre Ecole, qui entend, comme vous l’expliquiez dans le précédent entretien, travailler en complémentarité avec les acteurs du territoire…

Marie Gervais : Parfaitement ! C’est cette capacité à se connecter aux autres plutôt que de rester dans son coin, à cultiver sa différence, qui fera la richesse de l’Ecole. Outre l’Education nationale, nous ne demanderions qu’à travailler avec des professionnels de la High-tech, de la santé, etc.

- Combien d’enfants comptez-vous accueillir en septembre et avec quels effectifs d’enseignants ?

Tiaua Izern : Nous comptons commencer l’année avec entre 15 et 20 enfants et la terminer avec une quarantaine. Un objectif réaliste pour une première année. Côté encadrement, nous démarrerons avec trois enseignants. En termes de surface, l’idéal serait de disposer de 500m2, cette surface pouvait être réduite temporairement selon les besoins.

Marie Gervais : Précisons que les inscriptions pourront se faire même lorsque la rentrée sera passée. Des élèves déscolarisés en cours d’année pourront ainsi intégrer l’Ecole. Une autre particularité de celle-ci, qui vise à répondre aux problématiques de familles dont les enfants sont en souffrance au sein de leur établissement.

1 commentaire à cet article
  1. Ping : Retour sur Spring Paris-Saclay 2018 | Paris-Saclay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>